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Le gouvernement de la France. 1830-1840
Riviale Philippe
L'HARMATTAN
31,01 €
Épuisé
EAN :9782296000155
Qui gouverna la France entre 1830 et 1840 ? On demanderait plus justement ce qui gouverna ce pays dans cette période, une idée, un principe, ou plutôt une absence d'idées et de principes. Peut-on gouverner sans idées et ans principes ? On voit que la question est d'autant plus sérieuse que la société - ce qui en tient lieu, est saisie d'un mouvement d'agitation frénétique, qui vise à la richesse, mais une agitation immobile, qui force à un maintien de l'ordre permanent. 1830 : un roi citoyen prend la place d'un roi restauré ; des hommes puissants, des hommes riches, des parvenus donnent le trône à ce citoyen, sans qu'ils aient eux-mêmes détrôné l'autre. Une révolte sur commande a mis en action les combattants de juillet, ouvriers pour la troupe, étudiants comme officiers, républicains à la tête de l'armée insurgée. 1840 : dix années de répressions, de condamnations, de massacres ; dix années de ministères vacants, de jeux de société entre ceux qui comptent. La république est interdite par la loi, le régime parlementaire s'installe et invente les règles : majorité et minorité, parti de gouvernement et parti d'opposition, investiture par l'Assemblée selon les vœux du citoyen en chef - qui ne gouverne pas, et querelles animées par les prétendants, qui se cèdent la place quand ils ne se l'offrent pas : M. Guizot et M. Thiers. Après le gouvernement autoritaire de Casimir Périer, voilà le gouvernement consensuel qui arrange tous ceux qui y prennent part et qui fait la police aussi bien, car le canon et la fusillade se passent même d'autorité, tant qu'on les commande. 1830-1840 ou comment on apprend la leçon au peuple souverain : à une société irreprésentable, où l'on distingue le pays légal du pays réel, la classe politique oppose son droit à gouverner dans l'incompétence, pourvu qu'elle serve les intérêts qui comptent. Ceux qui n'ont pas d'intérêts, de quelle utilité leur serait une souveraineté de principe. Voilà : à gouverner sans principes ni idées, on disqualifie tout principe et toute idée. Philippe Riviale recherche ici les prémisses de 1848, la question reste celle de L'Enigme du dix-neuvième siècle : comment en sommes-nous arrivés à croire que tout cela devait arriver?
Résumé : Faut-il le rappeler ? La Révolution française dura dix ans, de 1789 à 1799. Loin d'être un lever de soleil - la " belle révolution " de 1789-1791 - suivi d'une irrésistible dérive, l'événement révolutionnaire épousa une ligne brisée où alternèrent abîmes et points culminants. La conjuration de Babeuf est un de ces points en ce qu'elle révèle la contradiction entre l'affairisme républicain issu de Thermidor et l'impulsion sans cesse renaissante de l'émancipation du peuple. Tombeau de Gracchus Babeuf où il importe de faire entendre la visée ultime propre au Tribun du peuple - ce que Charles Baudelaire appelait, à propos du babouvisme, " la suprématie de l'idée pure " -, ce livre met en scène les différents visages de ce personnage énigmatique, proche, à certains égards, du " promeneur solitaire ". Il rompt délibérément tant avec l'historiographie marxiste, qui faisait de Babeuf un précurseur du mouvement communiste, qu'avec la vulgate libérale, qui en fait soit un dément, soit un jacobin attardé ; à la fois anthologie des principaux écrits de Babeuf et commentaire raisonné de ceux-ci, il montre au contraire que, face à la glaciation de la Révolution, Babeuf eut pour vocation de rendre la parole aux opprimés et, dans le climat de liquidation du Directoire, de faire résonner de nouveau l'impératif du bonheur commun.
Les prophètes de la Tora, du moins les prophètes scripturaires, Amos, Osée, Michée, Isaïe, Ezéchiel, Jérémie, entendent une parole qu'ils transmettent aux leurs, peuple de Dieu. Ils disent que ce peuple a reçu une promesse, Canaan, et contracté une obligation, le désert. Un lieu double, celui de l'épanouissement et celui de l'appel de l'humain mis à l'épreuve. Si la parole juive est inscrite dans l'âme de ceux qui s'en réclament, comme une parole de filiation, un perpétuel commentaire vivant du dialogue, elle est une sauvegarde à laquelle n'ont pas accès les solitaires, les isolés du monde moderne. Elle est un " lieu hébraïque ", un lieu de présence vivante de la judéité. Mais si ce lieu n'est pas habité ? Eh bien, il en est de même, dirai-je, de ce lieu non moins vivant, d'où j'entends m'exprimer. C'est le lieu de l'aspiration à l'humain en nous, dont les locuteurs sont vivants : Fichte le philosophe, Gracchus Babeuf, son contemporain, le scandaleux prophète de l'impatience du bonheur, Simone Weil tant haïe par ceux qui l'ont rejetée parce qu'elle s'était voulue seule et non héritière. Ceux-là prophétisèrent hors de toute Alliance ; leur parole ne fut pas recueillie mais occultée, calomniée, moquée. D'Elie et d'Amos, André Neher dit : " en tous lieux où se fixe momentanément leur existence étrange, ils sont étrangers. " Et ce n'est pas là un orgueilleux dédain, car ils appartiennent par leur vie intérieure au peuple qui ne les écoute pas. On parle de l'originalité universelle du fait juif : c'est parce que l'appréhension juive du monde me paraît en effet universelle que j'y trouve la trace - une trace vivace dans le temps, vigoureuse dans ses refus - de la parole absolue de l'humain qui cherche à percer en nous.
Les Modernes se définissent par l'assomption de l'individu. Celui-ci, supposé rationnel en finalité et en moyens, a en lui l'attribut de propriété avant toute élaboration du droit. Aussi suit-il ses intérêts. C'est le sentiment religieux de l'athée. Les Modernes ne font pas du radicalement neuf : ils raniment la tradition gnostique : le monde créé est mauvais et le salut est d'y échapper. L'individu moderne se déclare innocent de la misère, du sang versé et des oppressions subies ; il ne fait qu'agir selon une aspiration à exister librement en privé. Au-delà sont les ténèbres, et leurs franges nous sont données à voir sous les espèces monstrueuses de l'univers totalitaire qui résulte de la licence donnée à la mauvaise nature tapie en chacun de nous. Les gnostiques sont aux deux limites du matérialiste imaginaire : les uns disent savoir le mal latent et s'en prémunissent par l'abstention : pas de métaphysique de la recherche du Bien ; pas de mystique de la pureté ; pas d'utopie du bonheur. Ce furent d'abord les bourgeois, dessillés, désassombris par un entendement bien tempéré, rejetant au Ciel leurs résidus, comme au trou de mémoire. Ils sont aujourd'hui la société même. Tous et chacun savent qu'il n'y a rien de bon à s'aventurer dans les pensées totalisantes : à se livrer aux démons de la reconstruction du monde à partir du néant. Les autres gnostiques sont ceux qui ont succombé aux imaginaires délirants de l'homme puissant, et ont produit du monstrueux qui mène au néant. Où est, dans cette triste perspective, l'homme vivant , celui qui éprouve en lui l'appel de l'être, qu'il ne sait formuler en mots ni traduire en actes, mais dont il pressent l'urgence ? Celui qui ne peut croire que cette existence sinistre équivaille à la vie ? Chez qui s'impose le désir de découvrir l'autre, par là soi-même, de se mettre en rapport, de faire entrer le monde en lui ? Ni religieux ni mystique ni matérialiste, débarrassé de l'abstrait conceptuel.
Comment la Révolution, commencée en 1789 par un acte d'abolition de la tyrannie et le serment de donner à la France une constitution, en arriva-t-elle à dégénérer, à produire une nouvelle aristocratie, à faire rentrer dans sa misère le peuple souverain ? Les débats d'idées tiennent une grande place dans les lectures de cette Révolution ; les effets émergents, les projets avortés de la raison constructiviste, les excès en tous genres et, bien sûr, la tyrannie de Robespierre sont au coeur de la lecture canonique depuis la révolution furétienne. Oublions ces sottises et cherchons dans les documents, les écrits, les discours ; dans les principes mis en avant et les pratiques qui les contredirent ; dans les mensonges des démagogues, les erreurs d'honnêtes incompétences ; dans les promesses impossibles à tenir, d'honorer toutes les dettes de l'Ancien Régime, de racheter tous les offices et revenus obtenus jadis par faveur et à peu de frais ; dans l'impérieuse nécessité de fonder un moyen de paiement, un organisme central de comptabilité, là où les comités locaux suppléèrent sans méthode aux caissiers à façon aux comptes invérifiables, aux épices et tours de passe-passe ; dans l'affrontement d'hommes intègres, qui ne se comprirent pas (Robespierre et Cambon) ; dans l'opposition entre initiative du peuple et mise en place d'un système monétaire et financier ; tout cela combattu, dans le silence des affaires d'abord, puis, après Thermidor, dans la revendication de la liberté d'entreprendre, de commercer, de faire de la finance à compte privé. La Révolution, qu'on a dite perdue par l'irruption du peuple sur la scène publique, fut gangrenée par tous ceux qui n'y virent et n'y trouvèrent que moyens de fortune. Et c'est encore au nom de la Nation, de la Patrie, de l'unité même, que la monnaie, après Thermidor, fut dégradée, puis liquidée ; les finances laissées dans le désordre d'agents infidèles, couverts ou dénoncés par des dirigeants corrompus. Désordre bénin ; la guerre de conquête devait tout régler. Alors vint le nouveau despote.
La maladie d'Ehlers-Danlos est une maladie héréditaire qui touche, de façon diffuse mais très variable, l'ensemble du tissu conjonctif, c'est-à-dire la quasi-totalité des tissus du corps humain, à l'exclusion du système nerveux. Le diagnostic est possible, avec certitude, sur un regroupement significatif de signes cliniques et la présence d'autres cas familiaux. La transmission est systématique à tous les enfants de parents dont un, au moins, est atteint. C'est un argument pour éviter l'accusation erronée de violences sur un nourrisson qui présente des ecchymoses ou des fractures spontanées. Toutes les personnes avec un Ehlers-Danlos peuvent avoir des anévrysmes qui sont à rechercher systématiquement. Ce n'est pas une maladie rare mais au contraire très fréquente (2 % de la population française). Ce n'est pas une maladie orpheline puisque des traitements efficaces ont pu être mis en place pour atténuer les conséquences fonctionnelles, principalement des orthèses dont des vêtements compressifs spéciaux et l'oxygénothérapie intermittente. Ce livre vient apporter les réponses que des centaines de milliers de patients attendent pour expliquer leurs souffrances et les multiples situations de handicap qu'ils rencontrent au quotidien, le plus souvent dans l'incompréhension parfois hostile de leur entourage et de leurs médecins.
Boutin Perrine ; Lefur Paul ; Lang Jack ; Tasca Ca
Cet ouvrage propose quinze témoignages d'anciens élèves ou de chercheurs associés du master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle. Devenus professionnels, ils décrivent leur propre réalité, avec leurs mots, pour montrer toute l'étendue d'actions que proposent les didactiques des images. Le master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle a été créé en 2006, sous l'impulsion d'Alain Bergala, pour s'intéresser aux liens entre éducation et images et ainsi préparer au mieux les médiateurs culturels de demain face aux problématiques de la transmission. Depuis, les générations de diplômés continuent de s'implanter dans les actions d'éducation artistique, en France ou à l'étranger. Un livre sur la trajectoire des anciens d'une formation universitaire, aussi plaisant à lire qu'instructif !
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
Ce livre constitue un inédit dans le domaine du music-hall. Les cinquante années envisagées s'étalent de la fin du XIXe siècle à la décennie cinquante. Les chercheurs et curieux y trouveront les noms d'artistes de talent qui eurent du succès en leur temps mais ne figurent dans aucun ouvrage, même spécialisé. Ce travail a demandé des recherches considérables mais n'a guère la prétention d'être exhaustif. Un des objectifs consiste également à réparer des injustices et susciter peut-être des rééditions d'enregistrements rares et précieux.