Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Médiéval contemporain. Pour une littérature connectée
Stahuljak Zrinka
MACULA
14,00 €
Épuisé
EAN :9782865891184
Avec cet essai, Zrinka Stahuljak tente de trouver comment rendre le Moyen Age attractif pour des politiques qui ont tendance à soutenir non plus forcément le patrimoine, mais les productions culturelles qui répondent immédiatement aux goûts du public. Comment et pourquoi écrire l'histoire du Moyen Age et lire sa littérature dans un monde de plus en plus présentiste ? Comment influer sur les discours publics en partant de l'expérience du Moyen Age ? Quelles terminologie, méthodologie, thématique adopter pour faire le lien entre l'université et le public ? C'est en tant que médiéviste que Zrinka Stahuljak tente de répondre à ces questions. L'auteur établit tout d'abord différents constats aussi bien à l'époque médiévale que néo-libérale des rapports que nous entretenons aux mots et à la littérature, et à leur histoire. L'auteur analyse aussi le morcellement qu'a subi l'Histoire, la coupure avec l'histoire de l'art, l'archéologie, et surtout l'histoire de la littérature, alors que le Moyen Age, plus que toute autre période, se considère comme une globalité. Elle s'attache ensuite à la politique culturelle en France, aux financements que le politique accorde à la culture, ceci pour mieux nous emmener aux Etats-Unis et à la façon qu'y ont les universités de traiter de médiévistique. Au fil de ces pages, c'est l'impérieuse nécessité de poursuivre les enseignements de la littérature et de l'histoire du Moyen Age qui prend ainsi forme.
Il n'y a pas de nation française ni d'histoire de France sans la sexualité. On sait depuis Michel Foucault que la sexualité a même constitué la nation française au XIXe siècle. Mais quel lien entre l'ordre militaire des Templiers et la colonisation de l'Algérie par la France en 1830 ? Ou entre Gilles de Rais, maréchal du XVe siècle, et la théorie du sadisme par Richard von Krafft-Ebing ? Entre l'amour courtois et la loi de 1884 légalisant le divorce ? Ou encore entre le Moyen Age, institué berceau de la nation par la République, et le choix du récit national dans les domaines de la littérature et de l'art médiévaux ? La médecine du XIXe siècle qui était le moteur principal — intellectuel, moral et disciplinaire — dans la formation moderne de la nation française et l'écriture de l'histoire de France fondait chacune de ses théories et de ses propositions de lois dans le berceau médiéval. Un grand choix de textes scientifiques et vulgarisateurs, certains présentés pour la première fois, permettent l'étude du sexe, du sang, de la race et de l'amour aux XIXe et début du XXe siècle et démontrent comment l'histoire et le Moyen Age, obsessions de la médecine, ont défini la famille, le mariage et le divorce, l'hygiène (les maladies, les vices et les tares), les moeurs et les politiques raciale et coloniale en Europe, notions toujours vives dans le débat contemporain.
Résumé : Depuis l'engagement occidental en Afghanistan, en Irak, puis en Syrie, le terme de " fixeur " est devenu fréquent pour désigner, quasi exclusivement, des hommes qui rendent des services multiples aux journalistes et aux armées étrangères : à la fois interprètes, informateurs, guides, médiateurs, chauffeurs, ce sont des intermédiaires, des arrangeurs qui possèdent de multiples savoirs et techniques. Leur principal domaine d'action se situe dans des situations de conflit qui exigent une intervention bilingue, entre deux langues mutuellement inintelligibles. Etre fixeur est une position très ancienne que l'on trouve déjà au Moyen Age dans toutes les situations de rencontre entre langues : croisade, pèlerinage, prédication, commerce, mais aussi dans toutes les opérations de traduction. C'est l'homme (ou la femme) invisible de l'histoire - comme si les intermédiaires que sont les traducteurs n'avaient pas d'existence physique et historique. Comme si la circulation des textes n'était pas aussi une invitation à l'action. L'anachronisme assumé par ce livre est une manière d'écrire au présent l'histoire de la littérature médiévale, de lui restituer les corps qui l'ont produite et transmise, ainsi que sa puissance politique.
Geffroy Gustave ; Judrin Claudie ; Perry Lilla Cab
Publié par les Editions Crès en 1922, puis en 1924, du vivant de Monet, principale source de tous les écrits postérieurs sur le peintre, "le Geffroy" était devenu introuvable. Les éditions Macula le rééditent en 1980, puis en 1987, augmenté d'un large appareil de notes dû à Claudie Judrin, alors conservatrice au Musée Rodin. L'édition de 2011 a été entièrement revue et remaniée. Gustave Geffroy (1855-1926) fut l'un des critiques les plus perspicaces de son temps et - avec Clemenceau - le principal soutien de Monet dans la deuxième phase de l'impressionnisme. Son livre s'ouvre sur leur rencontre à Belle-Ile, en septembre 1886 : Monet est "vêtu comme les hommes de la côte, botté, couvert de tricots, enveloppé d'un ? ciré ? à capuchon. Les rafales lui arrachent parfois sa palette et ses brosses des mains. Son chevalet est amarré avec des cordes et des pierres. N'importe, le peintre tient bon et va à l'étude comme à une bataille." Pendant près d'un demi-siècle, Geffroy sera l'ami de tous les instants, le défenseur et le mémorialiste. Monet, sa vie, son oeuvre est une somme inégalée de témoignages et d'analyses, d'extraits de presse, de lettres d'appel ou de découragement. Geffroy observe jour après jour l'acharnement du peintre "à rendre ce [qu'il] cherche : l'instantanéité, surtout l'enveloppe, la même lumière répandue partout". Il nous montre aussi Pissarro, Renoir, Sisley, Rodin, et nous décrit en quelques pages éblouissantes comment, trois mois durant, Cézanne l'a peint, lui, Geffroy, entouré de ses livres (un portrait qui est aujourd'hui au Musée d'Orsay).
Ce livre raconte et interroge les pratiques qui se firent jour à la Salpêtrière, du temps de Charcot, autour de l'hystérie. A travers les procédures cliniques et expérimentales, à travers l'hypnose et les "présentations" de malades en crise (les célèbres "leçons du mardi"), on découvre l'espèce de théâtralité stupéfiante, excessive, du corps hystérique. On la découvre ici à travers les images photographiques qui nous en sont restées, celles des publications, aujourd'hui rarissimes, de l'Iconographie photographique de la Salpêtrière. Mais l'analyse de ces images révèle aussi l'acte de mise en scène dont les hystériques furent l'objet de la part des médecins. Charcot fut là un "artiste", mais dans quel sens? C'est à quoi ce livre introduit. Freud fut le témoin de tout cela, et son témoignage devint la confrontation d'une écoute toute nouvelle de l'hystérie avec ce spectacle de l'hystérie que Charcot mettait en oeuvre. Témoignage qui nous raconte les débuts de la psychanalyse sous l'angle du problème de l'image.
St Clair William ; Carlier Jeannie ; Carlier Marie
Résumé : "Stupide spoliateur, misérable antiquaire aidé de ses infâmes agents" (Byron), "bienfaiteur de la nation anglaise, rénovateur du goût" (Benjamin West) - la personnalité fascinante de Lord Elgin résume à elle seule l'épopée archéologique du XIXe siècle.? Elgin sauva-t-il de la "barbarie" turque les admirables sculptures de Phidias aujourd'hui conservées au British Museum ? Commit-il un sacrilège en dépouillant un monument illustre qui avait résisté vingt-trois siècles aux assauts du temps et des hommes ? C'est la question que pose ce livre. Il raconte comment, au hasard des renversements d'alliances et des coups d'éclat militaires de Bonaparte ou de Nelson, deux équipes d'"archéologues" anglais et français (des hommes d'action, des aventuriers) se disputent les chefs-d'oeuvre de l'Acropole sous l'oeil tour à tour sourcilleux et perplexe de l'occupant turc. Comment ils arrachent les métopes, scient les corniches, descellent les sculptures géantes des frontons, comment ils parviennent en pleine guerre à transporter leur butin jusqu'à Londres ou Paris. Comment on les y accueille, et comment Elgin, si avide qu'il était d'apporter à l'Angleterre le supplément d'âme qui ferait d'elle une grande nation créatrice, finira ruiné, trompé, amer, accablé sous le poids de ces pierres qu'il croyait avoir rendues à la culture occidentale.