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XVIIe siècle N° 298, janvier 2023
Teyssandier Bernard
PUF
24,99 €
Épuisé
EAN :9782130844143
L'histoire religieuse et culturelle de l'Occident est jalonnée d'épisodes ayant vu fleurir la haine de la danse. De l'Antiquité à l'actualité récente, se rejoue ainsi, ponctuellement, un argumentaire constitué autour de quelques invariants d'ordre quasi anthropologique : infamie des danseurs, scandale du corps montré en spectacle, danger individuel et collectif de la transe, menace d'une contagion des gestes (et par les gestes). Ce dossier monographique s'intéresse à l'actualisation de cet argumentaire à un moment où le débat sur la danse est relancé et investi par la querelle sur les spectacles qui agite l'Europe de la première modernité. Les articles sont issus des travaux d'un séminaire qui s'est tenu à l'Institut d'Etudes Hispaniques de Sorbonne Université au printemps 2019. L'ensemble de ces travaux vise à interroger la question de la haine de la danse dans une perspective transnationale et interdisciplinaire qui rende compte au mieux de sa complexité sur un long XVIIe siècle. Le dossier commence par une étude de cas, qui précise les enjeux initiaux du débat contre la danse, au moment où débute, au milieu du XVIe siècle, la querelle sur les spectacles : à travers l'analyse du rôle de la danse dans un pamphlet écrit par un pasteur protestant lyonnais, la Chrestienne Instruction, Marie-Joëlle Louison-Lassablière montre l'ancrage initial de la querelle sur la danse dans la question religieuse. Marie-Thérèse Mourey propose ensuite une vaste étude des débats sur la danse en terres germaniques où la question reste profondément enchevêtrée dans la querelle confessionnelle. Marina Nordera, dans une approche qui croise histoire de la danse et théorie des genres, revient sur les archétypes qui constituent la représentation de l' "immodeste" ballerine en Italie entre XVIe siècle et XVIIe siècle. Florence d'Artois s'intéresse au rôle de la danse dans la controverse sur la comedia en Espagne, notamment au moment du règne du "roi danseur" , Philippe III. Béatrice Pfister analyse le discours apologétique consacré à la danse en France dans un corpus très ample de traités d'hygiène, ouvrages de dévotion, livrets de ballet, poétiques et traités techniques. Laura Naudeix décrypte la forme et les enjeux que revêt de l'éloge de la danse et des maîtres à danser dans le théâtre de Molière. Enfin, Catherine Kintzler interroge la manière dont, de Bossuet à Rousseau, l'on débat de la nécessité de l'insertion de la danse dans différentes pratiques spectaculaires (tragédie, opéra) pour penser, finalement, avec Cahusac, sa nécessité absolue.
Cette revue est publiée par la Société d'études du XVIIe siècle présidée par Jean-Robert Armogathe. Elle paraît depuis 1949. Ordonnée à mieux faire connaître le XVIIe siècle dans son ensemble, et notamment dans les domaines artistique, historique, juridique, littéraire, philosophique, scientifique et spirituel, elle est pluridisciplinaire par vocation. Elle accueille à cette fin des contributions de chercheurs et d'amateurs érudits, français aussi bien qu'étrangers, publiées après soumission à sa Commission de publication. Les livraisons de Varia alternent avec les numéros thématiques, élaborés sous la responsabilité d'une autorité scientifique reconnue. Chaque numéro de la revue assure, de surcroît, la recension d'ouvrages récemment parus sur le XVIIe siècle (environ 130 recensions par an).
SOMMAIRE Olivier Leplatre et Barbara Selmeci Castioni. Présentation Philippe Cornuaille. Le catalogue raisonné des gravures de François Chauveau (1613-1676). L'art et la manière Elodie Benard. La figure de l'artiste dans le Mémoire de Jean-Michel Papillon sur François Chauveau (1738) Marie-Claire Planche. La main de François Chauveau, le geste graphique Véronique Meyer. De l'auteur à l'illustrateur : D'Audin à Chauveau Bernard Teyssandier. Représenter l'éducation royale au Grand Siècle : variations magistrales dans l'oeuvre gravé de François Chauveau Olivier Leplatre. Pages, images, paysages (François Chauveau, Fables choisies mises en vers par M. de La Fontaine) Marc Escola. L'imagination de la fable. Les Fables choisies de La Fontaine mises en vignettes par François Chauveau Delphine Reguig et Philippe Cornuaille. L'illustration par François Chauveau du Lutrin de Boileau : quatre dessins inédits Varia Louis Georges. La Mothe Le Vayer, Précepteur royal. Relecture d'une trajectoire sociale Comptes rendus
L'exhumation de femmes philosophes et la réflexion sur leur inclusion dans les corpus est la meilleure chose qui soit arrivée à l'histoire de la philosophie moderne depuis bien longtemps. Elle est en effet tout d'abord le lieu où se réfléchissent de la manière la plus dynamique et la plus aiguë les méthodes de l'histoire de la philosophie, entre contextualisme et appropriationisme. Elle légitime ensuite puissamment l'intérêt qu'il y a à faire de l'histoire de la philosophie : chaque pensée se nourrit d'un travail collectif de constitution de problèmes et de débats où les femmes jouent un rôle important. Il incombe à toutes celles et tous ceux qui étudient la philosophie de l'époque moderne de montrer que dans tous les cerveaux on peut creuser de nouveaux sillons, voire "révulser les esprits animaux", c'est-à-dire les pousser à changer de route pour sortir des sentiers battus. Cette méthode peut révulser au sens courant du terme, c'est-à-dire heurter et terrifier car notre vision acquise de la philosophie (notamment au cours de nos études) et transmise par de solides traditions semble évidente et cohérente. La modifier a quelque chose de choquant. La révulsion est cependant également un demi-tour (une révolution, écrit même Furetière dans son Dictionnaire à l'article "Révulsion"). Elle pousse à faire retour sur nos pratiques en histoire de la philosophie. Elle constitue donc une réflexion nécessaire sur la philosophie moderne.
L'ouvrage aborde des situations cliniques diverses (victimes d'agressions violentes, de viol et d'inceste, réfugiés du Kosovo ou du Rwanda) rencontrées lors de prises en charge individuelles ou de groupe. Il décrit le travail de survivance grâce auquel le psychisme mobilise des défenses actives contre les expériences d'anéantissement et contre leur fascination. Il analyse les processus psychiques comme la subjectivation de la mort et sa liaison à la vie qui permettent aux personnes de se remettre à vivre. Il souligne également le travail de reliance par lequel la personne violentée parvient à se relier à la communauté humaine et à restaurer un sentiment d'appartenance à l'humanité qui avait été détruit.
Daniel Ligou est professeur émérite à l'Université de Dijon. Auteur de nombreux ouvrages, ses travaux et publications sur la franc-maçonnerie font autorité.
La perte d'une personne aimée est toujours éprouvante et trop souvent aboutit à des perturbations émotionnelles durables et profondes, en particulier à de l'angoisse et de la dépression. Ce livre, troisième et dernier de l'oeuvre que John Bowlby a consacré au concept de l'attachement, décrit les réactions des enfants et des adolescents à la perte d'un parent en les comparant aux réactions des adultes à la perte d'un conjoint ou d'un enfant Une attention toute particulière est accordée aux perturbations du deuil aux différents âges et aux événements récents ou anciens qui les favorisent Les différents types de réactions ainsi que les circonstances qui aboutissent à des évolutions favorables ou perturbées s'avèrent être semblables à tous les âges. John Bowlby intègre à la théorie psychanalytique les notions les plus récentes tirées de l'éthologie, de la cybernétique et de la psychologie cognitive. Sa pensée stimulante est parfois controversée, mais elle a le mérite de conduire les cliniciens à une réflexion renouvelée sur les notions de perte, de deuil, de dépression, permettant des approches thérapeutiques nouvelles.
Publié dans une version reliée en 1991, puis réédité dans un format poche, ce dictionnaire est un « outil culturel » passionnant et indispensable, non seulement pour connaître les grands noms de la discipline (94 ethnologues sont présentés) mais aussi pour comprendre leur langage et leurs concepts, car « c'est avec cet instrument analytique qu'ils affrontent la réalité sociale, organisent leur savoir et définissent les orientations de leur réflexion et c'est à travers leur langage que, de l'extérieur, la discipline est identifiée » (P. Bonte et M. Izard).