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L'état d'exception
Saint-Bonnet François
PUF
30,50 €
Épuisé
EAN :9782130501367
Les débats relatifs à l'article 16 de la Constitution de 1958 sont aussi passionnés que récurrents. L'ombre de l'abus de pouvoir s'est toujours profilée derrière le droit public de crise ; une étude historique et théorique permet de la dissiper. Dans la république romaine, la dictature ne suspendait pas la Constitution ; loin d'être un dispositif exceptionnel, elle était seulement liée aux besoins extra-ordinaires de défense de la cité. Dans la Chrétienté médiévale, l'état d'exception apparaît à l'occasion de conflits entre les organes spirituel et temporel ; en cas de nécessité, la concentration des fonctions est justifiée par l'idée de sauvegarde de la Chrétienté. A la fin du Moyen Age, en cas de péril pour le royaume, se manifeste l'impératif de sauvegarder ce qui deviendra l'Etat moderne ; ces situations permettent un élargissement temporaire des prérogatives royales (fiscalité, pouvoir normatif, atteinte à la propriété). A l'époque moderne, la préservation de l'Etat étant le fondement de l'ordre politique et juridique, le caractère absolu de la souveraineté exclut toute dérogation ou violation du droit ; en pratique, cependant, le roi continue d'invoquer la nécessité ; celle-ci est soutenue par les doctrines politiques de la raison d'Etat, ce qui lui confère, chez certains auteurs, un caractère systématique. A partir de 1789, l'état d'exception apparaît dans trois domaines (droit constitutionnel, droit administratif, " législations d'exception ") où la perturbation de l'ordre juridique aboutit à une aporie. Pour la surmonter, deux types de justification sont avancés par les acteurs et les auteurs : soit la nécessité dispose d'une juridicité supérieure, soit elle est purement politique. Par-delà des ordonnancements juridiques très différents selon les époques, le discours bute sur l'antinomie des adages : " nécessité fait loi " et " nécessité n'a point de loi ". Pour dépasser la contradiction, l'évidence renforce la nécessité pour la faire échapper tant à l'interprétation (juridique) qu'au choix (politique). Fondement de l'état d'exception, l'évidente nécessité relève du sentiment esthétique. D'où son autonomie.
Une vie de racontars est une plongée au c?ur de l'univers de Riel, inventeur des célèbres racontars, retraçant quelques moments clefs de sa vie, son amour du voyage, ses nombreux périples, ses premières grandes expériences... On y délaisse pour un temps la joyeuse bande de chasseurs groenlandais pour découvrir les pépites d'une existence incroyablement remplie, celle de l'auteur lui-même, aux quatre coins du monde : de Fionie (son île natale) à Paris, en passant par la Nouvelle-Guinée et le Groenland.
D'être réveillé dans un endroit inhabituel, dans des circonstances inhabituelles, par un bruit très, très inhabituel.Je ne savais pas quelle heure il était. Mais il faisait nuit, et j'avais enfin réussi à m'endormir. Combien de temps j'avais dormi, aucune idée, et pendant un bon moment je ne sus même pas où j'étais.Si, j'étais sur une sorte de canapé, un canapé un peu trop court. Ou alors c'était moi qui étais un peu trop long - il ne faut pas toujours rejeter la faute sur son environnement immédiat. Tiens, cette considération est le point majeur du récit que je m'apprête à faire. Mais commençons donc par une exception: si j'avais été tiré de mon sommeil, c'était de la faute de mon environnement immédiat!Très brutalement, en plus!Ce vacarme infernal aurait réveillé un mort. J'avais déjà entendu ce son, quelque part. Lentement, je commençai à me rappeler. Je l'avais entendu dans des reportages sur le Moyen-Orient, où dans une grande tour au-dessus des mosquées se tient un vieil homme barbu qui hurle à tout le village de se tenir à carreau. Ou quelque chose dans ce genre.Je dois avouer que, dans mon état de coma post-réveil, la première chose à laquelle je songeai fut les présélections pour l'Eurovision, après que l'origine des participants eut été étendue vers l'est. «Ils gagneront jamais», ai-je eu le temps de penser. En fait, c'était un appel à la prière musulman. Et la source du bruit se trouvait à l'autre bout de la pièce sombre, clignotant avec véhémence en violet et orange.Puis une porte s'ouvrit juste à côté du canapé, et j'entendis la voix de Mahmoud.«Pardon! J'aurais dû le prendre avec moi. Je n'y ai absolument pas pensé, désolé», chuchota-t-il, pour une obscure raison.Il traversa la pièce d'un pas vif, vers l'horreur clignotante, et coupa le son. Aaaaaah... ça faisait du bien.«C'était un réveil? demandai-je, toujours sous le choc.- Un cadeau de Maman», expliqua-t-il. Il avait sans doute acquiescé, mais comme je l'ai dit, il faisait noir. «Elle veut s'assurer que je n'oublie pas la prière du matin.»J'eus le temps de penser que ça ne pouvait pas être le réveil d'une seule personne. Il avait dû être conçu pour réveiller tout un village.J'étais maintenant tout à fait réveillé, et tout me revenait.Depuis un certain temps, chaque nuit, j'avais dû dormir au bureau. J'étais en plein divorce, voyez-vous. Dans ce genre de situation, on fait des tas de choses bizarres. Pas parce qu'on a envie de se comporter bizarrement, mais juste parce qu'on n'a pas le choix. Et j'ai été obligé de quitter la maison que j'habitais depuis vingt-huit ans, car il est difficile de vivre avec une personne dont on est en train de se séparer. Nous avions beaucoup trop de sujets de conversation.Quelle ironie, étant donné qu'avant cette histoire de divorce, c'était l'inverse.Les enfants ayant tous les deux déménagé, j'aurais pu dormir dans l'une de leurs chambres. Mais ça, Cathrine était contre. Ma présence la rendait irritable, et elle affirmait qu'il n'était pas dans mon intérêt qu'elle soit irritable pendant la procédure de divorce.J'avais donc rempli une valise et deux sacs plastique Carrefour, et commencé à dormir au bureau. Personne n'était au courant. Je disais simplement que j'arrivais tôt et travaillais tard le soir.
Résumé : Les Etats modernes se sont souvent fait la guerre. Ils ont eu également à subir - et à combattre - le terrorisme, confessionnel, anarchiste, politique, nationaliste... Mais face au djihadisme, ils se trouvent confrontés à un nouvel ennemi, évanescent et mondialisé, qui ne reconnaît ni frontières ni lois : l'arsenal juridique, militaire, policier, constitué au fil des siècles pour régler la violence paraît inadapté à la guerre contre le terrorisme. Pour prendre la mesure du défi islamiste et envisager les réponses possibles de l'Etat de droit, cet ouvrage remonte aux manifestations lointaines des violences déréglées au sein des sociétés occidentales - la "belle mort" des Anciens, les croisades, les conflits de Religion, surtout, où protestants et catholiques se sont massacrés au nom de Dieu. François Saint-Bonnet retrouve les voies par lesquelles les Modernes réussirent à "civiliser" la violence ; l'Etat issu des guerres civiles a créé le dispositif très élaboré qui aura régi nos sociétés jusqu'à nous : sécularisation des institutions, défense des droits, édification des frontières, sécurité des citoyens. C'est cet édifice que le djihadisme entend ébranler, au moment même où nos sociétés, happées par la globalisation, tendent à abandonner des piliers traditionnels du cadre de vie national. Comment dès lors résister à l'épreuve du terrorisme sans renoncer à l'ÉEtat de droit ? Ce livre pointe, sans complaisance, les choix et les sacrifices auxquels nous expose cette guerre.
Héraclès, Thésée, Jason, Athéna, Zeus... Tous ces héros et ces dieux nous sont familiers, mais connaît-on véritablement les mythes qui s'attachent à leurs noms? Pourtant, Ceux-ci revêtent une importance considérable pour qui se passionne pour l'histoire de la pensée humaine. Mais l'intérêt de les connaître concerne aussi chacun d'entre nous. Constamment repris, réutilisés dans la littérature antique, médiévale, mais également contemporaine, ils sont devenus des références que nul ne peut ignorer, un patrimoine que chacun se doit de connaître. Pierre Grimal, grand spécialiste des études latines, n'a pas eu pour objectif de proposer un système explicatif de ces mythes, mais de les faire connaître et d'apporter ainsi des éléments indispensables à la compréhension de nombreux textes et oeuvres d'art. Fruit d'un colossal travail d'inventaire et de classement des textes, ce dictionnaire est d'un abord simple, clair et précis. Classés par ordre alphabétique, les mythes sont accompagnés des références des textes qui en font mention. Complet et pratique, cet ouvrage publié en 1951, réédité de très nombreuses fois, est toujours précieux.
Dans ce volume, le premier d'une trilogie, John Bowlby examine à la lumière de travaux récents les processus qui sous-tendent la relation de l'enfant à sa mère. L'attachement chez le petit de l'homme est considéré comme un schème de comportement instinctif, ayant pour fonction de protéger l'enfant des dangers, en particulier des prédateurs. Son importance est donc équivalente à celle des schèmes aboutissant à la nutrition ou à la reproduction. Biographie de l'auteur De 1946 à 1972, Le Dr Bowlby travailla à plein temps comme psychiatre consultant à la Tavistock Clinic et au Tavistock Institute of Human Relations - pour une grande part sous les auspices du National Health Service joint au Medical Research Council. Il poursuit son oeuvre dans les deux institutions, à la fois comme chercheur et comme enseignant. Il a été président de la Société britannique de Psychanalyse et de l'Association internationale de Psychiatrie infantile et des Professions associées.
Les enseignants et formateurs du XXIe siècle peuvent-ils espérer que la psychologie scientifique les aide dans leur pratique? Cet ouvrage prend le parti d'affirmer que, même si la science ne peut apporter toutes les réponses attendues, elle peut identifier des conditions nécessaires mais non suffisantes! pour « apprendre et faire apprendre »: des conditions liées aux caractéristiques des apprenants en interaction avec celles de leur environnement d'apprentissage. Les psychologues d'aujourd hui n'étudient plus l"« Apprentissage » avec un grand « A », comme s'il s'agissait d'un objet défini et statique. Ils préfèrent en décrypter les mécanismes et les dynamiques spécifiques. Leur objet est donc moins « l'apprentissage » qu" « apprendre », verbe d'action qui permet d'intégrer les facettes cognitives, affectives et sociales en jeu. L'expression « faire apprendre » rappelle par ailleurs que l'action ne se déclenche pas nécessairement d'elle-même. Elle nécessite une implication de l'apprenant lui-même, mais aussi de celui qui lui transmet connaissances et compétences: l'enseignant, le formateur ou tout autre éducateur. Les auteurs ont dès lors choisi de convoquer les sous-disciplines de la psychologie qui, en 2006, peuvent l'éclairer: les neurosciences cognitives, dont fait partie la psychologie cognitive, la psychologie différentielle, qui cherche à comprendre les spécificités individuelles, la psychologie du développement, mais aussi la psychologie sociale et la psychologie de la motivation. En plus d'être collectif, cet ouvrage est donc pluridisciplinaire et fondé sur les travaux de recherche les plus récents, tout particulièrement dans les différents pays francophones.
Hegel Georg Wilhelm Friedrich ; Kervégan Jean-Fran
Cette édition des Principes de la philosophie du droit, fondée sur un établissement critique du texte original, est la plus complète à ce jour: elle propose, dans une traduction nouvelle, ce texte majeur de la philosophie juridique et politique moderne publié en 1820. Sont en outre offertes au lecteur les traductions des annotations manuscrites portées par Hegel sur son exemplaire personnel, des extraits des cours prononcés durant les années où il rédigeait son ouvrage et de son dernier cours fait la veille de sa mort, ainsi que les précieuses « Additions » rédigées par Eduard Gans à partir de cahiers d'étudiants ayant assisté aux cours de Hegel.