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Homo sacer et les "Tsiganes". L'antitsiganisme - Réflexions sur une variante essentielle et donc "ou
Scholz Roswitha ; Fasel Cécile ; Martin Benjamin
CRISE ET CRITIQ
15,00 €
Épuisé
EAN :9782490831418
Malgré des siècles de présence, les Roms et les Sintés restent les cibles d'un racisme violent, systémique et largement invisibilisé : l'antitsiganisme. Ce racisme "oublié" - encore trop peu discuté, y compris en France - est ici analysé par Roswitha Scholz, qui en expose la nature profonde : une forme spécifique, insidieusement enracinée, du racisme dans le capitalisme. Le "Tsigane " y incarne ce que la société rejette : l'être inassimilable, hors de la société du travail. L'exclusion comme l'idéalisation romantique ne sont que les deux faces d'une même médaille raciste. "Le mépris du "Tsigane" témoigne notamment de la peur de la déchéance personnelle en tant qu'état d'esprit propre au capitalisme", écrit l'autrice. Ce "racisme sans nom" fonctionne comme un avertissement : voici ce qui attend celles et ceux qui refusent de se plier à l'ordre établi. Figure de l'Homo sacer par excellence, le " Tsigane " peut être exclu, effacé, éliminé - sans honte. Cette invisibilisation opère également sur le plan symbolique : le Porrajmos - le génocide des Roms perpétré par les nazis - n'a été reconnu et débattu qu'après des décennies de silence. Après avoir retracé la dimension historique de l'antitsiganisme, Roswitha Scholz explore ses liens avec la socialisation moderne, en mobilisant les théories de Giorgio Agamben et de Robert Kurz.
Avec son théorème de la "valeur-dissociation" , Roswitha Scholz propose une critique féministe du patriarcat capitaliste au-delà du progressisme politique, du marxisme traditionnel et de tous les développements postmodernes. Elle effectue une critique radicale de la modernité comprise comme patriarcat producteur de marchandises, ce qui la conduit à refuser de se laisser enfermer aussi bien dans la croyance en un progrès immanent de la modernité, que dans les "contradictions secondaires" , l'essentialisme naturalisant ou le différentialisme post-structuraliste. Les essais rassemblés dans ce volume mènent une discussion critique de divers courants et auteures féministes - de Judith Butler, Nancy Fraser et Maria Mies à Silvia Federici - afin d'analyser l'essence de la modernité comme totalité sociale brisée, où les deux pôles de la "valeur" et de la "dissociation" reproduisent le rapport patriarcal du masculin et du féminin jusque dans la barbarisation postmoderne et l'effondrement du patriarcat producteur de marchandises. Ce dernier, déjà entamé, n'aura aucune portée émancipatrice. Roswitha Scholz est, aux côtés de Robert Kurz et des membres de la revue Exit ! , l'une des principales théoriciennes en Allemagne du courant de la critique de la valeur-dissociation (Wert-Abspaltungskritik). Elle s'attache à théoriser le lien entre capitalisme et patriarcat moderne ainsi que les métamorphoses de ce patriarcat, et à dépasser les féminismes de l'égalité et de la différence, comme les féminismes intersectionnels, déconstructionnistes, matérialistes, écoféministes ou de la "lutte des classes" .
J'ai trouvé un homme, un grand homme, génial, au-dessus de tous les concepts: Greco. Un homme de l'époque de Rembrandt et qui nous est aussi proche qu'un contemporain." Julius Meier-Graefe, 1910
Le capitalisme est le premier régime de l'histoire à acheminer le monde vers un gouffre énergétique qu'il perfectionne en intégrant la contrainte d'efficience énergétique à son axiome initial. La crise énergétique et ses retombées écologiques constituent partout le mur externe du métabolisme capitaliste. Pourtant, la thèse, jamais démentie par le marxisme traditionnel, de la réappropriation des moyens de production par les forces productives, reste largement partagée. Dans l'horizon d'un dépassement véritable de la forme de vie capitaliste, l'abolition du travail ne peut que signifier aussi la fin des technologies qui en ont indissociablement accompagné le développement, sous peine de réitérer une énième critique tronquée du capitalisme. Seule une exigence d'émancipation portée jusqu'à cette pointe pourrait à la fois cesser de consumer sans limites le monde matériel et offrir les bases sociales d'une autonomie retrouvée des techniques et des activités de production.
Qu'est-ce que le travail ? Pourquoi travaillons-nous ? Depuis des temps immémoriaux, les réponses à ces questions, au sein de la gauche comme de la droite, ont été que le travail est à la fois une nécessité naturelle et, l'exploitation en moins, un bien social. On peut critiquer la manière dont il est géré, comment il est indemnisé et qui en profite le plus, mais jamais le travail lui-même, jamais le travail en tant que tel. Dans ce livre, Hemmens cherche à remettre en cause ces idées reçues. En s'appuyant sur le courant de la critique de la valeur issu de la théorie critique marxienne, l'auteur démontre que le capitalisme et sa crise finale ne peuvent être correctement compris que sous l'angle du caractère historiquement spécifique et socialement destructeur du travail. C'est dans ce contexte qu'il se livre à une analyse critique détaillée de la riche histoire des penseurs français qui, au cours des deux derniers siècles, ont contesté frontalement la forme travail : du socialiste utopique Charles Fourier (1772-1837), qui a appelé à l'abolition de la séparation entre le travail et le jeu, au gendre rétif de Marx, Paul Lafargue (1842-1911), qui a appelé au droit à la paresse (1880) ; du père du surréalisme, André Breton (1896-1966), qui réclame une "guerre contre le travail", à bien sûr, Guy Debord (1931-1994), auteur du fameux graffiti, "Ne travaillez jamais". Ce livre sera un point de référence crucial pour les débats contemporains sur le travail et ses origines.
Dans cette cinquième livraison de la revue, on trouvera un dossier donnant à voir le chantier théorique permanent que constitue le débat critique de la valeur : une histoire des origines de Krisis entre 1966 et 1992 entre ruptures et continuités, le manifeste du nouveau projet théorique de la revue Exit ! , deux articles de Robert Kurz et Roswitha Scholz cherchant à pousser plus loin une "révolution théorique inachevée" , toute une série d'échanges critiques notamment autour de l'ouvrage de Ernst Lohoff et Norbert Trenkle, La Grande dévalorisation. Un débat illustrant tout particulièrement les divergences qui peuvent exister quant à la théorie et à l'analyse de la crise contemporaine.
Spécialiste de renommée mondiale de la pensée de Marx, l'historien nord-américain Moishe Postone (1942-2018), récemment disparu, a élaboré une réinterprétation de la théorie critique de Marx d'une grande importance pour une critique sociale à la hauteur de l'époque. Largement saluée et largement traduite, son oeuvre maîtresse, Temps, travail et domination sociale, s'est opposée à l'idée que Marx n'avait plus rien à dire dans une époque d'effondrement du communisme en Europe de l'Est et de consolidation du capitalisme néolibéral en Occident. Postone la considérait néanmoins comme une enquête préliminaire : se confrontant au rapport de Marx à Hegel ou encore aux analyses de Lukács, Derrida, Horkheimer, Habermas, Adorno, David Harvey, Robert Brenner et Giovanni Arrighi, il passa les vingt-cinq années suivantes à explorer dans divers essais enfin réunis en français, comment Marx fournit, selon ses propres termes, "une puissante théorie sociale critique du monde contemporain" .