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Les Monstres du sublime. Victor Hugo, le génie et la montagne
Saint Girons Baldine
PARIS MEDITERRA
45,64 €
Épuisé
EAN :9782842722265
En septembre 1839, Victor Hugo envoya à sa femme, Adèle, deux longues lettres dans lesquelles il décrivit, de façon particulièrement inspirée, ce qu'il appelait " ma grande ascension du Rigi ", une montagne dont l'escalade était pourtant, de son propre aveu, " la prouesse de tout le monde ". Pourquoi n'inséra-t-il pas ce récit dans Le Rhin publié en 1842, à l'instar d'autres lettres écrites dans les mêmes conditions ? Et pourquoi la montagne se montre-t-elle omniprésente dans son œuvre non seulement littéraire, mais graphique et picturale ? L'enquête s'oriente dans quatre directions : elle vise à découvrir les raisons qui incitent Victor Hugo à changer d'aiguillage mental, en alternant écriture et dessin ; elle examine dans quelle mesure il est un des précurseurs de la peinture moderne ; elle étudie les sept métamorphoses qu'il s'impose pour s'identifier à la montagne et elle recherche le rôle que joua la présence possible de Juliette Drouet, sa maîtresse. De la sorte apparaît l'originalité de la conception que Victor Hugo se forme du génie : celui-ci a la facticité d'une montagne. Nous pouvons, certes, le contourner, mais il s'impose dans le paysage et nous domine. C'est un monstre du sublime, au sens où il " monstre " le sublime, le reflète et le chosifie.
Contrairement à certaines idées reçues, la nuit ne fait pas de nous des aveugles, n'est pas la simple absence du jour et n'occupe pas une position anecdotique dans la peinture. Elle ouvre d'abord une vision marginale, invente un chromatisme inédit et favorise, par les rêves et les fantasmes, une véritable " voyance " intérieure et imaginative. C'est ensuite une véritable puissance qui ne se contente pas de modifier les conditions d'exercice de notre vision, mais nous fait tressaillir et vibrer de concert avec elle. La nuit renverse, enfin, l'idée du " tableau " et rapatrie ce qui est localement vu dans l'immensité qui l'englobe. Une autre histoire de la peinture est possible à partir d'elle : une histoire délivrée du souci premier de la figurativité et de la perspective. Mais s'interroger sur ce que fait la peinture est inévitablement s'interroger sur ce que fait la pensée. La nuit nous rend spontanément métaphysiciens en s'imposant paradoxalement à la fois comme principe de réalité et comme principe de fiction : présence tactile qui nous pénètre et présence fantastique qui déploie songes et illusions. Pourvoyeuse d'espaces, la nuit se déplace entre les extrêmes du ciel et des Enfers, du perceptible et de l'imperceptible. Accepter alors de nous y perdre et d'aller à sa rencontre, c'est aussi tenter d'assumer notre destinée, individuelle et collective.
L'horizon ne cesse de reculer au fur et à mesure que l'on avance vers lui. Comment atteindre ce qui s'enfuit et rendre proche ce qui ne surgit que dans le lointain ? Doit-on concevoir l'horizon comme facteur de concorde entre des éléments eux-mêmes discordants ou bien, au contraire, comme facteur de discorde à l'intérieur d'ensembles dont les éléments s'autonomisent ? Pour saisir le statut et la fonction de l'horizon, il importe d'articuler les méthodes et les résultats de disciplines aussi différentes que l'histoire de l'art, la critique d'art, l'étude du paysage et la phénoménologie. L'ouvrage privilégie l'étude des traités de perspective et des oeuvres de la Renaissance, pour montrer comment l'horizon assure d'abord la concordance des points de vue. Mais, dès le milieu du XIXe siècle et, plus précisément, à partir du manifeste que constitue " La Vague de Courbet " (1869, les artistes bientôt suivis des philosophes, remettent en cause cette fonction d'unification. Les peintres de la modernité pensent l'horizon comme principe de discorde et de dissension, autant sinon plus que de concorde. Ils montrent ainsi combien l'unité du " voir ensemble " est problématique et sans cesse à reconstituer.
Mattei Silvia ; Saint Girons Baldine ; Desmons Eri
De tous les écrivains du XVIIIe siècle, Voltaire est certainement celui qui a pris le plus de plaisir à convier la raison au voyage. A tel point qu'il donne parfois l'apparence de déraisonner: voyages cosmiques, voyages surnaturels, voyages au pays de nulle part, voyages dans le passé comme dans l'avenir. On y rencontre pêle-mêle Descartes, Locke, des Hurons, Leibniz, des Chinois, Pascal, ou les habitants de Sirius... Dans cette polyphonie de voyages et au gré des dialogues inattendus qui la mettent à l'épreuve, la philosophie perd souvent en gravité. Mais la raison militante de Voltaire en rit encore.
Cloué dans un fauteuil roulant, Ali évoque le destin de ses trois amis d'enfance, Hamid, Kader, Malik, trois hommes perdus dans l'Algérie des lendemains de l'Indépendance. Ils s'étaient promis de construire un monde plus beau, plus excitant que celui qu'avaient connu leurs pères. Mais ils se sont assoupis et ont laissé le champ libre aux apprentis sorciers. Au bout du compte, ils ont récolté une houle d'une rare violence qui a emporté leurs vies dans un tourbillon de folle destructrice.
Dans la montagne " Jebel Lamsikh ", Pierre Delcourt, archéologue, fait la découverte sensationnelle d'un crâne d'enfant appartenant à la période paléolithique moyenne. Honneur et reconnaissance de tout un public de savants. Ce début de récit est banal et rationnel. Mais bientôt Pierre a des visions sur les lieux des fouilles. Le Paléolithique revit à travers lui. En jouant avec le temps, il finit par se perdre. Et le lecteur est entré dans une histoire mi-policière, mi-fantastique qui fonctionne à merveille et le tient en haleine en le transportant 25 000 ans en arrière.
Qui ne connaît ta ville la Porte du Vent, passage obligé pour tous les égarés, les paumés ? Ouverte aux vents marins, aux vents de pluie, aujourd'hui fermée à l'avenir. Accueillante aux brises, elle l'était jadis également aux hommes. Au voyageur arrivé par l'Ouest, elle offrait en prélude un lacis de ruelles étourdissantes ; en titubant, le nouveau venu se mettait sous la protection de son marabout ; il pouvait se désaltérer à la fontaine de la cour intérieure de sa vieille mosquée et y reprendre son souffle. Neuf siècles inscrits dans la chaux et la pierre. Tant d'étrangers sont entrés par là, qui ne sont plus jamais repartis. " Du regard croisé de deux femmes à la fois différentes et très proches, l'une, Selma, rivée à sa ville, à l'emprise de laquelle elle rêve d'échapper, l'autre, Hélène, revenue recoller les " morceaux de sa vie " dans son pays natal dévasté par une guerre sournoise, et d'un narrateur qui prend leur relais pour s'adresser à elles, émerge l'histoire de Bab-Errih - dont on ne saura jamais si elle réelle et transfigurée ou lieu métaphorique - et des destins chaotiques de ceux qui la peuplent...