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Plages non loin de Nantes
GERMONT
COOPERATIVE
19,50 €
Épuisé
EAN :9791095066101
Je n'ai rencontré qu'une fois Jean Dervage, et je ne lui ai jamais parlé", écrit le narrateur à propos d'un jeune homme dont la beauté le fascine. Mais qui est Jean Dervage ? Tout ce roman est consacré à chercher la réponse à cette question. Celle-ci semble essentielle au narrateur, confronté à l'échec de sa propre vie sentimentale et pourtant rempli d'espoir, au nom d'un "idéalisme" qu'il s'applique à redéfinir. La jeunesse et la beauté, les deux qualités qui expliquent la séduction qu'il exerce sur ceux qui le rencontrent, ne suffisent pas à définir Jean Dervage. Il en jouit, mais il en est aussi victime, dans sa quête d'un bonheur plus durable qu'elles. A travers deux histoires d'amour, l'une malheureuse, l'autre heureuse, on le voit dépasser peu à peu une conception décevante de la vie et de la réussite. Dans ce deuxième roman, Germont semble faire le bilan de sa jeunesse à travers l'évocation d'un personnage entrevu au cours de ses propres années d'errances. Le livre apparaît ainsi comme un document sur la vie nocturne de la fin des années 1980. La vie reconstituée du héros, de son enfance à sa première jeunesse, dessine le portrait d'une génération. La présentation sous l'aspect d'une société secrète du monde marginal des noctambules, et même de la jeunesse de cette époque en général, renouvelle la thématique du roman d'initiation. Nul ne se serait attendu à retrouver les tourments et les subtilités de la Princesse de Clèves dans les boîtes de nuit parisiennes.
Mon amour est d'une étrange sorte, il ne vient qu'attiré par Des poèmes, seules des mains créatrices peuvent caresser son corps Glorieux et méprisant, et son âme barbare ne sourit tendrement Qu'aux accents silencieux des chants où s'apaise sa force. Préfaçant les Maximes de La Rochefoucauld, Roland Barthes soulignait qu'il existe "une affinité particulière entre le vers et la maxime, la communication aphoristique et la communication divinatoire" et qu'il y a dans la maxime "une véritable économie métrique de la pensée, distribuée en temps forts et en temps faibles". De telles phrases peuvent permettre d'expliquer que Germont ait décidé d'intituler Maximes son quatrième livre de poèmes. Venant après les Sonnets, les Ballades et les Stances, il clôt la série de ce qu'on peut considérer comme son oeuvre de jeunesse. Comme les précédents, il se caractérise par une exploration formelle originale, plus variée encore dans ce volume. Ses quatre parties, chacune de huit poèmes, correspondent à quatre étapes pouvant jalonner toute expérience amoureuse : les Rencontres, les Séparations, les Recherches et les Retrouvailles. Chaque poème constitue à la fois l'écho d'un moment vécu et une variation autour des sentiments qu'affronte le poète pour son bonheur comme pour son malheur.
Dix poèmes de cent vers assonancés composent ce livre d'amour et de deuil qui n'a, dans la poésie contemporaine, aucun équivalent, ni dans sa forme ni dans ses thèmes. Le jeune poète qui les a écrits en a fait un mémorial de la fin du vingtième siècle et un itinéraire où la souffrance et le désespoir sont victorieusement combattus par le pouvoir lumineux de la poésie. "Il y a de la beauté dans le paysage menacé / De notre amour, de notre pays en proie à l'adversité", écrit l'auteur qui arpente les rues de Paris avec au coeur "la nostalgie de demain". Celui qui se veut "un regard sur le monde, une savante lumière" est un veilleur dont la fonction est aussi essentielle que cachée. La poésie de Germont intrigue et retient l'attention par le ton très personnel d'une parole qui n'est nullement obscure et semble même souvent limpide, et qui pourtant, à une lecture attentive, s'avère d'une complexité et d'un raffinement très savants.
L'Arcadie a été écrit en 1993 et 1994, en des saisons où je passais beaucoup de temps dans des lieux nocturnes que la poésie, à défaut de l'amour, tenta de transformer en un pays propice, habitable et harmonieux. Le Livre des jeunes prières date des années 1999 et 2000. Si ces prières m'ont semblé jeunes, c'est que la nostalgie d'un dieu amoureux s'y mêle à l'aurore d'une véritable expérience religieuse. Mythologie a été écrit en 2002, en quelques semaines où je fis comme à tâtons le bilan de quarante années d'existence terrestre. Les dieux qu'on y entend ressemblent peut-être à ce démon dont parle Socrate, voix intérieure qui à la fois est la nôtre et celle d'un guide qui nous inspire et nous accompagne.
Estève rêve qu'il est un jeune professeur des années soixante, transporté par un étrange prodige en l'an 2000. Loin d'être la découverte d'un avenir de progrès, cette expérience est pour lui une terrible déception, car il lui semble qu'aucun de ses espoirs n'a été réalisé. Mais le pire est qu'à son réveil il se rend compte qu'il est bel et bien en l'an 2000, que c'est l'époque de sa vie réelle, et qu'elle le déçoit comme dans son rêve. Tel est le point de départ du cheminement d'un des personnages du Village-bulle. Bien d'autres personnages passent dans ces pages, chacun avec une expérience différente : Estève et sa conquête du bonheur avec Irène, les amours contrariés de Morgane et de Jean le Gaulois, le destin de Royot, un chien confronté à la cruauté humaine... Cependant ces fragments de vie convergent vers le lieu où tous se retrouveront pour finir : le village-bulle. Vingt-six chapitres de longueur inégale exposent chacun un aspect de la réalité du village, comme une bulle dont les parois irisées reflètent l'univers entier. Le roman se présente comme un abécédaire, peut-être parce qu'il veut nous apprendre à lire autrement le monde. Un tel livre est à la fois unifié par l'inspiration romanesque et voué à la liberté d'une forme qui rappelle par moments celle de l'essai. On peut songer aux Notes de chevet de Sei Shônagon, où l'auteur dresse des listes qui lui permettent d'évoquer tous les aspects du réel qui l'intéressent. Ici, tout trouve naturellement sa place : la destinée des héros mais aussi leur ancrage dans l'histoire de France ou dans le monde naturel. Le romancier est amené à traiter une multitude de sujets, depuis la satire du système éducatif et de la gestion "moderne" des villes jusqu'aux désastres écologiques et spirituels que l'homme inflige aux abeilles ou aux fourmis, depuis les impostures et les faux-semblants de la politique jusqu'aux attitudes intérieures rendant possible de surmonter les déceptions et d'entrer dans un monde plus heureux. C'est ainsi que s'édifie pierre à pierre, ou reflet après reflet, ce village qui semble comme l'extension merveilleuse de la maison que l'écrivain évoque dans les dernières lignes, et où il a écrit ce livre au coeur d'un bonheur hors du temps.
Dix poèmes de cent vers assonancés composent ce livre d'amour et de deuil qui n'a, dans la poésie contemporaine, aucun équivalent, ni dans sa forme ni dans ses thèmes. Le jeune poète qui les a écrits en a fait un mémorial de la fin du vingtième siècle et un itinéraire où la souffrance et le désespoir sont victorieusement combattus par le pouvoir lumineux de la poésie. "Il y a de la beauté dans le paysage menacé / De notre amour, de notre pays en proie à l'adversité", écrit l'auteur qui arpente les rues de Paris avec au coeur "la nostalgie de demain". Celui qui se veut "un regard sur le monde, une savante lumière" est un veilleur dont la fonction est aussi essentielle que cachée. La poésie de Germont intrigue et retient l'attention par le ton très personnel d'une parole qui n'est nullement obscure et semble même souvent limpide, et qui pourtant, à une lecture attentive, s'avère d'une complexité et d'un raffinement très savants.
Les dix-sept ballades de ce livre baignent dans une "lumière amoureuse" et sont le mémorial d'une révélation qui embrasse toute la création : "Je suis tombé amoureux du monde entier / Le jour où j'ai rencontré ton regard souriant", écrit le poète. La forme de la ballade, souvent illustrée au Moyen Age et à la Renaissance, notamment par Villon, retrouve ici une nouvelle et surprenante jeunesse, à laquelle contribue l'usage des vers assonancés. L'amour apparaît dans ce livre comme la prémonition d' "un monde plus ouvert et moins désespéré". Témoignage d'une expérience vécue autour de l'année 1985, les Ballades se révèlent étrangement intemporelles par leur forme comme par leur contenu.
En 1931, Paul Valéry accepta de poser pour une jeune sculptrice, Renée Vautier (1898-1991), qui souhaitait réaliser son buste. Récemment séparée de son premier mari, elle avait alors trente-trois ans. Bien plus âgé qu'elle, Valéry, encore douloureusement éprouvé par la fin de sa longue liaison avec Catherine Pozzi, subit la fascination de la jeune artiste et ne tarda pas à lui faire part de la passion qu'il commençait à éprouver pour elle. Passion sans espoir : celle qu'il surnomma bientôt "Néère" (anagramme de Renée et titre d'un célèbre poème d'André Chénier) ne lui cacha jamais qu'elle ne partageait pas ses sentiments. Cela n'empêcha pas le poète de continuer à lui faire la cour durant plusieurs années. Les cent soixante lettres inédites que nous révélons aujourd'hui témoignent de cette histoire d'amour malheureuse. D'une qualité littéraire digne de ses grandes oeuvres en prose, elles montrent un Valéry tendre et plein d'esprit, sachant jouer de tous les charmes de sa conversation pour séduire, sans cacher à sa correspondante (dont les réponses n'ont pas été conservées) qu'il est sujet à de graves accès de mélancolie : ceux-là même qu'il décrit si bien, au même moment, dans le dialogue intitulé L'Idée fixe. Bien plus qu'un témoignage sur la vie privée d'un grand poète au sommet de sa gloire, ces Lettres à Néère méritent d'être considérées comme une oeuvre à part entière, pleine de bonheurs d'écriture surprenants.
Résumé : En 1922, Hofmannsthal publie de manière presque confidentielle Le Livre des amis, un recueil d'aphorismes qui connaîtra rapidement une diffusion beaucoup plus large que son auteur lui-même ne l'imaginait, et peut-être ne le souhaitait. Dans ces pages, le poète autrichien mêle ses propres pensées, tirées de ses carnets intimes, à celles qu'il a rencontrées chez les auteurs qu'il aime le plus. Les amis que désigne le titre sont donc aussi bien ses propres lecteurs que les écrivains de tous les temps, qui forment autour de lui une sorte de "collège invisible". Le Livre des amis est un livre magique, dont la profondeur ne se dévoile qu'avec le temps : ceux qui l'ont lu ne cessent d'y revenir. Il est peut-être aussi la meilleure initiation à l'oeuvre de Hofmannsthal, grand esprit doublement attaché à sa patrie autrichienne et à la défense de la culture européenne au lendemain de la Première Guerre mondiale.