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Encyclopédie nouvelle
Savinio Alberto
GALLIMARD
21,70 €
Épuisé
EAN :9782070221189
A l'article "Encyclopédie" de cette Encyclopédie, qui en compte quelque deux cents, Savinio nous fournit cette clef : "Nulle possibilité aujourd'hui d'une encyclopédie. Nulle possibilité aujourd'hui de tout savoir. Nulle possibilité aujourd'hui d'une science circulaire, d'une science achevée. Nulle homogénéité aujourd'hui des connaissances. Nulle affinité spirituelle aujourd'hui entre elles. Nulle tendance commune aujourd'hui entre elles. Aujourd'hui un déséquilibre profond domine le savoir". Puis : "Comme il n'est guère d'espoir que des idées aussi éloignées puissent se rejoindre et se confondre, il sied de se résigner à une crise perpétuelle et de plus en plus grave de la civilisation. Renonçons donc à espérer un retour à l'homogénéité des idées, c'est-à-dire à un type de civilisation ancien, et cherchons plutôt à faire cohabiter de la façon la moins sanguinaire les idées les plus disparates, y compris les plus désespérées." Dans son Encyclopédie, Savinio passa avec autant de souplesse que d'intrépidité de Joséphine Baker à Apollon, des secrets du style au discours du concierge, du port de la barbe à la sublime identité de l'amour et de l'amitié. Cet humoriste auquel la dimension de la pitié ne manque jamais, ce sceptique qui aime à admirer (voir le Baudelaire), ce sage désenchanté qui sait trancher sans recours (voir comment Dieu est traité à l'article Europe, véritable apologie de l'esprit de désagrégation) est enfin mis, dans son pays, après une éclipse d'un quart de siècle, à son rang : il aura été l'écrivain italien le plus intelligent du siècle.
On pourrait dire, paraphrasant Magritte : ceci n'est pas un livre de souvenirs. Que le lecteur ne s'apprête à y trouver ni la nostalgie larmoyante, ni l'égotisme satisfait, ni la teinte sépia qui font les succès du genre. L'art de Savinio est celui de la digression, de la flânerie poétique, de l'érudition désinvolte, de l'humour métaphysique. Remarquable artificier du langage, ses images explosent à l'improviste au fil d'une prose impeccable, comme autant de clins d'oeil à ces surréalistes dont jadis il fut l'ami _ et auxquels il réserve ici ses flèches les plus féroces. Dans cette trentaine de textes rédigés lorsqu'il vivait à Paris (et dont le dernier, Paris-Silence, fut écrit directement en français), Alberto Savinio se fait le chroniqueur insolent d'une France en suspens entre deux cataclysmes guerriers, parvenant tour à tour à nous surprendre, nous attendrir, nous faire rire : nul ne sait comme lui mêler gravité et impertinence. Qu'il évoque Max Jacob ou Apollinaire, Mata-Hari ou le Mont-Saint-Michel, Colette ou Landru, qu'il analyse le déclin du théâtre français ou réprouve _ déjà! _ l'envahissante obsession diététique des descendants de Rabelais et de Vercingétorix, Savinio écrit toujours juste ; et ses textes, dans lesquels André Breton voyait émerger " les fondements du mythe moderne ", conservent, à un demi-siècle de distance, une fraîcheur inaltérée. Alberto Savinio est né à Athènes en 1891 et mort en 1952 à Rome. Frère du peintre Giorgio de Chirico, il vécut longtemps à Paris, où il devint l'ami d'Apollinaire, de Cocteau, de Breton. Musicien, scénographe, auteur dramatique, metteur en scène, peintre, il est surtout connu en tant qu'écrivain (Toute la vie ; Maupassant et " l'autre " ; Hommes racontez-vous ; Achille enamouré).
Ce livre n'est pas une autobiographie, mais une rêverie délibérée que l'auteur, né cinquante ans auparavant à Athènes, laisse se dérouler au sujet de son enfance. Ici, c'est l'imagination qui dévide l'écheveau du souvenir, de sorte que les grandes ombres de l'Olympe croisent, au fil des pages, les représentants les plus en vue d'une Europe cosmopolite en transit dans la capitale grecque. Des aristocrates, des diplomates, des dames jupitériennes qui incarnent l'éternel féminin, des artistes en tout genre défilent ou se produisent dans les salons de la villa Dolcemare. Savinio les évoque avec une sorte de cocasserie qui en fait de sautillantes marionnettes de Labiche. Par ailleurs, il y a ce Dieu de l'église orthodoxe que l'enfant suppose caché derrière le rideau rouge, au centre de l'iconostase, et à qui il rend visite à l'insu de ses parents et, surtout, de son Dieu à lui, qui est catholique... Mais la scène capitale du passé est peut-être celle de la vision des seins de Cléopâtre, la jeune domestique : elle a suscité en lui l'éveil des sens. Et marqué, par là même, la fin de l'enfance.
Né en 1265, Dante Alighieri participe à l'administration de Florence, sa ville natale, mais en est banni après une prise de position contre la politique du pape Boniface VIII. Il finit ses jours en exil à Vérone et à Lucques, puis à Ravenne où il meurt en 1321.
«La Poésie est comparable à ce génie des Nuits Arabes qui, traqué, prend tour à tour les apparences les plus diverses afin d'éluder la prise, tantôt flamme et tantôt murmure ; tantôt poisson, tantôt oiseau ; et qui se réfugie enfin dans l'insaisissable grain de grenade que voudrait picorer le coq.La Poésie est comparable également à cet exemplaire morceau de cire des philosophes qui consiste on ne sait plus en quoi, du moment qu'il cède l'un après l'autre chacun de ses attributs, forme, dureté, couleur, parfum, qui le rendaient méconnaissable à nos sens. Ainsi voyons-nous aujourd'hui certains poètes, et des meilleurs, refuser à leurs poèmes, rime et mesure et césure (tout le "sine qua non" des vers, eût-on cru), les rejeter comme des attributs postiches sur quoi la Muse prenait appui ; et de même : émotion et pensée, de sorte que plus rien n'y subsiste, semble-t-il, que précisément cette chose indéfinissable et cherchée : la Poésie, grain de grenade où se resserre le génie. Et que tout le reste, auprès, paraisse impur ; tâtonnements pour en arriver là. C'est de ces tâtonnements toutefois qu'est faite l'histoire de notre littérature lyrique.»André Gide.
4e de couverture : Si saisissant de mouvements, si éclatant d'images, si envoûtant de sonorités arabes que soit le Coran, il reste toujours un langage clair. C'est pourquoi, bien qu'il soit intraduisible, on peut en tenter des traductions. Elles disent au moins le sens de l'étonnante prédication de Mahomet (570-632). Depuis des siècles il n'y avait plus de ces grandes révélations qui réveillent l'humanité et après Mahomet il n'y en aura plus. "Dieu seul est Dieu."Notes Biographiques : Jean Grosjean (1912-2006), ordonné prêtre en 1939, renonce à son sacerdoce après la Seconde Guerre mondiale. Commentateur et traducteur de la Bible, du Coran et des tragédiens grecs, il publie aussi récits et poèmes (Terre du temps, Fils de l'homme, La Gloire). Il devient à partir de 1967 membre du comité de rédaction de La NRF, dont il est l'un des contributeurs réguliers à partir de 1955.
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Le Traité du Narcisse - Le Voyage d'Urien - La Tentative amoureuse - Paludes - Les Nourritures terrestres - Les Nouvelles nourritures - Le Prométhée mal enchaîné - El Hadj ou Le Traité du faux prophète - L'Immoraliste - Le Retour de l'enfant prodigue - La Porte étroite - Isabelle - Les Caves du Vatican - La Symphonie pastorale - Les Faux-monnayeurs - L'École des femmes - Robert - Geneviève ou La confidence inachevée - Thésée. Introduction de Maurice Nadeau. Notices et bibliographie par Yvonne Davet et Jean-Jacques Thierry.