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L'éternel dans le fini. Rencontre de Maître Eckhart et de Simone Weil
Riviale Philippe
L'HARMATTAN
29,00 €
Épuisé
EAN :9782343001722
Depuis que Heidegger a clos la porte du débat métaphysique, les gens sérieux ont reporté les espoirs du peuple sur la morale laïque, ou citoyenne ; bref, les autorités du penser-qui-compte nous ont fait passer le discours du matérialiste imaginaire. Cet homme-là ne croit qu'en lui-même, tel qu'il se réalise en civilisation marchande. Dans le privé, c'est-à-dire le premier cercle de sa sphère privée d'existence, il connaît l'angoisse métaphysique. C'est que, s'il est parfaitement capable de traiter les autres comme des pierres, il n'y parvient pas pour lui-même, et d'autant moins qu'il a accumulé beaucoup. Nos maîtres à penser, de petits-maîtres en vérité, conseillent le sport et le développement durable comme remède aux plaies vives ; ce sont de tristes sires. Autrefois, Maître Eckhart (qui fut accusé d'hérésie) enseigna, éclairé par la joie, que le divin est en nous, non pas nous-mêmes dieux, mais dessein d'aller à l'éternité, amour du prochain, non pour ce qu'il est comme tel, mais en tant qu'il participe du désir de clarté, de justice et de partage. D'autres, que nous connaissons ou méconnaissons, éclairèrent le chemin. Puis vint Simone Weil, qui se nomme elle-même pécheresse (et fut accusée des pires crimes), et trouve, dans la souffrance d'exister, la tension vers ce qui dépasse la créature, l'inconnaissable qui tourmente les âmes refermées et rétives. Mieux vaut, dit-elle, ne pas croire en Dieu que prétendre le connaître, pis encore lui parler. Il est en nous une liberté absolument inconditionnée, sans esprit de puissance ni de restitution, qui mène à la découverte du divin dans le moi, à l'instant où le moi s'efface et s'offre à l'être qui l'accueille. La vie tient en nous : ni illusion ni superstition ; ni élection ni châtiment.
La gloire de Robespierre contraste avec l'obscure carrière de Babeuf. Loin de pousser à la violence armée, à la terreur, Babeuf voulut conjurer la misère. Il publia deux journaux, le Journal de la liberté de la presse et Le Tribun du peuple, ou le défenseur des droits de l'homme. Dans le premier, aveuglé par sa détestation de la tyrannie, il témoigne de l'événement majeur qui ruina la Révolution, et qu'une lecture mensongère falsifia. Le second le révéla à lui-même. Des piètres lecteurs et à des hâbleurs notoires affirment que Babeuf a évolué, de thermidorien à ultra anarchiste. Il ne fut ni l'un ni l'autre.
Les prophètes de la Tora, du moins les prophètes scripturaires, Amos, Osée, Michée, Isaïe, Ezéchiel, Jérémie, entendent une parole qu'ils transmettent aux leurs, peuple de Dieu. Ils disent que ce peuple a reçu une promesse, Canaan, et contracté une obligation, le désert. Un lieu double, celui de l'épanouissement et celui de l'appel de l'humain mis à l'épreuve. Si la parole juive est inscrite dans l'âme de ceux qui s'en réclament, comme une parole de filiation, un perpétuel commentaire vivant du dialogue, elle est une sauvegarde à laquelle n'ont pas accès les solitaires, les isolés du monde moderne. Elle est un " lieu hébraïque ", un lieu de présence vivante de la judéité. Mais si ce lieu n'est pas habité ? Eh bien, il en est de même, dirai-je, de ce lieu non moins vivant, d'où j'entends m'exprimer. C'est le lieu de l'aspiration à l'humain en nous, dont les locuteurs sont vivants : Fichte le philosophe, Gracchus Babeuf, son contemporain, le scandaleux prophète de l'impatience du bonheur, Simone Weil tant haïe par ceux qui l'ont rejetée parce qu'elle s'était voulue seule et non héritière. Ceux-là prophétisèrent hors de toute Alliance ; leur parole ne fut pas recueillie mais occultée, calomniée, moquée. D'Elie et d'Amos, André Neher dit : " en tous lieux où se fixe momentanément leur existence étrange, ils sont étrangers. " Et ce n'est pas là un orgueilleux dédain, car ils appartiennent par leur vie intérieure au peuple qui ne les écoute pas. On parle de l'originalité universelle du fait juif : c'est parce que l'appréhension juive du monde me paraît en effet universelle que j'y trouve la trace - une trace vivace dans le temps, vigoureuse dans ses refus - de la parole absolue de l'humain qui cherche à percer en nous.
Comment la Révolution, commencée en 1789 par un acte d'abolition de la tyrannie et le serment de donner à la France une constitution, en arriva-t-elle à dégénérer, à produire une nouvelle aristocratie, à faire rentrer dans sa misère le peuple souverain ? Les débats d'idées tiennent une grande place dans les lectures de cette Révolution ; les effets émergents, les projets avortés de la raison constructiviste, les excès en tous genres et, bien sûr, la tyrannie de Robespierre sont au coeur de la lecture canonique depuis la révolution furétienne. Oublions ces sottises et cherchons dans les documents, les écrits, les discours ; dans les principes mis en avant et les pratiques qui les contredirent ; dans les mensonges des démagogues, les erreurs d'honnêtes incompétences ; dans les promesses impossibles à tenir, d'honorer toutes les dettes de l'Ancien Régime, de racheter tous les offices et revenus obtenus jadis par faveur et à peu de frais ; dans l'impérieuse nécessité de fonder un moyen de paiement, un organisme central de comptabilité, là où les comités locaux suppléèrent sans méthode aux caissiers à façon aux comptes invérifiables, aux épices et tours de passe-passe ; dans l'affrontement d'hommes intègres, qui ne se comprirent pas (Robespierre et Cambon) ; dans l'opposition entre initiative du peuple et mise en place d'un système monétaire et financier ; tout cela combattu, dans le silence des affaires d'abord, puis, après Thermidor, dans la revendication de la liberté d'entreprendre, de commercer, de faire de la finance à compte privé. La Révolution, qu'on a dite perdue par l'irruption du peuple sur la scène publique, fut gangrenée par tous ceux qui n'y virent et n'y trouvèrent que moyens de fortune. Et c'est encore au nom de la Nation, de la Patrie, de l'unité même, que la monnaie, après Thermidor, fut dégradée, puis liquidée ; les finances laissées dans le désordre d'agents infidèles, couverts ou dénoncés par des dirigeants corrompus. Désordre bénin ; la guerre de conquête devait tout régler. Alors vint le nouveau despote.
La Révolution, à travers les disputes de ses législateurs, a porté très haut la question de l'instruction et de l'éducation des citoyens. La fin misérable de ce moment fondateur a abouti à une institution vouée à satisfaire l'individualisme, celui dont Tocqueville a signalé le péril, après que Benjamin Constant en eut fait la pierre de touche de la "liberté des Modernes". L'Empire et la Monarchie de Juillet n'ont fait que légitimer l'abandon du grand projet révolutionnaire. C'est de ce projet et des objections qui lui ont été faites qu'il est question ici.
La maladie d'Ehlers-Danlos est une maladie héréditaire qui touche, de façon diffuse mais très variable, l'ensemble du tissu conjonctif, c'est-à-dire la quasi-totalité des tissus du corps humain, à l'exclusion du système nerveux. Le diagnostic est possible, avec certitude, sur un regroupement significatif de signes cliniques et la présence d'autres cas familiaux. La transmission est systématique à tous les enfants de parents dont un, au moins, est atteint. C'est un argument pour éviter l'accusation erronée de violences sur un nourrisson qui présente des ecchymoses ou des fractures spontanées. Toutes les personnes avec un Ehlers-Danlos peuvent avoir des anévrysmes qui sont à rechercher systématiquement. Ce n'est pas une maladie rare mais au contraire très fréquente (2 % de la population française). Ce n'est pas une maladie orpheline puisque des traitements efficaces ont pu être mis en place pour atténuer les conséquences fonctionnelles, principalement des orthèses dont des vêtements compressifs spéciaux et l'oxygénothérapie intermittente. Ce livre vient apporter les réponses que des centaines de milliers de patients attendent pour expliquer leurs souffrances et les multiples situations de handicap qu'ils rencontrent au quotidien, le plus souvent dans l'incompréhension parfois hostile de leur entourage et de leurs médecins.
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.
Dans un contexte économique caractérisé par la mondialisation où les fusions, délocalisations et liquidations d'entreprises sont autant de risques pour les managers, la ressource principale de l'entreprise reste la connaissance. Véritable capital technique, social et culturel, il convient de la préserver, de l'enrichir et de la transmettre. Le capital mémoire de l'entreprise ouvre la voie au management des savoirs, à la gestion des connaissances et à l'ingénierie de la mémoire organisationnelle qui, chacun dans son domaine, cartographient les compétences et les savoirs que recèle l'entreprise et en définissent les enjeux stratégiques. Loin d'être un tout homogène, la mémoire de l'entreprise emprunte à de multiples sources, individuelles ou collectives, se pourrit de cultures conflictuelles et se fixe sur des supports composites - simples récits d'anecdotes, documents de presse ou institutionnels (affiche, film d'entreprise, banque de données...). Par-delà les clivages culturels, les querelles de territoires, les tactiques du secret, les justifications plus ou moins excusables de l'oubli, cet ouvrage montre en quoi la mémoire constitue, pour l'anticipation stratégique et la construction identitaire des collectifs de travail, un facteur-clef dé la communication d'entreprise. L'exemple des Chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire illustre toute là complexité et la richesse du capital mémoire d'une grande organisation.
Mukendji Mbandakulu Martin Fortuné ; Lianza Zalonk
L'ouvrage s'attèle à montrer le rapport dialectique entre la guerre et la paix. La guerre semble être le lot des hommes. Les causes, les sources de la guerre sont relevées ici. Les théories sur les guerres traditionnelles et modernes y sont développées. Il n'y a pas de paix sans guerre. Bien que celle-ci ait des germes de destruction de celle-là, elle en est aussi génératrice. Les relations entre les états sont sujettes à cette ambivalence. On fait la guerre pour avoir la paix. La guerre ne peut cesser que si les causes des conflits entre les nations, entre les hommes peuvent être extirpées. La paix est préférable mais elle reste à conquérir. Cette étude corrige l'opinion selon laquelle les relations internationales et la philosophie ne peuvent faire bon ménage. La polémologie et l'irénologie sont donc inséparablement liées aux réflexions philosophiques.