Olivier et Quentin Smolders mélangent depuis plus de trente ans leurs plumes, pinceaux, sels argentiques et autres colles arabiques dans des chaudrons qui fleurent la gourmandise de vivre autant que la noirceur du monde. Collaborant régulièrement sur des projets de films, de livres et d'expositions, ces deux complices ont croisé avec passion les images saisissantes, les faits-divers insolites, les projections mentales, les cabinets de curiosités et les textes extravagants. Olivier Smolders est écrivain et cinéaste. Professeur à l'Insas (Bruxelles), il a exercé pendant plusieurs années la fonction de maître de conférences à l'université de Liège. Il a réalisé une quinzaine de films primés dans de nombreux festivals internationaux et publié plusieurs livres touchant le domaine du cinéma, de la photographie, de la littérature et des arts en général. Dès ses premiers films, il s'est attaché à interroger les failles, les blessures, les folies des hommes. S'inspirant de faits-divers ou de textes littéraires abordant la question des limites (esthétiques, morales, poétiques...), il a construit une oeuvre qui, affrontant la question des tabous, cherche à mettre le spectateur dans une position décalée par rapport à ses convictions, troublante par rapport à ses émotions. Quentin Smolders, artiste peintre, sculpteur et graveur formé à La Cambre et au 75, est professeur à l'Ecole des Arts d'Ixelles. Il a réalisé des films sur les techniques traditionnelles d'impression japonaise (Ukyo-e). Ses oeuvres font régulièrement l'objet d'expositions personnelles et participent à des expositions collectives. Il a élaboré une oeuvre bigarrée, à la fois joyeuse et fantastique, recourant à quasi toutes les techniques, de l'acrylique à la gravure sur bois, la lithographie, les collages, les monotypes, etc. S'inspirant parfois d'images populaires, il crée un monde en constante métamorphose, éclatant de couleurs et de formes débridées. Par ailleurs, en détournant des objets de leur fonction d'origine, il réinvente l'art de la collection déviante. Des capsules de bouteille deviennent des alignements de chrysalides aux couleurs chatoyantes. Des morceaux de bois, de cuir ou d'os se changent en animaux improbables relevant de la cryptozoologie.
Résumé : " Depuis près de vingt ans, avec une belle constance et un sens de l'équilibre un peu miraculeux, Olivier Smolders dépose sans trembler ses petites perles vénéneuses sur un fil tendu par-delà nos gouffres, défiant les lois de la pesanteur comme celles de la grâce et du mauvais goût. Des premières tentatives sombres et dérangeantes au sentimentalisme rugueux de Mort à Vignole, en passant par l'approche tragique et éblouie du poignant Seuls ou les excès gore d'Adoration, le cinéma de Smolders s'adresse à nous depuis un lieu dissident, excentré, amoral, un lieu merveilleusement dangereux où jamais il ne se repaît, où jamais il ne se repent et où il invite, sans ménagement parfois, à s'enfoncer avec lui. C'est tout cela que ce livre réveille avec les textes de quelques films, avec des commentaires inédits d'inspiration plus libre, dont la finesse et l'humour mettent en miroir le créateur et l'essayiste, l'auteur et son double, l'image et sa légende. Le livre se clôt sur un carnet de notes et d'images à propos de Nuit Noire, le long métrage que Smolders vient d'achever. Dans l'ombre. " (Emmanuel d'Autreppe)
Ces photos Monsieur ? ...C'est du blanc, du gris et du noir. Bien sûr, face à elles, on peut se sentir mal à l'aise, mélancolique, regarder ailleurs... parce que dehors au moins il fait beau. On peut rire jaune parce qu'elles sonnent trop familier... on aime imaginer autre chose. On peut rire vert parce qu'elles rendent malade : pas de complaisance pour se prendre en pitié. Mais ces photos, Monsieur, pourquoi ne pas leur sourire ? Ces images, elles sont intimes comme des vacances en solitaire : il y a de l'eau et des vagues, grises à force d'être bleues. Et ces chiens pas même écrasés, ces chiens avec toutes ces jolies choses dans les yeux... Il y a des enfants, qui courent plutôt que de savoir où aller. Des jeunes femmes, des reflets. La beauté se devine plus qu'elle ne s'expose. Des gens qui attendent et s'ennuient, peut-être parce qu'ils n'ont pas de jeu de cartes, peut-être parce qu'ils sont déjà morts. Des fils électriques dans le ciel. Des ruines. Des drapés. Encore des ruines. Vous avez raison : on pourrait parler du tragique de ces images, de la tension entre la tristesse voilée et l'humour éclatant... Ça crève assez les yeux pour être tu. Allez-y Monsieur, regardez-les bien, regardez-les encore ces photos. C'est plus touchant qu'un album de famille... parce qu'on ne reconnaît personne.
Geerts Thierry ; Smolders Thomas ; De Steur Anne-S
Dans Homo digitalis, Thierry Geerts, directeur général de Google Belgique, analyse les dangers et les opportunités de la révolution digitale. Sans tabou et le regard tourné vers l'avenir, il cite de nombreux exemples passionnants de la façon dont la digitalisation peut nous influencer, à titre personnel et au niveau de la société. Sa conclusion est claire : la technologie est neutre et c'est à l'homme qu'il revient de l'utiliser en connaissance de cause. Si nous saisissons cette opportunité, la digitalisation pourra nous rendre plus heureux, nous permettra de bénéficier de plus de temps pour exercer notre créativité et améliorer nos connaissances, d'améliorer les soins de santé et de réaliser ce qui est réellement important pour nous. Nous deviendrons plus humains. Et l'homo digitalis viendra remplacer l'homo sapiens.
Ce catalogue déraisonné est né d'une exposition réalisée par Olivier Smolders autour de ses films, de ses écrits, de son univers, à l'invitation du Vecteur, plateforme artistique pluridisciplinaire établie à Charleroi. Sorte de caverne d'Ali Baba, l'exposition, à laquelle Quentin Smolders a apporté sa précieuse collaboration, entrecroise les thèmes favoris du cabinet de curiosité baroque et du Voyage autour de ma chambre. Différents textes inédits ou rares sont venus compléter cette lumière noire jetée de biais sur une oeuvre à la fois ludique et inquiétante.
La Grand-Place actuelle n'est que le dernier ensemble urbain édifié à cet endroit. Auparavant s'y dressaient des édifices à l'esthétique, aux matériaux et aux modes de construction très différents. Leur histoire peut être retracée, malgré leur disparition, par l'étude des documents iconographiques conservés. Détruit suite au bombardement de 1695, cet ensemble architectural est relevé à la charnière des XVIIe et XVIIIe siècles. Les deux édifices publics sont en partie préservés mais les maisons, à quelques exceptions près, nécessitent une reconstruction totale. Qu'est-ce que construire ou reconstruire une maison à l'époque baroque ? Ce sujet a rarement été abordé malgré l'importance qu'il revêt, tant pour la compréhension de ce patrimoine que pour sa préservation matérielle. L'étude des intérieurs ne rencontre un certain succès que depuis quelques années. Jusqu'à présent perçues comme décor du plus prestigieux espace public de Bruxelles, les maisons de la Grand-Place attendaient que l'on rappelle qu'elles ne sont pas seulement des façades. Laboratoire de la restauration architecturale au moment où naît cette discipline, la Grand-Place sera le théâtre d'une grande campagne de réhabilitation, qui occupera la Ville et plusieurs architectes communaux pendant toute la seconde moitié du XIXe siècle. L'aspect actuel de la Grand-Place résulte de cette remarquable entreprise. Si la satisfaction de posséder un ensemble patrimonial apparemment intact a succédé à l'interventionnisme des restaurateurs du XIXe siècle, la vigilance est à nouveau de mise. Située au centre du bouillonnement de la ville moderne, la Grand-Place doit résister aux convoitises et aux pressions qui s'exercent sur elle.
La Voyoucratie est un art en soi. Elle est la beauté dans l'horreur. Elle tire le positif du négatif ou le bon côté du mauvais. Parfois c'est une question de vie ou de mort mais, curieusement, on ne trouvera jamais d'entre-deux dans la Voyoucratie.
Gicart Alexis ; Nicolas Noémie ; Hunt Philippe ; T
La série photographique Hinterland est un projet au long cours explorant les différentes réalités d'un territoire. Ces images montrent des lieux marginaux, des zones de transition morcelées, des structures abandonnées ; des espaces entre proximité et distance, présence et absence, naturel et artificiel. Elles livrent aussi un potentiel fictionnel : un territoire situé au-delà du visible ou du connu, de cet étrange arrière-pays où la vie commence et se termine. Hinterland libère l'écho du monde dans ses failles, tels, en creux, une mémoire silencieuse de soi, un arrière-pays intérieur. Si la schizoïdie est l'incapacité de se rendre compte de sa propre solitude, Hinterland en serait le reflet ; dans et hors du monde.