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A vol d'oiseaux
Moulin Jacques ; Loubert Ann
ATELIER CONT
15,00 €
Épuisé
EAN :9791092444018
Pourquoi des poètes, depuis lurette, sont fascinés par les oiseaux ? Plus que par les vaches, lapins, mulots ! Parce qu'ils - mouettes, merles, corneilles, alouettes, goélands, buses, rouges-gorges, mésanges, étourneaux, martinets, pies, hérons - apportent un autre monde : à vif avec la vie, fragile et léger, changeant, mélangé, sans prévention. Pas besoin d'imaginer, suf?t d'observer. Ce que fait Jacques Moulin : dans son jardin, son cerisier au printemps ; les champs autour, l'hiver inondé ; au bord de la rivière. Ils sont là, bavards discrets, farouches effrontés, égarés parfois, toujours remuants. Le poème ne les attrape pas ; il joue avec eux, à être eux un peu : "Tu rêvais à cette agilité de plume". La pensée picore des instants volatiles, où les mots volettent avec des sourires surpris, incrédules. Et Moulin de retrouver le rondel des anciens, dont les ailes tournent avec son nom. Jusqu'à cette merveille : un héron, suscitant un poème élancé, échassier ?nal, d'une tranquille vivacité" (Jacques Demarcq). "L'oiseau traverse nos vies nos balcons nos regards. Le rendez-vous est quotidien et on voudrait l'écrire. On répertorie son geste d'envol. On attend que ça entre un peu en soi. On dresse un piège à poèmes. On écoute l'oiseau chanter encore. Etirement dans l'étendue de la page. Héron ou martinet. Quelques corvidés. La pie aussi. Circulation des flux jusqu'en nos dedans : on se relie. Le peintre, dans un grand geste d'air cueillant et l'oiseau et l'arbre, nous accompagne" (Jacques Moulin).
Depuis la création du pavillon élevé par Le Vau pour Louis XIV, Trianon fut pour la famille royale une oasis en marge de la vie politique, loin des rituels de la monarchie. Louis XV y donna libre cours à sa passion pour la botanique et y créa un petit château de campagne extrêmement raffiné, exemple rayonnant de l'excellence artistique française. Marie-Antoinette y développa à son tour l'art des jardins, puis Napoléon et Louis-Philippe y trouvèrent un refuge paisible. A quelques minutes de Versailles mais loin des contraintes de la cour, le domaine de Trianon devint un idéal de beauté et de paix, qui a su conserver son attrait d'origine. Entouré de jardins qui comptent parmi les plus précieux de France, il nous transmet une idée de ce que Talleyrand appelait le "plaisir de vivre". Jacques Moulin raconte le développement du lieu et son importance dans le contexte politique et culturel de l'époque, tandis qu'Yves Carlier évoque les riches collections de mobilier. Anecdotes et récits se succèdent, appuyés par un somptueux reportage photographique inédit, mené par Francis Hammond.
Jacques Moulin est un poète de la vue et du son. Il écrit pour donner au chant du monde une langue, une métrique et un rythme. Il en tisse avec les mots sa tessiture, tresse les liens entre la flore, la faune et notre humanité. Son écriture ourle une attention à mettre en langue les microcosmes de notre monde et de sa nature. Elle en écrit les lumières et les ombres, les bruits et les sons, les formes et les vies, jusqu'à l'écho de ses déchirures. C'est naturellement qu'il a posé son regard sur des oeuvres d'artistes. Comme on pose un regard sur un paysage, comme on tend son oreille au chant d'une mésange, il les accueille dans ses pages en tenant la distance qui les font entrer dans son texte ; sans les y emprisonner mais en s'en nourrissant. C'est ce double mouvement d'attention et de saisie qui porte les textes qu'ont suscités les oeuvres qu'il a rencontrées. Ce sont ces cheminements de l'oeuvre au texte et de l'image à l'écrit que ce livre décline. Non pas commenter mais répondre comme à une invitation ou à une question. Non préempter mais butiner quelques tons, quelques couleurs et lumières, et donner à ces oeuvres, le temps d'une lecture, une voix. Jacques Moulin fait partie de ces écrivains qui donnent du corps et de l'esprit aux oeuvres.
Découvrir les jardins de Versailles est un art sans fin. Certains choisissent la visite d'une petite heure après un passage au château, d'autres les promenades régulières et tranquilles, ponctuées de pique-niques familiaux. Quelques érudits peuvent encore opter pour le parcours savant dans l'iconographie des sculptures où suivre les trajets que Louis XIV avait proposés pour aller de points de vue en bosquets. Mais connait-on réellement les jardins de Versailles ? Qui sait le nom du visionnaire orientant un modeste rendez-vous de chasse dans l'axe d'une vue presque infinie et déterminant ainsi les grandes lignes du futur domaine ? Qui sait la profonde réfection des jardins sous Louis XVI, avec des bosquets et décors nouveaux ? Enfin, qui sait comment une oeuvre aussi fragile a pu traverser les siècles malgré les changements de régime politique et ceux, plus sournoisement tyranniques, des modes intellectuelles ou paysagères ? En dépit des multiples pages qui leur ont été consacrées, les jardins restent aujourd'hui les grands inconnus de l'histoire de Versailles Ce livre se veut être la synthèse historique des jardins de Versailles et aborde principalement les travaux réalisés en laissant de côté les innombrables projets qui n'eurent pas de suite. Quatre cents ans après avoir été choisi par Louis XIII, le site de Versailles reste toujours le plus spectaculaire offert à un grand palais européen.
Sans qu'on y prête attention la notion de chef-d'oeuvre est sortie du vocabulaire de l'art contemporain. On ne parle plus de chef-d'oeuvre que pour l'art du passé, et encore. Pris séparément, les mots qui composent l'expression sont eux-mêmes démodés. A l'heure du management libéral, "Chef" et "oeuvre" sonnent trop "vieux monde" , on ne trouve plus de chefs que dans quelques niches : les gares, les cuisines, les orchestres symphoniques... ! Les artistes pensent davantage leur production comme un continuum au sein duquel les pièces découlent les unes des autres et pour lequel c'est la cohérence de l'ensemble qui fait sens. A l'heure des réseaux sociaux et de l'interactivité sans fin, il y a dans "chef" et dans "oeuvre" quelque chose de bourgeois et de vaniteux qui date. Les historiens eux-mêmes n'utilisent plus guère le mot, même pour les oeuvres anciennes préférant laisser cette forme superlative à la littérature touristique et à l'emphase des marchands. On peut donc se demander de quoi cette disparition est-elle le symptôme, par quoi elle a été comblée et ce qu'est devenu ce mot maintenant qu'il ne joue plus son rôle de référence absolue, s'il a rejoint les poubelles de l'Histoire ou s'il se tient tapi dans des limbes d'où l'on peut s'attendre de le voir surgir à un moment ou à un autre. Le livre se propose de voir ce qu'il en est du chef-d'oeuvre aujourd'hui et si sa disparition est un symptôme permettant de comprendre notre contemporanéité. Deux textes pour deux approches différentes, celle d'un artiste et celle d'un critique. Deux approches qui se reflètent, se complètent, se contredisent... pour que chacun puisse faire le procès critique de cette notion.
Résumé : Le récit biblique de la mésaventure de la chaste Suzanne calomniée par un quarteron de vieillards lubriques a donné lieu à maintes illustrations picturales ou littéraires. Il est devenu un véritable topos dans la culture occidentale. Le texte, ici offert au lecteur, s'inspire bien de la légende, mais sur le mode de la dérision, de la fabulation grotesque, érotique et fantasmatique. Suzanne se fait complice des regards qui assaillent sa pudeur, et les vieillards, tout entier réduits à leur impuissance de croûtons, basculent dans un délire de luxure collective. Le manuscrit original de ce récit est reproduit in extenso.
Saillies rocheuses à l'aplomb du vide. Mers de rocaille noire, montagnes aux crêtes déchirées, falaises brisant la battue grise des flots. Heurts de vagues, chutes d'eaux, jaillissement de geysers où planent en silence des oiseaux impavides. Coulées de glaces, éboulis, moraines, routes fourvoyées, silhouettes énormes de plateformes pétrolières à l'abandon, jetées barrant vainement la mer, masures ruinées, carcasses d'avions. Figures emmitouflées et anonymes, de dos ou en profil perdu, s'éloignant, périssables, dans un désert de neige... Les images rapportées par le photographe Patrick Bogner de ses incursions aux abords du cercle arctique, dans les Orcades, les Féroé, à Saint-Kilda, en Islande ou en Norvège, mettent en scène le sublime écrasant de paysages déserts et déchaînés, inhabitables, où l'homme, fatalement de passage, vient rechercher un face-à-face avec des forces qui l'excèdent. Les sources de son inspiration sont à chercher au-delà du regain d'intérêt récent pour cette nature nordique, ou peut-être en-deçà, dans un sous-bassement culturel dont toutes les manifestations sont loin d'être taries : ce romantisme primitif dont accouche le Sturm und Drang. Dans son avant-propos, Patrick Bogner s'inscrit résolument dans la lignée de ces écrivains allemands, anglais et français - Goethe, Lenz, Tieck, Büchner, Blake, Chateaubriand, Hugo, Nerval... - dont les citations scandent l'ouvrage et pour qui le spectacle de la nature offre le répondant d'un état intérieur. Il se déclare, surtout, héritier de Caspar David Friedrich, plaçant ainsi son travail sous l'autorité d'une peinture de paysage dont l'ambition est de susciter une contemplation égale à celle des images sacrées. Et de fait, pour tempétueuses, heurtées et accablantes qu'elles soient, les photographies de ce recueil, Erdgeist - "esprit de la terre" , titre aux accents panthéistes - sont prises dans un silence assourdissant qui est en premier lieu celui de l'hiver. Le choix du noir et blanc, portant au paroxysme le contraste entre la terre et le ciel, le roc et la neige, le solide et le liquide, l'inerte et le mouvant, leur confère une dignité hiératique et les conduit à la frontière de l'abstraction, dans cette apparence de dépouillement et simplicité qui est, des mots de l'artiste, "ce qui requiert le plus d'effort" .
Résumé : C'est ainsi que j'érige les idoles polymères, chimie sophistiquée de l'être au monde. Elles me parlent comme je leur parle, une harangue de sourds-muets dans le silence peuplé du rien à dire. Que font-elles ? Elles gesticulent. Elles gesticulent pourquoi dire, pourquoi faire, je ne le sais pas, pour rien. Et pourtant ce rien dit quelque chose. Il a pris corps pour tout dire du rien à dire après tout très loquace. OEuvre atypique que celle Jean Claus - non seulement du fait de l'ancrage régional de l'artiste, qui tient résolument son Journal d'un Vosges-trotter, mais aussi et surtout de l'inspiration baroque de sa peinture et de sa statuaire. Tableaux de couples nus s'égayant dans des cieux pastel, sculptures de corps androgynes en suspension acrobatique, monuments copulatifs, oratoires, reliquaires, autels domestiques, vaisseliers... : autant dire que la visite de son atelier - ou de son "garde-meubles", selon le mot de l'artiste - vaut pour une exploration de l'inclassable. Et que, face à l'irrésistible légèreté de cet art, qui balance entre l'anachronisme riant de ses sujets et l'ironique modernité de ses matériaux, c'est le spectateur, pour finir, qui ne sait plus sur quel pied danser.