L'enfermement est une expérience à la fois sociale et subjective. La prison est le lieu qui mêle la singularité d'un acte, le corps d'un sujet, et des enjeux collectifs, institutionnels, politiques, et sociétaux. Un lieu qui défait sans doute les frontières entre l'extérieur et l'intérieur, entre l'intime et l'extime, entre le sujet de l'acte et l'agent de l'acte. Qu'en est-il dans le milieu carcéral où la parole du sujet est contrainte aux injonctions institutionnelles ? Comment concevoir ces frontières des lors que l'entreprise d'enfermement s'articule à des problématiques cliniques ? Les contributions réunies ici proposent des perspectives pour penser les espaces d'enfermement, les techniques disciplinaires qui s'imposent aux corps et à la parole, ainsi que leurs conséquences pour le sujet et pour le lien social. A cet égard, la clinique est convoquée en première ligne, à la fois en tant que théorie du sujet et du lien social, et en tant que praxis et pratique de la singularité. Ces textes fondés sur la clinique carcérale et sur la recherche théorico-clinique autour des lieux d'enfermement et de privation de liberté ambitionnent de porter un autre regard sur le monde contemporain, à la fois libéral et disciplinaire.
La prison est un monde à part où le temps et l'espace perdent leurs coordonnées, où le plus intime du sujet se trouve enfermé dans des enjeux collectifs. La prison telle qu'elle est aujourd'hui, s'est institutionnalisée à partir de la Révolution française et de la mise en place de la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen, la privation de liberté venant à la place des châtiments corporels. Ceux qui mettent en danger la nouvelle société doivent y rester inclus, demeurant exclus à l'intérieur. Telle est la dimension de la prison pour l'Etat, de la prison comme mythe d'une société républicaine et démocratique. La prison forge aussi un nouveau discours, la criminologie, une recherche sur l'impossible qui . tend la prison pour l'Etat à la prison pour tous : au centre de la société, la prison apparaît comme lui . tant paradoxalement consubstantielle, l'une ne pouvant exister sans l'autre. Il s'ensuit une interrogation sur les origines de cette étrange institution tant dans ses coordonnées subjectives que collectives. D'une conjoncture historique à une formation mythique, cet ouvrage revisite la naissance de la prison, avec ses débats, ses espoirs, ses réflexions et ses combats, afin de dégager un regard qui permette de dépasser les impasses actuelles et de réhumaniser ce lieu à partir de l'histoire qui l'a fondé et des conditions de son existence. Avec le soutien de la Commission de la recherche de l'université Rennes 2.
Résumé : La plupart des autistes témoignent de l'appui fondamental qu'a été pour eux un objet hautement technologique (la télévision, l'ordinateur, le smartphone, les jeux vidéo) dans l'élaboration de la construction de leur dynamique psychique. Ces objets peuvent-ils suppléer a ce qui est en défaut ? Quelle construction du corps devient possible ? Quels processus créatifs sont a l'oeuvre pour les sujets autistes ? Quelles en sont les incidences cliniques et éthiques ? L'ouvrage interroge les usages de la langue numérique et le traitement des objets pulsionnels via les objets numériques. Il explore ce qui fait leur attrait pour le sujet autiste et les conditions qui permettent d'en faire, pour lui, un assistant sur mesure. A partir d'une clinique du cas par cas, il analyse les usages singuliers des objets numériques par les sujets autistes en tant qu'ils révèlent leurs capacités autothérapeutiques, et qu'ils les ouvrent, non seulement à la connaissance et à la créativité, mais aussi à la parole. Si le discours capitaliste "autistise" le monde en visant à le débarrasser de la parole par le numérique qui réduit le langage aux seuls usages de la communication, des apprentissages et de l'information, les autistes, au départ sans parole, font le parcours inverse : ils passent par le numérique pour reconquérir la parole. Comment ce trajet est-il possible ? Comment est-il pensable ? Ce questionnement montre combien l'autisme est un défi majeur pour la psychopathologie, la psychanalyse et l'ensemble des problèmes cliniques, éthiques et politiques de notre temps qui est celui de la cybernétique et de l'intelligence artificielle.
Un nourrisson éveillé reste rarement inactif, même lorsqu'il n'est pas pressé par les besoins de la vie. Joue-t-il pour autant ? Le cas échéant, à quoi joue-t-il et comment ? Questions fédératrices de ce recueil d'observations et de commentaires divers. D'abord, s'entendre sur la définition du jeu, sa fonction, son origine... Ensuite, chercher les conditions nécessaires au jouet : quiétude, maturité, présence de l'adulte, choix des jouets... Vingt-six volets pour se faire une idée à ce sujet : coups de zoom ou angles plus larges sur des situations de la vie quotidienne.
Face à la complexité croissante du mouvement systémique et des thérapies familiales, ce livre offre des repères théoriques largement illustrés par la pratique des auteurs. Pour chaque modèles de thérapie familiale, six rubriques: les concepts-clefs; sur quoi porte l'intervention; comment le problème est-il défini; l'objectif de l'intervention ou de la thérapie; les outils utilisés; la position de l'intervenant ou du thérapeute.
Dès l'apparition de la théorie de l'attachement - dans la trilogie de John Bowlby, Attachement et perte - ses relations tumultueuses avec la psychanalyse ont occupé le devant de la scène. Plus encore, on peut affirmer rétrospectivement que cette option théorique a puisé une bonne part de sa créativité dans la vivacité de cette conflictualité. C'est dans cet esprit qu'a été conçu cet ouvrage qui reprend, actualisé et complété. le dossier publié dans Le carnet Psy. Il propose une revue critique en examinant les éléments de convergences. de divergences et d'enrichissement mutuels entre théorie de l'attachement et psychanalyse. Son format synthétique. sa vocation didactique et sa lisibilité en font un incontournable outil pour tous ceux qui veulent s'initier aux rudiments fondamentaux de la théorie de l'attachement; les thèmes traités et l'originalité des ouvertures épistémologiques offrent aussi une lecture stimulante pour les connaisseurs.
Bosse-Platière Suzon ; Ben Soussan Patrick ; Desca
Si de tout temps les femmes ont travaillé tout en ayant des enfants, aujourd'hui elles sont de plus en plus nombreuses à exercer leur activité à l'extérieur de chez elles. Et les transformations de la famille conduisent la plupart d'entre elles à confier leurs enfants à des professionnels de l'accueil éducatif. Le mouvement féministe, ces dernières décennies, s'est attaché à l'émancipation de la femme et à la construction de la parité avec les hommes. Aujourd'hui, il apparaît important de repenser la maternité et la prise en charge du jeune enfant à partir de la question de la place des femmes dans la société. C'est cette interrogation qui est ici soumise à des historienne, sociologue, médecin, psychiatre, psychologues et psychanalyste.