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Que faire de la police ?
Ruffin François
FAKIR
5,00 €
Épuisé
EAN :9782369210207
Art. 12. La garantie des droits de l'Homme et du Citoyen nécessite une force publique : cette force est donc instituée pour l'avantage de tous, et non pour l'utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée ". Ce principe, posé en 1789, est au coeur de la crise de confiance, aujourd'hui, entre la police et la population : qui les forces de l'ordre servent-elles ? Le pouvoir, ou les citoyens ? Au fil des auditions (de policiers, de la hiérarchie, d'ONG, de victimes, de sociologues...), le député-reporter découvre ce malaise, présent dans les manifestations, dans les quartiers, dans les commissariats. Et il ouvre un horizon, " Pour une police de la confiance ", avec des pistes concrètes : police formée, modèle d'autorité, contrôle d'identité, chambre spécialisée, etc.
Résumé : " On passe des commandes en ligne, on prend des apéros en ligne, bientôt on fera l'amour en ligne... Avec le Covid, notre société a gagné vingt ans. " Thierry, restaurateur amiénois. Il y a ceux qui se prosternent devant le moindre gadget, qui l'élèvent au rang de " Progrès " à majuscule. Et d'autres qui cherchent de nouveaux chemins pour un progrès humain. Il y a ceux qui rêvent d'un " vaste réseau numérique neural ", de " digitalisation " et de " capteurs " partout. Et d'autres qui redoutent ce futur à la Matrix. Il y a ceux qui ne laissent pas le choix : " il faut accélérer ", " aller de l'avant ", " il y a une course, et la France risque de prendre du retard ". Et d'autres qui, avant de s'élancer, s'interrogent sur le sens de cette course : où va-t-on ? où veut-on aller ? Il y a ceux qui célèbrent le Prométhée tout-puissant, porteur du feu et de la technique, même lorsqu'il mène à la catastrophe. Et ceux qui reprennent son flambeau, mais autrement : Prométhée a surtout eu pitié des hommes, il a pris le parti des faibles, lanceur d'alerte contre le Jupiter de l'Olympe ou de l'Elysée. Il y a leur progrès, et le nôtre.
Résumé : "Nous sommes tous sur la même planète, tous sur le même bateau." Le mardi 23 juillet dernier, Greta Thunberg et ses jeunes amis visitaient l'Assemblée nationale. "La bataille pour le climat, nous la gagnerons tous ensemble ! " Ah bon, vraiment ? Voilà que cet impératif, sauver la planète, nous rassemblerait tous ? Riches et pauvres ? Damnés de la Terre et actionnaires ? Tous unis contre la catastrophe en cours ? Voilà que ce nouveau spectre, le réchauffement, éteindrait " la guerre des classes " ? Au contraire, me semble-t-il. Au contraire : la crise écologique aiguise cette lutte, la renforce. La "guerre" ne porte plus seulement sur le niveau de vie, mais sur la vie elle-même. Nous sommes engagés dans un combat, des "Terriens" contre des "forces destructrices", de l'intérêt général contre les multinationales. Nous avons des adversaires, et ils sont organisés, avec des bataillons d'avocats, de lobbies, d'éditorialistes, d'élus, jusqu'au sommet des Etats. S'éclairant "à la lumière de Jaurès", François Ruffin rouvre un chemin pour la gauche. Avec cette question au coeur : comment muer le plomb de l'angoisse en or de l'espérance ? Il est où, désormais, le bonheur, et le progrès, et le sens de l'existence, par temps d'effondrement ?
Fondateur du journal Fakir, François Ruffin est reporter pour l'émission Là-bas si j'y suis sur France Inter, ainsi que pour Le Monde diplomatique. Il a publié plusieurs ouvrages, dont Les Petits Soldats du journalisme et La Guerre des classes.
Croissance croissance croissance..." II y a quelque chose de pathétique et de comique à la fois, chez ces dirigeants qui guettent le ciel financier comme des météorologues, dans l'espoir d'un coin de ciel bleu. Qui ouvrent les entrailles de la relance comme des pythies. La croissance, c'est la croyance de l'époque. Aussi avons-nous rencontré Jean Gadrey, un économiste contre LE dogme. Fakir : Dans son dernier discours, en moins d'une minute, François Hollande prononce huit fois le mot croissance et quatre fois le mot confiance. Là, on est un peu dans l'incantation, l'invocation d'une puissance céleste, on lie le psychologique à l'économique... Jean Gadrey : C'est comme si l'on pratiquait le vaudou pour que la croissance revienne. Mais elle ne reviendra pas. Nous vivons sur cette image du gâteau, le Produit intérieur brut (PIB), qui doit grossir. Et si ce gâteau ne grossit pas, on ne pourra pas en donner aux plus pauvres, même des miettes... C'est une image excessivement trompeuse. D'abord, à qui ont profité les dix années, 1997-2007, de belle croissance aux USA ? Aux 10 % et surtout aux 1 % les plus riches, les parts étaient de plus en plus inégales. Et surtout, le gâteau qui grossit sans cesse, il est de plus en plus bourré de substances toxiques, d'actifs toxiques. Il est de plus en plus empoisonné. Et donc, partager un gâteau empoisonné, qui ça fait vraiment saliver ? Voilà ce que nous cachent les discours enflammés prônant le "retour à la croissance". Jamais ils ne s'interrogent : n'y a-t-il pas contradiction entre la poursuite dans la voie du "toujours plus" et le règlement des grandes questions, du climat, de la biodiversité, ou de la pauvreté dons le monde ?
Economie, sociologie, psychologie, criminologie, et même endocrinologie... Le plus souvent, on a l?impression de regarder des pièces d?un puzzle, mais sans apercevoir toute l?image. Ces pièces, dans son travail statistique, l?épidémiologiste Richard Wilkinson les rassemble, et ça donne une cohérence au tout. Ca nous a fichus le vertige, un genre de révélation. Assez pour qu?on se rende à York, en Angleterre, pour le rencontrer.
Fakir Editions a reçu, par la Poste, une trentaine de cahiers, couverts d'une écriture serrée, rédigés en italien, et dans un charabia imbittable. C'était signé d'un certain "Antonio Gramsci ". Le gars était en prison, on a décidé de le rencontrer, pour lui rendre ses machins, plutôt que de les balancer à la poubelle. Du coup, le philosophe communiste nous a éclairés sur ses concepts-clés : "hégémonie", "guerre de position", "intellectuel organique", etc. Des outils toujours utiles pour saisir le présent. Fakir : On a traversé une crise financière, c'est peut-être pas terminé, et des militants entrevoyaient la fin du capitalisme... Antonio Gramsci : Ah, les prophètes de la facilité. Fakir : Vous appelez ça comment ? A. G. : Ca m'indigne quand certains camarades, à l'attitude superficielle, affirment que la chute du fascisme est imminente, deux ou trois mois, l'hiver au maximum... Comme si la "misère" débauchait sur la révolution. Mais la misère, même la faim, ça peut provoquer des soubresauts, sûrement pas détruire le système capitaliste. Car l'adversaire est de taille. Il a une longue expérience du pouvoir, il s'appuie sur une bureaucratie spécialisée, sur de puissants canaux de propagande, sur des appareils militaires, policiers, judiciaires très bien rôdés, bref, il détient quasiment tous les "bastions". Croire qu'une secousse suffira à vaincre pareil ennemi, je vais vous dire : ce n'est pas seulement du délire, c'est une manifestation d'impuissance, c'est l'espoir placé en un deus ex machina qui tomberait du ciel.