Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
La Corse et la péninsule italienne. Quatorzièmes journées universitaires d'histoire maritime de Boni
Vergé-Franceschi Michel
ALAIN PIAZZOLA
12,00 €
Épuisé
EAN :9782364790230
Les liens de l'île de Corse avec la péninsule italienne sont anciens - ils remontent à l'Antiquité et même au-delà - et Michel Vergé-Franceschi, professeur d'Histoire moderne, a volontairement choisi de limiter ici le sujet aux périodes médiévales et modernes, ne voulant ni remonter trop haut dans le temps, ni descendre trop bas, au-delà du XIXe siècle. Pour cela, il a réuni une dizaine d'universitaires confirmés qui nous offrent ici une synthèse qui va du XVe au XIXe siècle. Damien Broc, Doctorant de l'Université de Corse en Histoire médiévale, s'est intéressé à L'insertion de la Corse dans l'espace économique de l'Italie entre Moyen Age tardif et période moderne (c 1480 - c 1540). Michel Vergé-Franceschi retrace ici l'histoire des Gardes corses du pape, notamment sous Louis XIV lors de la célèbre rixe qui les opposa aux gardes de l'ambassadeur de France duc de Créquy. Lucien Bély, professeur à l'Université de Paris IV-Sorbonne, grand spécialiste des relations internationales au XVIIIe siècle, fait le lien entre les débuts de la "modernité" et L'italianité de Pascal Paoli, traitée ici par Francis Beretti, Professeur émérite à l'Université Pascal Paoli. David Chanteranne, historien du Premier Empire, directeur de la revue Napoléon, nous brosse un émouvant portrait de Madame Mère qui s'éteint à Rome en 1836 après son fils et son petit-fils l'Aiglon. Mickaël Broers, Professeur à Oxford, nous donne l'opinion d'un grand chercheur britannique sur Napoléon et l'Italie. Marie-Jean Vinciguerra, Inspecteur général de l'Education nationale, agrégé d'italien, nous livre pour conclure une belle synthèse sur Garibaldi et la Corse alors que François Moureau, Professeur émérite à l'Université de Paris IV-Sorbonne, Directeur du C.R.L.V., ancien Directeur des Presses universitaires de Paris-Sorbonne, nous entraîne sur le sentier des "Iles oubliées" de Gaston Vuillier (1893) : de la Corse à la Sardaigne.
Résumé : Né dans un hameau peuplé d'une centaine d'âmes, le Père de la patrie corse est mort dans la plus grande capitale européenne de son temps, Londres. Né en 1725, élevé à Naples, rentré pour moins de quinze ans de " pouvoir " (1755-1769), exilé en Angleterre jusqu'en 1790, revenu à Corte pour quatre ans, retourné à Londres de 1794 à sa mort en 1807, celui qui fut enterré à l'ombre de Westminster a vécu trente-deux ans en Corse, trente-quatre années en Angleterre, seize années de jeunesse italiennes et quelques semaines parisiennes. Corse de Corse, Paoli est aussi Corse de la diaspora, comme Sampiero Corso avant lui et Napoléon Bonaparte après lui. Paoli surprend, étonne, séduit, révolte parfois. Quel est-il ? Philosophe du siècle des Lumières ? Religieux comme son frère, tertiaire franciscain mort au couvent ? Franc-maçon précocement affilié à une loge italienne ? Ou tardivement affilié à une loge anglaise à Londres ? Humaniste ou soldat ? Homme de plume ou d'épée ? Homme d'action ou de réflexion ? Les sources sont si abondantes que la synthèse est malaisée et que l'on néglige presque toujours les trente premières années de sa vie, celles qui pourtant permettent de saisir l'enracinement du personnage dans une terre, une tradition, une généalogie ; c'est l'un des apports décisifs de ce livre que d'évoquer la genèse de l'homme d'État et de lui redonner ainsi sa cohérence et sa vigueur. Cette première biographie exhaustive replace Paoli dans son contexte historique et rend le personnage passionnant.
La Corse dans ses rapports avec Gênes est un sujet historiographique particulièrement fouillé depuis près de deux-cents ans. Michel Vergé-Franceschi, directeur scientifique des Journées universitaires de Bonifacio a donc entrepris depuis plus de dix ans une série de travaux qui étudient - au sein de cette collection - les rapports de l'île avec d'autres partenaires : la Corse et l'Angleterre, la Corse et l'Ecosse, la Corse et Venise, la Corse et le monde musulman. Cet ouvrage est consacré à la Corse dans ses rapports avec les Espagnes. Pour cela, une dizaine d'auteurs se sont réunis pour donner des éclairages précis à travers les siècles : Philippe Colombani, professeur d'histoire à Ajaccio et Antoine Franzini, auteur d'une thèse de doctorat qui fait autorité, ont consacré leurs travaux à la Corse à l'époque du siège de Bonifacio par Alphonse d'Aragon qui a laissé son nom à l'Escalier du roi d'Aragon. Michel Vergé-Franceschi, Professeur à l'Université de Tours, ancien Directeur du Laboratoire d'Histoire et d'Archéologie maritime du CNRS/Paris-IV-Sorbonne/Musée national de la Marine, aujourd'hui membre de l'Equipe de recherches EMAM (Monde arabe et méditerranéen), s'est intéressé aux Bonaparte dans leurs relations avec l'Espagne depuis l'époque où l'aïeul bonifacien de Napoléon (Cataccioli) recevait l'aïeul hashourgeois de Marie-Louise (Charles Quint) jusqu'à celle où l'aïeul d'Eugénie de Montijo (Fernando Cortés) débarquait à Bonifacio (1541). Luigi Migliorini, Professeur à l'Université de Naples, Dominique Taddei, Président d'université honoraire, donnent de leur côté un éclairage novateur sur les rapports de la Corse avec Naples - cité paoline - et sur la politique espagnole des premiers révolutionnaires corses lors des débuts de la Révolution corse. François Moureau, Professeur à l'Université de Paris IV-Sorbonne, Directeur du CRLV, Directeur des Presses universitaires de Paris IV-Sorbonne, Jacques-Olivier Houdon, Professeur à l'Université de Paris 1V-Sorbonne, éminent spécialiste de Napoléon, David Chanteranne, à travers L'intervention de Napoléon après les événements de Madrid de mai 1808 peints par Gova contribuent à faire de cet ouvrage novateur un livre de référence qui n'aurait pas été complet sans la contribution de Philippe Lucchetti, historien cap corsin dont le travail Le drapeau à tête de maure : une origine autre qu'aragonaise, a eu les honneurs récents de la presse régionale. Cette recherche est enrichie d'une chronologie, La Corse et les Espagnes, due à Michel Vergé-Franceschi, qui va de Sénèque (natif de Cordoue), prisonnier à Luri, jusqu'à la mort d'Eugénie de Montijo (native de Grenade) et veuve de Napoléon III.
La Corse passe légendairement pour une région quelque peu "machiste" comme le reste de la Méditerranée. Yves Coppens, professeur au collège de France, membre de l'Institut, le "Père de Lucy", ouvre cet ouvrage en évoquant la "Dame de Bonifacio". Le Professeur Michel Vergé-Franceschi dans sa longue introduction pose la question : les Femmes corses, vraiment soumises, mangeant debout en silence derrière leur homme ? Son collègue Marc Agostino évoque les saintes insulaires : Restitude, Dévote, Lucie, Julie à laquelle on arracha les seins à Nonza (cap corse) avec des tenailles rougies au fer chaud. David Chanteranne, Madame Mère, l'indomptable mère de Napoléon qui refusa d'assister au sacre. Raphaël Lahlou, Les soeurs de Napoléon, Caroline, Elisa, la belle Pauline, vraies femmes "politiques" au coeur de la péninsule Italienne, Lucques, Piombino, Naples. François Moureau, La femme corse au siècle des Lumières à travers la vision des voyageurs européens. Michèle Battesti, l'Impératrice Eugénie, venue en Corse trois fois, les deux dernières sans l'Empereur souffrant qu'elle représenta avec éclat. Françoise Berce nous parle de la Colomba de Mérimée qui ne cesse de vouloir armer le bras vengeur de son frère pour assouvir sa "vendetta". Francis Beretti évoque les Anglaises venues en Corse : miss Campbell, Dorothy Carrington. Et Francine Demichel La femme corse contemporaine. Et Michel Vergé-Franceschi de conclure, à travers Vannina d'Ornano, Franchetta d'Istria sa mère jusqu'à Danièle Casanova : Soumises ? Ou Résistantes ? De la "fontaine de Julie", à Nonza, jusqu'aux horreurs d'Auschwitz.
Une terre exotique aux moeurs archaïques, peuplée de bandits et marquée par la vendetta : c'est ainsi qu'a principalement été représentée la Sardaigne, pendant de nombreuses années, par un cinéma dit "sarde" s'inspirant des classiques de la littérature deleddienne et de certains faits divers, et le plus souvent réalisé par des non Sardes. L'image de l'île et de ses habitants a été forgée par le recours à un grand nombre de stéréotypes, parfois perçus comme outranciers par les spectateurs sardes. A la fin des années 80 apparaissent les premiers signes significatifs d'une "réappropriation" du cinéma sarde par les Sardes eux-mêmes. Progressivement (et surtout dans les années 2000), plusieurs réalisateurs proposent de nouvelles approches des représentations filmées de leur île, jusqu'à la constitution plus ou moins consciente d'un mouvement non officiel appelé "nouveau cinéma sarde" : G. Cabiddu, G. Columbu, P. Sanna, S. Mereu et E. Pau en sont les représentants. Cette étude se propose d'analyser, par le traitement des oeuvres significatives et une approche sociologique du mouvement, le phénomène collectif du "nouveau cinéma sarde" et les démarches individuelles des auteurs qui le composent, plaçant l'identité au coeur de la question.