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La Révolution française dans l'infortune de la finance
Riviale Philippe
L'HARMATTAN
41,50 €
Épuisé
EAN :9782343023250
Comment la Révolution, commencée en 1789 par un acte d'abolition de la tyrannie et le serment de donner à la France une constitution, en arriva-t-elle à dégénérer, à produire une nouvelle aristocratie, à faire rentrer dans sa misère le peuple souverain ? Les débats d'idées tiennent une grande place dans les lectures de cette Révolution ; les effets émergents, les projets avortés de la raison constructiviste, les excès en tous genres et, bien sûr, la tyrannie de Robespierre sont au coeur de la lecture canonique depuis la révolution furétienne. Oublions ces sottises et cherchons dans les documents, les écrits, les discours ; dans les principes mis en avant et les pratiques qui les contredirent ; dans les mensonges des démagogues, les erreurs d'honnêtes incompétences ; dans les promesses impossibles à tenir, d'honorer toutes les dettes de l'Ancien Régime, de racheter tous les offices et revenus obtenus jadis par faveur et à peu de frais ; dans l'impérieuse nécessité de fonder un moyen de paiement, un organisme central de comptabilité, là où les comités locaux suppléèrent sans méthode aux caissiers à façon aux comptes invérifiables, aux épices et tours de passe-passe ; dans l'affrontement d'hommes intègres, qui ne se comprirent pas (Robespierre et Cambon) ; dans l'opposition entre initiative du peuple et mise en place d'un système monétaire et financier ; tout cela combattu, dans le silence des affaires d'abord, puis, après Thermidor, dans la revendication de la liberté d'entreprendre, de commercer, de faire de la finance à compte privé. La Révolution, qu'on a dite perdue par l'irruption du peuple sur la scène publique, fut gangrenée par tous ceux qui n'y virent et n'y trouvèrent que moyens de fortune. Et c'est encore au nom de la Nation, de la Patrie, de l'unité même, que la monnaie, après Thermidor, fut dégradée, puis liquidée ; les finances laissées dans le désordre d'agents infidèles, couverts ou dénoncés par des dirigeants corrompus. Désordre bénin ; la guerre de conquête devait tout régler. Alors vint le nouveau despote.
Cet ouvrage analyse le procès fait en toute illégalité à Babeuf sous prétexte de juger Drouet, qu'on avait laissé s'enfuir, ainsi que la dimension que voulut lui donner Babeuf. Il examine les points de droit, invoqués à tort ou à raison, par l'accusation et la défense, et repose sur des comptes rendus du procès, ainsi que des rapports de police, des débats publics...
Félicité de Lamennais, prêtre catholique ultramontain, voulut d'abord rétablir l'autorité spirituelle du pape de Rome sur les indifférents en matière de religion, ceux qui ne cherchent que leurs intérêts. Salué comme le penseur authentique de la religion révélée universelle, il rompit l'allégeance lorsqu'il sut que l'Eglise instituée croupissait sous l'indifférence et accablait les humbles du devoir de soumission envers leurs maîtres. Interprète des Evangiles, il en restitua le sens originel, tout comme dans ses Essais il avait montré le divin en l'humanité, la vérité de la religion non pas dogmatique mais appelée par chaque homme. Son Esquisse d'une philosophie suivant L'Indifférence en matière de religion lui valut un déferlement de haine. Le miracle de François d'Assise, autorisé par le pape à rebâtir la maison, ne fut pas renouvelé : c'est qu'il n'y avait plus rien à faire qu'attendre la Tempête, le soulèvement et la destruction, la fin de la civilisation. Le présent essai met en évidence le cheminement vers l'infini, où furent conduits Babeuf l'athée et Simone Weil la mystique, guidés comme Lammenais le fut par le désir même de ce cheminement dont l'autre nom est le divin en nous. Le croyant quitte sa maison : la prison est un enfermement dans l'extérieur. Engager la foi dans la libération de l'oppression économique, politique, religieuse est une révolution interne, la bonne nouvelle que les hommes qui s'ignoraient sont libres et frères. Les paroles d'un croyant de 1834 sont la subversion de ce dix-neuvième siècle boursouflé d'intérêts et de mépris. Le Livre du Peuple, Une voix de prison, De l'esclavage moderne et autres écrits retracent cette voie du martyr, voie ouverte a la promesse faite au croyant que l'oppression n'est pas une fatalité, qu'en acceptant de souffrir, chacun pour tous, il atteindra le royaume de ce monde. Chrétien comme Emmanuel Mounier, Lamennais osa la religion de la révolte.
Qui gouverna la France entre 1830 et 1840 ? On demanderait plus justement ce qui gouverna ce pays dans cette période, une idée, un principe, ou plutôt une absence d'idées et de principes. Peut-on gouverner sans idées et ans principes ? On voit que la question est d'autant plus sérieuse que la société - ce qui en tient lieu, est saisie d'un mouvement d'agitation frénétique, qui vise à la richesse, mais une agitation immobile, qui force à un maintien de l'ordre permanent. 1830 : un roi citoyen prend la place d'un roi restauré ; des hommes puissants, des hommes riches, des parvenus donnent le trône à ce citoyen, sans qu'ils aient eux-mêmes détrôné l'autre. Une révolte sur commande a mis en action les combattants de juillet, ouvriers pour la troupe, étudiants comme officiers, républicains à la tête de l'armée insurgée. 1840 : dix années de répressions, de condamnations, de massacres ; dix années de ministères vacants, de jeux de société entre ceux qui comptent. La république est interdite par la loi, le régime parlementaire s'installe et invente les règles : majorité et minorité, parti de gouvernement et parti d'opposition, investiture par l'Assemblée selon les vœux du citoyen en chef - qui ne gouverne pas, et querelles animées par les prétendants, qui se cèdent la place quand ils ne se l'offrent pas : M. Guizot et M. Thiers. Après le gouvernement autoritaire de Casimir Périer, voilà le gouvernement consensuel qui arrange tous ceux qui y prennent part et qui fait la police aussi bien, car le canon et la fusillade se passent même d'autorité, tant qu'on les commande. 1830-1840 ou comment on apprend la leçon au peuple souverain : à une société irreprésentable, où l'on distingue le pays légal du pays réel, la classe politique oppose son droit à gouverner dans l'incompétence, pourvu qu'elle serve les intérêts qui comptent. Ceux qui n'ont pas d'intérêts, de quelle utilité leur serait une souveraineté de principe. Voilà : à gouverner sans principes ni idées, on disqualifie tout principe et toute idée. Philippe Riviale recherche ici les prémisses de 1848, la question reste celle de L'Enigme du dix-neuvième siècle : comment en sommes-nous arrivés à croire que tout cela devait arriver?
Les Modernes se définissent par l'assomption de l'individu. Celui-ci, supposé rationnel en finalité et en moyens, a en lui l'attribut de propriété avant toute élaboration du droit. Aussi suit-il ses intérêts. C'est le sentiment religieux de l'athée. Les Modernes ne font pas du radicalement neuf : ils raniment la tradition gnostique : le monde créé est mauvais et le salut est d'y échapper. L'individu moderne se déclare innocent de la misère, du sang versé et des oppressions subies ; il ne fait qu'agir selon une aspiration à exister librement en privé. Au-delà sont les ténèbres, et leurs franges nous sont données à voir sous les espèces monstrueuses de l'univers totalitaire qui résulte de la licence donnée à la mauvaise nature tapie en chacun de nous. Les gnostiques sont aux deux limites du matérialiste imaginaire : les uns disent savoir le mal latent et s'en prémunissent par l'abstention : pas de métaphysique de la recherche du Bien ; pas de mystique de la pureté ; pas d'utopie du bonheur. Ce furent d'abord les bourgeois, dessillés, désassombris par un entendement bien tempéré, rejetant au Ciel leurs résidus, comme au trou de mémoire. Ils sont aujourd'hui la société même. Tous et chacun savent qu'il n'y a rien de bon à s'aventurer dans les pensées totalisantes : à se livrer aux démons de la reconstruction du monde à partir du néant. Les autres gnostiques sont ceux qui ont succombé aux imaginaires délirants de l'homme puissant, et ont produit du monstrueux qui mène au néant. Où est, dans cette triste perspective, l'homme vivant , celui qui éprouve en lui l'appel de l'être, qu'il ne sait formuler en mots ni traduire en actes, mais dont il pressent l'urgence ? Celui qui ne peut croire que cette existence sinistre équivaille à la vie ? Chez qui s'impose le désir de découvrir l'autre, par là soi-même, de se mettre en rapport, de faire entrer le monde en lui ? Ni religieux ni mystique ni matérialiste, débarrassé de l'abstrait conceptuel.
Au matin du 22 mars 2016, en se rendant à son bureau, Caroline Choplin monte dans le dernier wagon de la rame de métro qui s'arrêtera brusquement à la station Maelbeek. Elle ne le sait pas encore, mais ce choix involontaire lui sauvera la vie. Trois ans après le double attentat qui a frappé la capitale belge, elle revient sur les émotions ressenties ce matin-là et celles des jours et des mois qui ont suivi le choc.
Boutin Perrine ; Lefur Paul ; Lang Jack ; Tasca Ca
Cet ouvrage propose quinze témoignages d'anciens élèves ou de chercheurs associés du master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle. Devenus professionnels, ils décrivent leur propre réalité, avec leurs mots, pour montrer toute l'étendue d'actions que proposent les didactiques des images. Le master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle a été créé en 2006, sous l'impulsion d'Alain Bergala, pour s'intéresser aux liens entre éducation et images et ainsi préparer au mieux les médiateurs culturels de demain face aux problématiques de la transmission. Depuis, les générations de diplômés continuent de s'implanter dans les actions d'éducation artistique, en France ou à l'étranger. Un livre sur la trajectoire des anciens d'une formation universitaire, aussi plaisant à lire qu'instructif !
Cette recherche part d'un intérêt pour la schizophrénie et des processus évolutifs qui peuvent être repérés. C G Jung a consacré sa vie à la description de ces dynamiques psychiques transformatrices. Ces potentiels s'animent lors de processus de crise psychique, de métamorphoses, ou lors d'épisodes psychopathologiques. Cette vision est de plus en plus partagée parmi les chercheurs en psychologie, en psychanalyse, en neurobiologie et dans les sciences du chaos.
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.