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La France sensible
Sansot Pierre ; Oriol Jules
DE LECLAIREUR
19,00 €
Épuisé
EAN :9782959554704
Pourquoi ce titre de France sensible ? Pour rendre tangible cette réalité : la " France sensible " est d'abord un fait de l'imagination, selon l'expression de Régis Debray. D'infinies résonnances permettent de relier la variété et l'immensité des paysages et de l'histoire de la France. Pierre Sansot assume pleinement toute l'ambiguïté de l'adjectif " sensible ". Parce qu'il signifie que la France est sensible, vulnérable, prête à s'offusquer de l'indifférence ou des contresens. Elle a des couleurs, des humeurs, elle sait être charmante quand elle le veut bien. Par ailleurs, ceux qui l'habitent sont sensibles à son charme, à ses pensées, à sa façon de paraître. En sa présence, ils peuvent même devenir un peu moins insensibles, c'est-à-dire un peu moins grossiers et plus fraternels. Et puis, cette France sensible s'incarne dans les paysages, les noms, les faits historiques, les récits collectifs, à la fois énigmatiques et familiers, qui rendent si concrète notre mémoire émotionnelle. C'est ainsi que Pierre Sansot entraîne son lecteur dans un voyage aussi mélancolique qu'incarné, à la recherche de l'épaisseur d'un pays qu'il a passionnément aimé. La France, une idée neuve ? C'est le pari de l'auteur, à partir d'un faisceau de signes dont chacun fait quotidiennement l'expérience : un nom, une odeur, des images, des couleurs, des brises, des herbes hautes, des vignes entretenues avec patience... A l'origine des réflexions de Pierre Sansot, une certitude : il y aura une France tant que ce mot suscitera chez les Français des rêveries. Tant qu'il ne se confondra pas avec une simple réalité socio-économique qui manque une part essentielle de ce qu'est notre pays : une énigme et un mouvement du coeur. Ce livre est tissé de songes et du souvenir de déambulations dans la France de la seconde moitié du XXème siècle. Restituer la présence et la personnalité d'un pays n'est pas chose aisée. Pierre Sansot relève magnifiquement ce défi, grâce à la puissance d'évocation de son écriture, qui rend visible l'invisible. Depuis les huîtres de Bouzigues jusqu'aux écoles de village, depuis les sonnets de Joachim du Bellay jusqu'au canal du Midi, tout ce qui foisonne, frissonne, meurt ou renaît dans ce pays prend vie sous nos yeux. L'émotion qui naît à la lecture de ce livre n'est pas factice. Elle est de l'ordre de l'invisible, baignée par les images multiples qu'elle engendre. Invisible parce qu'elle touche à notre être, qu'elle nous habite intimement. Au travers de ces lignes, l'humanisme discret de Pierre Sansot s'incarne. Il était convaincu que des hommes jetés ensemble par le fait du hasard ne cohabitent pas dans des solitudes juxtaposées. Ils inventent des récits communs, ils se racontent leurs trajets, ils se remémorent des incidents qui se sont produits en tel endroit ou en tel autre, ils se souviennent d'une lutte qui a abouti à la sauvegarde d'un immeuble ou à l'achèvement d'un quartier. Pour qu'il y ait paysage, il faut qu'un pont soit jeté entre le monde et nos désirs, nos rêves, notre existence. Pour qu'il y ait sentiment d'identité, il faut que les hommes aient le sentiment d'avoir vécu et de vivre la même aventure. Notre inscription dans l'espace, même hasardeuse, pour peu qu'elle se perpétue, provoque ces deux résultats. Avec modestie, parce qu'il savait que la France était toujours davantage que ce qu'il ne pourrait jamais saisir d'elle, l'érudition enjouée de Pierre Sansot sublime un imaginaire collectif que chacun porte en soi. Table des matières : Note de l'éditeur Préambule : Présentation de (l'image) de la France 1 – L'apprentissage de la France 2 – Le goût du minuscule 3 – Marcher en France 4 – Un sentiment très fort 5 – Troubles et vacillements d'une passion 6 – Le paysage littéraire français 7 – L'histoire de France 8 – Les brouillards de l'Occupation 9 – L'île-France 10 – Qu'est-ce qu'une région ? 11 – Nos arrière-pays 12 – L'arrière-pays niçois 13 – La France et les éléments 14 – La France et ses couleurs 15 – Il n'y a pas de place pour un Skansen dans ma France 16 – Quels exils ! Quels rêves ! 17 – Un village de France 18 – Les Français et la France 19 – L'âge de la France 20 – L'électricité de la France 21 – L'habiter-ensemble
Je ne saurais être un moraliste plus fidèle que je n'ai été un élève assidu et ponctuel. " Nous disposons tous d'un certain nombre de vies. J'ai usé généreusement de cette possibilité que le ciel nous a offerte. Il va sans dire que notre deuxième, notre troisième vie ont quelque rapport avec la première, la seule que nous menons en cette terre et dont les autres hommes ont connaissance. " A tel point que mon facteur, ma crémière, mon boucher, mon médecin si souvent à l'ouvrage, le chef du bataillon du 11e BCA qui m'accueillit à Barcelonette, mon ange gardien, mes démons, mes cavalières de Fontgrave, de L'Eldorado, du Sporting de Monte-Carlo, les passagers et les passagères de mon existence, quelques figures célèbres du rugby ou du tennis, et aussi Marie, mon élève de Marmande qui m'offrit la plus belle des ombres du Lot-et-Garonne, et ce petit soldat, mort durant la Grande guerre, auquel je rendais visite au cimetière, et les gens du voyage qui me consacrèrent " premier bachelier romano de France ", et l'oncle Aurélien, un " homme de peu " capable, comme les gens de sa race, de m'ouvrir à des rêveries grandioses, et mes condisciples de la khâgne Henri IV et ma mère, aujourd'hui disparue, me reconnaîtraient sans peine dans mes égarements. Pierre Sansot.
Résumé : La conversation n'est pas qu'un passe-temps destiné à nous divertir : elle est une occasion d'entrelacer notre existence à celle des autres, en toute liberté et selon notre humeur. Mais comment la distinguer du dialogue ou de l'entretien ? La correspondance et la causerie ne sont-elles pas des formes plus achevées de la conversation ? Pouvons-nous converser avec Dieu, avec les poètes, entre amoureux ? Comment éloigner les goujats, les fâcheux, qui n'ont rien à attendre de nous, les ironistes aussi, à la froideur dérangeante ? Dans cette satire joyeuse, la conversation n'est plus considérée comme l'apanage des nantis. Chacun de nous peut y participer. Nous découvrons alors notre capacité à plaire et à savoir écouter. Pierre Sansot (1928-2005) a enseigné la philosophie et l'anthropologie aux universités de Grenoble et Montpellier. Il a notamment publié : Poétique de la ville, Le Rugby est une fête ou Du bon usage de la lenteur.
On a souvent reproché aux jardins publics d'être impersonnels. Pierre Sansot y voit au contraire des lieux de rencontres, parfois de heurts, en tout cas d'émotions partagées. De Grenoble à Montpellier, en passant par Paris, il les a observés au fil des matins et des soirées, saison après saison. Il en restitue la beauté déconcertante, les personnages qui les habitent quotidiennement (gardien, mère de famille, enfants brailleurs, dragueur, commère, petites gens, paumés, simples passants) et les rituels qui s'y déroulent, montrant que pour être authentique un jardin se doit tout à la fois d'éblouir nos sens et de nous interroger sur notre destinée.
Résumé : Après Du bon usage de la lenteur, Pierre Sansot propose ici un " bon usage de la séduction ". Suite de courtes fictions, qui sont autant de variations sur le thème du renoncement au monde, ce livre renoue avec le ton des moralistes français. Tour à tour drôle, provocant, sarcastique, violent ou tendre, il témoigne d'abord d'un grand amour des femmes et de la vie. Et si l'auteur - qu'on reconnaîtra sous bien des masques - renonce à la séduction, que la haine, l'égoïsme ou la volonté de dominer défigurent, c'est au profit d'une écoute plus attentive des êtres et des choses. Le monde alors ne disparaît pas tout à fait : il " existe avec moins d'arrogance ", et permet à l'auteur d'aborder aux rivages, peu décrits ou parcourus, de la tendresse. " J'ai mis un terme aux jeux souvent insignifiants, parfois cruels de la séduction. J'ai pris le risque d'aimer et de m'exposer. Je me dis que je suis en mesure de souffrir si les circonstances l'exigent et qu'à me réserver, comme je le faisais autrefois, je passais à côté de la vie. Quoi qu'il arrive, ma joie à exister aura été sans commune mesure avec mon ancienne façon élégante, distraite de briller, de conquérir. "
Résumé : Alors qu'il rentre d'une mission en Ethiopie, un aviateur est forcé d'atterrir précipitamment dans la savane soudanaise. Epuisé, assoiffé, l'homme erre depuis des jours lorsque surgit une apparition : un gigantesque éléphant rouge sombre. Lorsque l'écrivain tente de s'approcher, l'animal, surpris, laisse échapper un barrissement tonitruant. Ne demandant pas son reste, Romain Gary, car c'est bien de lui qu'il s'agit, prend ses jambes à son coup. Avec ce texte étonnant de modernité et d'humanisme, Romain Gary célèbre à nouveau la " liberté infinie " de l'éléphant qu'il avait si bien décrite dans les Racines du ciel (Prix Goncourt 1956). Dans une lettre magistrale à son " cher éléphant ", dont les congénères, mal-aimés, inutiles, sont alors massacrés par milliers au nom du progrès, Gary met en garde contre une civilisation qui se passerait de tout ce qui ne sert pas ses intérêts immédiats : après tout, ce qui commence avec la chasse à l'éléphant pourrait bien s'achever par la fin pure et simple du droit à résister au pouvoir, voire à penser librement. Car derrière la frénésie meurtrière des chasseurs ne se cache-t-il pas une haine de cette liberté " vivante et irrésistible " que l'éléphant partage avec l'homme ? Lorsque Gary nous invite à sauver les éléphants et leur " ardente aspiration à une existence sans entrave ", ne s'agit-il pas, au fond, de nous sauver nous-mêmes ? Avec une clairvoyance extraordinaire, l'écrivain-diplomate livre ici un manifeste écologique d'une grâce folle, dans lequel il lie le destin de l'humanité à la défense des animaux et met en garde contre la destruction du vivant, conséquence de notre matérialisme. A l'ère de l'anthropocène, son avertissement, vieux de soixante ans, est d'une actualité glaçante : " dans un monde entièrement fait pour l'homme, il se pourrait bien qu'il n'y eût pas non plus place pour l'homme. " Publié pour la première fois en 1968 dans le Figaro Littéraire, la Lettre à l'éléphant est suivie ici d'une postface de l'essayiste et romancier Frédéric Potier. Table des matières : Avant-propos Lettre à l'éléphant L'étrange ménagerie humaniste de Romain Gary ? Frédéric Potier Repères biographiques
Le Rassemblement national peut gagner et gouverner. Le groupuscule folklorique des années 1970 présidé par le trublion Jean-Marie Le Pen est devenu le premier parti de France. Voilà le RN installé dans le rôle de la seule grande alternance possible, responsable demain des destinées du pays. Que s'est-il passé en un demi-siècle pour que nous en arrivions-là? J'ai écrit pour le savoir et en raconter l'histoire, une histoire de passions, celle de leur détournement. En passant en revue ces étranges passions françaises sur lesquelles le RN capitalise, j'interroge les conditions, sinon d'une guérison durable, au moins d'une rémission. A ce titre, l'artifice migratoire apparaît comme la matrice des contradictions du RN.