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Héros oubliés du rock n'roll. Les années sauvages du rock avant Elvis
Tosches Nick
ALLIA
18,50 €
Épuisé
EAN :9782844850461
Finalement, Nick Tosches a toujours su dompter son principal défaut. Car vénérer systématiquement les héros de la marge, les loosers flamboyants et autres oubliés magnifiques peut rapidement lasser. Jerry Lee plutôt qu'Elvis, Sonny Liston plutôt que Muhammad Ali, Dino plutôt que Franky, Space Cooley plutôt qu'Hank Williams, Tosches a choisi son camp par conviction profonde, non pour le fameux gimmick "si c'est trop connu, ça ne m'intéresse plus !". Aussi, lorsqu'en 1984 il publie Héros oubliés du rock'n'roll, il est déjà plus que le simple gratte-papier d'une belle brochette de publications (Creem, Penthouse, Rolling Stone, Vanity Fair...). Souvent plus essentiel que Tom Wolfe, Tosches compte rafraîchir la mémoire à l'inconscient collectif américain. Elvis certes, mais aussi Joe Turner, Jesse Stone, Wynonie Harris... Ainsi, tout au long de Héros oubliés du rock'n'roll, notre homme se transforme en procureur général d'un tas d'oubliés de la cause rock'n'roll. De ces personnages de roman héroïques ou pathétiques, sans qui le King et sa cour feraient encore du crochet chez Phildar Memphis. Mais là où l'écrivain américain excelle, c'est autant dans la mine d'informations et d'anecdotes qu'il brasse brillamment que dans le style vif et souvent hilarant qu'il manie avec génie. Trois mots lui suffisent pour réviser l'histoire américaine, trois mots pour mettre le nez de la bannière étoilée dans ses réalités. Logique donc que Samuel Beckett ait considéré Héros oubliés du rock'n'roll comme "le seul livre sur le rock'n'roll qui sait de quoi il parle !" --Marc Zisman
Je pense qu'Emmett Miller est maléfique", m'a dit ma bonne copine Carol il n'y a pas si longtemps. Je lui ai demandé ce qu'elle entendait par là, et elle m'a répondu qu'elle pensait qu'Emmett Miller était en train de dévorer ma vie. Elle a peut-être raison. Au moment où j'écris, il fait une belle journée d'été, avec un beau ciel bleu. Il y a une salle de gym à quelques pâtés de maison avec une piscine découverte sur le toit. J'en suis membre; j'ai passé tout l'été dernier allongé au bord de cette piscine, mais je n'y suis pas encore allé cette année. J'ai un contrat pour une nouvelle dans un magazine qui me rapportera trente mille dollars, mais je n'en ai pas écrit une ligne. J'ai un roman inachevé qui est la meilleure chose que j'aie jamais écrite, et je ne n'y ai pas jeté un coup d'?il depuis des mois. J'ai une petite amie belle et intelligente à qui je n'ai pas parlé depuis cinq semaines. Je pourrais être sur une plage déserte quelque part. Et pourtant je suis là, tous les jours, avec Emmett Miller. Quelle que soit cette maladie, elle doit vite prendre fin. Où que je tourne mes regards, il est là. De même qu'on reconnaît la silhouette d'une amante perdue en croisant dans la rue n'importe quelle inconnue présentant la moindre ressemblance avec elle, de même je ne peux entendre une chanson, je ne peux lire une phrase, sans y percevoir la présence fantomatique d'Emmett."Tout avait commencé vingt-trois ans plus tôt. Nick Tosches était tombé par hasard sur un disque enregistré dans les années 30 par un artiste dont le nom ne lui disait rien: Emmett Miller. La voix et la musique qu'il entend le chavirent: ni country, ni blues, ni jazz, ni noire, ni blanche, mais une alchimie de tout cela, dans laquelle Tosches voit l'expression ultime de la culture américaine. Il se lance alors dans une quête qui va durer des années sur les traces de l'insaisissable Emmett Miller, et finit par découvrir que celui-ci participait à des spectacles de ménestrel blackface, où des Blancs se grimaient en Noirs. Tel est l'argument qui permet à Tosches de traverser l'histoire de la musique américaine, tirant des fils et maniant la digression avec cette érudition tordue qui est sa marque de fabrique. L'auteur nous fait ainsi parcourir l'Amérique de long en large, des bouges du Sud profond aux clubs de Broadway; et nous montre incidemment que, dans le fond, les clichés du gangsta rap ne diffèrent pas essentiellement de ceux du"bon nègre"de jadis."
Il était une fois, quand la ville de New York vivait et respirait, un homme destiné à la mort comme nous tous. Son nom était Arnold Rothstein, et lui-même était le seul dieu qu'il adorait, et il était un grand homme et un grand pécheur." Ainsi commence cette flamboyante méta biographie d'Arnold Rothstein, car c'est bien plus qu'une biographie : une vaste saga, une élégie au New York d'autrefois, une histoire du monde revue et corrigée par le style inimitable de Tosches. Etonnant est un faible mot pour caractériser le nouveau brûlot de l'auteur-culte. Après une introduction - provocation où il dissèque la Bible et l'histoire du peuple juif, Tosches s'attaque à la vie du célèbre gangster des années 1920. De l'équipée de sa famille en Bessarabie jusqu'à la transplantation dans le Lower East Side de Manhattan, le tout assorti d'une chronique incroyablement précise du New York de la fin du XIXème siècle et du début du XXème. L'assassinat de Rothstein, jamais élucidé, est méticuleusement reconstitué. On se demande si l'auteur s'appuie sur une documentation sans faille où s'il invente de toutes pièces, dans un jeu savant entre fiction et reportage. Avec de multiples incises où apparaissent putes dévergondées, un Jésus Christ au sexe long et frêle, un éloge funèbre à son ami Selby Jr, apartés de Tosches lui-même... "Si je m'attarde aussi longtemps là-dessus, ce n'est pas parce que les détails d'un mariage d'autrefois aurait un sens, mais pour prouver que le noyau dur de ce que nous nommons l'histoire - le savoir lui-même - est une infection. Ce n'est pas le romancier habile qui brouille la ligne séparant la fiction de la réalité ; c'est le professeur de savoir fourguant à bas prix des connaissances erronées."
Une maîtrise olympienne de la langue: c'est comme lire du Tennyson sous la plume de Bukowski." Library Journal "Un de ces rares écrivains qui peul à la fois séduire, choquer, exalter ou offusquer." New York Times "Tosches combine avec art le minimalisme d'un Jim Thompson et les débordements d'un Bukowski. Son écriture est puissante et souvent très belle." Wall Street Journal "Il y a peu de romanciers qui auraient l'idée meule d'un tel livre, encore moins le culot de l'écrire... Tosches est prêt à prendre la place qui lui revient au premier- rang de la littérature américaine contemporaine." San Francisco Chronicle "Un des écrivains les plus envoûtants et agaçants qui soient... Un chroniqueur lyrique de la culture mafieuse doublé d'un formidable érudit." Book Magazine Né en 1949 dans le New Jersey, Nick Tosches a, dit-il, "été élevé par des loups venus de l'autre rive" - Manhattan. Romancier, journaliste, célèbre critique rock, il est l'auteur d'une oeuvre considérable, parmi laquelle Trinités; Dino et Hellfire, biographies de Dean Martin et Jerry Lee Lewis; Confessions d'un chasseur d'opium et, récemment, Night Train. Autodidacte, il a appris le latin, le grec et l'italien médiéval avant de consacrer une grande partie de sa vie à l'étude de Dante. Son dernier roman La main de Dante a été l'un des grands événements littéraires de l'année aux États-Unis.
Un gang chinois et un gang italien se battent pour le contrôle du trafic d'héroïne à New York. Ce simple affrontement inter-ethnique autour de la possession d'un territoire devient aussi un conflit entre plusieurs générations de gangsters, pour qui la lutte contre les membres de leur propre famille peut être aussi mortelle. Trinités est un roman qui, sous les dehors d'une saga classique, renouvelle complètement le genre et pose un regard neuf, précis, documenté, très contemplatif, presque méditatif sur la nouvelle génération des mafieux, fils d'immigrés mais désormais complètement américanisés, confrontés à leur désir d'expansion et au respect des valeurs ancestrales. Nick Tosches est reconnu comme l'un des journalistes les plus doués de sa génération. Son œuvre littéraire est traversée par une seule et unique obsession : la mafia, ou continent la minorité italienne dont il est issu s'est constituée en bandes organisées pour finir par contrôler le monde du crime. Et ce, de La religion des ratés, son premier roman, jusqu'à sa biographie hallucinante de Dean Martin, où Tosches laisse de côté la figure mythique du crooner de Las Vegas pour s'intéresser à un fils d'immigrés italiens dont l'ascension dans le showbiz doit tout à la mafia. " Trinités marque le sommet de l'œuvre de Tosches : il est à coup sûr le livre le plus marquant écrit sur la mafia depuis Burnett et Le Parrain.
Si les Européens veulent avoir un avenir, ils doivent se proclamer citoyens d'une république européenne. Ils se donneraient par là le moyen de prendre en main leur destin commun." Jean François Billeter.
Peut-on concilier variété des désirs individuels et quête universelle du bonheur ? Y aurait-il un dénominateur commun aux désirs de chacun ? Peut-on imaginer des principes nous permettant de bien vivre ? Spinoza distingue d'emblée actions, portées par la raison, et passions, contraintes depuis l'extérieur. Parce qu'indépendantes de notre seule volonté, les passions sont généralement mauvaises. Le libre examen et l'intelligence confèrent au contraire à l'homme une puissance d'agir, garantie de son bien-être. Il faut donc oeuvrer à parfaire ses facultés d'entendement. D'un même allant, être de nature, l'homme ne peut faire fi des contingences extérieures, et encore moins d'autrui. Spinoza expose les fondements de la sociabilité humaine, vertu à laquelle accéder par l'exercice de la raison.