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LA MORALE DES LETTRES
STANGUENNEC
VRIN
24,99 €
Épuisé
EAN :9782711617470
Depuis l'origine mythologique, la positivité d'un enseignement moral des lettres s'est imposée avant d'être théorisée en particulier par Aristote contre sa dévalorisation toujours possible (après Platon, on songe à celle de Rousseau). La question de l'enseignement littéraire des conflits moraux put alors venir au premier plan de l'herméneutique des mythes, légendes et fictions romanesques, notamment comme celle de la contradiction aigüe entre éthiques culturelles. Enfin, le modus moralis docendi de cet enseignement souvent conflictuel n'a pu que se trouver confronté par la suite aux trois autres modi significandi, également positifs: sens littéral, sens allégorique, sens anagogique de l'herméneutique scripturaire, et par suite, dans un contexte profane, de toute littérature. Ainsi: positivité enseignée contre négativité morale, conflictualité éthique cherchant une issue victorieuse, plurivocité intentionnant une hiérarchie morale des sens multiples, telles sont les directions majeures, plus ou moins dominantes selon les cas, qui orientent chacune des études ici proposées. Les lettres y sont entendues dans les trois acceptions traditionnelles du terme la littérature dans sa distinction vis-à-vis de la philosophie et de la science, mais aussi l'écriture vis-à-vis de la parole, et enfin la littéralité dans l'opposition habituelle de la lettre à l'esprit. Biographie de l'auteur André Stanguennec enseigne la philosophie à l'Université de Nantes. Ses travaux portent sur l'histoire de la philosophie allemande, l'herméneutique des symboles et la pensée dialectique contemporaine.
Tu n'hésites pas sur la frontière, mais dans ton esprit poésie et philosophie sont intimement pénétrées. Ton esprit était au plus près de moi dans ces images de l'incompréhensible vérité. Ce que tu as pensé, je le pense ; ce que j'ai pensé, tu le penseras ou tu l'as déjà pensé. Il y a des malentendus qui ne font que confirmer une suprême entente. Chaque doctrine de l'Orient éternel appartient à tous les artistes.
La dialectique réflexive est une ontologie de la finitude qui se constitue dans la forme d'un cercle spéculatif. En sa ligne réflexive ascendante, d'abord, cette finitude se pose en explicitant la présupposition de l'infinité qui lui donne son sens. Puis, en un mouvement descendant, la dialectique de l'infini, construite analogiquement dans la forme de la finitude, y pose le contenu de cette finitude comme son existence finie, éternel corrélat de sa propre existence infinie, en une co-existence elle-même éternelle. Dit en termes simples : si l'esprit fini dans le monde pose nécessairement en Dieu son propre sens, réciproquement, il pose nécessairement dans le monde, et dans cet esprit du monde qu'il est, l'existence de Dieu se comprenant finiment en lui. Le fil herméneutique de ces " lignes fondamentales " est une nouvelle ontologie dialectique du soi ou un " séisme réflexif " insérant en lui sans éclectisme les apports de Kant, Fichte, Schelling, Hegel, Marx et Weil, tout en se tenant au plus près des données actuelles du sens en matière d'épistémologie et de philosophie pratique contemporaine.
Il s'agit du complément de La dialectique réflexive dont on explicite les antécédences dans la perspective d'une histoire des transformations d'un espace triangulaire diversement et successivement articulé. L'être substantiel y a d'abord donné son sens au soi dans trois ontologies fondamentales de la substance (Aristote, Spinoza, Schleiermacher), tandis qu'ensuite, par une tentative de radicale inversion exemplairement repérée et élargie à partir de Kant (Humboldt, Cassirer, Weil) le soi a été posé comme donnant son sens à l'être. La donation du sens est enfin résultée d'une détermination réciproque de l'être substantiel et du soi subjectif, dont le premier mode fut chez Hegel à dominante substantielle, tandis que la dialectique réflexive se présente comme le second mode de cette réciprocité de l'être et du soi dans le sens, à dominante de subjectivité finie. Peut ainsi se trouver confirmée, après la "rescendance de la métaphysique" (Heidegger) et les propositions de sens de la philosophie de la physique (D. Bohm, G. Simondon, B. d'Espagnat) une possible et nécessaire "réascendance de la métaphysique". Biographie: Les travaux de l'auteur portent sur Kant, Hegel, l'idéalisme allemand, l'herméneutique contemporaine et sur la constitution contemporaine de la pensée dialectique dans la perspective d'une "réascendance de la métaphysique". Il a récemment publié Le questionnement moral de Nietzsche, Lille, Presses universitaires du Septentrion, 2005; La morale des lettres, Paris, Vrin, 2005; La dialectique réflexive, Lille, Presses universitaires du Septentrion, 2006; Mallarmé: penser les arts et la politique, Nantes, Editions Cécile Defaut, 2008.
Troisième et dernière recherche de La dialectique réflexive, achevant la constitution de l'ontologie du soi ou " séisme ". L'intérêt du livre n'est pas seulement spéculatif ou de philosophie théorique, mais, conformément à la méthode mise en ouvre dans les deux premiers volumes, également historique, puisque ce sont les traditions de " l'analogie de l'être ", de " l'attribution " et de la " participation " en régime métaphysique, notamment chez les auteurs dits scolastiques, de même que les rapports entre religion et philosophie, en particulier chez Saint Thomas et Hegel, qui sont au coeur de l'ouvrage.
Des religieux voués à la prédication peuvent-ils se reconnaître "une vocation universitaire" ? L'Université, de son côté, est-elle prête à recevoir et intégrer la collaboration de "frères prêcheurs" ? En 1907, quelques jeunes dominicains français, professeurs au "Saulchoir" , en Belgique, où ils étaient alors exilés par les lois anti-congréganistes, créaient la Revue des Sciences philosophiques et théologiques : ils se donnaient ainsi un instrument qui leur permettrait de communiquer au public savant non seulement les fruits de leurs propres travaux, mais aussi les résultats d'autres spécialistes engagés dans les mêmes disciplines et de nourrir par là un dialogue constant au sein de la recherche universitaire. En 2007, célébrant son centenaire par un colloque à l'Institut Catholique de Paris, la revue a voulu évaluer la pertinence des intuitions qui présidèrent à sa fondation et dresser un inventaire critique de ses principales réalisations. L'intérêt des contributions ici rassemblées dépasse celui de l'histoire d'un siècle d'études dans l'Ordre des Prêcheurs : on y trouve des ressources originales pour penser aujourd'hui la question du rapport entre culture universitaire et appartenances religieuses, raison et foi.
Ce livre n'est pas un exposé de la métaphysique cartésienne, mais s'attache à la pensée qui l'anime et qui cherche en elle son expression. Ce mot "expression" introduit un premier postulat : une philosophie n'a de sens que par référence à une certaine vision du monde dont précisément elle veut être l'expression. A l'origine il y a un esprit qui regarde l'univers, l'homme, Dieu et qui s'étonne de les voir comme on ne les a encore jamais vus. Qui dit "expression" dit donc volonté de communication. La vision du monde - c'est le second postulat - n'est en aucune façon une sorte d'essence intemporelle et elle ne peut être séparée de son "environnement" historique. Ainsi tout texte a deux contexte : l'ensemble ordonné d'idées duquel il tient son sens et un certain dialogue qu'il doit rendre propice à la transmission de ce sens.
Nombreuse, infiniment ondoyante et diverse, cette pensée n'est qu'une charité toujours active dont le mouvement incessant tend vers des objets qui nous échappent ou vers les aspects inconnus de ceux que nous percevions déjà. Comment suivre une telle pensée sans être cette pensée même (...)? ". Le présent ouvrage tente une réponse en même temps qu'il pose la question. Considérant que les écrits de Bonaventure dessinent moins une progression linéaire qu'ils ne suivent un " ordre du coeur ", Etienne Gilson propose ici, après un chapitre introductif de nature biographique qui cherche l'homme derrière l'oeuvre, un parcours circulaire autour du centre de la synthèse bonaventurienne, le Verbe, incarné en la personne du Christ. C'est ainsi que se trouvent abordés les thèmes fondamentaux que sont la critique de la philosophie naturelle, l'évidence de l'existence de Dieu et le problème de la science et de la volonté divines, mais aussi la création, les corps inanimés, les animaux, l'âme humaine, les anges, ou encore l'illumination, la grâce et la béatitude. Ces études convergent et culminent tout à la fois dans un dernier chapitre qui s'attache à saisir l'esprit de ce penseur. A l'encontre de l'argument qui consiste à qualifier Bonaventure de mystique pour le reléguer hors de l'histoire de la philosophie, Etienne Gilson se propose de recourir précisément à cet argument pour l'y réintégrer : le sentiment mystique, pénétrant en effet toutes les couches de l'édifice, est ce qui lui confère sa systématicité, et une systématicité telle que cette mystique spéculative bonaventurienne partage seule avec la doctrine thomiste le titre de synthèse de la pensée scolastique tout entière. Tendant toujours vers une métaphysique de la mystique chrétienne comme vers son terme ultime, cette pensée témoigne simultanément de la nécessité de la science et de sa subordination aux " ravissements mystiques ", et se situe à la rencontre des influences de saint François, de saint Augustin et des exigences systématiques des Sommes de Thomas d'Aquin. L'oeuvre de Bonaventure marque ainsi un moment capital dans le long progrès par lequel la théologie scolastique parvint à l'unité d'un système.