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Achille Enamour (Gradus ad Parnassum)
Savinio Alberto
GALLIMARD
18,60 €
Épuisé
EAN :9782070287383
La trentaine de textes que rassemble Achille énamouré est exemplaire de l'extraordinaire génie inventif de Savinio. Ils ont été écrits entre 1918 et 1938. Quelques-uns répondent bien à la définition donnée par Savinio lui-même de ce qui fut à un moment sa manière et celle de son frère, Giorgio de Chirico : "Faire jaillir des choses mêmes leurs éléments métaphysiques complets" (Achille, Derby royal, La Géante, Icare...). Certains basculent tranquillement dans le fantastique (Forêt domestique ; Jeunes mariés, lesquels, dans leur chambre d'amour, se promettent : "Voici notre univers, rien d'autre n'existe plus pour nous", et sont pris au mot ; Le Chant de la solitude, dominé cependant par la description des pieds du commandeur endormi...). D'autres sont de parfaits récits de rêves (Villégiature), ou de purs souvenirs : ainsi La Turque, Le Garibaldien, ou l'admirable Adonis, épisode de la guerre de 1914-1918 dans les Balkans, où l'ironie lucide sous-tend de bout en bout une pitié sublime. D'autres encore, farces grotesques (La Reine de Naples). D'autres enfin sont d'inclassables récits, tel le plus long d'entre eux, Mort de l'Ingénieur, tour de force où toutes les ressources qui ne sont qu'en apparence celles du "métaphysique", de l'onirique ou du fantastique, sont mises en oeuvre, de façon sans doute très concertée, pour exprimer la démence de l'intérieur.
Résumé : A l'article "Encyclopédie" de cette Encyclopédie, qui en compte quelque deux cents, Savinio nous fournit cette clef : "Nulle possibilité aujourd'hui d'une encyclopédie. Nulle possibilité aujourd'hui de tout savoir. Nulle possibilité aujourd'hui d'une science circulaire, d'une science achevée. Nulle homogénéité aujourd'hui des connaissances. Nulle affinité spirituelle aujourd'hui entre elles. Nulle tendance commune aujourd'hui entre elles. Aujourd'hui un déséquilibre profond domine le savoir". Puis : "Comme il n'est guère d'espoir que des idées aussi éloignées puissent se rejoindre et se confondre, il sied de se résigner à une crise perpétuelle et de plus en plus grave de la civilisation. Renonçons donc à espérer un retour à l'homogénéité des idées, c'est-à-dire à un type de civilisation ancien, et cherchons plutôt à faire cohabiter de la façon la moins sanguinaire les idées les plus disparates, y compris les plus désespérées." Dans son Encyclopédie, Savinio passa avec autant de souplesse que d'intrépidité de Joséphine Baker à Apollon, des secrets du style au discours du concierge, du port de la barbe à la sublime identité de l'amour et de l'amitié. Cet humoriste auquel la dimension de la pitié ne manque jamais, ce sceptique qui aime à admirer (voir le Baudelaire), ce sage désenchanté qui sait trancher sans recours (voir comment Dieu est traité à l'article Europe, véritable apologie de l'esprit de désagrégation) est enfin mis, dans son pays, après une éclipse d'un quart de siècle, à son rang : il aura été l'écrivain italien le plus intelligent du siècle.
Débarquant à Paris, le narrateur prend pension dans une étrange demeure de la rue Saint-Jacques. A la table d'hôte s'installent les protagonistes : un vicaire au double visage, un magistrat libidineux, une veuve hystérique et son fils possédé, une monstrueuse aïeule surgissant des ténèbres sur une chaise à porteurs, un serviteur champion cycliste, un gendre glouton et polyglotte, un gnome divinateur... Rien d'étonnant si la nourriture vous a des relents de cadavre : la maison, par-dessus le marché, a d'autres hôtes, invisibles ceux-là. Hilarante et corrosive, la prose de Savinio fait, ici encore, merveille. Qu'on ne s'y trompe pas : ce roman n'est pas seulement un grand livre comique prenant la France pour cible. Au fur et à mesure que le mystère se dénoue, dans l'obscurité du futur imminent, on entend gronder les rumeurs de la guerre. Alberto Savinio, né à Athènes en 1891 et mort à Rome en 1952, est le frère du peintre Giorgio de Chirico. Ecrivain, peintre au génie singulier, musicien, scénographe, il fit de longs séjours à Paris, et c'est Apollinaire qui publia ses premiers textes français (voir Hermaphrodito).
Résumé : L'univers où s'exerce l'invention littéraire d'Alberto Savinio est celui d'un réalisme proprement métaphysique, fortement gauchi, fût-ce face à la démence, par une ironie à toute épreuve. Mais peut-être faudrait-il remplacer le terme ironie par celui d'humeurs, humeurs du plus beau noir. Ce n'est pas pour rien que Savinio figure dans l'Anthologie de l'humour noir " et qu'André Breton le comptait, ainsi que son frère Giorgio de Chirico, parmi les précurseurs du surréalisme. Toutefois, Chirico, depuis, s'est délibérément rangé. Alors que Savinio restera fidèle jusqu'à la fin de sa vie aux jeux singuliers et souvent pathétiques d'une fantaisie effrénée, volontiers désobligeante, où les objets agissent ainsi que les hommes, où les dieux se heurtent aux barreaux d'un poulaillier et où le véritable sacré est celui que sous-entend la définition célèbre du " couteau sans lame auquel il manque le manche ". Ici, dans ce choix de nouvelles, seul règne l'Ange du bizarre...
Dans le titre qu'il donna à son premier livre, paru en Italie en 1918, Alberto Savinio tenait à souligner " l'idée équivoque " qui, selon lui, préside à toute " grande opération ". Par son sens et par sa forme, le mot Hermaphrodito se réfère à la fois au plurilinguisme de son écriture et à l'ambiguïté de sa démarche et de son univers : maîtrisant parfaitement le français, Savinio n'hésite pas, en effet, à écrire une partie de son livre dans cette langue et nombreux sont les termes qu'il emprunte aux dialectes milanais, napolitain et sicilien, voire au grec et à l'hébreu. Cet ironique jongleur de mots qui fut également un grand peintre donne de sa jeunesse mouvementée des tableaux saisissants. Hanté par l'histoire et l'exil, lui qui naquit en Grèce, d'où Jason partit avec ses Argonautes, s'identifie au voyageur mythique, tout en tenant un véritable " journal de bord " d'un soldat de la Grande Guerre. Provocant jusque dans ses pages les plus intimistes, contemplatif, érotique, politique ou joueur, Savinio signe, avec Hermaphrodito, l'un des ouvrages les plus originaux de la littérature italienne de notre siècle. Alberto Savinio (Athènes, 1891 _ Rome, 1952) vécut longtemps à Paris, où il fréquenta, entre autres, Apollinaire, Cocteau, Breton. Frère du peintre Giorgio De Chirico, il est lui-même l'auteur d'une oeuvre picturale considérable, et outre ses essais et récits (Toute la vie ; Maupassant et " l'autre " ; Hommes racontez-vous ; Ville, j'écoute ton coeur ; Souvenirs), a laissé de nombreuses oeuvres et critiques musicales.
Traduction de l'anglais par Madeleine Rossel, André Parreaux, Lucien Guitard et Pierre Leyris. Édition de Pierre Leyris. Traduction de Souvenirs intimes de David Copperfield sous la direction de Léon Lemonnier, revue et complétée par Francis Ledoux et Pierre Leyris.
Résumé : Cette édition s'efforce de présenter les écrits purement littéraires de Chateaubriand dans un ordre à la fois chronologique et thématique. Ainsi le lecteur pourra relire un écrivain qui ne fut pas seulement chantre de sa propre désespérance et du néant, artiste frileux réfléchissant sur son art, historien consciencieux, mais aussi le plus intraitable génie contestataire. Toute son ouvre en effet s'insurge contre une religion mal comprise qui mutile l'homme, contre une fausse civilisation égoïste et cruelle qui monopolise morale et culture. Reflet de son temps, Chateaubriand l'est également du nôtre. Le texte a été établi d'après celui des Ouvres complètes parues chez Ladvocat. On a consulté les manuscrits accessibles et découvert des sources de l'ouvre qui s'ajoutent, nombreuses, à celles que nous connaissions déjà, surtout à propos des Martyrs et du Voyage en Amérique. Cette édition devient ainsi un instrument de travail enrichissant et suggestif.
Résumé : Cette édition s'efforce de présenter les écrits purement littéraires de Chateaubriand dans un ordre à la fois chronologique et thématique. Ainsi le lecteur pourra relire un écrivain qui ne fut pas seulement chantre de sa propre désespérance et du néant, artiste frileux réfléchissant sur son art, historien consciencieux, mais aussi le plus intraitable génie contestataire. Toute son ouvre en effet s'insurge contre une religion mal comprise qui mutile l'homme, contre une fausse civilisation égoïste et cruelle qui monopolise morale et culture. Reflet de son temps, Chateaubriand l'est également du nôtre. Le texte a été établi d'après celui des Ouvres complètes parues chez Ladvocat. On a consulté les manuscrits accessibles et découvert des sources de l'ouvre qui s'ajoutent, nombreuses, à celles que nous connaissions déjà, surtout à propos des Martyrs et du Voyage en Amérique. Cette édition devient ainsi un instrument de travail enrichissant et suggestif.
Résumé : "Balloté par les drames familiaux et les convulsions d'une Europe révolutionnée, Benjamin Constant (1767-1830), d'origine suisse, a passé sa vie à la recherche d'une stabilité. La perfection toute classique d'Adolphe ne doit faire oublier ni la lente exploration, lucide et désespérée, de ses journaux intimes, ni la vaste entreprise de réflexion théorique pour fonder le libéralisme moderne et pour cerner la nature du phénomène religieux", Michel Delon.