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Petite écologie des études littéraires. Pourquoi et comment étudier la littérature ?
Schaeffer Jean-Marie
MARCHAISSE
15,20 €
Épuisé
EAN :9782362800016
La crise actuelle des études littéraires est d abord une remise en question de leur légitimité. A quoi peuvent-elles servir? Comment envisager leur avenir? Ces questions traversent toutes sortes de domaines, qui vont de l enseignement secondaire, jusqu à la politique de la recherche au niveau européen, en passant par les fondements de notre rapport au monde. Pour y répondre, il faut donc replacer les études littéraires dans le cadre plus général des sciences humaines et accepter de faire un détour philosophique, qui éclaire ces expériences clés que sont la lecture, l interprétation, la description, la compréhension et l explication. Cet essai bref, mais ample par sa vision, se conclut sur de modestes propositions de réforme. Il ne s adresse pas seulement aux littéraires, mais également à tous ceux qui s interrogent sur la place des sciences de l homme dans la société et leur rapport aux sciences.
D'où vient notre désir d'histoires et cette propension universelle à se représenter soi-même et la réalité comme un récit ? Qu'est-ce qui rend si irremplaçables les processus narratifs et les représentations qu'ils véhiculent ? Pour apporter des éléments de réponse à ces questions, il faut réorienter notre point de vue. Et nous intéresser non pas aux formes canoniques de l'art de narrer, comme le roman ou la biographie, mais plutôt aux situations où ces formes se "troublent" , voire se disloquent : récits ordinaires, marginaux, visuels ou pathologiques. Un ouvrage fondamental, qui fait entrer la psychologie cognitive et les neurosciences dans le champ des sciences humaines, et complète les approches classiques du récit en nous donnant accès à ses sources.
Rien de plus simple, et en même temps de plus trompeur, qu'un énoncé rapportant un texte à "son" genre. C'est ainsi que, d'Aristote à Brunetière en passant par Hegel, les poéticiens ont poursuivi le mirage d'une théorie unitaire des genres littéraires. Or, dire que La Princesse de Clèves est un récit, ou Le Parfum un sonnet, c'est certes nommer et classer ces textes, mais selon des logiques très différentes - le première cas mettant en jeu l'exemplification d'une propriété, et le second l'application d'une règle. Cette simple remarque laisse entrevoir la conclusion radicale et dérangeante de ce livre : la pluralité des logiques "génériques" est irréductible. Par là, Jean-Marie Schaeffer tourne une page de l'histoire de la poétique. Désormais, on ne pourra plus faire comme si un texte n'était pas, d'abord et avant tout, un acte de langage, comme si la théorie littéraire n'avait rien à attendre de la philosophie.
L'unité de l'humanité est celle d'une espèce biologique que nous ne saurions extraire de l'ensemble des formes de vie non humaine qui constitue bien plus que son environnement . A ce constat désormais incontestable, les sciences humaines et sociales opposent néanmoins la thèse de l'exception humaine : dans son essence propre, l'homme transcende à la fois la réalité des autres formes de vie et sa propre naturalité . Le philosophe pose qu'Homo est un moi ou un sujet , radicalement autonome et fondateur de son propre être ; le sociologue tient que cette transcendance se situe dans la société, par essence anti-naturelle . L'anthropologue affirme, lui, que seule la culture (la création de systèmes symboliques) constitue le propre de l'homme. L'humanité s'inscrit dans la vie grâce à des visions globales du monde et à des savoirs empiriques morcelés. La thèse de l'exception humaine est une vision du monde. Son coût, au regard de sou utilité supposée, est exorbitant - l'impossibilité d'articuler les savoirs empiriques assurés en une vision intégrée de l'identité humaine qui conjugue les sciences de la culture et les autres connaissances concernant l'homme. . . Jean-Marie Schaeffer, philosophe, directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, se livre à une critique radicale de l'esthétique et de ses fondements philosophiques. Avec L'art de l'âge moderne. L'esthétique et la philosophie de l'art du XVIIIe siècle à nos jours (Gallimard, 1992), il s'attaque à la tradition qui veut que l'Art soit un savoir extatique, irréductible à toute activité humaine autre. Dans Les célibataires de l'Art. Pour une esthétique sans mythes (Gallimard, 1996), il démonte le nouveau mythe, surgi sur les ruines de lu théorie spéculative de l'art : la nature esthétique serait une propriété des oeuvres, alors qu'elle est une dimension de nos conduites - à l'égard d'amures connue d'événements ou d'objets ordinaires. La fin de l'exception humaine peut être lu comme la clef de voûte de l'ensemble.
Tout comme les industriels de la machine à vapeur, en chapeau claque, pensaient pouvoir perpétuer les moeurs bourgeoises, les administrateurs d'aujourd'hui demandent à l'ordinateur de compter les coups au but de leur loto culturel. Jamais on n'a tant parlé de culture et d'éducation, jamais on n'en a tant fabriqué, diffusé, communiqué, grâce aux multiplicateurs hertziens ou magnétiques, alors que venait de changer, en cinquante ans, la nature même des contenus et des langages. C'est en professionnel des mass media, mais aussi et surtout en contemporain de leur genèse - celle, dit-il, des "simulacres" - que Pierre Schaeffer entend, dans le premier tome d'une trilogie, reprendre les péripéties de leur irruption trouble-fête. Tout comme il avait déjà, dans le Traité des objets musicaux , constaté que deux systèmes de représentation ne sauraient si facilement coexister, que l'un s'édifie sur les ruines de l'autre, il décrit, en cinq "étapes", les phases de cette étrange mutation : du texte muet au son parlant, de la TSF à la TV, du bachot de papa à l' "école parallèle". Tandis que les Instituts de Statistique s'évertuent à compter les oui et les non, il s'agit du peut-être . Tandis que les rapports officiels postulent le meilleur des mondes cent pour cent culturel, où l'information serait "complète, exacte, mesurée, impartiale, et libre... " l'auteur a l'ambition de renouveler l'analyse conventionnelle, en proposant une méthode d'approche expérimentale. Les tomes suivants annoncent la tendance et ménagent à cet ouvrage le rôle de préambule méthodologique, et aussi d'inventaire de matériaux professionnels quasi historiques - pas moins de trente cinq années - cependant que Pierre Schaeffer tire, dès ce volume, les conclusions les plus importantes de sa "recherche appliquée" : le projet d'une structure satisfaisante pour ces offices de radiotélévision, qu'ils soient ou non français, dont l'introuvable statut ne jaillira jamais de modèles périmés.
« Est-ce que c'était moi? Est-ce que vraiment j'ai vécu ça? Ou est-ce que c'est une autre, ou est-ce que c'est un rêve? Mon enfance dans le désert, les grandes traversées avec le Groupe Nomade, mon gavage, mes mariages avec... Est-ce que ça a existé? C est tellement loin de moi. Et puis si c était vraiment moi, qui suis-je maintenant? » La voix de Mariem s élève du pays au million de poètes, de ce désert mauritanien où le vent de sable efface toutes les traces, et voue la vie des hommes à l oubli. Portés par sa parole, magistralement mise en scène par Sophie Caratini, nous traversons le miroir du mythe pour atteindre fait rarissime à la vérité d un féminin saharien, bédouin, que le choc colonial va totalement bouleverser. Avec Mariem, reprennent sens des savoirs perdus, d autres manières d être au monde. Grâce à elle, nous accédons à la forme de vie et aux métamorphoses intérieures de tout un peuple.
Voilà donc ce que cette lettre devrait réussir à faire pour mériter son appellation : vous évoquer, dans tous les sens de ce verbe, vous appeler à moi, vous faire venir à moi, mais en moi, depuis les replis les plus personnels de ma mémoire. En vous évoquant, je me convoque ainsi du même coup devant ce "vous en moi", c'est-à-dire devant mon propre passé. D'où la dimension passablement égotiste de l'entreprise, car le vous en moi à qui je m'adresse ici, dans cette lettre, n'est pas l'auteur classique que vous êtes devenu, mais la trace vive de l'écrivain dont les ouvrages ont rythmé ma vie - comme celles d'innombrables autres personnes de ma génération.
Est-il possible d'apporter quelques touches de couleur aux portraits convenus de Marie Curie ? Tel est le pari de ce recueil de lettres, dont les signataires viennent des sciences, des humanités et de l'art. Ecrites aujourd'hui, bien qu'expédiées dans le passé, ces lettres nous rapprochent d'une femme exceptionnelle par des voies très diverses. Certaines rendent un hommage intime à l'icône au double Nobel, ou discutent au contraire savamment avec elle, d'autres encore s'attachent à nuancer certains traits de son image. Cette occasion d'abolir le temps, d'oublier les limites des identités, a démultiplié l'inventivité des messages et la portée de leurs éclairages. Ils en disent long sur notre temps et révèlent la place immense que Marie Curie occupe parmi nous. Jean-Marc LEVY-LEBLOND est physicien et essayiste. Il dirige les collections scientifiques au Seuil et la revue Alliage. Lettres de : Françoise BALIBAR, Bernadette BENSAUDE-VINCENT, Isabelle BERGOËND, Elisabeth BOUCHAUD, Faouzia CHARFI, Catherine CLEMENT, Irène FRAIN, Etienne GUYON, Ghada HATEM-GANTZER, Eva HEMMUNGS WIRTEN, Emmanuelle HUISMAN-PERRIN, Renaud HUYNH, Joanna KUBAR, Edouard LAUNET, Michèle LEDUC, Jean-Marc LEVY-LEBLOND, Rémy MOSSERI, Nathalie et Clara PALANQUE-DELABROUILLE, Hubert REEVES, Marjane SATRAPI, Elz ? bieta SIKORA, SMITH et Jean-Philippe UZAN, Pierre VERSCHUEREN.
Que peut-on dire de la psychanalyse, après en avoir fait sa principale activité pendant plus de soixante ans? Le but de ce livre est de répondre à cette question.Mémoire vivante du champ freudien, à cheval sur plusieurs langues et plusieurs cultures, Moustapha Safouan a commencé son analyse alors que Freud était mort quelques années auparavant et Lacan encore presque un inconnu.Il présente ici les éléments fondamentaux de la psychanalyse, et l'éclaircit en suivant les trois fils de ses avancées théoriques successives, de sa fonction thérapeutique singulière et de son histoire institutionnelle mouvementée.Une référence pour les spécialistes, qui servira tout aussi bien d'introduction pour les profanes ou les étudiants.«Il faut être profond dans l'art ou dans la science, pour en bien posséder les éléments. Les ouvrages classiques ne peuvent être bien faits, que par ceux qui ont blanchi sous le harnais. C'est le milieu et la fin qui éclaircissent les ténèbres du commencement.»Le neveu de Rameau, DiderotMoustapha Safouan est né en 1921, à Alexandrie. Analyste dès 1949, il a été parmi les premiers à suivre l'enseignement de Lacan. Ses nombreux ouvrages sont largement traduits et ses propres traductions de Freud, La Boétie et Shakespeare font référence dans le monde arabe. Dernier livre publié, La parole et la mort, essai sur la division du sujet, Seuil, 2010.