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BLACKFACE
TOSCHES NICK
ALLIA
18,30 €
Épuisé
EAN :9782844851109
Je pense qu'Emmett Miller est maléfique", m'a dit ma bonne copine Carol il n'y a pas si longtemps. Je lui ai demandé ce qu'elle entendait par là, et elle m'a répondu qu'elle pensait qu'Emmett Miller était en train de dévorer ma vie. Elle a peut-être raison. Au moment où j'écris, il fait une belle journée d'été, avec un beau ciel bleu. Il y a une salle de gym à quelques pâtés de maison avec une piscine découverte sur le toit. J'en suis membre; j'ai passé tout l'été dernier allongé au bord de cette piscine, mais je n'y suis pas encore allé cette année. J'ai un contrat pour une nouvelle dans un magazine qui me rapportera trente mille dollars, mais je n'en ai pas écrit une ligne. J'ai un roman inachevé qui est la meilleure chose que j'aie jamais écrite, et je ne n'y ai pas jeté un coup d'?il depuis des mois. J'ai une petite amie belle et intelligente à qui je n'ai pas parlé depuis cinq semaines. Je pourrais être sur une plage déserte quelque part. Et pourtant je suis là, tous les jours, avec Emmett Miller. Quelle que soit cette maladie, elle doit vite prendre fin. Où que je tourne mes regards, il est là. De même qu'on reconnaît la silhouette d'une amante perdue en croisant dans la rue n'importe quelle inconnue présentant la moindre ressemblance avec elle, de même je ne peux entendre une chanson, je ne peux lire une phrase, sans y percevoir la présence fantomatique d'Emmett."Tout avait commencé vingt-trois ans plus tôt. Nick Tosches était tombé par hasard sur un disque enregistré dans les années 30 par un artiste dont le nom ne lui disait rien: Emmett Miller. La voix et la musique qu'il entend le chavirent: ni country, ni blues, ni jazz, ni noire, ni blanche, mais une alchimie de tout cela, dans laquelle Tosches voit l'expression ultime de la culture américaine. Il se lance alors dans une quête qui va durer des années sur les traces de l'insaisissable Emmett Miller, et finit par découvrir que celui-ci participait à des spectacles de ménestrel blackface, où des Blancs se grimaient en Noirs. Tel est l'argument qui permet à Tosches de traverser l'histoire de la musique américaine, tirant des fils et maniant la digression avec cette érudition tordue qui est sa marque de fabrique. L'auteur nous fait ainsi parcourir l'Amérique de long en large, des bouges du Sud profond aux clubs de Broadway; et nous montre incidemment que, dans le fond, les clichés du gangsta rap ne diffèrent pas essentiellement de ceux du"bon nègre"de jadis."
Finalement, Nick Tosches a toujours su dompter son principal défaut. Car vénérer systématiquement les héros de la marge, les loosers flamboyants et autres oubliés magnifiques peut rapidement lasser. Jerry Lee plutôt qu'Elvis, Sonny Liston plutôt que Muhammad Ali, Dino plutôt que Franky, Space Cooley plutôt qu'Hank Williams, Tosches a choisi son camp par conviction profonde, non pour le fameux gimmick "si c'est trop connu, ça ne m'intéresse plus !". Aussi, lorsqu'en 1984 il publie Héros oubliés du rock'n'roll, il est déjà plus que le simple gratte-papier d'une belle brochette de publications (Creem, Penthouse, Rolling Stone, Vanity Fair...). Souvent plus essentiel que Tom Wolfe, Tosches compte rafraîchir la mémoire à l'inconscient collectif américain. Elvis certes, mais aussi Joe Turner, Jesse Stone, Wynonie Harris... Ainsi, tout au long de Héros oubliés du rock'n'roll, notre homme se transforme en procureur général d'un tas d'oubliés de la cause rock'n'roll. De ces personnages de roman héroïques ou pathétiques, sans qui le King et sa cour feraient encore du crochet chez Phildar Memphis. Mais là où l'écrivain américain excelle, c'est autant dans la mine d'informations et d'anecdotes qu'il brasse brillamment que dans le style vif et souvent hilarant qu'il manie avec génie. Trois mots lui suffisent pour réviser l'histoire américaine, trois mots pour mettre le nez de la bannière étoilée dans ses réalités. Logique donc que Samuel Beckett ait considéré Héros oubliés du rock'n'roll comme "le seul livre sur le rock'n'roll qui sait de quoi il parle !" --Marc Zisman
Résumé : Nick, un écrivain vieillissant, commence à sentir les effets du temps et de la vie qui passe. Comme pour combattre l'inéluctable, il part en quête de jeunes femmes qu'il sait pouvoir impressionner par son raffinement et son érudition. Une nuit, dans un bar de New York, il rencontre l'envoûtante Melissa, avec qui il va vivre une expérience inédite. Mû par une pulsion incontrôlable et quasi animale, il découvre une dimension insoupçonnée d'un plaisir pur et pervers, le goût du sang, et se laisse submerger par une extase spirituelle et sexuelle d'autant plus intense qu'elle est impie. Son corps comme son esprit s'en trouvent étrangement revigorés mais bientôt, la soif qu'il cherche à étancher le plonge dans des ténèbres effrayantes. Avec Moi et le Diable, roman dérangeant et virtuose, cru et furieux, qui revisite avec originalité le thème de l'immortalité et du pacte faustien, Nick Tosches s'impose définitivement comme l'un des derniers hors-la-loi de la littérature.
Il était une fois, quand la ville de New York vivait et respirait, un homme destiné à la mort comme nous tous. Son nom était Arnold Rothstein, et lui-même était le seul dieu qu'il adorait, et il était un grand homme et un grand pécheur." Ainsi commence cette flamboyante méta biographie d'Arnold Rothstein, car c'est bien plus qu'une biographie : une vaste saga, une élégie au New York d'autrefois, une histoire du monde revue et corrigée par le style inimitable de Tosches. Etonnant est un faible mot pour caractériser le nouveau brûlot de l'auteur-culte. Après une introduction - provocation où il dissèque la Bible et l'histoire du peuple juif, Tosches s'attaque à la vie du célèbre gangster des années 1920. De l'équipée de sa famille en Bessarabie jusqu'à la transplantation dans le Lower East Side de Manhattan, le tout assorti d'une chronique incroyablement précise du New York de la fin du XIXème siècle et du début du XXème. L'assassinat de Rothstein, jamais élucidé, est méticuleusement reconstitué. On se demande si l'auteur s'appuie sur une documentation sans faille où s'il invente de toutes pièces, dans un jeu savant entre fiction et reportage. Avec de multiples incises où apparaissent putes dévergondées, un Jésus Christ au sexe long et frêle, un éloge funèbre à son ami Selby Jr, apartés de Tosches lui-même... "Si je m'attarde aussi longtemps là-dessus, ce n'est pas parce que les détails d'un mariage d'autrefois aurait un sens, mais pour prouver que le noyau dur de ce que nous nommons l'histoire - le savoir lui-même - est une infection. Ce n'est pas le romancier habile qui brouille la ligne séparant la fiction de la réalité ; c'est le professeur de savoir fourguant à bas prix des connaissances erronées."
Louie est un petit arnaqueur de second rang, qui entretient des rapports difficiles avec sa maîtresse. Sa seule lumière, c'est son grand-oncle Giovanni, une gloire locale de la mafia new-yorkaise, spécialisée dans les arnaques à la loterie. Giovanni a une nouvelle idée d'arnaque, un plan pour détourner plusieurs millions de dollars à la loterie d'Etat. L'ennui c'est que plus le gâteau est gros, plus les rats sont nombreux...
Dès 1933, Edmund Husserl, d'ascendance juive, se voit rayé de la liste officielle des professeurs d'université. Peu après sa mort, le père Van Breda, alors étudiant à Louvain, rencontre sa veuve en 1938 à Fribourg. Devant la masse de documents qu'il découvre, dont maints inédits et une bibliothèque de plus de 2700 volumes souvent annotés de la main du maître, Van Breda pressent que s'y trouvent les clefs pour retracer la genèse de la phénoménologie. Sa décision est prise : il faut créer un centre d'études dédié à cette oeuvre. Les précieuses archives doivent franchir les frontières du Reich. Van Breda entend coûte que coûte les sauver d'une destruction certaine, par les mêmes moyens dont usent les nazis dans leur entreprise de spoliation. Un périlleux périple commence dans la clandestinité.
Publiées de façon posthume en 1845, ces Pensées sur le caractère des hommes et leur conduite dans la société présentent, sous forme d'aphorismes, d'anecdotes significatives ou de sentences lapidaires, l'essentiel des conclusions léopardiennes sur la morale.
Simone Weil (1909-1943) est engagée dès 1927 dans le syndicalisme révolutionnaire. Elle rejoint le monde ouvrier en 1934-1935 pour vivre sa condition, soutient le Front populaire, participe à la guerre d?Espagne, rallie enfin la Résistance et meurt en Grande-Bretagne en laissant une masse d?écrits inédits dont sa Note sur la suppression générale des partis politiques. Pour que le peuple vive dans la justice et la vérité qui ne peuvent être qu?une, deux grandes conditions sont requises selon elle : l?absence de passion collective et la possibilité d?exprimer une pensée sur les problèmes fondamentaux de la vie publique. Or, les partis politiques comme les Églises s?opposent systématiquement à cette double exigence. Ayant un dogme, ils fonctionnent sur la base de la discipline et leur seul mobile réside dans leur propre développement. Autrement dit, ils sont " décerveleurs ", d?où l?urgence de supprimer les partis qui enferment le peuple dans le danger manichéen du pour et du contre et qui l?empêchent de penser par lui-même.