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LA PART DE L'OMBRE
SMOLDERS OLIVIER
IMPRESSIONS NOU
18,00 €
Épuisé
EAN :9782906131927
Depuis près de vingt ans, avec une belle constance et un sens de l'équilibre un peu miraculeux, Olivier Smolders dépose sans trembler ses petites perles vénéneuses sur un fil tendu par-delà nos gouffres, défiant les lois de la pesanteur comme celles de la grâce et du mauvais goût. Des premières tentatives sombres et dérangeantes au sentimentalisme rugueux de Mort à Vignole, en passant par l'approche tragique et éblouie du poignant Seuls ou les excès gore d'Adoration, le cinéma de Smolders s'adresse à nous depuis un lieu dissident, excentré, amoral, un lieu merveilleusement dangereux où jamais il ne se repaît, où jamais il ne se repent et où il invite, sans ménagement parfois, à s'enfoncer avec lui. C'est tout cela que ce livre réveille avec les textes de quelques films, avec des commentaires inédits d'inspiration plus libre, dont la finesse et l'humour mettent en miroir le créateur et l'essayiste, l'auteur et son double, l'image et sa légende. Le livre se clôt sur un carnet de notes et d'images à propos de Nuit Noire, le long métrage que Smolders vient d'achever. Dans l'ombre. " (Emmanuel d'Autreppe)
Rêvassant après avoir revu récemment La Soupe aux choux, l'auteur s'est surpris à inventorier quelques pets nouveaux, en vue d'une étude plus large qu'un lecteur un peu délicat entreprendra sans doute sans désemparer, en ces temps de bouleversements climatiques. L'enjeu de cette entreprise dépasse de loin l'ambition d'établir une nouvelle rhétorique du langage pétomane, programme pourtant déjà nécessaire en soi et fort ambitieux. En réalité, il ne s'agit de rien moins que de redéfinir notre rapport au monde sous le prisme de notre fascination pour la fange, étant entendu qu'elle côtoie souvent avec insolence le sublime. Armé d'une acuité qui défrise, Olivier Smolders inventorie toutes les nuances des pets contemporains, n'épargnant ni les dogmes établis, ni les révolutionnaires de service. On ne s'étonnera donc pas si un grand bol d'air frais souffle dans ses pages.
Ces photos Monsieur ? ...C'est du blanc, du gris et du noir. Bien sûr, face à elles, on peut se sentir mal à l'aise, mélancolique, regarder ailleurs... parce que dehors au moins il fait beau. On peut rire jaune parce qu'elles sonnent trop familier... on aime imaginer autre chose. On peut rire vert parce qu'elles rendent malade : pas de complaisance pour se prendre en pitié. Mais ces photos, Monsieur, pourquoi ne pas leur sourire ? Ces images, elles sont intimes comme des vacances en solitaire : il y a de l'eau et des vagues, grises à force d'être bleues. Et ces chiens pas même écrasés, ces chiens avec toutes ces jolies choses dans les yeux... Il y a des enfants, qui courent plutôt que de savoir où aller. Des jeunes femmes, des reflets. La beauté se devine plus qu'elle ne s'expose. Des gens qui attendent et s'ennuient, peut-être parce qu'ils n'ont pas de jeu de cartes, peut-être parce qu'ils sont déjà morts. Des fils électriques dans le ciel. Des ruines. Des drapés. Encore des ruines. Vous avez raison : on pourrait parler du tragique de ces images, de la tension entre la tristesse voilée et l'humour éclatant... Ça crève assez les yeux pour être tu. Allez-y Monsieur, regardez-les bien, regardez-les encore ces photos. C'est plus touchant qu'un album de famille... parce qu'on ne reconnaît personne.
Résumé : Christian Bussy fréquente les surréalistes de Bruxelles à partir des années soixante. C'est alors un jeune journaliste qui aborde des sujets de traverse, souvent marginaux par rapport à la ligne de conduite de son employeur, la radio puis la télévision nationale belge. Mais comme on lui laisse les coudées franches, il va souvent où bon lui semble, vers les personnalités littéraires ou artistiques qui l'intéressent (Cioran, Julien Gracq et bien d'autres) plutôt que vers celles qui font l'actualité, les abordant avec un mélange de candeur et d'impertinence. Assez naturellement, il en vient à s'intéresser aux surréalistes, à les rencontrer, puis à les faire connaître à travers de nombreuses émissions de radio et de télévision. Subjugué par les personnalités fortes des écrivains et des artistes qu'il a en face de lui (Magritte, Scutenaire et particulièrement Marcel Mariën), il devient ensuite pour plusieurs d'entre eux un ami généreux de son temps et de son talent, toujours prêt à mettre la main à la pâte, pour réaliser des entretiens filmés, mais aussi pour l'organisation d'expositions, les démarches auprès d'éditeurs pour défendre un manuscrit, la négociation de pièces rares auprès de collectionneurs... Bref il a été partie prenante de mille événements liés à l'activité de ceux qui, de son propre avis, devaient "changer la vie", et donc la sienne.
Peeters Benoît ; Schuiten François ; Rosset Franço
La Maison d'Ailleurs, musée de la science-fiction, de l'utopie et des voyages extraordinaires d'Yverdon-les-Bains (Suisse), présente une grande exposition : "MONDES imPARFAITS. Autour des Cités obscures de Schuiten et Peeters", du 17 novembre 2019 au 25 octobre 2020. Ce livre en est le prolongement et l'approfondissement, autour des notions d'utopie et de dystopie. L'acte de naissance officiel de l'utopie est la publication en 1516 du récit Utopia de l'humaniste anglais Thomas More. Il y met en scène un monde autre dans lequel les êtres humains sont postulés comme heureux, en raison d'une organisation socio-politigue novatrice. Mais la dernière phrase d'Utopia laisse entendre que cette cité devrait rester au rang de "souhait", c'est-à-dire de modèle à ne surtout pas réaliser. En effet, dès que l'on se met a raconter, de l'intérieur, ce qui se passe en utopie, la cité supposée parfaite exprime sa dimension aliénante et se transforme en dystopie. Du Meilleur des mondes et 1984 à Blade Runner, La Servante écarlate et Black Minor, les dernières décennies ont vu se multiplier de tels récits, en littérature, au cinéma et ailleurs. "MONDES imPARFAITS" propose une synthèse solide sur le sujet, agrémentée de nombreux documents et de dessins rares ou inédits des Cités obscures de François Schuiten et Benoît Peeters.
Résumé : Pendant la Seconde Guerre mondiale, dans le camp de concentration de Stutthof, une femme du nom de Flora dirigeait un théâtre de pain. Avec une partie de sa maigre ration, elle modelait de petites figurines. Le soir, en cachette dans les toilettes, elle et quelques prisonnières animaient ces acteurs de mie devant des spectateurs affamés et promis au massacre. Où qu'il soit, quelle que soit l'époque, l'être humain est entouré d'histoires et a besoin d'histoires. Cela lui est aussi vital que l'oxygène. Depuis plus de vingt ans, il existe un livre qui parle de ce besoin : La Dramaturgie d'Yves Lavandier. Un livre devenu culte dans les milieux professionnels. La Dramaturgie se présente comme l'équivalent contemporain de La Poétique d'Aristote. C'est donc un traité sur les mécanismes du récit, leur raison d'être et leur signification. Mais alors que le philosophe n'avait que les pièces grecques pour illustrer son ouvrage, Yves Lavandier peut s'appuyer sur un répertoire beaucoup plus riche, puisant ses nombreux exemples dans le théâtre, le cinéma, la télévision, les contes et la bande dessinée. La Dramaturgie fait aujourd'hui l'objet d'une nouvelle édition aux Impressions Nouvelles. Yves Lavandier a révisé son livre pour l'occasion. Il s'adresse en priorité aux dramaturges et aux scénaristes (débutants comme professionnels), mais il intéressera tous les partenaires des arts du récit, acteurs, producteurs, metteurs en scène, dessinateurs, et même les spectateurs curieux de mieux comprendre le théâtre, le cinéma ou la bande dessinée, et les rapports que ces arts entretiennent avec la vie.
Malgré la résistance de Roland Barthes à l'histoire littéraire et à la logique séculaire que l'école imposait, le XIXe siècle constitue dans son oeuvre un pivot, dont on ne peut se débarrasser à si bon compte, et sur lequel il bute dès qu'il veut construire certains de ses objets d'élection : une histoire des "écritures", une histoire des "mythologies". Si, dans le titre, le pluriel s'est imposé, c'est parce que ses rapports à ce siècle repère furent multiples et parce que, tout au long de sa carrière, ils n'ont cessé d'évoluer. Siècle amical lors de son adolescence, plutôt mal vu au temps de la "nouvelle critique" structuraliste, le XIXe siècle rentre en grâce à partir de S/Z et des Fragments du discours amoureux, et plus encore dans les derniers séminaires sous les auspices du romantisme allemand. La place qui leur revient a été ici donnée aux principaux auteurs de prédilection : Balzac, Chateaubriand, Stendhal, Flaubert, sans oublier Michelet, un auteur qui pourtant "n'était pas son genre". Mais ont été prises en compte aussi des affinités plus partielles (Baudelaire, Nietzsche), voire bien plus ambiguës (Zola). Plus qu'une étude raisonnée, ce volume propose donc une approche en mosaïque des amours et désamours du lecteur et de l'auditeur pour certains créateurs, certaines oeuvres, parfois même pour de simples phrases qui façonnent une oeuvre et un imaginaire critique. Mais il dessine en fin de compte un panorama aussi complet que possible du rapport de Barthes au XIXe siècle : à sa littérature principalement, mais aussi à sa musique, à sa philosophie et à son histoire.
Résumé : Ridley Scott interroge la nature humaine par tous les moyens du cinéma, se livrant aux images choquantes autant que monstrueuses. Il renoue avec des questions philosophiques relatives à l'animal, l'automate, la machine.Tous ses films insistent sur cette faculté héroïque d'aller au-delà de son essence. Au point de se laisser porter par un désir d'éternité qui trouve sans doute dans l'intelligence artificielle des ressources capables de nous transformer. Ce "transformisme", dans Blade Runner comme dans Alien Covenant, confronte l'homme au "Créateur" qu'il est devenu, concurrencé par d'étranges robots, des Cyborgs capables de remplacer, de le relever en direction d'un posthumanisme ou d'un transhumanisme dont l'oeuvre de Ridley Scott montre les risques.