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Souvenirs
Savinio Alberto
FAYARD
23,45 €
Épuisé
EAN :9782213017709
On pourrait dire, paraphrasant Magritte : ceci n'est pas un livre de souvenirs. Que le lecteur ne s'apprête à y trouver ni la nostalgie larmoyante, ni l'égotisme satisfait, ni la teinte sépia qui font les succès du genre. L'art de Savinio est celui de la digression, de la flânerie poétique, de l'érudition désinvolte, de l'humour métaphysique. Remarquable artificier du langage, ses images explosent à l'improviste au fil d'une prose impeccable, comme autant de clins d'oeil à ces surréalistes dont jadis il fut l'ami _ et auxquels il réserve ici ses flèches les plus féroces. Dans cette trentaine de textes rédigés lorsqu'il vivait à Paris (et dont le dernier, Paris-Silence, fut écrit directement en français), Alberto Savinio se fait le chroniqueur insolent d'une France en suspens entre deux cataclysmes guerriers, parvenant tour à tour à nous surprendre, nous attendrir, nous faire rire : nul ne sait comme lui mêler gravité et impertinence. Qu'il évoque Max Jacob ou Apollinaire, Mata-Hari ou le Mont-Saint-Michel, Colette ou Landru, qu'il analyse le déclin du théâtre français ou réprouve _ déjà! _ l'envahissante obsession diététique des descendants de Rabelais et de Vercingétorix, Savinio écrit toujours juste ; et ses textes, dans lesquels André Breton voyait émerger " les fondements du mythe moderne ", conservent, à un demi-siècle de distance, une fraîcheur inaltérée. Alberto Savinio est né à Athènes en 1891 et mort en 1952 à Rome. Frère du peintre Giorgio de Chirico, il vécut longtemps à Paris, où il devint l'ami d'Apollinaire, de Cocteau, de Breton. Musicien, scénographe, auteur dramatique, metteur en scène, peintre, il est surtout connu en tant qu'écrivain (Toute la vie ; Maupassant et " l'autre " ; Hommes racontez-vous ; Achille enamouré).
Résumé : La trentaine de textes que rassemble Achille énamouré est exemplaire de l'extraordinaire génie inventif de Savinio. Ils ont été écrits entre 1918 et 1938. Quelques-uns répondent bien à la définition donnée par Savinio lui-même de ce qui fut à un moment sa manière et celle de son frère, Giorgio de Chirico : "Faire jaillir des choses mêmes leurs éléments métaphysiques complets" (Achille, Derby royal, La Géante, Icare...). Certains basculent tranquillement dans le fantastique (Forêt domestique ; Jeunes mariés, lesquels, dans leur chambre d'amour, se promettent : "Voici notre univers, rien d'autre n'existe plus pour nous", et sont pris au mot ; Le Chant de la solitude, dominé cependant par la description des pieds du commandeur endormi...). D'autres sont de parfaits récits de rêves (Villégiature), ou de purs souvenirs : ainsi La Turque, Le Garibaldien, ou l'admirable Adonis, épisode de la guerre de 1914-1918 dans les Balkans, où l'ironie lucide sous-tend de bout en bout une pitié sublime. D'autres encore, farces grotesques (La Reine de Naples). D'autres enfin sont d'inclassables récits, tel le plus long d'entre eux, Mort de l'Ingénieur, tour de force où toutes les ressources qui ne sont qu'en apparence celles du "métaphysique", de l'onirique ou du fantastique, sont mises en oeuvre, de façon sans doute très concertée, pour exprimer la démence de l'intérieur.
Résumé : "Les flèches du Dôme, que blanchissait l'aurore déjà vêtue aux couleurs de l'Italie, se dressaient en bottes d'asperges dans le ciel de Milan. Au carrefour de la Corsia dei Servi, autour des feux d'un petit bivouac, les Milanais les plus matinaux sirotaient hâtivement "le café du genou" (...). Soudain, au deuxième étage d'une modeste maison de la place San Giovanni in Conca, retentit le premier cri de celui qui devait en pousser si souvent par la suite."
La journée est finie. Le corps de Monsieur Dido est étendu sur le lit. Sa tête chauve repose sur l'oreiller. Sa main, dans peu de temps, ayant abandonné la brillante histoire de la littérature latine de Concetto Marchesi, s'élèvera vers l'interrupteur de la lampe de chevet. Et Monsieur Dido retournera dans ses rêves. Est-ce cela, la sympathie qu'il cherchait ? Non. Même les rêves y sont étrangers. "Nos" rêves. Et antipathiques. Sauf un. Ce rêve de "soi-même" que Monsieur Dido voudrait rêver et toujours rêver encore. Ce rêve de soi-même où tout rentre, et se fond, et devient soi-même". Mais Monsieur Dido, dans ces textes qui sont parmi les tout derniers qu'Alberto Savinio ait écrit, est un "athlète dans la lutte contre les déceptions". Et il continue à écrire, peindre, subir l'étroitesse d'une vie privée aussi féroce que le regard et la langue qui la désignent, côtoyer les fantômes les plus présents des souvenirs et du rêve poétique, avant de laisser discrètement son double et créateur poursuivre son implosion de la vie domestique et son parcours hallucinatoire dans la seule réalité vécue qui compte : celle de l'imaginaire. "- Rassasiez ma curiosité. Ce soir, en arrivant à l'hôtel, j'ai entrevu par là-bas, en haut d'un grand escalier, une silhouette dressée, immobile. Est-ce un homme ou une statue ? Le veilleur de nuit me regarde fixement, commence à sourire. - Comment cela pourrait-être un homme ? ... C'est une statue. La statue d'un saint, en souvenir de l'ancien couvent. Nous nous sommes salués. Je restai derrière la porte de ma chambre à guetter. Je sors de nouveau, je traverse les couloirs. En haut du grand escalier, je ne trouve ni homme, ni statue : personne".
Carnages. Des millions de morts dont le décompte pourrait avoisiner celui des victimes de toutes les guerres depuis 1945. Qui en parle? Qui s?intéresse à ces « carnages incompréhensibles »? Rwanda, Kivu, Sud-Soudan, Somalie, Darfour? Invoquer la folie des hommes ne fournit aucune clé d?interprétation; et l?on ne peut pas se contenter de regarder l?Afrique sous le seul angle des Droits de l?homme ou de la Françafrique.Étonnamment, ces conflits majeurs n?ont jamais été appréhendés dans leur globalité. Qui ont été les soutiens, voire les promoteurs de toutes ces guerres? Quels intérêts ont-elles servis? À contre-courant de tout ce qui s?écrit sur l?Afrique, Pierre Péan expose les logiques stratégiques qui visent à remodeler l?Afrique, et dont les « dégâts collatéraux » ont été d?une ampleur inédite et tragique.Il nous révèle ainsi les dessous du Grand Jeu africain des puissances occidentales et les affrontements feutrés entre elles. Après la chute du mur de Berlin, les États-Unis, aidés notamment de la Grande-Bretagne et d?Israël, ont décidé d?étendre leurs aires d?influence sur le continent africain, en réduisant notamment le pré carré français. L?instauration du nouvel ordre mondial y a été d?autant plus profonde que l?Afrique est devenue un des principaux terrains du « choc des civilisations » qui a installé, avant le 11-Septembre, l?Est africain dans l?espace conflictuel du Proche-Orient. Les regards braqués sur le Grand Moyen-Orient n?ont pas vu que le Soudan était devenu pour Israël et pour les États-Unis un pays potentiellement aussi dangereux que l?Iran: il fallait donc « contenir » et diviser le plus grand pays d?Afrique.Les États-Unis, le Royaume-Uni, Israël, la France, le Canada, la Belgique et plus récemment la Chine ont été les belligérants fantômes de ce conflit. Il est temps que l?on tire au clair les responsabilités des uns et des autres. Pierre Péan est écrivain et enquêteur. On lui doit notamment Une jeunesse française: François Mitterrand (Fayard, 1994), La Face cachée du Monde (avec Philippe Cohen, Mille et une nuits, 2003); Noires fureurs, blancs menteurs (Mille et une nuits, 2005), Le Monde selon K (Fayard, 2009).
La maladie a-t-elle un sens? Voilà une question qui nous concerne tous. Pourtant la médecine ne se la pose plus. Elle soigne en effet le corps sans se soucier de l'intégralité de la personne humaine. Et, privilégiant la compréhension des détails, elle oublie les liens qui unissent les patients au monde dans lequel ils vivent. Tombons-nous malades comme par fatalité, ou bien la maladie est-elle le moyen pour notre corps de trouver, face à des situations perturbantes, un nouvel équilibre? Nos pathologies naissent-elles de causes extérieures à nous ou, au contraire, sont-elles le symptôme d'un malaise plus profond? Thierry Janssen se confronte à ces questions avec une audace remarquable. S'appuyant sur les découvertes scientifiques les plus récentes, il retrace l'histoire de la médecine psychosomatique - véritable donneuse de sens dont il analyse les apports mais aussi les dérives. Et, comparant les théories modernes avec les croyances de peuples traditionnels comme les Aborigènes, les Douala ou les Navajo, il nous montre que, face à la souffrance, nous avons le choix d'explorer plusieurs sens. "Sens biologique" défini par la science, ou "sens symbolique" exprimé par les malades? À travers le témoignage de nombreux patients, nous découvrons, en plus, le "sens collectif" de nos maux. Celui-ci fait appel à notre responsabilité afin de prévenir les pathologies au lieu de les guérir. Ainsi, tout au long de ce livre, Thierry Janssen nous invite à renouer avec des principes de bonne santé qui sont de précieux outils au service de la vie. Et sa réflexion, aussi brillante que passionnante, annonce une autre manière de penser la médecine. Biographie de l'auteur Chirurgien devenu psychothérapeute, Thierry Janssen enseigne les principes d "une" médecine humaniste et responsable "aux professionnels de la santé, dans divers hôpitaux et facultés de médecine. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages, dont La Solution intérieure: vers une nouvelle médecine du corps et de l'esprit, publié en 2006 chez Fayard et considéré comme une référence incontournable."
Le nouveau monde de l'oncle Henry La fin de la guerre froide semblait déboucher sur un monde simplifié: au centre, une Amérique victorieuse et sans rivale, seule superpuissance capable de dicter son ordre mondial et de diffuser partout son mode de vie et ses valeurs. La magistrale leçon d'histoire et de diplomatie d'Henry Kissinger détruit cette illusion: l'Amérique, prévient celui qui a inspiré pendant près de dix ans sa politique étrangère, va devoir réformer profondément sa vision du monde et ses méthodes d'action, sous peine de se réfugier à nouveau dans un isolationnisme aussi dangereux qu'illusoire. Il lui faudra évoluer dans un système complexe d'équilibre des forces, une notion avec laquelle elle est justement en "délicatesse". Cette révision déchirante concerne d'abord le rêve américain de sécurité collective: incarné pendant près d'un siècle par Woodrow Wilson, l'architecte de la paix de Versailles, il se nourrit de grands principes (l'autodétermination), de volonté de coopération, de partage des valeurs (américaines) et du respect du droit international. Cette doctrine prenait le contre-pied d'une conception européenne qui avait dominé les affaires internationales pendant près de trois siècles avant de s'effondrer. Richelieu, Metternich et Bismarck avaient inventé les concepts d'Etat-nation et de souveraineté, dans un équilibre où chacun, toujours prêt au conflit, se déterminait selon son intérêt national et sa marge de manoeuvre. Or la doctrine wilsonienne n'est plus pertinente, et le nouvel ordre "ressemblera davantage aux systèmes étatiques des xviiie et xixe siècles qu'aux schémas rigides de la guerre froide". Il comprendra cinq ou six grandes puissances - les États-Unis, la Chine, la Russie, le Japon, l'Europe (si elle est unie) et peut-être l'Inde -, entre lesquelles s'établira un jeu mouvant. Et l'ancien conseiller des princes conclut sa grande fresque en suggérant à Bill Clinton de s'intéresser "au style de Bismarck". Les solutions les plus inventives, affirme-t-il, consisteront à "construire des structures mixtes, en chevauchement", fondées sur des principes, des préoccupations de sécurité, ou des intérêts économiques communs. Mais le rodage de ce système, dit-il, "prendra sans doute plusieurs décennies"... --Vincent Giret--
La Hatha-yoga Pradîpikâ, ou « petite lampe du Hatha-yoga », est l'un des plus complets traités consacrés à cette science millénaire qui nous soit parvenu. Il est attribué à un célèbre yogin du Xe siècle qui l'aurait popularisé sur tout le continent indien. Selon la tradition hindoue, celui qui le pratique parvient par une méthode pratique et violente (hatha = force) à la libération spirituelle recherchée par toutes les voies indiennes. Cette discipline repose sur le principe, reconnu depuis l'antiquité védique, de la correspondance de l'univers et du corps. Elle comporte un certain nombre de techniques, dont les fameuses « postures » (âsana), le « rassemblement des souffles » (pranayana) et les sceaux (mudrâ) qui permettent d'apprendre à maîtriser les énergies du corps et de l'esprit. La traduction de ce traité est précédée d'une étude de Tara Michaël qui montre l'importance des différentes formes de yoga dans les traditions shivaïte et tantrique. Elle est accompagnée d'une traduction du commentaire sanskrit qui l'explicite, « Clair de lune » par Brahmânanda.