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Bio-logiques du vieillissement
Robert Ladislas ; Miquel Paul-Antoine
KIME
14,20 €
Épuisé
EAN :9782841743391
Le vieillissement n'est pas une maladie. Il atteint tout animal dépassant Un certain âge et il concerne presque toutes les espèces vivantes. Pourtant les tumeurs malignes et les maladies neurodégénératives augmentent avec l'âge. On ne meurt pas de vieillesse. On meurt de poly-pathologies. Alors, où est la poule, où est l'?uf ? Où est le vieillissement, où est la maladie ? Le vieillissement, ce sont les atrophies musculaires et digestives. Mais est-ce l'atrophie digestive qui provoque la dénutrition ou la dénutrition qui la produit ? Il y a des cercles vicieux du vieillissement. Le cercle vicieux n'est pas un cycle. C'est un phénomène irréversible qui est propre à un système d'objets agissant sur lui-même. Le vieillissement n'est pas une simple destruction. C'est une autodestruction. On se souvient que certains tissus peuvent régénérer leurs cellules. Mais ce mécanisme fonctionne de moins en moins bien. Les tissus fonctionnels sont peu à peu remplacés par des tissus conjonctifs. N'est-il pas surprenant alors de retrouver, au c?ur de cette dynamique de destruction des cercles vicieux moléculaires ? Nous défendons ici une double hypothèse. Scientifiquement, tout d'abord, nous souhaitons montrer que ces processus d'autodestruction ne sont ni stochastiques, ni génétiques. Ils sont épigénétiques. Philosophiquement ensuite, nous les considérons comme des processus émergents. Un système d'objets qui agit sur lui-même n'est pas pourvu d'une âme ou d'un esprit frappeur. Il est simplement caractérisé par le fait que son action vient compléter sa description. C'est cela qui détermine le sens qu'il faut donner selon nous, au concept d'émergence et qui n'est pas son sens usuel. L'autodestruction n'est donc pas là au commencement. Elle n'est pas programmée génétiquement. Elle résulte de la destruction de certaines molécules et ces effets que cette destruction entraîne. Mais cette résultante est autre chose qu'une simple déduction. Et cette bio-logique du vieillissement est autre chose qu'une simple logique.
Résumé : On s'est beaucoup moqué des banquets politiques, de " cette éloquence d'automne semée autour de tables bourgeoises et arrosée de vins du cru " (Lamennais). Comment prendre au sérieux en effet ces agapes, à nos yeux si prosaïques en pleine exaltation romantique, mais aussi ridiculement effusives dans une époque qui vouait un culte à la rationalité politique ? Et pourtant, aujourd'hui encore, chacun sait que la cause immédiate de la révolution de Février 1848 fut l'interdiction par Guizot d'un banquet réformiste, celui du XII` arrondissement de la capitale. Bon nombre de contemporains en restèrent perplexes : comme nous, ils n'arrivaient pas à comprendre comment une décision apparemment anodine avait pu avoir de telles conséquences. Aussi fallait-il reconstituer une histoire qui n'a jamais été écrite, celle d'une forme disparue du répertoire politique. Le banquet n'est si étrange à nos yeux que parce que nous avons indûment valorisé Gavroche et Tocqueville, la barricade et le parlement. Décrire les banquets, pour d'abord mieux comprendre la sociabilité du premier me siècle, et reconstituer la culture politique de toute une génération, qui savait jouer des symboles et de l'implicite, et qui, après la Révolution et le despotisme napoléonien, cherchait sa voie dans une période décisive pour l'apprentissage de la liberté et de la démocratie. Puis faire toute sa place à un imaginaire dont nous avons oublié la richesse et les multiples enjeux. C'est, en définitive, s'interroger sur la nature même du lien politique, au-delà des discours et des institutions.
Résumé : Dans les pays industrialisés, la contrepartie de la très forte augmentation de l'espérance de vie semble être le nombre croissant de personnes touchées par les maladies liées au vieillissement, en particulier les démences : on estime que 40 % des personnes âgées de plus de 80 ans (surtout des femmes) sont susceptibles de développer la maladie d'Alzheimer, par exemple. Comment prévenir, détecter ou guérir ces maladies, nouveaux fléaux des sociétés modernes ? A l'explication du déclin cognitif et de la perte de la mémoire dans les vieillissements " normal " et pathologique succède ici l'examen des thérapies les plus prometteuses immunothérapie de l'Alzheimer, implantation d'électrodes profondes dans certains cas de Parkinson, utilisation de cellules-souches... Cette nouvelle édition d'un ouvrage de référence (Vieillissement du cerceau et démences, 1998) est accessible au lecteur non spécialiste.
Et si la commémoration du bicentenaire de la naissance de Flaubert exigeait un effort de prospective ? En effet, de quel texte majeur l'oeuvre de Flaubert, fondamentalement matricielle, sera-t-elle finalement l'oeuvre source ? La critique s'est beaucoup intéressée aux lectures du romancier et aux textes qui ont pu l'inspirer ; elle a longuement analysé les principes de sa poétique et la manière patiente dont elle s'est élaborée. Mais quid des influences multiples sur ses contemporains ? Elle a beaucoup moins observé comment les héritiers autoproclamés se sont emparés de l'esthétique flaubertienne pour construire leurs propres oeuvres et comment ces dernières font honneur ou pas à l'héritage reçu. C'est cet oubli que prétend réparer Flaubert ou l'oeuvre muse. L'étude offre en effet une exploration panoramique des oeuvres de littérature française qui, dans le mystérieux processus labyrinthique de la création artistique, en plus d'être prismatique, devenue multidimensionnelle, ont contribué jusqu'à ce jour à faire vivre une réelle flaubertolâtrie.
La figure du voyageur-philosophe est volontiers associée aux récits de l'âge classique, qu'elle emprunte la forme de la fiction ou celle du témoignage autobiographique. Descartes fonde sa philosophie de la méthode sur l'expérience de l'errance et de l'exil ; jusqu'au XVIIIe siècle, le Voyage philosophique accompagne les grandes découvertes et l'ambition encyclopédique de recenser tous les territoires, les modes de gouvernement et les aires linguistiques. Les liens entre voyage et philosophie semblent ensuite se distendre, au fur et à mesure que s'autonomise la littérature et que se développent la promenade romantique et le voyage d'agrément. Mais peut-on réellement parler d'une fin, ou du moins d'une éclipse du voyage philosophique, et ce phénomène coïncide-t-il avec la fracture historique qui fait éclater le système des Belles-lettres où littérature, histoire et philosophie étaient encore unies ? Le présent ouvrage se propose d'interroger le devenir du voyage philosophique à partir du XIXe siècle et les formes de sa résurgence, à la fois du côté de la littérature et de la philosophie, dans un esprit de dialogue entre les disciplines. De Friedrich Nietzsche, qui élabore sa philosophie de l'esprit libre à partir de ses voyages, à Bruce Bégout, qui revisite la figure du philosophe-voyageur sous la forme du nomade motorisé, la pensée philosophique ne cesse d'être stimulée par l'errance ou d'orienter celle-ci. Y a-t-il lieu de distinguer une écriture philosophique et une écriture littéraire du voyage, et quelle est la place de l'expérience et du vécu, de la description ou de la conceptualisation, selon l'identité ou le champ de compétences que revendique le voyageur ? Voyager en philosophe renvoie aux multiples façons de décentrer l'écriture et la pensée, y compris pour proposer ce que Pierre Macherey appelle une "philosophie littéraire" : que fait la littérature de voyage à la philosophie, et inversement, que fait la philosophie à la littérature de voyage ?
Qui était vraiment Gustave Flaubert ? On le savait en proie à de grandes contradictions, mais qui aurait pu dire que cette critique permanente de la Bêtise, cette souffrance de l'écrivain à la tâche, cette obsession du style étaient le résultat de névroses, d'un rapport des forces psychiques entre revendications pulsionnelles et inhibitions ? Et si la "grande synthèse" poétique à laquelle il aspirait tant n'était que le regret ou le constat de l'absence d'un Moi unifié ? Patrick Mathieu, en étudiant la Correspondance et les oeuvres de Flaubert, nous fait découvrir un auteur en constant décalage avec lui-même, jouant double-jeu dans le théâtre de la vie, et dont la souffrance affichée, revendiquée, n'est pas qu'artistique : elle puise ses origines au fond de son être, dès son plus jeune âge, dans un dégoût permanent de la vie qu'il tentera difficilement de masquer avec sa "marotte" , la littérature. C'est que Flaubert porte en lui le faix de secrets, selon lui "indisables" , de nature sexuelle, et il a choisi de les révéler de façon cryptée par le biais de la médiation littéraire : pour ce faire, il portera publiquement une autre croix, celle de la Littérature, maîtresse exigeante, fondant ainsi malgré lui le nouveau mythe de l'écrivain dévoué au labeur du style et vivant en martyr la Passion de l'Art.
Le philosophe Charles Appuhn s'est adonné à l'ingrate lecture de la "Bible du peuple allemand" , selon l'auréole de la propagande officielle de 1933 car Mein Kampf offre une vue sans égal non pas seulement sur Hitler, mais sur l'idéologie et les projets politiques de l'hitlérisme. La "destruction des Juifs d'Europe" (selon le titre que Raul Hilberg donna à la somme qu'il consacra à cette destruction) n'est pas seule à y être programmée mais de façon fanatiquement répétée, celle de l' "ennemi de toujours" , la France. Quant à l'Est et aux peuples Slaves, le sort que Hitler annonce constituer également une nécessité vitale pour l'Allemagne, revient à les anéantir aussi afin que la population allemande puisse s'approprier leurs territoires (Drang nach Osten). Il s'agit bien, là ou jamais, de ce que Alexandre Koyré a appelé dans ses Réflexions sur le mensonge une "conspiration en plein jour" . La traduction et la présentation des extraits les plus "significatifs" , selon les termes de Charles Appuhn permettent de disposer en France dès 1933 de cent soixante-dix pages lumineuses en lieu et place des quelque huit cents pages de l'allemand verbeux de Hitler. Aussi bien, il faut y insister, cet Hitler par lui-même est en France la première divulgation autorisée. Elle ne sera interdite qu'en 1943. Sans entrer dans le labyrinthe des avatars éditoriaux, l'originalité courageuse de l'éditeur Jacques Haumont apparaît d'autant mieux qu'en 1933 on disposait certes de nombreux articles en français consacrés au parti national-socialiste, à la montée du nazisme et à la politique allemande, en général tout en ignorant ce manifeste nazi qu'est Mein Kampf. Rappelons que le premier volume, dans lequel Hitler se livre à son autobiographie, fut publié à Munich en 1925, suivi en 1926 du second qui, cette fois, expose les idées et le programme hitlériens. Or, Hitler, en accord avec Eher Verlag, son éditeur, en interdit toute traduction française.