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Toute la vie
Savinio Alberto
FOLIO
9,50 €
Épuisé
EAN :9782070387779
L'univers où s'exerce l'invention littéraire d'Alberto Savinio est celui d'un réalisme proprement métaphysique, fortement gauchi, fût-ce face à la démence, par une ironie à toute épreuve. Mais peut-être faudrait-il remplacer le terme ironie par celui d'humeurs, humeurs du plus beau noir. Ce n'est pas pour rien que Savinio figure dans l'Anthologie de l'humour noir " et qu'André Breton le comptait, ainsi que son frère Giorgio de Chirico, parmi les précurseurs du surréalisme. Toutefois, Chirico, depuis, s'est délibérément rangé. Alors que Savinio restera fidèle jusqu'à la fin de sa vie aux jeux singuliers et souvent pathétiques d'une fantaisie effrénée, volontiers désobligeante, où les objets agissent ainsi que les hommes, où les dieux se heurtent aux barreaux d'un poulaillier et où le véritable sacré est celui que sous-entend la définition célèbre du " couteau sans lame auquel il manque le manche ". Ici, dans ce choix de nouvelles, seul règne l'Ange du bizarre...
La journée est finie. Le corps de Monsieur Dido est étendu sur le lit. Sa tête chauve repose sur l'oreiller. Sa main, dans peu de temps, ayant abandonné la brillante histoire de la littérature latine de Concetto Marchesi, s'élèvera vers l'interrupteur de la lampe de chevet. Et Monsieur Dido retournera dans ses rêves. Est-ce cela, la sympathie qu'il cherchait ? Non. Même les rêves y sont étrangers. "Nos" rêves. Et antipathiques. Sauf un. Ce rêve de "soi-même" que Monsieur Dido voudrait rêver et toujours rêver encore. Ce rêve de soi-même où tout rentre, et se fond, et devient soi-même". Mais Monsieur Dido, dans ces textes qui sont parmi les tout derniers qu'Alberto Savinio ait écrit, est un "athlète dans la lutte contre les déceptions". Et il continue à écrire, peindre, subir l'étroitesse d'une vie privée aussi féroce que le regard et la langue qui la désignent, côtoyer les fantômes les plus présents des souvenirs et du rêve poétique, avant de laisser discrètement son double et créateur poursuivre son implosion de la vie domestique et son parcours hallucinatoire dans la seule réalité vécue qui compte : celle de l'imaginaire. "- Rassasiez ma curiosité. Ce soir, en arrivant à l'hôtel, j'ai entrevu par là-bas, en haut d'un grand escalier, une silhouette dressée, immobile. Est-ce un homme ou une statue ? Le veilleur de nuit me regarde fixement, commence à sourire. - Comment cela pourrait-être un homme ? ... C'est une statue. La statue d'un saint, en souvenir de l'ancien couvent. Nous nous sommes salués. Je restai derrière la porte de ma chambre à guetter. Je sors de nouveau, je traverse les couloirs. En haut du grand escalier, je ne trouve ni homme, ni statue : personne".
Dans le titre qu'il donna à son premier livre, paru en Italie en 1918, Alberto Savinio tenait à souligner " l'idée équivoque " qui, selon lui, préside à toute " grande opération ". Par son sens et par sa forme, le mot Hermaphrodito se réfère à la fois au plurilinguisme de son écriture et à l'ambiguïté de sa démarche et de son univers : maîtrisant parfaitement le français, Savinio n'hésite pas, en effet, à écrire une partie de son livre dans cette langue et nombreux sont les termes qu'il emprunte aux dialectes milanais, napolitain et sicilien, voire au grec et à l'hébreu. Cet ironique jongleur de mots qui fut également un grand peintre donne de sa jeunesse mouvementée des tableaux saisissants. Hanté par l'histoire et l'exil, lui qui naquit en Grèce, d'où Jason partit avec ses Argonautes, s'identifie au voyageur mythique, tout en tenant un véritable " journal de bord " d'un soldat de la Grande Guerre. Provocant jusque dans ses pages les plus intimistes, contemplatif, érotique, politique ou joueur, Savinio signe, avec Hermaphrodito, l'un des ouvrages les plus originaux de la littérature italienne de notre siècle. Alberto Savinio (Athènes, 1891 _ Rome, 1952) vécut longtemps à Paris, où il fréquenta, entre autres, Apollinaire, Cocteau, Breton. Frère du peintre Giorgio De Chirico, il est lui-même l'auteur d'une oeuvre picturale considérable, et outre ses essais et récits (Toute la vie ; Maupassant et " l'autre " ; Hommes racontez-vous ; Ville, j'écoute ton coeur ; Souvenirs), a laissé de nombreuses oeuvres et critiques musicales.
La ville de Milan, son histoire, ses monuments, ses musées, ses places, ses habitants, célèbres ou inconnus, sont ici les prétextes choisis par Savinio avec le propos d'illustrer ces lignes du préambule qui ont valeur de manifeste : " Dans l'ambition de faire "une oeuvre", il y a encore de la puérilité. Une fois cette puérilité comprise et dépassée, on n'écrit de livres, si on a encore envie d'écrire, qu'en forme de longue et tranquille conversation. " Songeur et précis, Savinio porte ici à son point extrême de perfection cet art de la digression qui le caractérise et qui fait de lui un auteur aussi singulier qu'universel.
L'histoire du christianisme commence par l'acte de foi des disciples juifs de Jésus devant son tombeau vide: ils croient en sa résurrection et le reconnaissent comme le Messie annoncé dans la Bible. Le christianisme n'est alors qu'une de ces nombreuses religions de salut, qui multiplient les adeptes dans le monde gréco-romain. Mais d'emblée, il définit le salut comme un événement historique unique et non comme le résultat d'initiations individuelles à la façon des religions à mystères; il donne à cet événement uneportée universelle, et ouvre la communauté de Jérusalem au monde polyglotte et diversifié que vient d'unifier l'empire romain. Par là, il lie son destin à celui de Rome, ce qu'affirment très tôt les auteurs chrétiens: l'Église et l'Empire sont les deux seules structures de l'Antiquité à penser la mondialisation, ce qui facilitera la christianisation de l'État et du pouvoir au IVe siècle, après celle de la société. Or, quoi qu'on en ait, il est impossible de restituer une histoire linéaire et complète de l'Église primitive, de Jésus à saint Augustin, non plus qu'une histoire complète de la christianisation de l'Empire. La nature des sources - le plus souvent indirectes, apologétiques ou postérieures aux événements - ne permet que des approches ponctuelles, diversifiées, particulièrementriches pour certaines régions comme la Palestine, Rome et, plus encore, l'Asie Mineure. C'est donc une histoire partielle, en kaléidoscope, à travers une Bible plurielle et des groupes éclatés, très personnalisés, que retracent une soixantaine d'historiens, archéologues et biblistes, tous spécialistes de ces cinq siècles décisifs. Les chapitres de cet ouvrage, remis à jour et complétés pour ce volume, ont initialement paru dans la revue Le monde de la Bible. Il est le troisième et dernier volume du triptyque commencé, dans cette même collection, avec Le monde de la Bible (n° 88) et Aux origines du christianisme (n° 98).
Changer d?activité, de femme, d?environnement, de personnalité voire même d?apparence physique? tout mettre en oeuvre pour devenir quelqu?un d?autre, c?est le pari improbable qu?ont décidé de se lancer un soir deux inconnus alcoolisés, l?encadreur Thierry Blin et le commercial Nicolas Gredzinski. A travers le portrait taillé serré de ces deux anonymes, Tonino Benacquista revisite le mythe de la quête identitaire, de ses enjeux incertains à ses implications souvent cruelles. Blin et Gredzinski avaient tout pour être heureux, un travail, des amis, une femme, mais pour autant, ils ne l?étaient pas. Leur rencontre aussi fortuite que déterminante sur un court de tennis va renverser leur vie, qui prend alors une direction distincte et inconnue. Mais si les deux hommes finissent bien par changer, en bien ou en mal, leur façon de faire est très différente. Quand le premier agit avec conscience et méthode pour se transformer point par point en son contraire, et devenir détective privé à l?identité nouvelle, le second ne fait rien, ou plutôt croit ne rien faire, si ce n?est de se laisser tomber dans l?alcool, avec un plaisir grinçant... Cette opposition de styles dessinée chapitre après chapitre autour des deux personnages qui ne se reverront plus, confère au roman toute sa verve et son originalité. Certes, on ne rit pas là beaucoup, le sujet ainsi traité nous renvoyant souvent à nos propres questionnements, mais on apprécie d?être le spectateur discret d?une transformation qu?on aurait rêvé être la nôtre sans oser se l?avouer? --Guillaume Folliero
Il s'agit de la principale somme romanesque de George Sand, ?uvre de sa maturité (1842), dont elle renferme les secrets. L'héroïne est une cantatrice. La première partie se déroule à Venise, c'est une nouvelle musicale avec une intrigue amoureuse ; la deuxième est un roman historique et fantastique, situé à Riesenburg ; la troisième, récit de voyage, d'aventures, musical et historique, se tourne vers Vienne, où se passe la quatrième, ainsi qu'à Prague, qui mélange tous les éléments précédents. L'action se déroule entre 1742 et 1755. Consuelo est d'abord un roman d'aventures passionnant. Mais la trame soutient les idées historiques, sociales, politiques, esthétiques, musicales. La protagoniste est une fille du peuple, comme l'auteur par sa mère. Elle vivra entourée d'hommes, jusqu'à son mariage avec le comte de Rudolstadt.
Jamais pharaon n'aura autant intrigué. L'inventeur du monothéisme, qui défia au péril de sa vie la colère des dieux et de leurs gardiens, était-il un fou ou un visionnaire ? A-t-il été assassiné? La Grande Epouse royale Néfertiti a-t-elle influé sur les décisions du maître de l'Egypte. Tant de siècles écoulés ont éparpillé les pièces de ce puzzle... Au fil des pages, deux égyptologues, Judith Faber et Philippe Lucas, vont tenter de décrypter l'énigme du dieu roi. S'appuyant sur les thèses les plus récentes, Gilbert Sinoué plonge, à la manière d'une enquête policière, au c?ur du mystère de l'une des figures les plus fascinantes de l'Egypte ancienne.