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Messali Hadj. La passion de l'Algérie libre (1898-1974)
Simon Jacques
TIRESIAS
19,00 €
Épuisé
EAN :9782908527575
Jacques SIMON aboutit, après des années de recherches, à une biographie rare sur Messali Hadj où se mêlent textes inédits et informations de première main. Ce travail tant attendu est le bienvenu puisque c'est la date anniversaire des cent ans de la naissance de Messali Hadj mais aussi il nous est donné ici des pistes pour la compréhension, l'analyse et la genèse de l'Algérie de maintenant. Le politique et le citoyen feraient œuvre d'humilité et de curiosité si chacun d'entre eux voulait accorder à ce père du nationalisme algérien des instants d'écoute, de lecture et de réflexion. Cet éternel prisonnier, figure et témoin légendaire de l'Algérie indépendante naissante, est à l'épicentre des combats politiques : l'indépendance nationale, les libertés démocratiques, la Constituante, l'émancipation des populations laborieuses. Il marque, comme le fait remarquer justement l'auteur, le mouvement ouvrier de notre début de siècle, Militant du PCF et de la CGTU dès 1925, il dirige l'Etoile Nord - Africaine au sein de l'émigration algérienne, et en 1926 luttera avec l'Etoile pour l'indépendance de l'Algérie. Toujours dans le camp de la liberté et lutteur infatigable, il combattra inlassablement le fascisme et sera toujours aux côtés de la classe ouvrière française. Dès l'interdiction de l'Etoile en 1937, il créera le PPA. Ni dix ans de prison dans le terrible bagne de Lambèse ni l'exil ne pourront le faire taire. Ce dirigeant hors du commun fonde en 1947 le MTLD, qui prépare la lutte armée pour l'indépendance de l'Algérie. Aujourd'hui, dans ces jours sanglants où la barbarie tue, oppresse, répresse l'Algérie, ce livre est l'éclairage pour la compréhension de cette tragédie contemporaine. Mais aussi il devient le guetteur et doit alerter notre vigilance. Messali Hadj en a payé le prix, pour que liberté soit, tout comme égalité, tant dans la connaissance, la culture, la richesse. Nous ne devons pas nous éviter cette lecture et Jacques SIMON fait acte nécessaire pour la sauvegarde de notre civilisation et de notre démocratie.
Dès 1927, l'Etoile Nord-Africaine, portée par le prolétariat algérien émigré en France, préconisait l'élection au suffrage universel par tous les habitants de l'Algérie d'une Assemblée constituante pour fonder une nation algérienne démocratique. Pendant la Révolution, le FLN l'emportera sur le MNA qui défendait la Constituante. Le FLN édifiera un Etat fondé sur le parti unique. Donc aujourd'hui, la Constituante reste d'une actualité brûlante.
Messali Hadj est né en 1898 à Tlemcen dans une famille modeste dont le père est un Koulougli, membre de la confrérie des Derkaoua. Messali fréquente l'école de façon intermittente car il doit gagner sa vie en exerçant de petits métiers. Mobilisé en 1917 à Bordeaux, il s'intéresse à la révolution russe, au Congrès des peuples de l'Orient de Bakou, aux victoires de Mustapha Kemal, allié de Lénine, au congrès de Tours. En 1923, de retour à Tlemcen, Messali refuse la condition sociale et politique d'indigène. En octobre, il se rend à Paris. Là, il trouve un emploi, rencontre son épouse et se passionne pour la vie politique. En 1926, il adhère à la CGTU, au PCF et à l'Étoile Nord-Africaine. Devenu permanent du PCF et secrétaire général de l'Etoile, Messali la représente en février 1927 au Congrès international de la Ligue anti-impérialiste de Bruxelles, où il prononce un discours radical qui fonde le nationalisme algérien. Contesté puis combattu par le PCF et le Komintern, Messali et ses partisans, surtout des ouvriers kabyles, refondent l'Etoile en liant le problème de l'indépendance à l'élection d'une Assemblée constituante, à l'émancipation totale du peuple algérien et à l'unité des peuples du Maghreb. Pour réaliser ce programme, l'Etoile participe à tous les combats de la classe ouvrière française. Ce livre de Jacques Simon est le bienvenu pour une étude sur les origines, la nature du nationalisme algérien et l'histoire longue de son immigration, composante positive de l'identité française.
Le 16 septembre 1959, le général de Gaulle prononçait un discours sur le droit du peuple algérien à l'autodétermination. Le lendemain, Messali Hadj se réjouissait de voir la France reconnaître au peuple algérien, le droit de se constituer en nation souveraine à travers un processus constituant. Cinquante ans plus tard, le peuple algérien n'a toujours pas élu d'Assemblée constituante, aucun point du programme nationaliste n'a été réalisé et le pays reste toujours dirigé par un régime militaro policier avec l'Islam comme religion d'Etat. La confiscation de la révolution algérienne par " la mafia des généraux " n'est pas tombée du ciel. Elle s'inscrit au contraire dans la lutte politique puis dans la guerre menée depuis 1927 par une coalition de forces réactionnaires, françaises, algériennes et internationales contre l'homme qui a incarné l'aspiration des masses algériennes à leur émancipation totale : Messali Hadj. A l'aide de résumés, de documents, de témoignages et de biographies d'acteurs et d'historiens de Messali Hadj, Jacques Simon s'est efforcé d'en faire la démonstration, dans chacune des parties, du mouvement nationaliste, de l'Etoile nord-africaine à l'indépendance. Il montre ensuite, avec une étude critique des deux biographes les plus connus du Zaïm algérien : Mohammed Harbi et Benjamin Stora, que leur action militante pour la signature d'un traité d'amitié entre les Etats algérien et français, assorti par une repentance de la France pour les crimes de la colonisation, s'est accompagnée d'une amnésie, allant parfois jusqu'à une interprétation très subjective et très critiquable de Messali Hadj.