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Le trait, le taillis, les aguets. Louis Pons, le dessins de 1947 à 1970
Valabrègue Frédéric
ATELIER CONT
24,99 €
Épuisé
EAN :9782850350108
Dessinateur instinctif et autodidacte, Louis Pons a développé seul sa technique au fil d'une vie d'errance relative dans la campagne provençale, entre 1945 et 1970. Partant de la caricature, passant par le travail sur le motif, il est parvenu à ces pages saturées par lesquelles il s'est fait connaître : ratures encrées d'où se dégagent des figures fantastiques et organiques, mi-hommes mi-animaux, parfois érotisées et toujours empêchées, "drolatiques comédiens du dérisoire". "Singulier" est une des entrées du dictionnaire déréglé que Frédéric Valabrègue consacre ici à l'oeuvre du dessinateur. "Le singulier est un artiste minoré dans la mesure où son oeuvre ne se prête pas à un discours d'ensemble". D'où la nécessité d'un discours de détail. Epousant donc au plus près la biographie de l'artiste, reliant entre eux ses thèmes et ses caractères distinctifs, démontant les assimilations forcées qui ont affecté son travail, réactivant un corpus d'oeuvres trop mal connues, l'écrivain fait apparaître, au milieu de leur opacité apparente, comme la constellation du dessein qui les guide. Méthode bien digne de la pratique de Louis Pons : "Dessiner, pour lui, cela veut dire donner un coup de sonde dans une poche nocturne grossie par toutes les terreurs innommables".
Marseille et les Marseillais sont les héros aimés et haïs de ce roman. Sur un mode peu ordinaire, entre imprécation et chant lyrique, la démesure et l'excès de Marseille sont ici grandiosement mis en scène et c'est un clochard vitupérant qui décrit tout ce qu'il voit et entend ou croit voir et entendre, à travers un discours heurté, ordurier. Loin des blagues rituelles, le lecteur est convié, passant du tragique au comique, à un examen mouvementé de la ville.
Résumé : Parti du Burkina, Abdou veut tenter le coup avec sa jeunesse sans état civil, ses fables de La Fontaine et son sac de malices. Cherchant le passage du nord-est, il tend ses bouts de ficelle entre deux frontières et espère qu'en poussant la chanson ou un mot devant l'autre, la roue tournera pour lui jusqu'en Italie.
Treize artistes contemporains - peintres, plasticiens, sculpteurs, photographes, vidéastes - ont choisi Marseille pour port d'attache. À l'abri dans ces lieux cachés et insolites, ils se préservent des regards indiscrets - un anonymat gage de liberté. En dévoilant leurs ateliers pour cette trajectoire photographique et littéraire, ils se découvrent passeurs. Ces rencontres au coeur des espaces personnels de travail tissent le fil immatériel qui nous guide à travers une ville-labyrinthe dévoilant lentement un inépuisable réservoir d'inspiration. Ces treize ateliers, comme autant de "planques", ouvrent sur leur environnement urbain, un alentour source de création. Dans le désordre et le métissage, les artistes puisent une énergie singulière. Du chaos naît parfois la beauté.
Laurel et Hardy, Mercier et Camier, Don Quichotte et Sancho Pança, Marius et Olive, Bouvard et Pécuchet : Agricole et Béchamel viennent ajouter leurs noms à une longue série de couples d'hommes installés dans notre imaginaire. Armand Agricole, cinquante ans, veut être amoureux. Il proclame tout haut : N'ai-je pas mangé tout mon pain noir ? Mais la saison passe et c'est l'amitié qui se présente. Employés de bureau à la mairie de Marseille, l'un et l'autre anarchisants, Agricole et Béchamel jouent pour nous la comédie de l'amitié avec ses mensonges et ses tendresses, ses cruautés, ses crises, ses abandons. Roman curieusement sentimental, Agricole et Béchamel est aussi une chronique féroce de la vie de bureau, un parcours ému dans la ville aimée, une réflexion sur l'amitié des hommes.
A l'appel d'une voix chère, une femme se réveille dans une chambre d'hôpital. Elle se met en chemin. Dehors, le monde sort d'un cataclysme ; la vie reprend ses droits, parcimonieuse, précaire. Guidée par son intuition et le désir de retrouver une présence qu'elle n'a peut-être que rêvée, cette femme amnésique gagne la campagne, fait de brèves rencontres, s'endort dans une forêt. Son voyage, de station en station, prend une allure initiatique. Le mystère qui traverse le premier roman de Livane Pinet n'est pas de ceux qui se résolvent au bout d'un récit à suspense ou qui s'éclairent d'une lecture par clefs. Ce mystère, poétique, est celui d'un face-à-face avec une présence qu'on ne sait déchiffrer et dans laquelle on devine cependant comme une traduction de l'essence même des choses. L'innocence de son héroïne ouverte à tous les signes, livrée à toutes les atteintes d'un monde au bord de la catastrophe, et s'avançant pourtant sans crainte à sa rencontre, ressemble à une page blanche sur laquelle s'inscrit la difficile leçon d'un univers dont se révèle surtout l'opacité.
Il y a dans les photographies de Jean-Jacques Gonzales une double postulation qui les rend très belles, qui intrigue cependant et qui au premier abord peut sembler contradictoire, mais qu'on sent qui leur donne une intensité si intérieure qu'elle appelle leur spectateur à vouloir en élucider les raisons. D'une part, voici le monde, sa prodigieuse apparition, sa substantialité parfaite : des terres, des buissonnements d'arbres, de grands ciels, il semble que le photographe n'aime d'emblée rien tant que ce qui est, qui semble absolu tant il est puissant . Mais d'autre part, c'est étrange, tout ici ou presque est comme voilé, lointain, comme suspendu dans une incertitude analogue à celle qui vient des rêves, et de surcroît des événements perturbants s'annoncent, qui ne se produisent pas mais qui inquiètent. Une tension est à l'oeuvre dans ces images, et Jean-Jacques Gonzales est un témoin divisé : s'il adhère à ce monde, s'il en approuve immédiatement la vie, les essences et la force, cependant un voile, ou une distance ou une tache noire dans l'esprit l'en sépare aussi. Or cette tension se marque dans l'art particulier, double lui aussi, qui est ici conduit. D'abord le photographe accueille ce qui est, fait droit spontanément aux phénomènes : c'est avec fraîcheur, et à l'improviste, qu'il s'est arrêté, requis. Mais ensuite, à cet art premier de l'étonnement, de la perception naïve et disponible, s'en ajoute un autre tout contraire, qui vient après la prise de vue et qui s'exerce non plus sur le motif mais au laboratoire, un autre art alors second, très appliqué celui-ci, conscient de ses moyens autant que patient, qui est l'art de travailler le tirage pour en transformer le rendu et conduire celui-ci à son image finale. Les deux postulations affectives de Jean-Jacques Gonzales s'expriment chacune en l'un des deux moments de son double ouvrage photographique : l'adhésion au monde coïncide avec l'instant premier de la prise de vue, le retrait ou le voilement du monde correspond au second temps du travail des retouches.
Pourquoi des poètes, depuis lurette, sont fascinés par les oiseaux ? Plus que par les vaches, lapins, mulots ! Parce qu'ils - mouettes, merles, corneilles, alouettes, goélands, buses, rouges-gorges, mésanges, étourneaux, martinets, pies, hérons - apportent un autre monde : à vif avec la vie, fragile et léger, changeant, mélangé, sans prévention. Pas besoin d'imaginer, suf?t d'observer. Ce que fait Jacques Moulin : dans son jardin, son cerisier au printemps ; les champs autour, l'hiver inondé ; au bord de la rivière. Ils sont là, bavards discrets, farouches effrontés, égarés parfois, toujours remuants. Le poème ne les attrape pas ; il joue avec eux, à être eux un peu : "Tu rêvais à cette agilité de plume". La pensée picore des instants volatiles, où les mots volettent avec des sourires surpris, incrédules. Et Moulin de retrouver le rondel des anciens, dont les ailes tournent avec son nom. Jusqu'à cette merveille : un héron, suscitant un poème élancé, échassier ?nal, d'une tranquille vivacité" (Jacques Demarcq). "L'oiseau traverse nos vies nos balcons nos regards. Le rendez-vous est quotidien et on voudrait l'écrire. On répertorie son geste d'envol. On attend que ça entre un peu en soi. On dresse un piège à poèmes. On écoute l'oiseau chanter encore. Etirement dans l'étendue de la page. Héron ou martinet. Quelques corvidés. La pie aussi. Circulation des flux jusqu'en nos dedans : on se relie. Le peintre, dans un grand geste d'air cueillant et l'oiseau et l'arbre, nous accompagne" (Jacques Moulin).
Résumé : Le récit biblique de la mésaventure de la chaste Suzanne calomniée par un quarteron de vieillards lubriques a donné lieu à maintes illustrations picturales ou littéraires. Il est devenu un véritable topos dans la culture occidentale. Le texte, ici offert au lecteur, s'inspire bien de la légende, mais sur le mode de la dérision, de la fabulation grotesque, érotique et fantasmatique. Suzanne se fait complice des regards qui assaillent sa pudeur, et les vieillards, tout entier réduits à leur impuissance de croûtons, basculent dans un délire de luxure collective. Le manuscrit original de ce récit est reproduit in extenso.