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Maurice et Mahmoud
Jensen Flemming ; Saint-Bonnet Andreas
GAIA
19,00 €
Épuisé
EAN :9782847203011
D'être réveillé dans un endroit inhabituel, dans des circonstances inhabituelles, par un bruit très, très inhabituel.Je ne savais pas quelle heure il était. Mais il faisait nuit, et j'avais enfin réussi à m'endormir. Combien de temps j'avais dormi, aucune idée, et pendant un bon moment je ne sus même pas où j'étais.Si, j'étais sur une sorte de canapé, un canapé un peu trop court. Ou alors c'était moi qui étais un peu trop long - il ne faut pas toujours rejeter la faute sur son environnement immédiat. Tiens, cette considération est le point majeur du récit que je m'apprête à faire. Mais commençons donc par une exception: si j'avais été tiré de mon sommeil, c'était de la faute de mon environnement immédiat!Très brutalement, en plus!Ce vacarme infernal aurait réveillé un mort. J'avais déjà entendu ce son, quelque part. Lentement, je commençai à me rappeler. Je l'avais entendu dans des reportages sur le Moyen-Orient, où dans une grande tour au-dessus des mosquées se tient un vieil homme barbu qui hurle à tout le village de se tenir à carreau. Ou quelque chose dans ce genre.Je dois avouer que, dans mon état de coma post-réveil, la première chose à laquelle je songeai fut les présélections pour l'Eurovision, après que l'origine des participants eut été étendue vers l'est. «Ils gagneront jamais», ai-je eu le temps de penser. En fait, c'était un appel à la prière musulman. Et la source du bruit se trouvait à l'autre bout de la pièce sombre, clignotant avec véhémence en violet et orange.Puis une porte s'ouvrit juste à côté du canapé, et j'entendis la voix de Mahmoud.«Pardon! J'aurais dû le prendre avec moi. Je n'y ai absolument pas pensé, désolé», chuchota-t-il, pour une obscure raison.Il traversa la pièce d'un pas vif, vers l'horreur clignotante, et coupa le son. Aaaaaah... ça faisait du bien.«C'était un réveil? demandai-je, toujours sous le choc.- Un cadeau de Maman», expliqua-t-il. Il avait sans doute acquiescé, mais comme je l'ai dit, il faisait noir. «Elle veut s'assurer que je n'oublie pas la prière du matin.»J'eus le temps de penser que ça ne pouvait pas être le réveil d'une seule personne. Il avait dû être conçu pour réveiller tout un village.J'étais maintenant tout à fait réveillé, et tout me revenait.Depuis un certain temps, chaque nuit, j'avais dû dormir au bureau. J'étais en plein divorce, voyez-vous. Dans ce genre de situation, on fait des tas de choses bizarres. Pas parce qu'on a envie de se comporter bizarrement, mais juste parce qu'on n'a pas le choix. Et j'ai été obligé de quitter la maison que j'habitais depuis vingt-huit ans, car il est difficile de vivre avec une personne dont on est en train de se séparer. Nous avions beaucoup trop de sujets de conversation.Quelle ironie, étant donné qu'avant cette histoire de divorce, c'était l'inverse.Les enfants ayant tous les deux déménagé, j'aurais pu dormir dans l'une de leurs chambres. Mais ça, Cathrine était contre. Ma présence la rendait irritable, et elle affirmait qu'il n'était pas dans mon intérêt qu'elle soit irritable pendant la procédure de divorce.J'avais donc rempli une valise et deux sacs plastique Carrefour, et commencé à dormir au bureau. Personne n'était au courant. Je disais simplement que j'arrivais tôt et travaillais tard le soir.
Présentation de l'éditeur Quelle chance d'être obligé de se lever la nuit pour des besoins purement physiologiques ! C'est l'occasion de donner libre cours à ses pensées sans risquer d'être dérangé. Si l'on n'est pas censé filer à la cuisine pour une collation nocturne, alors pourquoi les frigos sont-ils dotés d'une lampe qui s'allume ? Grâce au rituel qui s'installe, notre homme va désormais pouvoir philosopher en paix et régler pas mal de questions, de l'existence de Dieu à la guerre en Irak. Rien que ça.
Résumé : Quelle chance, à partir d'un certain âge, d'être obligé de se lever la nuit pour satisfaire des besoins physiologiques ! Entre une prostate capricieuse et des fringales intempestives, c'est l'occasion de donner libre cours à ses pensées sans risquer d'être dérangé. Après tout, si les frigos sont dotés d'une loupiote, c'est bien pour qu'on puisse s'offrir une collation nocturne... Des toilettes à la cuisine, tandis que Madame s'efforce de dormir du sommeil du juste, notre homme met à profit ses insomnies pour philosopher en paix, refaire le monde et régler pas mal de questions, de l'existence de Dieu à la guerre en Irak. Rien que ça. Concentré d'anecdotes, de réflexions et de maximes, un livre désopilant, à la fois trivial et fin, sage et absurde. A mettre entre toutes les mains.
Biographie de l'auteur Flemming Jensen est né en 1948 au Danemark. Amoureux du Groenland et fervent défenseur des Groenlandais, il a mijoté pendant vingt-cinq ans imago, son grand roman inuit (Gaïa, 2000). Connu pour ses one-man-shows et ses sketches radio ou télé, il use de ses talents d'humoriste dans Le blues du braqueur de banque. --Ce texte fait référence à l'édition Broché .
Max est conseiller politique de haut niveau. Il est l'homme de l'ombre, le génie. Il est malin et avec lui on s'en sort toujours. Seulement cette fois, Max a assassiné son meilleur ami, qui est aussi, accessoirement, le Premier ministre danois. Coincé entre une insurrection groenlandaise et d'âpres négociations internationales, un match Danemark-Suède et l'intervention d'une jeune scoute peut-être pas si cruche qu'elle en a l'air, quel plan génial pourra-t-il échafauder pour se tirer d'affaire? Un texte décalé et burlesque sur fond de satire politique.
Résumé : En 1970 dans la Yougoslavie de Tito, Velibor a six ans et rêve de devenir footballeur. Noir et Brésilien, de préférence. Velibor fait l'inventaire de ses souvenirs, une enfance sous une bonne étoile, rouge, et une adolescence rock'n roll. Avec une mère catho et un père partisan, ce sera Jésus contre Tito, le match rejoué chaque soir à la maison. Entre Jack London et Pelé, The Clash et Bukowski, le poète en devenir sera maudit, assurément.
Depuis plus de trente ans, Mads Madsen était un fumeur de pipe invétéré. La perte de l'objet précieux n'était rien moins qu'une catastrophe. Impensable pour lui, comme l'aurait fait William-le-Noir, de se rouler une cigarette avec du papier journal ou de se fabriquer un ersatz de pipe avec de l'argile ou du bois échoué sur la plage. William s'abstenait de toute provocation quand il fumait sa propre pipe. Il plaignait même sincèrement Mads Madsen en le voyant mâchonner nerveusement un crayon. Il lui aurait volontiers prêté sa pipe, mais il n'oubliait pas les mots de Mads Madsen lorsqu'il avait défendu son monopole sur les jumelles. "Ce qu'on possède, mon cher William, on le possède. Et on ne le prête pas, même à son meilleur ami, si on veut rester amis." William s'en tint à cette doctrine. Jamais il n'aurait voulu mettre en péril leur amitié.
L?extrême nord de la Norvège, à la fn du XIXe siècle. Benjamin Gronelv rentre au pays après ses études de médecine à Copenhague. Les retrouvailles sont tumultueuses avec ce pays froid et désertiques, isolé entre la mer et les montagnes. Le comptoir de Reinsnes n?attire plus guère de monde, et les étagères de la boutique d?Anders restent vides depuis que le vapeur ne vient plus faire escale ici. C?est un Benjamin adulte qui vient exercer dans ce coin retiré ses fonctions de médecin. Et il ne rentre pas seul: il débarque sur le quai avec un paquet gigotant et hurlant sous le bras, Karna, sa flle, fruit d?amours illicites avec une infrmière danoise morte en couches. Alors que Benjamin tente de réapprivoiser ledomaine et son enfance, à travers l?ombre de sa mère Dina absente depuis tant d?années, et sous le regard farouche de Hanna, l?amie de tous les jeux d?enfance et d?adolescence, Karna grandit et s?invente un univers. Elle s?ouvre au monde qui l?entoure, découvre l?affection féminine auprès des domestiques, se débat dans les amours emmêlées de son père lorsque vient en visite une autre Anna, celle de Copenhague, et passe des heures au grenier en compagnie d?une grand-mère fantasmée. Karna découvre la Norvège et s?éveille à la vie, et aux passions qui la déchirent.
Quelque part à l'est au début du XXe siècle, Gheorghe Marinescu se fait faire une beauté chez le barbier. Déboule un homme à longue moustache qui réclame urgemment la meilleure lame du commerçant. Gheorghe lie amitié avec le bandit moustachu, découvrant qu'il ne jure que par la bouillie de haricots blancs. Accessoirement ce bandit se révèle être un Robin des Bois de grand chemin, et commet l'imprudence de révéler sa planque, un trésor amassé pour être redistribué aux nécessiteux. Ni une ni deux, l'envieux Marinescu commet l'irréparable, vole le trésor et tue le bandit moustachu. Dans un dernier souffle, celui-ci maudit Gheorghe et toute sa descendance sur plusieurs générations, jusqu'en l'an deux mille. Et en effet. En effet, c'est une hécatombe, enfants, cousins, neveux, tantes et nièces, tous sont frappés de malédiction. Encore que, parfois, la légende du bandit moustachu serve aussi de prétexte à quelques manigances et entourloupes à la bonne marche des moeurs. Les décennies défilent, les villes d'Europe aussi, on voyage un peu dans la famille Marinescu, à Paris ou Vienne, on se jalouse et on se brouille, puis parfois seulement on se réconcilie. Parallèlement au récit de la dynastie, une jeune femme épouse un pianiste français, juste avant l'an deux mille, et rêve d'un enfant Marinescu : Ada-Maria est issue de cette famille maudite, la fille du Dr Tudoran et de Margot-la-vipère, Margot l'héritière de la fortune. Ada-Maria ne porte plus le nom de Marinescu, mais rêve d'un enfant qui le porterait. Fût-il maudit.
Île est un voyage poétique où s?entrecroisent les générations. Nous découvrons l?histoire d?une jeune femme, danoise par son père et féroïenne par sa mère, qui rend visite à sa famille maternelle sur la trace de ses ancêtres. Elle fait partie de la troisième génération d?immigrés, celle qui est « à moitié chez elle dans son pays, à moitié chez elle dans son langage », une narratrice partagée entre le Danemark où elle vit et les Îles Féroé où se trouvent ses racines. En parallèle, nous découvrons le récit fondateur de sa famille et la traversée effectuée par sa grand-mère pour rejoindre son mari désormais installé à Copenhague. Afin de trouver du travail et bâtir un foyer sur le continent, ils ont laissé derrière eux leur vie insulaire et une partie de leur âme. Nous sommes dans les années 30 et la Guerre va éclater, le couple ainsi que leur fille, la mère de la narratrice, se retrouvent alors du mauvais côté de l?Histoire?Entre mythes familiaux et nationaux, ce roman de l?entre-deux explore la question des origines ainsi que de l?héritage. En faisant alterner l?histoire des grands-parents de la narratrice et la quête identitaire de celle-ci, Siri Ranva Hjelm Jacobsen compose un premier roman d?une grâce bouleversante. Sa plume nous emporte dans un univers fabuleux où les maisons soutiennent les montagnes et où les pierres bourdonnent lorsqu?on les touche. Un merveilleux voyage aux Îles Féroé et dans l?intimité d?une jeune femme partagée entre deux cultures. « Siri Ranva Hjelm Jacobsen fait partie des rares auteurs qui parviennent à créer de la magie à partir de presque rien. Elle saisit ce qui est vague et incompréhensible, l?inoubliable qui respire entre les mots, entre les personnages et les générations. Elle saisit ce qu?il y a de plus beau et de plus douloureux : la nostalgie du temps. Il ne s?agit pas d?une petite prouesse, mais d?un triomphe. » Jón Kalman StefánssonTraduit du danois par Andreas Saint BonnetNotes Biographiques : Née en 1980, Siri Ranva Hjelm Jacobsen a grandi au Danemark dans une famille originaire des Îles Féroé. Après ses études, elle se consacre à l?écriture et collabore avec plusieurs magazines. Son premier roman, Île, a créé l?événement en Scandinavie à sa sortie, encensé par les plus grands auteurs nordiques comme Jón Kalman Stefánsson ou encore Jon Fosse.
Résumé : Après une catastrophe non déterminée, des milliers de personnes ont été contraintes d'abandonner leur maison et de se mettre en marche pour une destination plus paisible. Un jeune homme de dix-sept ans est parvenu à s'extirper du flot des déplacés. Il marche désormais seul, en quête du Nord, cette région familière où il espère retrouver quelques âmes connues et un semblant d'hospitalité. En chemin, il rencontre un garçon plus jeune qui va l'accompagner dans son périple. Entre ces enfants tous deux porteurs d'un secret va s'établir une forme de compréhension, de complicité particulièrement précieuse en ces temps hostiles. Dans ce roman intense, Merethe Lindstrom s'empare des traumas et d'un sentiment de désorientation généralisé faisant écho aux divers drames actuels pour nous offrir une fable particulièrement bouleversante.
L?objectif de ce volume est de réunir fiction, essais, correspondances et « vie et ?uvre » afin de parvenir à une confrontation en miroir entre réel et transfiguration par l?écriture. Ici, Karen Blixen, mise à nu entre adversité et sublimation, apparaît telle qu?on ne l?avait jamais donnée à voir. En 1914, Karen Blixen arrive vers 1914 à Mombasa, au Kenya, pour se lancer avec son époux Bror dans l?exploitation du café. Karen est littéralement envoûtée par l?Afrique. Mais rien ne va marcher comme prévu : Bror ne connaît rien à l?agriculture, encore moins au café, et préfère de loin les safaris au travail de la ferme. Pire, il transmet à Karen la syphilis qu?il a contractée avec les femmes Massaïs. Divorce, tentative courageuse, mais vaine de poursuivre seule l?exploitation qui se révèle un gouffre sans fond, emprunts colossaux auprès de sa famille, et pour finir faillite et retour humiliant au Danemark? De cette mise en regard entre la magie et le sordide, entre ce qui sera ravagé et l?indestructible, surgit, au-delà de l??uvre littéraire, le portrait, non seulement d?une femme, mais de toute une famille, aussi complexe que passionnée.
Dans le nord du Danemark, un homme et une femme courent dans la forêt. Ils se croisent par hasard alors que la nuit les surprend. Ils se perdent, se retrouvent, passent la nuit dans un abri à souffrir du froid et de la soif, à parler beaucoup. Hors de toute couverture réseau, la forêt de conte semble se refermer sur eux.4e de couverture : Dans le nord du Danemark, un homme et une femme courent dans la forêt. Ils se croisent par hasard alors que la nuit les surprend. Ils se perdent, se retrouvent, passent la nuit dans un abri à souffrir du froid et de la soif, à parler beaucoup. Hors de toute couverture réseau, la forêt de conte semble se refermer sur eux.Notes Biographiques : Née en 1965, diplômée de l'école des écrivains de Copenhague, Helle Helle rencontre le succès dès ses premiers livres. Traduite en plus de vingt langues, au programme des lycées et de l'université, récipiendaire de la plupart des grands prix danois et scandinaves, elle est l'une des figures majeures de la scène littéraire nordique