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Le silence de Saint-Just. Essai sur la tyrannie
Riviale Philippe
L'HARMATTAN
35,50 €
Épuisé
EAN :9782343086736
La tyrannie, quoi qu'en pensent les tâcherons officieux, n'est pas la chose en soi, la réalité qui tourne mal ; c'est une forme mortifère de la vie sociale. Qu'est-ce qu'un tyran ; que signifie "tyrannie" dans la Révolution française ? Saint-Just et Robespierre figurent à nos yeux les principaux tyrans, ou postulants à la tyrannie, comme préfigures des monstrueux despotismes du vingtième siècle. Cette tache indélébile apparut dès le jour de leur mort ; elle devint plus noire au fil des ans, par le mensonge, la mémoire fielleuse, le faux pur et simple. Les vainqueurs écrivent l'histoire ; les héritiers recopient. La tendance actuelle aux vagues considérations, fondées dans l'abstraction lyrique, la liberté (des Modernes), la démocratie (limitée aux acquêts de la réussite), la lutte contre le terrorisme (des fanatiques qui s'attaquent à nous) ; tout cela conduit à l'amalgame le plus dévastateur, non seulement parce qu'il salit les figures les plus hautes de l'histoire (ce n'est pas nouveau : la démocratie athénienne condamna à mort Socrate), mais surtout en ce qu'il détruit toute faculté d'exercer notre jugement. Des pontifes cooptés accaparent le privilège de discernement ; toute vérité qui ne vient pas d'eux est suspecte, sauf réussite commerciale. Seule une lecture intelligente, fondée sur les écrits, les actes, les événements qui les provoquèrent et en découlèrent, peut forcer les verrous mis à l'entendement. Comment comprendre le silence de Saint-Just, lors de sa condamnation comme tyran ? Lorsque la philosophie, plutôt que d'enquêter et d'interroger, pérore et enseigne le dogme, elle est bonne à jeter.
Félicité de Lamennais, prêtre catholique ultramontain, voulut d'abord rétablir l'autorité spirituelle du pape de Rome sur les indifférents en matière de religion, ceux qui ne cherchent que leurs intérêts. Salué comme le penseur authentique de la religion révélée universelle, il rompit l'allégeance lorsqu'il sut que l'Eglise instituée croupissait sous l'indifférence et accablait les humbles du devoir de soumission envers leurs maîtres. Interprète des Evangiles, il en restitua le sens originel, tout comme dans ses Essais il avait montré le divin en l'humanité, la vérité de la religion non pas dogmatique mais appelée par chaque homme. Son Esquisse d'une philosophie suivant L'Indifférence en matière de religion lui valut un déferlement de haine. Le miracle de François d'Assise, autorisé par le pape à rebâtir la maison, ne fut pas renouvelé : c'est qu'il n'y avait plus rien à faire qu'attendre la Tempête, le soulèvement et la destruction, la fin de la civilisation. Le présent essai met en évidence le cheminement vers l'infini, où furent conduits Babeuf l'athée et Simone Weil la mystique, guidés comme Lammenais le fut par le désir même de ce cheminement dont l'autre nom est le divin en nous. Le croyant quitte sa maison : la prison est un enfermement dans l'extérieur. Engager la foi dans la libération de l'oppression économique, politique, religieuse est une révolution interne, la bonne nouvelle que les hommes qui s'ignoraient sont libres et frères. Les paroles d'un croyant de 1834 sont la subversion de ce dix-neuvième siècle boursouflé d'intérêts et de mépris. Le Livre du Peuple, Une voix de prison, De l'esclavage moderne et autres écrits retracent cette voie du martyr, voie ouverte a la promesse faite au croyant que l'oppression n'est pas une fatalité, qu'en acceptant de souffrir, chacun pour tous, il atteindra le royaume de ce monde. Chrétien comme Emmanuel Mounier, Lamennais osa la religion de la révolte.
Comment la Révolution, commencée en 1789 par un acte d'abolition de la tyrannie et le serment de donner à la France une constitution, en arriva-t-elle à dégénérer, à produire une nouvelle aristocratie, à faire rentrer dans sa misère le peuple souverain ? Les débats d'idées tiennent une grande place dans les lectures de cette Révolution ; les effets émergents, les projets avortés de la raison constructiviste, les excès en tous genres et, bien sûr, la tyrannie de Robespierre sont au coeur de la lecture canonique depuis la révolution furétienne. Oublions ces sottises et cherchons dans les documents, les écrits, les discours ; dans les principes mis en avant et les pratiques qui les contredirent ; dans les mensonges des démagogues, les erreurs d'honnêtes incompétences ; dans les promesses impossibles à tenir, d'honorer toutes les dettes de l'Ancien Régime, de racheter tous les offices et revenus obtenus jadis par faveur et à peu de frais ; dans l'impérieuse nécessité de fonder un moyen de paiement, un organisme central de comptabilité, là où les comités locaux suppléèrent sans méthode aux caissiers à façon aux comptes invérifiables, aux épices et tours de passe-passe ; dans l'affrontement d'hommes intègres, qui ne se comprirent pas (Robespierre et Cambon) ; dans l'opposition entre initiative du peuple et mise en place d'un système monétaire et financier ; tout cela combattu, dans le silence des affaires d'abord, puis, après Thermidor, dans la revendication de la liberté d'entreprendre, de commercer, de faire de la finance à compte privé. La Révolution, qu'on a dite perdue par l'irruption du peuple sur la scène publique, fut gangrenée par tous ceux qui n'y virent et n'y trouvèrent que moyens de fortune. Et c'est encore au nom de la Nation, de la Patrie, de l'unité même, que la monnaie, après Thermidor, fut dégradée, puis liquidée ; les finances laissées dans le désordre d'agents infidèles, couverts ou dénoncés par des dirigeants corrompus. Désordre bénin ; la guerre de conquête devait tout régler. Alors vint le nouveau despote.
Résumé : Faut-il le rappeler ? La Révolution française dura dix ans, de 1789 à 1799. Loin d'être un lever de soleil - la " belle révolution " de 1789-1791 - suivi d'une irrésistible dérive, l'événement révolutionnaire épousa une ligne brisée où alternèrent abîmes et points culminants. La conjuration de Babeuf est un de ces points en ce qu'elle révèle la contradiction entre l'affairisme républicain issu de Thermidor et l'impulsion sans cesse renaissante de l'émancipation du peuple. Tombeau de Gracchus Babeuf où il importe de faire entendre la visée ultime propre au Tribun du peuple - ce que Charles Baudelaire appelait, à propos du babouvisme, " la suprématie de l'idée pure " -, ce livre met en scène les différents visages de ce personnage énigmatique, proche, à certains égards, du " promeneur solitaire ". Il rompt délibérément tant avec l'historiographie marxiste, qui faisait de Babeuf un précurseur du mouvement communiste, qu'avec la vulgate libérale, qui en fait soit un dément, soit un jacobin attardé ; à la fois anthologie des principaux écrits de Babeuf et commentaire raisonné de ceux-ci, il montre au contraire que, face à la glaciation de la Révolution, Babeuf eut pour vocation de rendre la parole aux opprimés et, dans le climat de liquidation du Directoire, de faire résonner de nouveau l'impératif du bonheur commun.
Les Modernes se définissent par l'assomption de l'individu. Celui-ci, supposé rationnel en finalité et en moyens, a en lui l'attribut de propriété avant toute élaboration du droit. Aussi suit-il ses intérêts. C'est le sentiment religieux de l'athée. Les Modernes ne font pas du radicalement neuf : ils raniment la tradition gnostique : le monde créé est mauvais et le salut est d'y échapper. L'individu moderne se déclare innocent de la misère, du sang versé et des oppressions subies ; il ne fait qu'agir selon une aspiration à exister librement en privé. Au-delà sont les ténèbres, et leurs franges nous sont données à voir sous les espèces monstrueuses de l'univers totalitaire qui résulte de la licence donnée à la mauvaise nature tapie en chacun de nous. Les gnostiques sont aux deux limites du matérialiste imaginaire : les uns disent savoir le mal latent et s'en prémunissent par l'abstention : pas de métaphysique de la recherche du Bien ; pas de mystique de la pureté ; pas d'utopie du bonheur. Ce furent d'abord les bourgeois, dessillés, désassombris par un entendement bien tempéré, rejetant au Ciel leurs résidus, comme au trou de mémoire. Ils sont aujourd'hui la société même. Tous et chacun savent qu'il n'y a rien de bon à s'aventurer dans les pensées totalisantes : à se livrer aux démons de la reconstruction du monde à partir du néant. Les autres gnostiques sont ceux qui ont succombé aux imaginaires délirants de l'homme puissant, et ont produit du monstrueux qui mène au néant. Où est, dans cette triste perspective, l'homme vivant , celui qui éprouve en lui l'appel de l'être, qu'il ne sait formuler en mots ni traduire en actes, mais dont il pressent l'urgence ? Celui qui ne peut croire que cette existence sinistre équivaille à la vie ? Chez qui s'impose le désir de découvrir l'autre, par là soi-même, de se mettre en rapport, de faire entrer le monde en lui ? Ni religieux ni mystique ni matérialiste, débarrassé de l'abstrait conceptuel.
Cette recherche part d'un intérêt pour la schizophrénie et des processus évolutifs qui peuvent être repérés. C G Jung a consacré sa vie à la description de ces dynamiques psychiques transformatrices. Ces potentiels s'animent lors de processus de crise psychique, de métamorphoses, ou lors d'épisodes psychopathologiques. Cette vision est de plus en plus partagée parmi les chercheurs en psychologie, en psychanalyse, en neurobiologie et dans les sciences du chaos.
Au matin du 22 mars 2016, en se rendant à son bureau, Caroline Choplin monte dans le dernier wagon de la rame de métro qui s'arrêtera brusquement à la station Maelbeek. Elle ne le sait pas encore, mais ce choix involontaire lui sauvera la vie. Trois ans après le double attentat qui a frappé la capitale belge, elle revient sur les émotions ressenties ce matin-là et celles des jours et des mois qui ont suivi le choc.
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.
La maladie d'Ehlers-Danlos est une maladie héréditaire qui touche, de façon diffuse mais très variable, l'ensemble du tissu conjonctif, c'est-à-dire la quasi-totalité des tissus du corps humain, à l'exclusion du système nerveux. Le diagnostic est possible, avec certitude, sur un regroupement significatif de signes cliniques et la présence d'autres cas familiaux. La transmission est systématique à tous les enfants de parents dont un, au moins, est atteint. C'est un argument pour éviter l'accusation erronée de violences sur un nourrisson qui présente des ecchymoses ou des fractures spontanées. Toutes les personnes avec un Ehlers-Danlos peuvent avoir des anévrysmes qui sont à rechercher systématiquement. Ce n'est pas une maladie rare mais au contraire très fréquente (2 % de la population française). Ce n'est pas une maladie orpheline puisque des traitements efficaces ont pu être mis en place pour atténuer les conséquences fonctionnelles, principalement des orthèses dont des vêtements compressifs spéciaux et l'oxygénothérapie intermittente. Ce livre vient apporter les réponses que des centaines de milliers de patients attendent pour expliquer leurs souffrances et les multiples situations de handicap qu'ils rencontrent au quotidien, le plus souvent dans l'incompréhension parfois hostile de leur entourage et de leurs médecins.