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COUNTRY : LES RACINES TORDUES DU ROCK'N'ROLL
TOSCHES NICK
ALLIA
18,50 €
Épuisé
EAN :9782844850300
J'ai voulu explorer les zones obscures de l'histoire de la country music, pas sa popularité actuelle ; écrire un livre pour ceux qui s'intéressent davantage à la question de savoir d'où vient cette musique et ce qu'elle est profondément, plutôt qu'à son développement récent. Alors que le livre regorge de stars à moitié oubliées, de chanteurs de honky-tonk fanés, de rockabillies obscurs et de musiciens noirs des générations passées, alors que des pages et des pages sont consacrées à des gens comme Jimmie Rodgers, Elvis Presley et Jerry Lee Lewis, ce vieux Willie Nelson et ce vieux Waylon Jennings ne sont signalés qu'en passant. Et tandis que le plus long chapitre du livre est dédié au thème du sexe dans la country music, la vallée de l'ombre du décolleté de Dolly Parton est complètement passée à l'as.
Un gang chinois et un gang italien se battent pour le contrôle du trafic d'héroïne à New York. Ce simple affrontement inter-ethnique autour de la possession d'un territoire devient aussi un conflit entre plusieurs générations de gangsters, pour qui la lutte contre les membres de leur propre famille peut être aussi mortelle. Trinités est un roman qui, sous les dehors d'une saga classique, renouvelle complètement le genre et pose un regard neuf, précis, documenté, très contemplatif, presque méditatif sur la nouvelle génération des mafieux, fils d'immigrés mais désormais complètement américanisés, confrontés à leur désir d'expansion et au respect des valeurs ancestrales. Nick Tosches est reconnu comme l'un des journalistes les plus doués de sa génération. Son œuvre littéraire est traversée par une seule et unique obsession : la mafia, ou continent la minorité italienne dont il est issu s'est constituée en bandes organisées pour finir par contrôler le monde du crime. Et ce, de La religion des ratés, son premier roman, jusqu'à sa biographie hallucinante de Dean Martin, où Tosches laisse de côté la figure mythique du crooner de Las Vegas pour s'intéresser à un fils d'immigrés italiens dont l'ascension dans le showbiz doit tout à la mafia. " Trinités marque le sommet de l'œuvre de Tosches : il est à coup sûr le livre le plus marquant écrit sur la mafia depuis Burnett et Le Parrain.
Je pense qu'Emmett Miller est maléfique", m'a dit ma bonne copine Carol il n'y a pas si longtemps. Je lui ai demandé ce qu'elle entendait par là, et elle m'a répondu qu'elle pensait qu'Emmett Miller était en train de dévorer ma vie. Elle a peut-être raison. Au moment où j'écris, il fait une belle journée d'été, avec un beau ciel bleu. Il y a une salle de gym à quelques pâtés de maison avec une piscine découverte sur le toit. J'en suis membre; j'ai passé tout l'été dernier allongé au bord de cette piscine, mais je n'y suis pas encore allé cette année. J'ai un contrat pour une nouvelle dans un magazine qui me rapportera trente mille dollars, mais je n'en ai pas écrit une ligne. J'ai un roman inachevé qui est la meilleure chose que j'aie jamais écrite, et je ne n'y ai pas jeté un coup d'?il depuis des mois. J'ai une petite amie belle et intelligente à qui je n'ai pas parlé depuis cinq semaines. Je pourrais être sur une plage déserte quelque part. Et pourtant je suis là, tous les jours, avec Emmett Miller. Quelle que soit cette maladie, elle doit vite prendre fin. Où que je tourne mes regards, il est là. De même qu'on reconnaît la silhouette d'une amante perdue en croisant dans la rue n'importe quelle inconnue présentant la moindre ressemblance avec elle, de même je ne peux entendre une chanson, je ne peux lire une phrase, sans y percevoir la présence fantomatique d'Emmett."Tout avait commencé vingt-trois ans plus tôt. Nick Tosches était tombé par hasard sur un disque enregistré dans les années 30 par un artiste dont le nom ne lui disait rien: Emmett Miller. La voix et la musique qu'il entend le chavirent: ni country, ni blues, ni jazz, ni noire, ni blanche, mais une alchimie de tout cela, dans laquelle Tosches voit l'expression ultime de la culture américaine. Il se lance alors dans une quête qui va durer des années sur les traces de l'insaisissable Emmett Miller, et finit par découvrir que celui-ci participait à des spectacles de ménestrel blackface, où des Blancs se grimaient en Noirs. Tel est l'argument qui permet à Tosches de traverser l'histoire de la musique américaine, tirant des fils et maniant la digression avec cette érudition tordue qui est sa marque de fabrique. L'auteur nous fait ainsi parcourir l'Amérique de long en large, des bouges du Sud profond aux clubs de Broadway; et nous montre incidemment que, dans le fond, les clichés du gangsta rap ne diffèrent pas essentiellement de ceux du"bon nègre"de jadis."
Je veux que les choses soit bien claires. Hellfire de Nick Tosches est le plus beau livre jamais écrit sur un interprète de rock'n'roll - il est sans égal. Mais il est loin de n'être que cela. Tôt ou tard, Hellfire sera reconnu comme un classique américain." Ainsi s'ouvre la préface de Greil Marcus à ce qui est à ce jour le livre le plus célèbre, et peut-être le chef-d'oeuvre de Nick Tosches. Cette biographie de Jerry Lee Lewis est plus proche d'un roman de Faulkner que des pesantes compilations de documents qui constituent habituellement les biographies dites "à l'américaine". Elevé dans le Sud profond et marqué à vie par les prédicateurs de l'Eglise du Saint-Esprit, Jerry Lee Lewis est persuadé que le rock est la musique du Diable, et qu'il sera damné. En matière d'excès en tous genres (alcool, drogues, bigamie, tentative d'homicide), Jerry Lee Lewis, "the Killer", est sans égal dans l'histoire du rock'n'roll. Alors qu'il était en passe de détrôner Elvis Presley, Jerry Lee a vu sa carrière brusquement interrompue par le scandale que causa la révélation de son mariage avec sa cousine de treize ans, sans qu'il ait pris la peine de divorcer de son épouse précédente. A partir de là il s'enfonce dans l'autodestruction, avant de revenir au premier plan pour replonger à nouveau. La fin de sa vie, sombre, terrifiante, n'est qu'une suite d'arrestations, de divorces, de deuils. Avec cette matière digne d'une tragédie antique Tosches a composé un livre d'une paradoxale sobriété, dense, concis, dans un style biblique somme toute en parfait accord avec son sujet.
Il était une fois, quand la ville de New York vivait et respirait, un homme destiné à la mort comme nous tous. Son nom était Arnold Rothstein, et lui-même était le seul dieu qu'il adorait, et il était un grand homme et un grand pécheur." Ainsi commence cette flamboyante méta biographie d'Arnold Rothstein, car c'est bien plus qu'une biographie : une vaste saga, une élégie au New York d'autrefois, une histoire du monde revue et corrigée par le style inimitable de Tosches. Etonnant est un faible mot pour caractériser le nouveau brûlot de l'auteur-culte. Après une introduction - provocation où il dissèque la Bible et l'histoire du peuple juif, Tosches s'attaque à la vie du célèbre gangster des années 1920. De l'équipée de sa famille en Bessarabie jusqu'à la transplantation dans le Lower East Side de Manhattan, le tout assorti d'une chronique incroyablement précise du New York de la fin du XIXème siècle et du début du XXème. L'assassinat de Rothstein, jamais élucidé, est méticuleusement reconstitué. On se demande si l'auteur s'appuie sur une documentation sans faille où s'il invente de toutes pièces, dans un jeu savant entre fiction et reportage. Avec de multiples incises où apparaissent putes dévergondées, un Jésus Christ au sexe long et frêle, un éloge funèbre à son ami Selby Jr, apartés de Tosches lui-même... "Si je m'attarde aussi longtemps là-dessus, ce n'est pas parce que les détails d'un mariage d'autrefois aurait un sens, mais pour prouver que le noyau dur de ce que nous nommons l'histoire - le savoir lui-même - est une infection. Ce n'est pas le romancier habile qui brouille la ligne séparant la fiction de la réalité ; c'est le professeur de savoir fourguant à bas prix des connaissances erronées."
Dès 1933, Edmund Husserl, d'ascendance juive, se voit rayé de la liste officielle des professeurs d'université. Peu après sa mort, le père Van Breda, alors étudiant à Louvain, rencontre sa veuve en 1938 à Fribourg. Devant la masse de documents qu'il découvre, dont maints inédits et une bibliothèque de plus de 2700 volumes souvent annotés de la main du maître, Van Breda pressent que s'y trouvent les clefs pour retracer la genèse de la phénoménologie. Sa décision est prise : il faut créer un centre d'études dédié à cette oeuvre. Les précieuses archives doivent franchir les frontières du Reich. Van Breda entend coûte que coûte les sauver d'une destruction certaine, par les mêmes moyens dont usent les nazis dans leur entreprise de spoliation. Un périlleux périple commence dans la clandestinité.
Les Miscellanées de Mr. Schott sont un ouvrage sans équivalent. A tel point unique qu'il est impossible à définir. Encyclopédie ? Dictionnaire ? Almanach ? Anthologie ? Fourre-tout ? Vade-mecum ? Tout cela, et - bien sûr - beaucoup plus. Recueil de futilités pas toujours futiles, de bagatelles souvent primordiales, Les Miscellanées de Mr. Schott ne se veulent ni exhaustives, ni définitives, ni même utiles. En revanche, elles se veulent essentielles. On peut - à la rigueur - vivre sans ce livre mais ce serait là, selon les mots mêmes de son auteur, une tentative bien étrange - et bien téméraire. Qu'on en juge. Quel autre ouvrage peut se targuer d'offrir dans sa table des matières la longueur des lacets de chaussures, le langage des signes, la liste des sept péchés capitaux, la façon de dire "je t'aime" dans 44 langues différentes (dont le morse) ? Dans quel autre ouvrage trouvera-t-on réunis, sur la même page, le nom des coups du golf, l'histoire de la taxe sur les chapeaux, la liste des morts violentes dans l'histoire du rock, celle des insultes utilisées par Shakespeare dans ses pièces et les couleurs du drapeau de la Guadeloupe ? Où donc, si ce n'est dans Les Miscellanées de Ben Schott, pourra-t-on trouver la liste des 12 travaux d'Hercule, celle des différents modes opératoires des crimes élucidés par Mrs Marple ou des fournisseurs officiels de la reine d'Angleterre ? On l'aura compris, les Miscellanées de Mr. Schott sont aussi réjouissantes qu'indispensables : elles offrent la quintessence de l'esprit et de l'humour anglais, mélange de rigueur et d'absurde, de précision et de fantaisie. Le plus fort, peut-être c'est qu'au bout du compte, l'ouvrage se révèle effectivement pratique : un véritable couteau suisse sous forme de livre. Last, but not least : le livre en lui-même, par sa reliure, l'attention maniaque portée par l'auteur à la typographie, à la mise en page, au papier, est objet d'une grande élégance.