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Esquisse d'une politique de l'esprit
Robelin Jean
KIME
29,50 €
Épuisé
EAN :9782841742080
L'esprit est de nature politique parce qu'il se façonne lui-même dans des usages symboliques et des styles d'action dont le caractère social lui permettent de transformer les conditions d'exercice de la puissance du corps. Il procède ainsi, à travers des récits de soi qui sont ses cartes d'orientation, à des recompositions jamais achevées d'un corps que les pratiques sociales mettent en disposition et que les rapports de pouvoir disloquent symboliquement. Investi dans des réseaux symboliques, rapport du corps à soi et non substance, l'esprit s'élabore dans le marquage social du corps, d'une façon qui éclaire jusqu'aux limites de la rationalité humaine, mais aussi sa liberté. Ainsi se met en place un schéma rhétorique de l'esprit que le livre oppose à la définition du psychisme par le calcul, devenue un lieu commun.
Harold Pinter est l'un des dramaturges britanniques les plus importants de la deuxième moitié du XXe siècle. Il fut également un scénariste remarquable, travaillant avec les plus grands réalisateurs et les plus grands acteurs de son époque. Cependant, ses scénarios sont beaucoup moins connus que ses pièces de théâtre. C'est donc à ses dix-neuf adaptations de romans que l'on s'intéressera ici. Cette étude se propose d'abord de montrer comment Pinter, à l'encontre des théories de la Nouvelle Vague, tenta de préserver sa liberté artistique, ce qui le conduisit souvent à s'opposer aux réalisateurs, aux producteurs, aux acteurs et quelquefois même aux auteurs des fictions qu'il adaptait. En regroupant thématiquement les scripts en trois parties (scénarios de la menace, de la mémoire et politiques), nous nous pencherons sur les différentes techniques utilisées par Pinter, des plus classiques aux plus audacieuses, et sur la manière dont il se servit de son expérience de dramaturge pour réécrire par exemple les dialogues de ses scénarios, en utilisant avec une grande efficacité les silences et les pauses qui sont en quelque sorte sa marque de fabrique.
Margarita, hôtesse de l'air, la trentaine, vient de perdre son père. Hantée par les fantômes de ses parents décédés, et par ceux de ses amants, apparitions fugaces entre deux aéroports, la jeune femme subit en solitaire un quotidien sans intérêt. Dans cette existence morne et sans attaches, la vie de Margarita se délite peu à peu. Dans son appartement fraîchement rénové, symbole de renouveau, le passé devrait céder la place à un présent blanc, élégant, comme l'image qu'elle désire avoir d'elle-même. Pourtant, il ne sera pas question de calme et de sérénité, mais de la fin d'une histoire : celle vécue avec K, ancien amant inaccessible, histoire différente, passionnelle et destructrice. Liens de sang évoque la difficulté de faire confiance à l'autre, la peur des sentiments, la solitude et la vacuité de certains destins.
Et si la commémoration du bicentenaire de la naissance de Flaubert exigeait un effort de prospective ? En effet, de quel texte majeur l'oeuvre de Flaubert, fondamentalement matricielle, sera-t-elle finalement l'oeuvre source ? La critique s'est beaucoup intéressée aux lectures du romancier et aux textes qui ont pu l'inspirer ; elle a longuement analysé les principes de sa poétique et la manière patiente dont elle s'est élaborée. Mais quid des influences multiples sur ses contemporains ? Elle a beaucoup moins observé comment les héritiers autoproclamés se sont emparés de l'esthétique flaubertienne pour construire leurs propres oeuvres et comment ces dernières font honneur ou pas à l'héritage reçu. C'est cet oubli que prétend réparer Flaubert ou l'oeuvre muse. L'étude offre en effet une exploration panoramique des oeuvres de littérature française qui, dans le mystérieux processus labyrinthique de la création artistique, en plus d'être prismatique, devenue multidimensionnelle, ont contribué jusqu'à ce jour à faire vivre une réelle flaubertolâtrie.
Violence, domination, inégalité, tyrannie et insurrections : la réflexion de Spinoza sur le droit et la politique ne se limite pas au pacte social, ni à la liberté de philosopher. Il ne s'agit pas seulement de dresser la liste des droits respectifs du souverain et des sujets, dans le sillage des théories du droit naturel. Déjà Althusser avait rapproché Spinoza de Marx et Alexandre Matheron avait montré le rôle essentiel des passions dans la Cité et ses transformations. Toute une génération de chercheurs s'est interrogée ensuite sur les notions par lesquelles se pense ce devenir : foule, peuple, nation, mais aussi multitude. C'est ce dernier terme surtout qui concentre le mieux une pensée de l'initiative historique des citoyens et de leur puissance collective. Il restait à en tirer les conséquences sur les rapports entre individu et multitude, sur les relations de la pensée spinoziste avec Machiavel, Grotius et Hobbes, sur l'attitude de Spinoza envers révolution et conservation, résistance, assimilation et intégration, citoyenneté, désobéissance et révolte. Autant de thèmes qui sont développés ici, à travers la lecture renouvelée de L'Ethique, du Traité théologico-politique, et du Traité politique. Le volume s'achève par un entretien avec Toni Negri, qui fut le premier, dans son livre L'Anomalie sauvage, à mettre en lumière l'importance et le rôle de ce concept. Il y fait le bilan de son propre itinéraire et des discussions qu'il a suscitées.
A l'occasion du centenaire Proust, la maladie personnelle de Marcel Proust est venue occuper la scène biographique sans toujours apercevoir toute la dimension idiosyncrasique de l'oeuvre. Car l'asthme dont souffre Marcel Proust comme une maladie chronique est redoublé ici par celui du Narrateur : son corps souffre autant de la maladie d'amour que de la maladie physique, à moins que la première n'ait déclenché la seconde. Pour cela le thème de la maladie est essentiel car il vient manifester le temps dans le corps ; il met aussi en péril la permanence du moi au point d'apercevoir qu'il n'était constitué que du temps passé, incorporé. Notre étude nous conduira ainsi d'une critique de la médecine comme science du corps objet à l'avènement du thème de la guérison. L'écriture de A la recherche du temps perdu comme métamorphose de toute maladie, facilite cette conversion du vécu intime de l'amour en vécu phénoménologique dégageant l'essence de l'amour. Forme d'exorcisme, l'écriture permet à tout un chacun de se reconnaître. Le narrateur nous ressemble puisque son récit nous touche en atteignant la condition commune, celle de la souffrance.