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Enfance de Nivasio Dolcemar
Savinio Alberto
GALLIMARD
12,70 €
Épuisé
EAN :9782070713806
Ce livre n'est pas une autobiographie, mais une rêverie délibérée que l'auteur, né cinquante ans auparavant à Athènes, laisse se dérouler au sujet de son enfance. Ici, c'est l'imagination qui dévide l'écheveau du souvenir, de sorte que les grandes ombres de l'Olympe croisent, au fil des pages, les représentants les plus en vue d'une Europe cosmopolite en transit dans la capitale grecque. Des aristocrates, des diplomates, des dames jupitériennes qui incarnent l'éternel féminin, des artistes en tout genre défilent ou se produisent dans les salons de la villa Dolcemare. Savinio les évoque avec une sorte de cocasserie qui en fait de sautillantes marionnettes de Labiche. Par ailleurs, il y a ce Dieu de l'église orthodoxe que l'enfant suppose caché derrière le rideau rouge, au centre de l'iconostase, et à qui il rend visite à l'insu de ses parents et, surtout, de son Dieu à lui, qui est catholique... Mais la scène capitale du passé est peut-être celle de la vision des seins de Cléopâtre, la jeune domestique : elle a suscité en lui l'éveil des sens. Et marqué, par là même, la fin de l'enfance.
Résumé : L'univers où s'exerce l'invention littéraire d'Alberto Savinio est celui d'un réalisme proprement métaphysique, fortement gauchi, fût-ce face à la démence, par une ironie à toute épreuve. Mais peut-être faudrait-il remplacer le terme ironie par celui d'humeurs, humeurs du plus beau noir. Ce n'est pas pour rien que Savinio figure dans l'Anthologie de l'humour noir " et qu'André Breton le comptait, ainsi que son frère Giorgio de Chirico, parmi les précurseurs du surréalisme. Toutefois, Chirico, depuis, s'est délibérément rangé. Alors que Savinio restera fidèle jusqu'à la fin de sa vie aux jeux singuliers et souvent pathétiques d'une fantaisie effrénée, volontiers désobligeante, où les objets agissent ainsi que les hommes, où les dieux se heurtent aux barreaux d'un poulaillier et où le véritable sacré est celui que sous-entend la définition célèbre du " couteau sans lame auquel il manque le manche ". Ici, dans ce choix de nouvelles, seul règne l'Ange du bizarre...
La journée est finie. Le corps de Monsieur Dido est étendu sur le lit. Sa tête chauve repose sur l'oreiller. Sa main, dans peu de temps, ayant abandonné la brillante histoire de la littérature latine de Concetto Marchesi, s'élèvera vers l'interrupteur de la lampe de chevet. Et Monsieur Dido retournera dans ses rêves. Est-ce cela, la sympathie qu'il cherchait ? Non. Même les rêves y sont étrangers. "Nos" rêves. Et antipathiques. Sauf un. Ce rêve de "soi-même" que Monsieur Dido voudrait rêver et toujours rêver encore. Ce rêve de soi-même où tout rentre, et se fond, et devient soi-même". Mais Monsieur Dido, dans ces textes qui sont parmi les tout derniers qu'Alberto Savinio ait écrit, est un "athlète dans la lutte contre les déceptions". Et il continue à écrire, peindre, subir l'étroitesse d'une vie privée aussi féroce que le regard et la langue qui la désignent, côtoyer les fantômes les plus présents des souvenirs et du rêve poétique, avant de laisser discrètement son double et créateur poursuivre son implosion de la vie domestique et son parcours hallucinatoire dans la seule réalité vécue qui compte : celle de l'imaginaire. "- Rassasiez ma curiosité. Ce soir, en arrivant à l'hôtel, j'ai entrevu par là-bas, en haut d'un grand escalier, une silhouette dressée, immobile. Est-ce un homme ou une statue ? Le veilleur de nuit me regarde fixement, commence à sourire. - Comment cela pourrait-être un homme ? ... C'est une statue. La statue d'un saint, en souvenir de l'ancien couvent. Nous nous sommes salués. Je restai derrière la porte de ma chambre à guetter. Je sors de nouveau, je traverse les couloirs. En haut du grand escalier, je ne trouve ni homme, ni statue : personne".
Résumé : La trentaine de textes que rassemble Achille énamouré est exemplaire de l'extraordinaire génie inventif de Savinio. Ils ont été écrits entre 1918 et 1938. Quelques-uns répondent bien à la définition donnée par Savinio lui-même de ce qui fut à un moment sa manière et celle de son frère, Giorgio de Chirico : "Faire jaillir des choses mêmes leurs éléments métaphysiques complets" (Achille, Derby royal, La Géante, Icare...). Certains basculent tranquillement dans le fantastique (Forêt domestique ; Jeunes mariés, lesquels, dans leur chambre d'amour, se promettent : "Voici notre univers, rien d'autre n'existe plus pour nous", et sont pris au mot ; Le Chant de la solitude, dominé cependant par la description des pieds du commandeur endormi...). D'autres sont de parfaits récits de rêves (Villégiature), ou de purs souvenirs : ainsi La Turque, Le Garibaldien, ou l'admirable Adonis, épisode de la guerre de 1914-1918 dans les Balkans, où l'ironie lucide sous-tend de bout en bout une pitié sublime. D'autres encore, farces grotesques (La Reine de Naples). D'autres enfin sont d'inclassables récits, tel le plus long d'entre eux, Mort de l'Ingénieur, tour de force où toutes les ressources qui ne sont qu'en apparence celles du "métaphysique", de l'onirique ou du fantastique, sont mises en oeuvre, de façon sans doute très concertée, pour exprimer la démence de l'intérieur.
Tout le mythe moderne encore en formation s'appuie à son origine sur les deux oeuvres [... ] d'Alberto Savinio et de son frère Giorgio De Chirico", écrivait André Breton dans l'Anthologie de l'humour noir. Maupassant et l'"Autre", discours qui prend forme de divagation pour mieux aboutir à faire d'une biographie poétique une analyse textuelle rigoureuse, et, des deux ensemble, une nouvelle d'une admirable intensité, est sans doute l'un des textes du XX ? siècle où le "mythe" surréaliste est cerné au plus près. Maupassant - le premier Maupassant - est étranger à la poésie. La "faculté d'ascension" lui fait totalement défaut. Non seulement il n'est pas un poète : il n'est pas non plus un écrivain. Il a seulement une "écriture très efficace" : ses mots, ses phrases servent sur le moment et aussitôt ensuite meurent. C'est lorsque l'"Autre" - la folie - aura eu raison de lui, et se mettra à parler à travers lui, que naîtra, pour un temps bref, un nouveau Maupassant, médium impersonnel, qui sera écrivain, et poète. "Pourquoi cette rigoureuse interdiction d'une vie comme "suite" et "continuation" de l'enfance ? La terre serait-elle trop petite ? N'y aurait-il pas suffisamment d'espace pour une humanité d'enfants "grands" ? " Sur ce thème, Tragédie de l'enfance oppose la frivolité réaliste et lâche du monde adulte à la gravité sans concession du rêve enfantin. L'enfant (aimé) est l'inconnu menaçant et l'ennemi de l'adulte socialisé. Il faut le réduire à tout prix : c'est l'"éducation". Avec C'est à toi que je parle, Clio, méditation sur la mort, "récit de voyage" (en forme toujours de divagation) dans les Abbruzzes et aux nécropoles étrusques de Cerveteri et de Tarquinia, c'est encore la vérité toujours survivante du rêve que tente de dire Savinio. A l'acharnement mis par les pères à anéantir l'âme enfantine répond par exemple celui des Romains à détruire "la romantique âme étrusque". Mais c'est elle qui survit en nous, pour avoir su regarder les choses avec un oeil capable d'en apercevoir la face surréelle.
Résumé : Cette édition s'efforce de présenter les écrits purement littéraires de Chateaubriand dans un ordre à la fois chronologique et thématique. Ainsi le lecteur pourra relire un écrivain qui ne fut pas seulement chantre de sa propre désespérance et du néant, artiste frileux réfléchissant sur son art, historien consciencieux, mais aussi le plus intraitable génie contestataire. Toute son ouvre en effet s'insurge contre une religion mal comprise qui mutile l'homme, contre une fausse civilisation égoïste et cruelle qui monopolise morale et culture. Reflet de son temps, Chateaubriand l'est également du nôtre. Le texte a été établi d'après celui des Ouvres complètes parues chez Ladvocat. On a consulté les manuscrits accessibles et découvert des sources de l'ouvre qui s'ajoutent, nombreuses, à celles que nous connaissions déjà, surtout à propos des Martyrs et du Voyage en Amérique. Cette édition devient ainsi un instrument de travail enrichissant et suggestif.
Résumé : "Il n'est peut-être pas le plus grand, mais l'un des plus grands. Il peut encore défendre son titre de champion du monde, et je ne vois personne, dans la génération actuelle, qui puisse le lui ravir. Il est notre Byron, le héros couvert de gloire, couvert de femmes, couvert d'argent... Nous ne sommes pas les derniers, en France, à l'avoir aimé. Nous avions des raisons pour cela. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, nous avions accueilli un jeune Américain pauvre et déjà père de famille, qui se promenait dans nos rues et le long de notre fleuve, s'arrêtait dans nos bistrots pour y boire notre vin et écrivait dans des cahiers d'écolier des histoires de soldats et de chasseurs. Il allait au Musée du Luxembourg pour apprendre de nos peintres, M. Cézanne et M. Degas, à dire "la chose vraie". A Paris, Hemingway a vécu, aimé, écrit. Il n'a pas oublié sa dette envers notre ville et il lui a élevé un temple dédié au souvenir et au bonheur enfui : Paris est une fête. On trouvera ce texte dans le premier volume des Ouvres complètes de Hemingway. On y trouvera aussi Le Soleil se lève aussi, d'un accent si neuf, si souvent imité depuis, et L'Adieu aux armes qui demeure, comme l'a dit Malraux, le plus beau roman d'amour de la littérature moderne. La qualité des traductions de ces textes, dues à M. E. Coindreau, n'est plus à louer. On trouvera enfin, avec les nouvelles charmantes du cycle de Nick Adams qui nous donnent un portrait de l'auteur à dix-huit ans, quand il chassait et pêchait dans les forêts du Michigan, paradis perdu de son enfance, un texte jusqu'alors inédit en français : Torrents de printemps, amusante satire de certains maîtres que l'écrivain avait admirés et qu'il pastichait : ainsi un jeune homme qui pressent son génie signifie à ceux à qui il doit le plus son désir d'émancipation : c'est Barrès devant Renan, Montherlant devant Barrès, Hemingway devant Sherwood Anderson... Hemingway est le premier écrivain étranger contemporain à figurer dans le Panthéon de la Pléiade. Un jour, il faudra qu'une plaque soit apposée au coin de l'une de ces petites rues de la Montagne Sainte-Geneviève qu'Ernest Hemingway, romancier américain, 1899-1961, a si souvent parcourues. En attendant cet hommage municipal, voici un petit monument fait de papier bible, d'encre, de cuir et de colle, auquel les meilleurs esprits et les meilleurs ouvriers ont collaboré - le plus beau monument qu'un écrivain puisse souhaiter." Michel Mohrt, 1966.
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Le Traité du Narcisse - Le Voyage d'Urien - La Tentative amoureuse - Paludes - Les Nourritures terrestres - Les Nouvelles nourritures - Le Prométhée mal enchaîné - El Hadj ou Le Traité du faux prophète - L'Immoraliste - Le Retour de l'enfant prodigue - La Porte étroite - Isabelle - Les Caves du Vatican - La Symphonie pastorale - Les Faux-monnayeurs - L'École des femmes - Robert - Geneviève ou La confidence inachevée - Thésée. Introduction de Maurice Nadeau. Notices et bibliographie par Yvonne Davet et Jean-Jacques Thierry.
Traduction de l'anglais par Madeleine Rossel, André Parreaux, Lucien Guitard et Pierre Leyris. Édition de Pierre Leyris. Traduction de Souvenirs intimes de David Copperfield sous la direction de Léon Lemonnier, revue et complétée par Francis Ledoux et Pierre Leyris.