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La parole des prophètes. De la Tora à Simone Weil et Gracchus Babeuf
Riviale Philippe
L'HARMATTAN
26,00 €
Épuisé
EAN :9782296101418
Les prophètes de la Tora, du moins les prophètes scripturaires, Amos, Osée, Michée, Isaïe, Ezéchiel, Jérémie, entendent une parole qu'ils transmettent aux leurs, peuple de Dieu. Ils disent que ce peuple a reçu une promesse, Canaan, et contracté une obligation, le désert. Un lieu double, celui de l'épanouissement et celui de l'appel de l'humain mis à l'épreuve. Si la parole juive est inscrite dans l'âme de ceux qui s'en réclament, comme une parole de filiation, un perpétuel commentaire vivant du dialogue, elle est une sauvegarde à laquelle n'ont pas accès les solitaires, les isolés du monde moderne. Elle est un " lieu hébraïque ", un lieu de présence vivante de la judéité. Mais si ce lieu n'est pas habité ? Eh bien, il en est de même, dirai-je, de ce lieu non moins vivant, d'où j'entends m'exprimer. C'est le lieu de l'aspiration à l'humain en nous, dont les locuteurs sont vivants : Fichte le philosophe, Gracchus Babeuf, son contemporain, le scandaleux prophète de l'impatience du bonheur, Simone Weil tant haïe par ceux qui l'ont rejetée parce qu'elle s'était voulue seule et non héritière. Ceux-là prophétisèrent hors de toute Alliance ; leur parole ne fut pas recueillie mais occultée, calomniée, moquée. D'Elie et d'Amos, André Neher dit : " en tous lieux où se fixe momentanément leur existence étrange, ils sont étrangers. " Et ce n'est pas là un orgueilleux dédain, car ils appartiennent par leur vie intérieure au peuple qui ne les écoute pas. On parle de l'originalité universelle du fait juif : c'est parce que l'appréhension juive du monde me paraît en effet universelle que j'y trouve la trace - une trace vivace dans le temps, vigoureuse dans ses refus - de la parole absolue de l'humain qui cherche à percer en nous.
Cet ouvrage analyse le procès fait en toute illégalité à Babeuf sous prétexte de juger Drouet, qu'on avait laissé s'enfuir, ainsi que la dimension que voulut lui donner Babeuf. Il examine les points de droit, invoqués à tort ou à raison, par l'accusation et la défense, et repose sur des comptes rendus du procès, ainsi que des rapports de police, des débats publics...
Qui gouverna la France entre 1830 et 1840 ? On demanderait plus justement ce qui gouverna ce pays dans cette période, une idée, un principe, ou plutôt une absence d'idées et de principes. Peut-on gouverner sans idées et ans principes ? On voit que la question est d'autant plus sérieuse que la société - ce qui en tient lieu, est saisie d'un mouvement d'agitation frénétique, qui vise à la richesse, mais une agitation immobile, qui force à un maintien de l'ordre permanent. 1830 : un roi citoyen prend la place d'un roi restauré ; des hommes puissants, des hommes riches, des parvenus donnent le trône à ce citoyen, sans qu'ils aient eux-mêmes détrôné l'autre. Une révolte sur commande a mis en action les combattants de juillet, ouvriers pour la troupe, étudiants comme officiers, républicains à la tête de l'armée insurgée. 1840 : dix années de répressions, de condamnations, de massacres ; dix années de ministères vacants, de jeux de société entre ceux qui comptent. La république est interdite par la loi, le régime parlementaire s'installe et invente les règles : majorité et minorité, parti de gouvernement et parti d'opposition, investiture par l'Assemblée selon les vœux du citoyen en chef - qui ne gouverne pas, et querelles animées par les prétendants, qui se cèdent la place quand ils ne se l'offrent pas : M. Guizot et M. Thiers. Après le gouvernement autoritaire de Casimir Périer, voilà le gouvernement consensuel qui arrange tous ceux qui y prennent part et qui fait la police aussi bien, car le canon et la fusillade se passent même d'autorité, tant qu'on les commande. 1830-1840 ou comment on apprend la leçon au peuple souverain : à une société irreprésentable, où l'on distingue le pays légal du pays réel, la classe politique oppose son droit à gouverner dans l'incompétence, pourvu qu'elle serve les intérêts qui comptent. Ceux qui n'ont pas d'intérêts, de quelle utilité leur serait une souveraineté de principe. Voilà : à gouverner sans principes ni idées, on disqualifie tout principe et toute idée. Philippe Riviale recherche ici les prémisses de 1848, la question reste celle de L'Enigme du dix-neuvième siècle : comment en sommes-nous arrivés à croire que tout cela devait arriver?
Comment la Révolution, commencée en 1789 par un acte d'abolition de la tyrannie et le serment de donner à la France une constitution, en arriva-t-elle à dégénérer, à produire une nouvelle aristocratie, à faire rentrer dans sa misère le peuple souverain ? Les débats d'idées tiennent une grande place dans les lectures de cette Révolution ; les effets émergents, les projets avortés de la raison constructiviste, les excès en tous genres et, bien sûr, la tyrannie de Robespierre sont au coeur de la lecture canonique depuis la révolution furétienne. Oublions ces sottises et cherchons dans les documents, les écrits, les discours ; dans les principes mis en avant et les pratiques qui les contredirent ; dans les mensonges des démagogues, les erreurs d'honnêtes incompétences ; dans les promesses impossibles à tenir, d'honorer toutes les dettes de l'Ancien Régime, de racheter tous les offices et revenus obtenus jadis par faveur et à peu de frais ; dans l'impérieuse nécessité de fonder un moyen de paiement, un organisme central de comptabilité, là où les comités locaux suppléèrent sans méthode aux caissiers à façon aux comptes invérifiables, aux épices et tours de passe-passe ; dans l'affrontement d'hommes intègres, qui ne se comprirent pas (Robespierre et Cambon) ; dans l'opposition entre initiative du peuple et mise en place d'un système monétaire et financier ; tout cela combattu, dans le silence des affaires d'abord, puis, après Thermidor, dans la revendication de la liberté d'entreprendre, de commercer, de faire de la finance à compte privé. La Révolution, qu'on a dite perdue par l'irruption du peuple sur la scène publique, fut gangrenée par tous ceux qui n'y virent et n'y trouvèrent que moyens de fortune. Et c'est encore au nom de la Nation, de la Patrie, de l'unité même, que la monnaie, après Thermidor, fut dégradée, puis liquidée ; les finances laissées dans le désordre d'agents infidèles, couverts ou dénoncés par des dirigeants corrompus. Désordre bénin ; la guerre de conquête devait tout régler. Alors vint le nouveau despote.
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.
Au matin du 22 mars 2016, en se rendant à son bureau, Caroline Choplin monte dans le dernier wagon de la rame de métro qui s'arrêtera brusquement à la station Maelbeek. Elle ne le sait pas encore, mais ce choix involontaire lui sauvera la vie. Trois ans après le double attentat qui a frappé la capitale belge, elle revient sur les émotions ressenties ce matin-là et celles des jours et des mois qui ont suivi le choc.
Dans un contexte économique caractérisé par la mondialisation où les fusions, délocalisations et liquidations d'entreprises sont autant de risques pour les managers, la ressource principale de l'entreprise reste la connaissance. Véritable capital technique, social et culturel, il convient de la préserver, de l'enrichir et de la transmettre. Le capital mémoire de l'entreprise ouvre la voie au management des savoirs, à la gestion des connaissances et à l'ingénierie de la mémoire organisationnelle qui, chacun dans son domaine, cartographient les compétences et les savoirs que recèle l'entreprise et en définissent les enjeux stratégiques. Loin d'être un tout homogène, la mémoire de l'entreprise emprunte à de multiples sources, individuelles ou collectives, se pourrit de cultures conflictuelles et se fixe sur des supports composites - simples récits d'anecdotes, documents de presse ou institutionnels (affiche, film d'entreprise, banque de données...). Par-delà les clivages culturels, les querelles de territoires, les tactiques du secret, les justifications plus ou moins excusables de l'oubli, cet ouvrage montre en quoi la mémoire constitue, pour l'anticipation stratégique et la construction identitaire des collectifs de travail, un facteur-clef dé la communication d'entreprise. L'exemple des Chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire illustre toute là complexité et la richesse du capital mémoire d'une grande organisation.
Le 1er août 1909, François Faber remporte la septième édition du Tour de France cycliste. Le " Géant de Colombes ", ancien docker sur le port de Courbevoie, entre dans la légende, mais bien plus qu'un parcours sportif exemplaire son itinéraire est un condensé de la France de la Belle époque. L'histoire d'un gamin de banlieue au physique hors du commun et à l'appétit féroce, grandi entre maraîchages et usines, puis saisi par le démon d'une petite reine qui fera sa fortune. Un enfant de son siècle, qui croise aussi en chemin la terrible crue de la Seine en janvier 1910, le grand Jaurès quelques jours avant son assassinat, puis fauché en pleine gloire en mai 1915, lors de l'une des plus formidables offensives de la Grande Guerre... En s'appuyant sur la presse d'époque et sur de nombreux documents inédits, ce livre retrace le destin romanesque de ce champion attachant, l'un des plus populaires de son temps, né et grandi en France, devenu luxembourgeois à sa majorité sans jamais quitter sa ville de Colombes, puis engagé volontaire dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption.