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XVIIe siècle N° 296, juillet 2022 : Repenser la philosophie du XVIIe siècle. Canons et corpus
Teyssandier Bernard ; Armogathe Jean-Robert
PUF
24,99 €
Épuisé
EAN :9782130835417
L'exhumation de femmes philosophes et la réflexion sur leur inclusion dans les corpus est la meilleure chose qui soit arrivée à l'histoire de la philosophie moderne depuis bien longtemps. Elle est en effet tout d'abord le lieu où se réfléchissent de la manière la plus dynamique et la plus aiguë les méthodes de l'histoire de la philosophie, entre contextualisme et appropriationisme. Elle légitime ensuite puissamment l'intérêt qu'il y a à faire de l'histoire de la philosophie : chaque pensée se nourrit d'un travail collectif de constitution de problèmes et de débats où les femmes jouent un rôle important. Il incombe à toutes celles et tous ceux qui étudient la philosophie de l'époque moderne de montrer que dans tous les cerveaux on peut creuser de nouveaux sillons, voire "révulser les esprits animaux", c'est-à-dire les pousser à changer de route pour sortir des sentiers battus. Cette méthode peut révulser au sens courant du terme, c'est-à-dire heurter et terrifier car notre vision acquise de la philosophie (notamment au cours de nos études) et transmise par de solides traditions semble évidente et cohérente. La modifier a quelque chose de choquant. La révulsion est cependant également un demi-tour (une révolution, écrit même Furetière dans son Dictionnaire à l'article "Révulsion"). Elle pousse à faire retour sur nos pratiques en histoire de la philosophie. Elle constitue donc une réflexion nécessaire sur la philosophie moderne.
Résumé : Voici, sous un modeste titre d'ouvrage pratique, un jalon de première grandeur dans l'histoire du livre, de la lecture et de la bibliothèque, qui forme relais entre la conception encyclopédique de l'Humanisme et l'esprit critique des Lumières. Praticien en ces domaines, Gabriel Naudé (1600-1653) ne se contenta pourtant pas d'être le bibliothécaire du président de Mesmes, des cardinaux Bagni, Barberini et Mazarin, et de la reine Christine. Plus connu comme philosophe libertin et théoricien politique, mais aussi grand érudit frotté de médecine, il a profité de ce projet de " bibliothèque idéale " pour fonder une éthique du livre dans l'esprit d'ouverture et de culture qui animait cette grande communauté européenne du savoir qu'on nommait la " République des Lettres ". A cette république, l'Avis pour dresser une bibliothèque (1627) aurait pu servir de constitution.
L'histoire religieuse et culturelle de l'Occident est jalonnée d'épisodes ayant vu fleurir la haine de la danse. De l'Antiquité à l'actualité récente, se rejoue ainsi, ponctuellement, un argumentaire constitué autour de quelques invariants d'ordre quasi anthropologique : infamie des danseurs, scandale du corps montré en spectacle, danger individuel et collectif de la transe, menace d'une contagion des gestes (et par les gestes). Ce dossier monographique s'intéresse à l'actualisation de cet argumentaire à un moment où le débat sur la danse est relancé et investi par la querelle sur les spectacles qui agite l'Europe de la première modernité. Les articles sont issus des travaux d'un séminaire qui s'est tenu à l'Institut d'Etudes Hispaniques de Sorbonne Université au printemps 2019. L'ensemble de ces travaux vise à interroger la question de la haine de la danse dans une perspective transnationale et interdisciplinaire qui rende compte au mieux de sa complexité sur un long XVIIe siècle. Le dossier commence par une étude de cas, qui précise les enjeux initiaux du débat contre la danse, au moment où débute, au milieu du XVIe siècle, la querelle sur les spectacles : à travers l'analyse du rôle de la danse dans un pamphlet écrit par un pasteur protestant lyonnais, la Chrestienne Instruction, Marie-Joëlle Louison-Lassablière montre l'ancrage initial de la querelle sur la danse dans la question religieuse. Marie-Thérèse Mourey propose ensuite une vaste étude des débats sur la danse en terres germaniques où la question reste profondément enchevêtrée dans la querelle confessionnelle. Marina Nordera, dans une approche qui croise histoire de la danse et théorie des genres, revient sur les archétypes qui constituent la représentation de l' "immodeste" ballerine en Italie entre XVIe siècle et XVIIe siècle. Florence d'Artois s'intéresse au rôle de la danse dans la controverse sur la comedia en Espagne, notamment au moment du règne du "roi danseur" , Philippe III. Béatrice Pfister analyse le discours apologétique consacré à la danse en France dans un corpus très ample de traités d'hygiène, ouvrages de dévotion, livrets de ballet, poétiques et traités techniques. Laura Naudeix décrypte la forme et les enjeux que revêt de l'éloge de la danse et des maîtres à danser dans le théâtre de Molière. Enfin, Catherine Kintzler interroge la manière dont, de Bossuet à Rousseau, l'on débat de la nécessité de l'insertion de la danse dans différentes pratiques spectaculaires (tragédie, opéra) pour penser, finalement, avec Cahusac, sa nécessité absolue.
Malgré l'apparence de condamnation morale et religieuse dont elle est traditionnellement l'objet, la jalousie, motif partout allégué des actions humaines, relève en fait du paysage social le plus ordinaire, des évidences morales les mieux partagées par les contemporains. Le pari de ce numéro est de prendre au sérieux l'omniprésence, dans les textes du XVIIe siècle, du paradigme de la jalousie. Les contributions réunies amorcent, par leur richesse, une véritable archéologie de la jalousie à l'âge classique, laquelle livre son lot de surprises. Le dossier a pour double ambition de ne vouloir ignorer ni l'historicité de ce langage culturel de la jalousie au XVIIe siècle, ni la dimension anthropologique de ses enjeux. Du point de vue de son historicité, il s'avère que le moment absolutiste est profondément marqué, sur le plan des émotions partagées, par la jalousie, pour trois raisons. Premièrement, la faveur donne au souverain des moyens d'action et lui permet de se constituer une élite de courtisans, suscitant affection, désir et jalousies multiples. Deuxièmement, la figuration de la souveraineté royale se trouvant aimantée par celle de la jalousie divine, le monarque absolu, enivré d'émulation et entouré de jalousies en tout genre, y compris celles d'ennemis nécessaires à sa gloire, se prend au piège de l'illusion de l'unité avec ses sujets, dénoncée par Machiavel. La troisième raison concerne l'individu : subjectivation à chaque fois singulière et prise dans des réseaux de relations plurielles. Ce que révèle l'ensemble de ce volume, c'est que toute recherche se fonde sur une anthropologie plus ou moins explicitée. Les sciences humaines reposent aujourd'hui sur l'idée que le monde est régi par le jeu des intérêts et par les rapports de force qu'il induit. La jalousie nous invite à déplacer ce regard. Elle nous conduit à reconnaître le caractère primitif du lien, et sa fragilité. Si les réflexions d'un philosophe, d'une psychanalyste, d'une historienne, convergent en faisant ressortir l'irréductibilité de la jalousie à l'intérêt, celles des littéraires, en l'occurrence tous également spécialistes d'histoire culturelle, bousculent aussi la théorie.
La perte d'une personne aimée est toujours éprouvante et trop souvent aboutit à des perturbations émotionnelles durables et profondes, en particulier à de l'angoisse et de la dépression. Ce livre, troisième et dernier de l'oeuvre que John Bowlby a consacré au concept de l'attachement, décrit les réactions des enfants et des adolescents à la perte d'un parent en les comparant aux réactions des adultes à la perte d'un conjoint ou d'un enfant Une attention toute particulière est accordée aux perturbations du deuil aux différents âges et aux événements récents ou anciens qui les favorisent Les différents types de réactions ainsi que les circonstances qui aboutissent à des évolutions favorables ou perturbées s'avèrent être semblables à tous les âges. John Bowlby intègre à la théorie psychanalytique les notions les plus récentes tirées de l'éthologie, de la cybernétique et de la psychologie cognitive. Sa pensée stimulante est parfois controversée, mais elle a le mérite de conduire les cliniciens à une réflexion renouvelée sur les notions de perte, de deuil, de dépression, permettant des approches thérapeutiques nouvelles.
Ce vocabulaire est un succès inégalé depuis sa première édition en fascicules dans le Bulletin de la Société française de philosophie, de 1902 à 1923 puis en volume (18 éditions reliées, 2 éditions en poche). Le but originel de l'auteur était de contribuer à l'unité de la philosophie à travers la définition d'un langage philosophique commun, ce vocabulaire est ainsi devenu un manuel du « bon usage du langage philosophique permettant l'accord des esprits ».
Les enseignants et formateurs du XXIe siècle peuvent-ils espérer que la psychologie scientifique les aide dans leur pratique? Cet ouvrage prend le parti d'affirmer que, même si la science ne peut apporter toutes les réponses attendues, elle peut identifier des conditions nécessaires mais non suffisantes! pour « apprendre et faire apprendre »: des conditions liées aux caractéristiques des apprenants en interaction avec celles de leur environnement d'apprentissage. Les psychologues d'aujourd hui n'étudient plus l"« Apprentissage » avec un grand « A », comme s'il s'agissait d'un objet défini et statique. Ils préfèrent en décrypter les mécanismes et les dynamiques spécifiques. Leur objet est donc moins « l'apprentissage » qu" « apprendre », verbe d'action qui permet d'intégrer les facettes cognitives, affectives et sociales en jeu. L'expression « faire apprendre » rappelle par ailleurs que l'action ne se déclenche pas nécessairement d'elle-même. Elle nécessite une implication de l'apprenant lui-même, mais aussi de celui qui lui transmet connaissances et compétences: l'enseignant, le formateur ou tout autre éducateur. Les auteurs ont dès lors choisi de convoquer les sous-disciplines de la psychologie qui, en 2006, peuvent l'éclairer: les neurosciences cognitives, dont fait partie la psychologie cognitive, la psychologie différentielle, qui cherche à comprendre les spécificités individuelles, la psychologie du développement, mais aussi la psychologie sociale et la psychologie de la motivation. En plus d'être collectif, cet ouvrage est donc pluridisciplinaire et fondé sur les travaux de recherche les plus récents, tout particulièrement dans les différents pays francophones.
Hegel Georg Wilhelm Friedrich ; Kervégan Jean-Fran
Cette édition des Principes de la philosophie du droit, fondée sur un établissement critique du texte original, est la plus complète à ce jour: elle propose, dans une traduction nouvelle, ce texte majeur de la philosophie juridique et politique moderne publié en 1820. Sont en outre offertes au lecteur les traductions des annotations manuscrites portées par Hegel sur son exemplaire personnel, des extraits des cours prononcés durant les années où il rédigeait son ouvrage et de son dernier cours fait la veille de sa mort, ainsi que les précieuses « Additions » rédigées par Eduard Gans à partir de cahiers d'étudiants ayant assisté aux cours de Hegel.