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Yves Klein. Expressing the Immaterial
Riout Denys ; Klein Yves
DILECTA
24,00 €
Épuisé
EAN :9782916275741
En avril 1958, Yves Klein, célèbre pour ses monochromes de couleur bleue, présente une exposition où ni peinture, ni sculpture, ni objet ne sont visibles. L'événement, bientôt connu sous le nom de "l'exposition du vide" , marque une étape décisive dans l'histoire de l'art. Le titre, qui n'était pas une suggestion de l'artiste, rendit le projet plus ou moins incompréhensible. Klein avait cependant expliqué ses intentions à plusieurs reprises. Grâce à sa "dématérialisation de la peinture" , il espérait créer "une ambiance, un climat pictural invisible, mais présent" capable d'exprimer - à travers son rayonnement - l'essence même de la peinture : la "sensibilité picturale immatérielle" . Peu après, Yves le Monochrome organisa des transferts "rituels" des "zones de sensibilité picturale immatérielle" en échange d'espèces sonnantes et trébuchantes. De sa première tentative de présentation de la "sensibilité picturale immatérielle" en 1957 à sa mort - à l'âge de 34 ans - en 1962, Klein n'a jamais cessé d'affiner et d'approfondir son projet. En parallèle, il pensait utiliser les corps des femmes comme des "pinceaux vivants" . En laissant l'empreinte de leurs corps sur des supports prévus à cet effet, elles produisaient des tableaux parfaitement visibles, les "anthropométries" . Loin d'être contradictoires, ces deux aspirations de l'oeuvre de Klein sont fondées sur une association qui est au coeur du mystère chrétien, l'Incarnation. C'est tout du moins l'intuition développée dans cet essai qui tente de localiser, au-delà de la disparité des créations, la profonde unité des préoccupations de l'artiste. In April 1958, Yves Klein, known for his monochromes and fondness for the colour blue, presented an exhibition in which no painting, sculpture or object was visible. The event, which was soon known as the "exhibition of the void, " marked a milestone. The title, which was not the artist's suggestion, rendered his project more or less incomprehensible. Klein had, however, explained his intentions on several occasions. Thanks to this "immaterialisation of the painting, " he hoped to create "an ambience, a pictorial climate that is invisible but present" capable of expressing-through its radiance-the very essence of painting : the "immaterial pictorial sensibility. " Shortly afterwards, Yves le Monochrome organised "ritual" transfers of "zones of immaterial pictorial sensibility" in exchange for large sums of money. From his first attempt at presenting the "immaterial pictorial sensibility" in 1957 to his death, aged thirty-four, in 1962, Klein never ceased going deeper into and refining his project. In parallel, he thought of using the bodies of young women as "living paintbrushes. " Leaving the impression of their bodies on supports provided for that purpose, they produced perfectly visible paintings, the "Anthropometries. " Far from being contradictory aspirations, these two modes of existence of Klein's oeuvre are based on an association that is at the heart of the fundamental Christian mystery, the Incarnation. That at least is the intuition developed in this essay, which attempts to locate, beyond the disparity of the creations, the profound unity of the artist's preoccupations.
Yves Klein (1928-1962), judoka, peintre et sculpteur, membre fondateur avec Pierre Restany du courant artistique " Nouveau Réalisme ", a marqué l'histoire de l'art au 20e siècle. Ce livre, présenté par Denys Riout, auteur de plusieurs ouvrages sur Yves Klein et sur la peinture monochrome, réunit deux textes proches et complémentaires: " Le Dépassement de la problématique de l'art " et la " Conférence à la Sorbonne ". Essentiels pour comprendre la démarche d'Yves Klein, ces textes sont accompagnés d'un disque contenant un document extrêmement rare: l'enregistrement restauré de la conférence tenue par l'artiste en 1959 à la Sorbonne. C'est une occasion unique d'entendre la voix et le timbre si particuliers d'Yves Klein. "Invité à exposer avec un groupe d'artistes composé de Bury, Tinguely, Roth, Breer, Mock Munari, Spoerri, Piene, Soto, je me rends à Anvers et, ou moment du vernissage, à l'emplacement qui mëtoit réservé dans la salle d'exposition d'Hessenhuis, au lieu d'y placer un tableau ou un objet tangible et visible quelconque, je prononce d'une voix forte devant le public ces paroles empruntées à Gaston Bachelard: "bâbord, il n'y a rien, ensuite il y a un rien profond, puis une profondeur bleue." L'organisateur belge de cette exposition me demande alors où se trouve mon œuvre. Je réponds: "Là, là où je parle en ce moment. Et quel en est le prix, de cette œuvre? Un kilo d'or, un lingot d'or pur d'un kilo me suffira"". La Conférence à la Sorbonne
En avril 1958, Yves Klein, connu pour ses monochromes et son attachement au bleu, présentait une exposition dans laquelle nul tableau, nulle sculpture, nul objet n'étaient visibles. Cette manifestation, bientôt nommée "exposition du vide", a fait date. Or ce titre qui n'était pas dû à l'artiste, rend son projet à peu près incompréhensible. Klein expliqua pourtant à de nombreuses reprises ses intentions. Grâce à cette "immatérialisation du tableau", il espérait "créer une ambiance, un climat pictural invisible mais présent" capable de manifester, par son rayonnement, l'essence même de la peinture: la "sensibilité picturale immatérielle". Peu après, Yves le Monochrome organisait des cessions de "zones de sensibilité picturale immatérielle", payables contre un certain poids d'or fin, échanges pour lesquels il conçut un "rituel". Depuis sa première tentative d'une présentation de la "sensibilité picturale invisible", en 1957, jusqu'à sa mort, survenue en 1962, à l'âge de trente-quatre ans, Yves Klein n'a jamais cessé d'approfondir et d'affiner son propos. Parallèlement, il imagina d'utiliser le corps de jeunes femmes comme "pinceaux vivants". Apposant l'empreinte de leur chair sur des supports disposés à cet effet, elles réalisèrent des peintures parfaitement visibles: des "Anthropométries". Loin de relever d'une aspiration contradictoire, ces deux modalités d'existence de son ?uvre s'appuient sur une articulation qui est au c?ur du Mystère chrétien fondamental, l'Incarnation. Telle est du moins l'intuition développée dans cet essai qui tente de retrouver, au-delà de la disparate des réalisations, l'unité profonde des préoccupations de l'artiste, catholique dont la dévotion à sainte Rita, patronne des causes désespérées, est attestée. Manifester l'immatériel, première étude exclusivement consacrée aux ?uvres immatérielles de Klein, entend décrypter la saga de cette fiction poétique et l'inscrire dans l'horizon culturel qui l'a rendue possible. C'est pourquoi l'enquête minutieuse menée à partir de nombreux documents connus ou récemment mis au jour, s'accompagne d'une plongée dans les racines philosophiques et religieuses de l'art occidental, préoccupé autant par la vérité qui gît dans l'invisible que par les splendeurs, les charmes du visible.
Le monochrome - le carré blanc sur fond blanc - est un objet ambiguReprésentation d'une absence de représentation, il est l'invisible rendu visible et semble donner accès à la quintessence de la vérité picturale: une icôneMélancolique, il fait apparaître la dérision d'une peinture malade et à bout de souffle: les humoristes rient de ces tableaux qui représentent des jeunes filles chlorotiques sur fond de neige... Entre l'absolu et le nihilisme, le genre déploie ses immenses et paradoxales possibilités: couleurs, tailles, matières font la richesse du monochromeLe livre de Denys Riout entreprend la cartographie de ce territoire en procédant non pas chronologiquement mais logiquement, en remontant d'Yves Klein jusqu'aux précurseurs ironiques du XIXe siècleLe leçon de la recherche est que les tableaux sont des objets conceptuels et sensibles datés. L'image n'est pas l'autre du discours mais un mode d'existence du savoir. La visibilité pure relève du mythe. L'?uvre est toujours un objet discursif intégré au monde de l'art et à ses catégories.Yves Michau
Génévrier-Tausti Terhi ; Riout Denys ; Caro Jean-F
Avant de devenir Yves le Monochrome, Yves Klein, l'homme du bleu devenu aujourd'hui un mythe, se passionne pour le judo. C'est ce qui le pousse en 1952 à aller jusqu'au Japon, où il obtient sa ceinture noire 4e dan. Quelques mois après son retour en France, à la fin de l'année 1954, Yves Klein publiera d'ailleurs quasi simultanément Les Fondements du judo et Yves Peintures, considéré comme son premier geste d'artiste. Ce long séjour au Japon, nourri de rencontres et de découvertes, marque assurément Yves Klein qui y fait souvent allusion, et continue d'alimenter les interrogations de tous ceux qui s'intéressent à son oeuvre. Celle-ci y puiserait-elle sa source ? A la suite d'Yves Klein USA et Yves Klein Germany, ce livre, préparé en collaboration avec les Archives Yves Klein, retrace ce voyage fondateur à travers plus de 150 documents d'archives dont beaucoup sont inédits - photographies, correspondances et reproductions d'oeuvres - éclairés par les textes de Terhi Génévrier-Tausti et de Denys Riout.
Le bruit des bonbons - The Astounding Eyes of Syria aborde la force de langage de la confiserie et des objets quotidiens. L'oeuvre explore les condensations de l'histoire, la résistance de nos héritages passés. Si le bonbon est un transmetteur universel qui humanise les relations entre les individus, il est ici l'objet moteur qui a le pouvoir de rassembler, de transmettre comme de se souvenir. C'est à travers la confiserie syrienne, que l'installation évoque et partage des souvenirs qui survivent au temps et à l'horreur de la guerre. Elle tisse des temporalités à la fois vraisemblantes et réelles sur fond de traditions partagées. Beaucoup de Syriens se retrouvent aujourd'hui autour de leur héritage vivant dont les souvenirs collectifs et individuels engagent la survie d'un immatériel qu'on ne saurait faire plier, réduire et oublier. Le Louloupti est un véritable petit bonbon qui nous rappelle les Abaib Ghouwar, petits sabots syriens en sucre, le souk d'Al-Hamidiyah et la Booza qui sont aujourd'hui plus que jamais dans la mémoire des Syriens en Jordanie, en France, au Canada, en Italie... Ces confiseries, objets-images et de liens, réparent notre regard et réveillent notre capacité à voir et à mobiliser. Imaginées par Benjamin Loyauté, ces sucreries narratives sont des agents transmetteurs, des actants. Durant plusieurs siècles, les peuples arabes introduisent le sucre dans la pharmacopée. Au XVIe siècle, le sucre était vendu par les apothicaires. Le bonbon avait ses vertus que l'histoire ne lui a pas depuis, reprises. Découverte en Syrie par Max Mallowan en 1937, l'idole aux yeux est une sculpture qui intrigue toujours et dont la fonction n'a jamais été véritablement tranchée. Le Louloupti dessiné à partir de cette archéologie est aussi spéculatif que tangible. En meringue et à la rose de Damas, il aurait aussi la fonction de prolonger le temps et les souvenirs comme de préserver l'avenir... En collectant les mots, les histoires et les "mémoires sucrées" de ses amis syriens sur des cartes postales, l'artiste et designer participe à la protection d'une culture dont la trace forme une armure. L'installation est une expérience "fictio-fonctionnelle" , où les objets-mots ont une force perlocutoire. Benjamin Loyauté utilise pour la première fois le terme design sémantique en 2014. Il définit alors le design comme un langage et développe ses premières installations autour des actes de langage. Il engage depuis une réflexion sur la géopolitique du design, nos sociétés contemporaines et l'ensemble de ses actes conditionnés par la langue, la culture, le temps et l'espace. "Les objets sont comme des mots et mes installations comme des histoires, aussi factuelles que spéculatives elles révèlent nos comportements, affectent nos certitudes et notre perception des choses" . B. L.
Figure majeure de la scène artistique française, Xavier Veilhan (né en 1963) vit et travaille à Paris. Son oeuvre est le résultat d'une pratique plurielle, entre sculpture, peinture, environnement, spectacle, vidéo et photographie. Il a fait l'objet de nombreuses expositions personnelles, en France au musée d'Art moderne de la ville de Paris (1994), au Centre Pompidou (2004) ou encore au château de Versailles (2009) ; mais aussi à l'international : Hong Kong, Séoul, Barcelone, New-York, Londres, Los Angeles, entre autres. En 2017, Xavier Veilhan représente la France à la Biennale de Venise avec un dispositif immersif dans lequel viennent travailler des musiciens du monde entier pendant sept mois. A travers un entretien avec l'artiste, des textes critiques mais aussi une sélection d'essais de différents acteurs du spectacle vivant, de philosophes ou de poètes, l'ouvrage aborde deux pendants de la production de Xavier Veilhan, le film et la performance : deux pratiques à la fois distinctes et complémentaires, qui interrogent à leur manière le lieu et le rapport à l'image. De son premier Film du Japon (2002) à Mutant Stage 8 réalisé en 2017 pour Lafayette Anticipations, Xavier Veilhan conçoit ses films comme une addition d'étapes, de gestes et de faits : un cinéma de situation, sans réelle narration linéaire. A l'instar de ses films, les performances de Xavier Veilhan se lisent en relation directe avec sa pratique formelle. Boucle et Ville nouvelle (2006), deux performances jouées à l'occasion de la cinquième édition de Nuit blanche (Paris), rappellent le lien étroit qui lie l'oeuvre et son contexte. Ailleurs, la performance vient souligner le propos d'une exposition (Performance aérienne, 2012) ou la compléter, comme à Los Angeles (2012), où la Case Study House n°21 sert de pilier à l'élaboration d'une dialectique entre architecture et sculpture. Dans l'ensemble de ses oeuvres filmiques et scéniques, un rôle central est accordé à la musique. Elle y est presque mise en scène, au point de devenir un personnage à part entière.
Non sans humour, le travail de Laure Prouvost joue avec le langage et les codes de notre société, en particulier ceux qui guident l'adolescence. L'instabilité de ce passage de l'enfance à l'âge adulte est au coeur de la réflexion qu'a menée l'artiste au musée départemental d'Art contemporain de Rochechouart en 2015. L'exposition "We Will Go Far" révèle son intérêt pour l'exploration, les rêves d'ailleurs, les pistes mystérieuses. Pensée comme un contre-point, l'exposition "A Way to Leak, Lick, Leek" à la Flax Foundation, à Los Angeles, interroge les mêmes dimensions. L'ouvrage se compose comme un carnet de voyages, au sein duquel se rencontrent les thématiques explorées à Rochechouart et Los Angeles. Deux parties, l'une nourrie de l'exposition française, l'autre de l'exposition américaine, sont séparées par une série de photographies, d'installations, de captures de ses films. A rebours du catalogue classique, le propos tente de dessiner une narration, vécue du point de vue de l'adolescence. En lien avec les thématiques explorées par Laure Prouvost, l'oeil se déplace dans l'ouvrage et l'invitation au voyage se retrouve dans des notes manuscrites de Laure Prouvost, insérées çà et là dans les pages. Ce livre révèle la façon dont les films immersifs, les installations, les dessins et les tapisseries de Laure Prouvost, mêlant représentation du désir, onirisme et description fantasmée de la nature, mettent en péril notre relation au langage et à la compréhension à travers l'intrication de narrations complexes et de moments surréalistes qui nourrissent son approche, inhabituelle, des conventions du cinéma et de l'image. Il est enrichi de textes des commissaires, Annabelle Ténèze et Martha Kirszenbaum, ainsi que d'essais de l'écrivaine américaine Joan Didion (inédit en français) et des auteurs français Mehdi Meklat et Badroudine Saïd Abdallah.
Le parcours de Heinz Mack se déploie depuis 1950, à l'Académie des beaux-arts de Düsseldorf, alors encore en pleine reconstruction, où il effectue ses premières recherches graphiques et découvre les avant-gardes historiques. Après des études de philosophie à l'université de Cologne de 1953 à 1955, il effectue de nombreux voyages au Sahara où ses réalisations, dès 1962, préfigurent le land art. 1957-1966 est une période-phare : Heinz Mack est, avec Otto Piene puis Günther Uecker (celui- les rejoint en 1962), le fondateur et l'acteur central de ZERO, une entité artistique à géométrie variable qui réforme le principe même de l'art abstrait à l'aune de la peinture monochrome, du mouvement, de la phénoménologie et des sciences cognitives, sans oublier les années 1970 et 1980, pendant lesquelles nombre de ses sculptures, volontiers monumentales, intègrent l'espace urbain allemand. Sur sa carte de visite, Heinz Mack se présente en qualité de "sculpteur et peintre" . L'ordre de ces mentions est important : il fait prévaloir la modulation de la matière dans l'espace sur la création d'images à la surface du tableau. Autrement dit, même les toiles que l'artiste tend sur châssis dès le milieu des années 1950 sont recouvertes d'une matière dont les empâtements abondants les tirent vers ce domaine intermédiaire de l'histoire de l'art, situé entre la peinture et la sculpture, qu'est le relief. Ces reliefs, quant à eux, sont à proprement parler des sculptures murales, c'est-à-dire que leurs éléments forment une saillie conséquente par rapport au plan sur lequel ils sont fixés. Comme des sculptures en ronde-bosse, ils sont constitués le plus souvent de matériaux traditionnels (peinture, métal, bois, pierre, verre, plexiglas, plâtre ou sable) et traités avec des outils d'atelier qui le sont tout autant. Pourtant, contre toute attente au vu de cette description matérielle et technique, leur apparence demeure insaisissable, toute fixation mentale ou photographique semble impossible. Cette apparence, donc, consiste en un jeu perceptif incessant avec la lumière et l'espace réel. La matière y semble littéralement consumée par les jeux de réflexions et l'oeuvre n'existe que dans un double mouvement d'apparition et de disparition. Il s'agit là d'un paradoxe, indissociable de l'histoire du cinétisme et de l'art perceptuel dont Heinz Mack fut un acteur central, entre l'évidence du fait matériel et la complexité de ses effets. Une même tension s'applique à l'arborescence de la vie de l'artiste, qui ne saurait être abordée avec fidélité depuis un point de vue fixe ou selon une perspective centrale". Matthieu Poirier "J'ai toujours recherché la simplicité parce que le monde déborde d'images et celles-ci n'apportent que de la confusion. Mais cette simplification, précisait-t-il, ne saurait être assimilée à un appauvrissement : elle produit de l'énergie". Heinz Mack