La nuit était de plus en plus épaisse. De lourds oiseaux nocturnes passaient avec un froissement d'ailes dans le noir ; la lune avait commencé à baisser et sa clarté s'était voilée derrière des nuages. Aurore ne voyait plus bien où elle mettait les pieds. Elle trébucha à plusieurs reprises, poussant un cri chaque fois qu'une branche venait à lui griffer le visage. La nuit semblait interminable, le matin encore bien lointain. Aurore avait maintenant très soif et s'aperçut quelle n'avait même pas songé à emporter de quoi boire ; la gorge sèche, elle eut l'impression qu'elle allait mourir là, sans avoir découvert le secret des larmes. ? Hélas ! ma mère, mon père bien-aimés, s'écria Aurore, que n'êtes-vous auprès de moi pour me guider ? Où êtes-vous à présent ? Voyez-vous votre fille qui cherche sans la trouver la fée présidant à toute naissance ? Ne pouvez-vous me faire un signe pour me mettre sur le chemin Que ne donnerais-je pour pouvoir verser une larme ! Et comme j'ai soif !
J'aimerais être ce poème entendu en rêve que tu lisais, ce soir brûlant, dans mon sommeil. Ah, j'aimerais que tu m'entendes, ô simulacre devant moi pâle, et que mes cris te fassent peur ! Eblouis-moi de ce secret que tu m'imposes, de ton silence, ô devant moi évanescente ! Demeure, solitaire, et parle-moi. Souris-moi encore comme là-bas, au pays vague, amie de la lumière, ombre perdue, que je reconnaisse ta voix ! En pleine nuit, dans l'entretien du songe, tu t'égares dans mon sommeil.
Qu'ils y reviennent ou le quittent sans espoir de retour, qu'ils en poursuivent le souvenir ou cherchent à lui échapper, qu'ils y vivent seuls ou dans le huis clos infernal d'une famille, les personnages de ce livre affrontent le secret de leur existence à travers un lieu auquel ils sont liés - maison, jardin, contrée ou île. Tous font l'expérience cruciale du rêve qui bouleverse leur destinée et les arrache à eux-mêmes pour les projeter dans l'énigme du monde. Pour le meilleur et pour le pire, les uns lucides, les autres non, de bonne ou de mauvaise foi, héroïques ou lâches, ils ont choisi d'habiter la maison de l'écriture pour arracher au silence un peu de l'inconnu qui est en eux.
A la veille de la seconde guerre mondiale, un jeune journaliste français qui a choisi de vivre en Grèce, par désir de renouer avec une partie de ses origines, fait la connaissance d'une jeune femme à laquelle il lie son destin. A sa suite, il connaîtra la relégation en Crète, dans un village de la côte orientale où tous deux sont assignés à résidence par la dictature de Métaxas, puis le séjour sur une île fortifiée où vivent en exclus des lépreux isolés du reste du monde. Le récit traversé de mythes et d'images obsédantes que Michel, au soir de sa vie, tire des années passées auprès de Marina, peut se lire comme le roman d'un amour, mais aussi comme une méditation sur le temps, la maladie, la mort et l'exclusion, ou comme la métaphore des réalités les plus contemporaines.
Résumé : Deux petits personnages, Théa et Mathieu, habillés suivant une époque ou un lieu, servent de guides à tous tes enfants de 7 à 12 ans qui, en groupe avec leur école, ou en famille, viennent découvrir les sites cathares. Un circuit en 10 étapes : châteaux de Foix, Montségur, Puivert, Quérigut, Puilaurens, Peyrepertuse, Quéribus, Aguilar, Minerve, Lastours. Jouer en découvrant les sites : Avec des quizz, des points à relier, des mots fléchés, des jeux de différences, des rébus ou des devinettes, les enfants, tous lecteurs autonomes - les plus jeunes pourront se faire aider par leurs parents - découvrent l'histoire des cathares. Des rubriques : Le sais-tu ?, A proximité ? permettent également aux enfants... et à leurs parents, d'apprendre à se situer dans une chronologie et dans des espaces différenciés.
En 1931, Paul Valéry accepta de poser pour une jeune sculptrice, Renée Vautier (1898-1991), qui souhaitait réaliser son buste. Récemment séparée de son premier mari, elle avait alors trente-trois ans. Bien plus âgé qu'elle, Valéry, encore douloureusement éprouvé par la fin de sa longue liaison avec Catherine Pozzi, subit la fascination de la jeune artiste et ne tarda pas à lui faire part de la passion qu'il commençait à éprouver pour elle. Passion sans espoir : celle qu'il surnomma bientôt "Néère" (anagramme de Renée et titre d'un célèbre poème d'André Chénier) ne lui cacha jamais qu'elle ne partageait pas ses sentiments. Cela n'empêcha pas le poète de continuer à lui faire la cour durant plusieurs années. Les cent soixante lettres inédites que nous révélons aujourd'hui témoignent de cette histoire d'amour malheureuse. D'une qualité littéraire digne de ses grandes oeuvres en prose, elles montrent un Valéry tendre et plein d'esprit, sachant jouer de tous les charmes de sa conversation pour séduire, sans cacher à sa correspondante (dont les réponses n'ont pas été conservées) qu'il est sujet à de graves accès de mélancolie : ceux-là même qu'il décrit si bien, au même moment, dans le dialogue intitulé L'Idée fixe. Bien plus qu'un témoignage sur la vie privée d'un grand poète au sommet de sa gloire, ces Lettres à Néère méritent d'être considérées comme une oeuvre à part entière, pleine de bonheurs d'écriture surprenants.
Cet ouvrage paru en 1869 est une sorte d'encyclopédie des chats qui examine leur place dans l'histoire de l'art et de la littérature, combat les préjugés à leur endroit, rend hommage aux grands hommes qui les ont le plus aimés et décrit leurs comportements à travers une foule d'observations fines et d'anecdotes curieuses et amusantes. Pour accompagner son livre, Champfleury, qui était au coeur de la vie artistique de son temps, s'est assuré la collaboration de ses amis les plus prestigieux, parmi lesquels on trouve notamment Manet, Delacroix ou Viollet-le-Duc. Les illustrations que ceux-ci lui ont confiées donnent à cet ouvrage un charme rare. La présente réédition rend pleinement justice, par une mise en page soignée, à ces documents graphiques exceptionnels qui dialoguent avec le texte. Qu'il s'agisse des chats dessinés par Grandville, du chat de Victor Hugo en personne, des chats égyptiens du Louvre dessinés par son conservateur d'alors, Prosper Mérimée, ou de l'oeuvre de G. Mind que Madame Vigée-Lebrun surnommait "le Raphaël des chats" , le livre de Champfleury est une magistrale déclaration d'amour au plus littéraire de tous les animaux.
Résumé : En 1922, Hofmannsthal publie de manière presque confidentielle Le Livre des amis, un recueil d'aphorismes qui connaîtra rapidement une diffusion beaucoup plus large que son auteur lui-même ne l'imaginait, et peut-être ne le souhaitait. Dans ces pages, le poète autrichien mêle ses propres pensées, tirées de ses carnets intimes, à celles qu'il a rencontrées chez les auteurs qu'il aime le plus. Les amis que désigne le titre sont donc aussi bien ses propres lecteurs que les écrivains de tous les temps, qui forment autour de lui une sorte de "collège invisible". Le Livre des amis est un livre magique, dont la profondeur ne se dévoile qu'avec le temps : ceux qui l'ont lu ne cessent d'y revenir. Il est peut-être aussi la meilleure initiation à l'oeuvre de Hofmannsthal, grand esprit doublement attaché à sa patrie autrichienne et à la défense de la culture européenne au lendemain de la Première Guerre mondiale.
Résumé : Créé au tout début du XIXe siècle par le marionnettiste Laurent Mourguet (1769-1844), Guignol fut pendant plus d'un siècle le porte-parole du petit peuple de Lyon, et surtout des "canuts", les ouvriers de la soierie. Au plus fort de leur popularité, jusque dans les années 1950-60, Guignol et son inséparable ami Gnafron furent au coeur d'une intense production théâtrale, due à de très nombreux auteurs. En 1925, la société des Amis de Guignol édita à Lyon, à tirage très limité, un choix des meilleures pièces écrites au cours des soixante années précédentes, pour compléter le premier répertoire "classique" rassemblé par Jean-Baptiste Onofrio en 1865. C'est ce recueil rarissime, plein d'inventions savoureuses, que nous rééditons aujourd'hui.