Avec son théorème de la "valeur-dissociation" , Roswitha Scholz propose une critique féministe du patriarcat capitaliste au-delà du progressisme politique, du marxisme traditionnel et de tous les développements postmodernes. Elle effectue une critique radicale de la modernité comprise comme patriarcat producteur de marchandises, ce qui la conduit à refuser de se laisser enfermer aussi bien dans la croyance en un progrès immanent de la modernité, que dans les "contradictions secondaires" , l'essentialisme naturalisant ou le différentialisme post-structuraliste. Les essais rassemblés dans ce volume mènent une discussion critique de divers courants et auteures féministes - de Judith Butler, Nancy Fraser et Maria Mies à Silvia Federici - afin d'analyser l'essence de la modernité comme totalité sociale brisée, où les deux pôles de la "valeur" et de la "dissociation" reproduisent le rapport patriarcal du masculin et du féminin jusque dans la barbarisation postmoderne et l'effondrement du patriarcat producteur de marchandises. Ce dernier, déjà entamé, n'aura aucune portée émancipatrice. Roswitha Scholz est, aux côtés de Robert Kurz et des membres de la revue Exit ! , l'une des principales théoriciennes en Allemagne du courant de la critique de la valeur-dissociation (Wert-Abspaltungskritik). Elle s'attache à théoriser le lien entre capitalisme et patriarcat moderne ainsi que les métamorphoses de ce patriarcat, et à dépasser les féminismes de l'égalité et de la différence, comme les féminismes intersectionnels, déconstructionnistes, matérialistes, écoféministes ou de la "lutte des classes" .
Scholz Roswitha ; Jappe Anselm ; Kurz Robert ; Loe
Tant de raisons de se sentir révolté, indigné, angoissé face à l'état du monde, les médias nous en fournissent toujours de nouvelles. Mais les causes plus profondes de ce que nous vivons sont les grandes oubliées du marché des opinions. Les comprendre est pourtant la première condition pour un agir qui ne s'épuise pas dans l'immédiat. La critique de la valeur, issue de Marx sans s'y limiter, procède d'une critique radicale du travail et de l'argent, de la marchandise et de la valeur marchande, de l'Etat et du patriarcat, du sujet moderne et des idéologies de crise. Les textes de Jaggernaut analysent autant les problèmes théoriques de fond que les formes concrètes de la crise de la société marchande.
Malgré tous les discours enjôleurs sur le partage et la démocratisation, l'économie collaborative a dérivé vers l'ultralibéralisme, jusqu'à devenir une des branches les plus lucratives du capitalisme. De Airbnb à Uber en passant par Deliveroo, la notion de partage a très vite été détournée en moyen de gagner de l'argent avec tout et n'importe quoi. Les plateformes révèlent jour après jour leur modèle économique prédateur, essentiellement basé sur le précariat, le prolétariat numérique et l'exploitation de l'insécurité économique. Trebor Scholz propose une alternative réaliste à ces dérives, ainsi que des solutions pour réinventer l'avenir du travail, sa correcte rémunération et un partage plus équitable des bénéfices. Véritable manifeste pour une autre gouvernance de l'internet et des plateformes, l'ouvrage fournit 10 principes étayés par un panorama mondial d'alternatives. Ces applications concrètes prouvent la viabilité de ces principes et leur capacité à s'opposer à la concentration de la richesse et à la précarité engendrées par l'économie collaborative, ainsi qu'aux transformations qu'elle impose sous la domination de la Silicon Valley.
Au travers d'une relecture exigeante du Deuxième Sexe, Roswitha Scholz explore les arguments existentialistes de Simone de Beauvoir pour les confronter au cadre contemporain de la société capitaliste. Sans renier l'apport fondateur de cet ouvrage, l'auteur s'attache à démontrer les limites de celui-ci au travers de la critique de la figure de l'Autre souvent perçue indépendamment de sa constitution spécifique dans le système capitaliste. Roswitha Scholz exerce donc sa critique à l'encontre des appropriations opportunistes de Simone de Beauvoir ainsi qu'à l'encontre de diverses théoriciennes féministes (Luce Irigaray, Judith Butler, etc.) pour maintenir l'exigence d'une pensée critique de l'Autre sexe en tant qu'être dominé au sein de la société capitaliste fétichisée en pleine crise existentielle.
Résumé : A travers un large éventail de techniques et un choix de matériel imaginatif, Petra Scholz vous invite à peindre dans un flux harmonieux pour créer des tableaux méditatifs, véritables sources de bien-être. Composées principalement de formes fluides, de couleurs chaudes et gaies mais aussi d'ornements et de motifs répétitifs propices à la détente, ces oeuvres vous offrent la chance de vous déconnecter du quotidien pour vivre des expériences-flux à l'état pur. Vous allierez ainsi à l'acrylique, fabuleux moyen d'expression qui permet de "travailler" autant en épaisseur qu'en transparence, de nombreux autres procédés tels que les tampons, les pochoirs, le transfert de papiers à motifs et de photographies, le masquage ou encore le collage de rubans décoratifs, de feutrine et d'objets divers.
Résumé : La question de savoir ce qu'est le racisme a été posée à de nombreuses reprises. "? La Double nature du racisme ? " développe la thèse selon laquelle le racisme se compose de deux tendances ? : outre des images stéréotypées de l'étranger, il comprend également des images de soi dans lesquelles sont formulées des affirmations sur la manière dont le lien entre les individus et la société moderne est ou devrait être constitué. Tant l'origine historique de ces représentations que leur signification pour les sujets racistes diffèrent considérablement. Ces deux pôles du racisme se trouvent également liés à la société capitaliste en crise. Car même si les racistes revendiquent leur droit à l'arbitraire, ils ne sont pas en mesure de composer leur pensée à leur guise. Ces transformations du racisme sont mis en évidence tant par l'analyse des principales images et théories racistes, que par l'analyse des problèmes rencontrés par les antiracismes
Kurz Robert ; Lamas Bruno ; Galtier Matthieu ; Hub
Résumé : L'ancien bloc socialiste de l'Est et les sociétés capitalistes de l'Ouest, malgré toutes leurs différences, n'étaient en réalité que deux variantes d'une même forme sociale qui, bien qu'en décomposition, est toujours la nôtre : la "société de travail" . Dans ce texte pionnier écrit fin 1989 alors que des milliers d'Allemands fuyaient le socialisme réel, Robert Kurz a souligné l'urgence d'une reprise de la critique de l'économie politique de Karl Marx et de l'approfondir radicalement à la lumière de la nouvelle situation historique : le capitalisme ne doit plus être critiqué du point de vue du travail, le travail doit devenir l'objet de la critique elle-même.
Lohoff Ernst ; Trenkle Norbert ; Braun Paul ; Roul
Qui porte la responsabilité de la crise économique qui maintient le monde en haleine depuis 2008 ? Les "banquiers cupides" ou les Etats endettés jusqu'au cou ? Selon Lohoff et Trenkle, la cause est bien plus profonde. L'analyse originale de la crise développée ici se fonde sur une lecture de la théorie marxienne qui s'oppose au marxisme traditionnel. Ici Marx n'est pas le simple théoricien de la lutte des classes mais celui qui développa la critique radicale d'une société capitaliste appelée à buter sur ses propres contradictions. Les auteurs renouent avec cette pensée : il en résulte une analyse de la crise qui s'oppose à tout ce qui s'échange actuellement sur le marché des idées.
Résumé : Le sol de la démocratie victorieuse liée à l'économie de marché se révèle être un morne désert, et c'est sur ce sol même que le nouvel extrémisme de droite se développe. Comme Saturne, le totalitarisme démocratique de l'économie de marché dévore ses propres enfants. La logique de domination interne du système de marché démocratique s'extériorise de manière répressive et elle ne génère tout d'abord pas, en réaction, une nouvelle critique émancipatrice, mais un écho meurtrier d'elle-même. La démocratie et l'extrémisme de droite vont ensemble comme des jumeaux siamois, liés intérieurement par la circulation sanguine du processus de valorisation abstrait et de ses contraintes muettes.