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L'impatience du bonheur. Apologie de Gracchus Babeuf
Riviale Philippe
PAYOT
22,50 €
Épuisé
EAN :9782228893824
Faut-il le rappeler ? La Révolution française dura dix ans, de 1789 à 1799. Loin d'être un lever de soleil - la " belle révolution " de 1789-1791 - suivi d'une irrésistible dérive, l'événement révolutionnaire épousa une ligne brisée où alternèrent abîmes et points culminants. La conjuration de Babeuf est un de ces points en ce qu'elle révèle la contradiction entre l'affairisme républicain issu de Thermidor et l'impulsion sans cesse renaissante de l'émancipation du peuple. Tombeau de Gracchus Babeuf où il importe de faire entendre la visée ultime propre au Tribun du peuple - ce que Charles Baudelaire appelait, à propos du babouvisme, " la suprématie de l'idée pure " -, ce livre met en scène les différents visages de ce personnage énigmatique, proche, à certains égards, du " promeneur solitaire ". Il rompt délibérément tant avec l'historiographie marxiste, qui faisait de Babeuf un précurseur du mouvement communiste, qu'avec la vulgate libérale, qui en fait soit un dément, soit un jacobin attardé ; à la fois anthologie des principaux écrits de Babeuf et commentaire raisonné de ceux-ci, il montre au contraire que, face à la glaciation de la Révolution, Babeuf eut pour vocation de rendre la parole aux opprimés et, dans le climat de liquidation du Directoire, de faire résonner de nouveau l'impératif du bonheur commun.
Résumé : La tyrannie, quoi qu'en pensent les tâcherons officieux, n'est pas la chose en soi, la réalité qui tourne mal ; c'est une forme mortifère de la vie sociale. Qu'est-ce qu'un tyran ; que signifie "tyrannie" dans la Révolution française ? Saint-Just et Robespierre figurent à nos yeux les principaux tyrans, ou postulants à la tyrannie, comme préfigures des monstrueux despotismes du vingtième siècle. Cette tache indélébile apparut dès le jour de leur mort ; elle devint plus noire au fil des ans, par le mensonge, la mémoire fielleuse, le faux pur et simple. Les vainqueurs écrivent l'histoire ; les héritiers recopient. La tendance actuelle aux vagues considérations, fondées dans l'abstraction lyrique, la liberté (des Modernes), la démocratie (limitée aux acquêts de la réussite), la lutte contre le terrorisme (des fanatiques qui s'attaquent à nous) ; tout cela conduit à l'amalgame le plus dévastateur, non seulement parce qu'il salit les figures les plus hautes de l'histoire (ce n'est pas nouveau : la démocratie athénienne condamna à mort Socrate), mais surtout en ce qu'il détruit toute faculté d'exercer notre jugement. Des pontifes cooptés accaparent le privilège de discernement ; toute vérité qui ne vient pas d'eux est suspecte, sauf réussite commerciale. Seule une lecture intelligente, fondée sur les écrits, les actes, les événements qui les provoquèrent et en découlèrent, peut forcer les verrous mis à l'entendement. Comment comprendre le silence de Saint-Just, lors de sa condamnation comme tyran ? Lorsque la philosophie, plutôt que d'enquêter et d'interroger, pérore et enseigne le dogme, elle est bonne à jeter.
La Révolution, à travers les disputes de ses législateurs, a porté très haut la question de l'instruction et de l'éducation des citoyens. La fin misérable de ce moment fondateur a abouti à une institution vouée à satisfaire l'individualisme, celui dont Tocqueville a signalé le péril, après que Benjamin Constant en eut fait la pierre de touche de la "liberté des Modernes". L'Empire et la Monarchie de Juillet n'ont fait que légitimer l'abandon du grand projet révolutionnaire. C'est de ce projet et des objections qui lui ont été faites qu'il est question ici.
La gloire de Robespierre contraste avec l'obscure carrière de Babeuf. Loin de pousser à la violence armée, à la terreur, Babeuf voulut conjurer la misère. Il publia deux journaux, le Journal de la liberté de la presse et Le Tribun du peuple, ou le défenseur des droits de l'homme. Dans le premier, aveuglé par sa détestation de la tyrannie, il témoigne de l'événement majeur qui ruina la Révolution, et qu'une lecture mensongère falsifia. Le second le révéla à lui-même. Des piètres lecteurs et à des hâbleurs notoires affirment que Babeuf a évolué, de thermidorien à ultra anarchiste. Il ne fut ni l'un ni l'autre.
Presque aveugle à l'âge de seize ans, Aldous Huxley (1894-1963) vécut jusqu'en 1939 avec une vision très déficiente. C'est alors qu'il découvrit la méthode du Dr W.H. Bates, une méthode de rééducation visuelle à base psychologique, qui lui permit en quelques mois de lire sans lunettes. Par gratitude envers ce pionnier de l'éducation visuelle, Huxley écrivit L'Art de voir. Il y explique la méthode du Dr Bates en la rapprochant des grandes découvertes de la psychologie moderne. Car apprendre à mieux voir, c'est apprendre à mieux vivre. Non seulement mieux vivre avec les autres, mais aussi mieux vivre avec soi-même.
Au moment où l'on s'inquiète sérieusement des effets à long terme de la destruction des forêts dans le monde, ce livre nous rappelle le rôle qu'autrefois jouèrent dans la vie des hommes les arbres protecteurs qui, pourvoyant à presque tous leurs besoins, étaient considérés comme les manifestations par excellence de la présence des dieux sur terre. A chacun était attribuée une essence particulière, de telle sorte que le monde, où nature et divin se compénétraient et s'expliquaient l'un par l'autre, montrait de façon tangible sa multiplicité et son unité à travers les différentes espèces d'arbres. En ce livre foisonnant, plein de belles histoires oubliées, se rassemblent et se conjuguent les croyances, mais aussi les connaissances traditionnelles des civilisations dont nous sommes issus, qu'elles soient égyptienne, sémite, crétoise, grecque, latine, germanique ou celte. Du même coup nous sont restituées les clés d'une compréhension profonde, d'une mise en ordre de l'univers qui, faisant s'accorder l'homme à la nature, le profane au sacré, le quotidien au divin, pourraient encore nous servir d'exemple.
Pourquoi Descartes était-il toujours attiré par les femmes qui louchaient, et Rousseau excité par un trait émotionnel très particulier ? Pourquoi y a-t-il des fétichistes de l'?il, de la main, des cheveux, de l'odeur, du mouchoir, de la voix, des fesses, des bottines (la liste est infinie), voire d'une qualité psychique ? Qu'est-ce que le fétichisme sexuel ? Dans ce texte fondamental qui marqua les plus grands psychiatres (Krafft-Ebing), psychanalystes (Freud) et sexologues (Ellis), Alfred Binet (1857-1911) dévoile comment, et pourquoi, par le biais d'un fétiche, il peut arriver à chacun d'entre nous d'obtenir une excitation sexuelle.
Résumé : Les hommes sont, plus souvent qu'on ne le reconnaît, hystériques. Ceux-là affectent d'être pervers ou prétendent que le sexe ne les intéressent pas, souffrent d'impuissance, de frigidité du sentiment ou d'éjaculation précoce. Mais que craignent-ils donc de rencontrer chez la femme ? A travers les grands textes fondateurs de notre imaginaire (la Bible, Shakespeare, Cervantès, mais aussi Alfred Jarry ou Albert Cohen), à travers surtout Don Juan, et en s'appuyant sur les analyses de Spinoza, Charcot, Freud et Lacan, le psychanalyste Jean-Pierre Winter dessine les contours d'un homme perpétuellement instable, décevant, toujours ailleurs et toujours dans l'attente.