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Lettres à Néère (1925-1938)
Valéry Paul ; Jarrety Michel
COOPERATIVE
20,00 €
Épuisé
EAN :9791095066095
En 1931, Paul Valéry accepta de poser pour une jeune sculptrice, Renée Vautier (1898-1991), qui souhaitait réaliser son buste. Récemment séparée de son premier mari, elle avait alors trente-trois ans. Bien plus âgé qu'elle, Valéry, encore douloureusement éprouvé par la fin de sa longue liaison avec Catherine Pozzi, subit la fascination de la jeune artiste et ne tarda pas à lui faire part de la passion qu'il commençait à éprouver pour elle. Passion sans espoir : celle qu'il surnomma bientôt "Néère" (anagramme de Renée et titre d'un célèbre poème d'André Chénier) ne lui cacha jamais qu'elle ne partageait pas ses sentiments. Cela n'empêcha pas le poète de continuer à lui faire la cour durant plusieurs années. Les cent soixante lettres inédites que nous révélons aujourd'hui témoignent de cette histoire d'amour malheureuse. D'une qualité littéraire digne de ses grandes oeuvres en prose, elles montrent un Valéry tendre et plein d'esprit, sachant jouer de tous les charmes de sa conversation pour séduire, sans cacher à sa correspondante (dont les réponses n'ont pas été conservées) qu'il est sujet à de graves accès de mélancolie : ceux-là même qu'il décrit si bien, au même moment, dans le dialogue intitulé L'Idée fixe. Bien plus qu'un témoignage sur la vie privée d'un grand poète au sommet de sa gloire, ces Lettres à Néère méritent d'être considérées comme une oeuvre à part entière, pleine de bonheurs d'écriture surprenants.
Résumé : Voici, réunies dans ce volume, quelques-unes des lettres essentielles de Paul Valéry. La première est datée de 1889, la dernière de 1943. C'est dire que le lecteur trouvera ici le reflet d'une vie entière, dans sa diversité et son éclectisme : les aspirations du jeune écrivain en pleine période symboliste, avec des lettres à son ami Pierre Louÿs ; l'intérêt qu'il manifeste à toutes les formes d'art ; correspondance avec Huysmans ou Valery Larbaud, avec Claude Debussy et le peintre Maurice Denis. Dans ce livre apparaissent aux côtés de Paul Valéry bien d'autres personnalités dont les activités ont illustré toutes les tendances de la vie intellectuelle française.
Dans la Soirée avec Monsieur Teste, Valéry explique pourquoi, à la recherche du succès littéraire, auquel il aurait pu légitimement aspirer suivant le voeu de ses amis, il a préféré autre chose. La recherche du succès entraîne nécessairement une perte de temps : "Chaque esprit qu'on trouve puissant commence par la faute qui le fait connaître. En échange du pourboire public, il donne le temps qu'il faut pour se rendre perceptible...". M. Teste est un homme qui a mieux employé son temps : "J'ai fini par croire que M. Teste était arrivé à découvrir des lois de l'esprit que nous ignorons. Sûrement, il avait dû consacrer des années à cette recherche : plus sûrement, des années encore, et beaucoup d'autres années avaient été disposées pour mûrir ses inventions et pour en faire ses instincts. Trouver n'est rien. Le difficile est de s'ajouter ce que l'on trouve.". Tel était bien sans doute le programme ambitieux que s'était assigné Valéry lui-même à l'époque où il rédigeait cette fameuse Soirée avec Monsieur Teste.
Avec Rimbaud et Mallarmé, Valéry abolit la religion du sens unique d'un texte. Pas de centre, de point fixe - et ceci est valable pour tous les poèmes cités ici ; un décentrement incessant, des surimpressions plastiques, phoniques, des métaphores qui se renforcent de nouveaux éléments à cent vers de distance, des durées multiples qui s'organisent à l'intérieur du poème, comme l'histoire ou le corps ont des durées différentes, le coeur, la vue, la marche, et l'ensemble c'est la vie du corps ; des substitutions d'une durée à l'autre (c'était le rythme de la durée de la marche, et cela devient, oui, le rythme de la durée d'un coeur qui bat, qui s'arrête, qui bat encore). Pas de poésie plus mobile, comme le sang. Et puis, un échange entre le passé, le futur, le présent, qui rend heureusement impossible toute chronologie interne ; un temps plein, et paradoxal : une achronie généralisée, le temps du rêve". Jean Levaillant.
Cet ouvrage paru en 1869 est une sorte d'encyclopédie des chats qui examine leur place dans l'histoire de l'art et de la littérature, combat les préjugés à leur endroit, rend hommage aux grands hommes qui les ont le plus aimés et décrit leurs comportements à travers une foule d'observations fines et d'anecdotes curieuses et amusantes. Pour accompagner son livre, Champfleury, qui était au coeur de la vie artistique de son temps, s'est assuré la collaboration de ses amis les plus prestigieux, parmi lesquels on trouve notamment Manet, Delacroix ou Viollet-le-Duc. Les illustrations que ceux-ci lui ont confiées donnent à cet ouvrage un charme rare. La présente réédition rend pleinement justice, par une mise en page soignée, à ces documents graphiques exceptionnels qui dialoguent avec le texte. Qu'il s'agisse des chats dessinés par Grandville, du chat de Victor Hugo en personne, des chats égyptiens du Louvre dessinés par son conservateur d'alors, Prosper Mérimée, ou de l'oeuvre de G. Mind que Madame Vigée-Lebrun surnommait "le Raphaël des chats" , le livre de Champfleury est une magistrale déclaration d'amour au plus littéraire de tous les animaux.
Résumé : Ecrits après une longue période de silence, les poèmes de ce recueil ont marqué pour leur auteur une véritable renaissance à la parole, par-delà l'expérience cruciale de la traduction à laquelle elle a consacré une partie de sa vie. Des poèmes comme des lettres : tournés vers l'autre ? destinataire ou lecteur?, beaucoup comportent une date et un lieu. Reflets d'une expérience à chaque fois unique, située dans l'espace et le temps, et qui pourtant semble s'adresser directement à nous. Mireille Gansel est un poète de la rencontre. Elle porte sur le monde qui l'entoure un regard attentif à tout ce qui est fragile et menacé, mais aussi à tout ce qui témoigne des forces invincibles de la vie, à tous ceux qui, comme elle, s'attachent à préserver la mémoire des êtres et des lieux. Plus qu'une poésie du voyage, un art d'habiter le monde.
Je n'ai rencontré qu'une fois Jean Dervage, et je ne lui ai jamais parlé", écrit le narrateur à propos d'un jeune homme dont la beauté le fascine. Mais qui est Jean Dervage ? Tout ce roman est consacré à chercher la réponse à cette question. Celle-ci semble essentielle au narrateur, confronté à l'échec de sa propre vie sentimentale et pourtant rempli d'espoir, au nom d'un "idéalisme" qu'il s'applique à redéfinir. La jeunesse et la beauté, les deux qualités qui expliquent la séduction qu'il exerce sur ceux qui le rencontrent, ne suffisent pas à définir Jean Dervage. Il en jouit, mais il en est aussi victime, dans sa quête d'un bonheur plus durable qu'elles. A travers deux histoires d'amour, l'une malheureuse, l'autre heureuse, on le voit dépasser peu à peu une conception décevante de la vie et de la réussite. Dans ce deuxième roman, Germont semble faire le bilan de sa jeunesse à travers l'évocation d'un personnage entrevu au cours de ses propres années d'errances. Le livre apparaît ainsi comme un document sur la vie nocturne de la fin des années 1980. La vie reconstituée du héros, de son enfance à sa première jeunesse, dessine le portrait d'une génération. La présentation sous l'aspect d'une société secrète du monde marginal des noctambules, et même de la jeunesse de cette époque en général, renouvelle la thématique du roman d'initiation. Nul ne se serait attendu à retrouver les tourments et les subtilités de la Princesse de Clèves dans les boîtes de nuit parisiennes.
Résumé : La nuit était de plus en plus épaisse. De lourds oiseaux nocturnes passaient avec un froissement d'ailes dans le noir ; la lune avait commencé à baisser et sa clarté s'était voilée derrière des nuages. Aurore ne voyait plus bien où elle mettait les pieds. Elle trébucha à plusieurs reprises, poussant un cri chaque fois qu'une branche venait à lui griffer le visage. La nuit semblait interminable, le matin encore bien lointain. Aurore avait maintenant très soif et s'aperçut quelle n'avait même pas songé à emporter de quoi boire ; la gorge sèche, elle eut l'impression qu'elle allait mourir là, sans avoir découvert le secret des larmes. ? Hélas ! ma mère, mon père bien-aimés, s'écria Aurore, que n'êtes-vous auprès de moi pour me guider ? Où êtes-vous à présent ? Voyez-vous votre fille qui cherche sans la trouver la fée présidant à toute naissance ? Ne pouvez-vous me faire un signe pour me mettre sur le chemin Que ne donnerais-je pour pouvoir verser une larme ! Et comme j'ai soif !