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Sur les pas de Rûmi
Tajadod Nahal ; Carrière Jean-Claude
ALBIN MICHEL
8,85 €
Épuisé
EAN :9782226241979
Extrait du prologueÀ Konya, dans la retraite des Qalandars20 jamâdi al-âkhar 672Je suis un relieur, fils de relieur. Je suis né en 588 de l'hégire et j'ai d'abord travaillé à Nichapour, dans la province du Khurâsân. J'ai repris l'atelier de mon père, après sa mort. C'est auprès de lui que j'ai accompli mon apprentissage.La plupart des beaux textes que les hommes ont écrits sont passés entre mes mains. Je les ai vêtus et ornés de mon mieux, pour qu'ils aient plus de prestige, pour qu'ils soient la fierté de leurs possesseurs, pour qu'ils soient protégés plus longtemps. Car la parole s'oublie, mais l'écrit s'use et se détruit.Les livres des grands maîtres, comme ceux de Farid al-din "Attâr, le parfumeur, que j'ai bien connu, je les ai toujours mis à la place d'honneur. Dans mes fuites, dans mes malheurs, je les ai toujours emportés avec moi, comme la plus indispensable des nourritures. Même couché la nuit sur la terre, pareil à un mendiant, je les avais sous ma tête, dans un vieux sac. Aucun passant ne pouvait se douter que je dormais, dans mes haillons, sur des merveilles.Vers la fin de ma vie, j'ai connu Rûmi et son Masnavi, qui est pour moi le livre des livres. En un certain sens, j'ai contribué à l'écrire, car j'ai passé de longues nuits à raconter à Rûmi et à son disciple favori, Husâm al-din, les histoires que j'avais recueillies tout au long de ma vie, tout au long de mon interminable échappée, quand je fuyais les envahisseurs mongols. Ces histoires ne m'appartiennent pas. Elles ont été apportées par le vent, par le sable, par l'eau des fleuves, par les oiseaux, par un homme qui, en pleine nuit, annonçait l'aube. Elles sont la mémoire du monde, elles sont le secret des êtres. Chaque fois que j'ouvre un des livres que je croyais connaître par coeur, j'y découvre un passage inconnu et je tressaille. L'ai-je raconté moi-même à l'auteur? Je ne sais plus. Je suis trop vieux pour me souvenir du temps.Je suis même parfois incapable de comprendre le sens de ce que je lis, et que j'ai peut-être raconté jadis.Tous les livres qu'on m'a demandé de relier, je les ai lus. J'estimais que c'était la moindre des choses. On n'habille pas un corps sans le voir. Mon exemple a toujours été al-Nadim, ce relieur qui, il y a deux siècles, vivait à Bagdad et qui a rédigé al-Fihrist, le grand catalogue de tous les ouvrages qui sont passés entre ses mains. Certains de ces livres, introuvables aujourd'hui, ne continuent leur existence que par une mention dans le Fihrist d'al-Nadim. Grâce à lui, on connaît, par exemple, le nom de tous les livres de Mani et leur contenu, alors que depuis très longtemps ne subsiste aucune ligne de sa prophétie et que personne, en tout cas dans nos contrées, n'ose professer sa religion.Au cours de ma vie, j'ai rencontré des faiseurs de livres et des lecteurs de livres. Et aussi des collectionneurs, qui ne sont pas des auteurs et qui ne sont pas non plus, nécessairement, des lecteurs.J'ai beaucoup travaillé. J'ai eu jusqu'à quinze ouvriers sous mes ordres, à qui j'ai appris les différents cuirs et les façons de les traiter. Tous mes ouvriers savaient lire. C'est une condition que j'exigeais d'eux. Nous étions à Nichapour, avant la calamité, le premier jardin des lettrés. Chanteurs et musiciens venaient nous visiter. Je donnais plusieurs fêtes par an."
Ils sont trois dont les chemins ne cessent de se croiser dans les grands fracas du xx siècle en Iran. Fereydoun, réalisateur de télévision fantasque, dévoué et séducteur. Monsieur V., conseiller du shah et biographe de Victor Hugo, féru de poésie soufie, d'alcool et de chaussettes de luxe. Et surtout, il y a Ensiyeh, héritière d'une dynastie de guerriers kurdes, devenue comé-dienne. Elle est de ceux qui ne se soumettent pas et ne renoncent jamais.Ils croient tous pouvoir se faufiler dans les méandres de l'Histoire, parce qu'ils sont riches et cultivés. Mais il y a un autre Iran qui va basculer avec la révolution islamique, à l'image du jeune Massoud, l'électricien fan de cinéma, qu'ils surnommaient Edison.Une saga iranienne fougueuse, émouvante et drôle.4e de couverture : Ils sont trois dont les chemins ne cessent de se croiser dans les grands fracas du xx siècle en Iran. Fereydoun, réalisateur de télévision fantasque, dévoué et séducteur. Monsieur V., conseiller du shah et biographe de Victor Hugo, féru de poésie soufie, d'alcool et de chaussettes de luxe. Et surtout, il y a Ensiyeh, héritière d'une dynastie de guerriers kurdes, devenue comé-dienne. Elle est de ceux qui ne se soumettent pas et ne renoncent jamais.Ils croient tous pouvoir se faufiler dans les méandres de l'Histoire, parce qu'ils sont riches et cultivés. Mais il y a un autre Iran qui va basculer avec la révolution islamique, à l'image du jeune Massoud, l'électricien fan de cinéma, qu'ils surnommaient Edison.Une saga iranienne fougueuse, émouvante et drôle.Nahal Tajadod est née en 1960 à Téhéran. Elle a reçu la Grande Médaille de la Francophonie pour l'ensemble de son ?uvre.
Obtenir le renouvellement de son passeport, en Iran, relève du parcours du combattant! Et c'est l'expérience qu'a vécue l'auteur de ce livre, une aventure qui mobilise tout le petit peuple de Téhéran, prétexte à une galerie de portraits irrésistibles: deux photographes spécialistes de portraits islamiques, une maquerelle qui veut envoyer des filles à Dubaï, une grand-mère qui offre une poule vivante à un militaire implacable, un technicien qui cache une parabole TV dans une marmite d'offrandes religieuses... À l'encontre des idées reçues, Nahal Tajadod décrit un Iran généreux, drôle, où la débrouillardise est le maître mot de la vie quotidienne, un pays qu'elle aime passionnément.
Comment le renouvellement d'un passeport permet d'avoir un point de vue totalement différent et finalement drôle de la vraie vie à Téhéran aujourd'hui. Voilà ce que nous offre le récit de Nahal Tajadod à partir d'une histoire authentique qui lui est arrivée en avril 2005. Dans la quête du précieux document, toute la folie, la générosité, l'humour d'un peuple pourtant sous une lourde emprise politique, apparaissent dans une galerie de portraits plus surréalistes les uns que les autres. À l'encontre des idées reçues, la description d'un Iran où la débrouillardise est le maître mot de la vie quotidienne. Nahal Tajadod - épouse de Jean-Claude Carrière - est l'auteur d'une biographie romancée du poète mystique persan Roumi.
Les paroles persanes sont parmi les plus anciennes du monde. La Perse, qui fut une province de l'empire iranien, lequel s'étendait, avant l?invasion arabe, de l'Inde à l'Egypte, offre une superposition multicolore de cultures, de pensées, de sentiments, avec une constante, qui se retrouve de nos jours: la passion de la poésie. Les tombes des grands poètes sont toujours vénérées (celles de Saadi et de Hafez à Shiraz, celle de Roumi à Konya, en Turquie), et leurs vers sont récités en toutes circonstances et servent à des exercices de divination. Leçons de vie, réponses aux questions existentielles, les poèmes anciens accompagnent tous les gestes de la vie. Pour l'essentiel, les textes de ce recueil relèvent de ce que nous appelons le "soufisme", sans trop bien savoir ce que ce mot veut dire. Du XIIe au XIVe siècle, ravagé par les invasions mongoles, l'Iran a connu une explosion poétique rare, intellectuelle autant que populaire. Allégresse et tristesse de la vie, élévation de l'âme à la recherche d'elle-même, et surtout un amour du vivant, irrésistible, universel, qui entraîne vers les plus hauts sommets, sont les thèmes les plus fréquemment évoqués.
Djalâl-od-Din Rûmî que le monde de l'islam désigne, par respect, comme "notre maître" (Mawlânâ, Mevlana en turc) n'est pas seulement l'un des plus grands penseurs mystiques de tous les temps, un voyant qui (au XIIIe siècle !) parlait de la fission de l'atome et de la pluralité des systèmes solaires, c'est aussi l'un des plus merveilleux poètes de la littérature universelle, fondateur de l'ordre des derviches tourneurs. La mise de l'homme au diapason du cosmos, l'oratorio spirituel des derviches qui symbolise la ronde des planètes autour du soleil et, à un second niveau, la recherche du Soi, sont longuement célébrés dans les Rubâi'yât: comme les atomes, le soufi danse, et la musique ne fait que "réveiller les mystères du coeur".
Poème mystique de 700 versets, inséré dans la grande épopée anonyme du Mahabharata, La Bhagavad-Gîtâ, "le chant du Seigneur", est considérée comme la "Bible de l'Inde". Le dieu Krishna, avatar de Vishnu (voir Mythes et dieux de l'Inde), prenant la forme d'un conducteur de char, expose ici, au jeune guerrier Arjuna, une doctrine portant sur l'action, la discrimination, la connaissance et la dévotion. La présente traduction est de Camille Rao et, Jean Herbert, indianiste bien connu, qui est aussi le préfacier. Le volume comprend un glossaire, un index et des "définitions psychologiques" importantes. Parmi les innombrables commentaires écrits sur ce texte, celui de Shri Aurobindo (1872-1950) offre l'intérêt du regard d'un homme qui se retira de la vie publique après une carrière politique ardente pour rechercher une religion synthétique universelle. Fondateur, en 1926, d'un ashram dont il fut le gourou très influent jusqu'à sa mort, il a su adapter la pensée indienne à la vie moderne. Formé en Occident, il rend ici accessible pour nous ce grand trésor spirituel. --Colette-Rebecca Estin
L'esprit du Zen fut introduit au Japon chez un peuple dont la guerre était l'occupation habituelle. Ce fut le génie du Zen de transformer les techniques brutales de la guerre en arts qui ne se souciaient plus seulement de l'efficacité guerrière mais de la recherche de soi-même. Le sabre, l'arc et la flèche, instruments de mort devinrent des supports de méditation. Sous cette influence naquit le Bushido, code d'honneur, discipline chevaleresque qui recommande le désintéressement et le mépris de la mort. Tant et si bien que le Zen fut cette voie d'éveil, appelé "la religion des samouraïs." En termes vifs et imagés, parfois même en s'amusant, Maître Deshimaru répond aux questions de ses disciples, sans jamais leur faire oublier que Zen et arts martiaux sont l'apprentissage de la vie et la mort.