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Abbon de Fleury. Un moine savant et combatif (vers 950-1004)
Riché Pierre
BREPOLS PUBLISH
42,80 €
Épuisé
EAN :9782503510965
Il y a mille ans, le 13 novembre 1004, à la Réole, sur les bords de la Garonne, mourait un abbé de Fleury, Abbon. Sa mort violente pour la cause de la réforme monastique le fit vénérer d'emblée comme un martyr. Aujourd'hui nous célébrons le millénaire de cet événement. Abbon, né vers 950 à Orléans, fut un des grands moines de son siècle, entraînant son monastère dans la ferveur et le travail, soutenant d'autres monastères sur ce chemin. Abbés, moines,chanoines, mais également les princes venaient le consulter, confiants dans sa science du droit et son discernement. Elu abbé de Fleury en 988, il participa à plusieurs conciles où il se distingua par des prises de position très fermes en faveur du mondemonastique. Abbon fut un savant réputé, l'un des plus connus de son époque, un de ceux par qui nous a été transmise la science de l'Antiquité. Il exerça une influence sur la législation de son temps, dans le respect du droit. au service de la liberté de tous, et il fut ainsi un précurseur de l'effort que notre époque s'attache à promouvoir. En outre, par ses voyages en Angleterre et en Italie, par ses relations multiples à travers l'Occident, Abbon est déjà, d'une certaine manière, une figure européenne.
En 476 un chef barbare prend, à Ravenne, la place du dernier empereur d'Occident. En 774, à Pavie, Charlemagne un roi barbare franc met fin au règne du dernier roi lombard et prend sa place. Entre ces deux dates se déroulent trois siècles d'histoire décisive pour l'Europe. C'est la fin des Grandes Invasions, l'installation des royaumes barbares, celtes et germains, la soumission d'autres peuples alamans, thuringiens, frisons, bavarois. Au VIe siècle, les royaumes méditerranéens maintiennent bien des traditions romaines. Au VIIe et au VIIIe siècle les influences barbares semblent l'emporter au moment où s'affrontent rois et aristocrates. Mais l'Eglise catholique qui d'abord s'était installée dans l'empire romain "passe aux Barbares", au risque de perdre beaucoup de ses valeurs. Elle baptise, se mêle des affaires temporelles, invente une nouvelle culture. Au milieu du VIIIe siècle est scellée une alliance entre rois francs et Eglise romaine qui détermine pour des siècles le destin de l'Occident. Ainsi ces trois siècles voient se créer l'Europe médiévale dont les Carolingiens feront par la suite une première ébauche.
Gerbert "fut un philosophe et un savant curieux de tout, passionné de mathématiques comme d'astronomie, aussi bon connaisseur de la science arabe que de la culture antique. Elevé à Saint-Géraud d'Aurillac et formé en Catalogne, écolâtre de la cathédrale de Reims (c'est-à-dire responsable de l'un des, tout premiers centres d'enseignement en Occident), il fut le plus grand" intellectuel "de son temps. Abbé du très riche monastère italien de Bobbio, archevêque de Reims, puis de Ravenne, avant d'occuper le trône de saint Pierre de 999 à 1003 sous le nom de Sylvestre II, ce simple moine auvergnat à la personnalité très affamée sut être, au terme d'une surprenante ascension sociale, un homme d'influence et de pouvoir. Grand politique, il fut le précepteur et l'ami de l'empereur Otton III, et l'élection d'Hugues Capet ne se serait pas faite sans son intervention auprès du haut clergé franc... Enfin, c'est grâce à ses initiatives que virent le jour les Eglises nationales de Hongrie et de Pologne qui sont aujourd'hui parmi les plus florissantes. Qu'il s'agisse des affaires politiques, des problèmes religieux, du débat des idées, il a imprimé sur la fin du XIe siècle sa marque indélébile. Le premier pape français est bien l'homme clé de l'an mil."
e texte présenté ici date de la fin du XVe siècle. Le Manuale T Scolarium a été écrit par un auteur inconnu sous forme de dialogues. Depuis l'Antiquité, bien des discussions et des conversations ont été écrites. Ce genre littéraire est particulièrement utilisé pour les traités pédagogiques : dialogues entre un père et son j fils, un maître et son élève, un roi et son héritier, etc. Mais les dialogues entre deux jeunes gens, moines ou étudiants, sont j bien plus rares. On connaît, pour le IXe siècle, celui qu'a écrit Alcuin qui présente deux jeunes disciples, un franc et un saxon qui conversent à propos de la grammaire. Au XIe siècle, le "Colloque" d'Aelfric Bata écrit un dialogue entre quelques jeunes moines anglo-saxons. Pour le siècle suivant, nous n'avons pas de dialogue entre jeunes gens, avant ce Manuale Scolarium. Ce texte est un témoignage vivant de la vie des étudiants à l'université d'Heidelberg et offre un regard sur les relations des étudiants entre eux et sur leur appréciation de la vie universitaire.
Pierre Riché est professeur émérite d'histoire médiévale à l'université de Paris X-Nanterre. Au VIIe siècle, alors que s'affrontent encore les héritages celte, gréco-romain et germanique, la première unité européenne voit le jour. Elle est l'?uvre des Carolingiens, une famille aristocratique qui mène une habile et patiente stratégie d'alliances avec les territoires voisins. Maîtres de l'Austrasie, puis de la Gaule, ils créent un empire qui regroupe pendant un siècle une grande partie de l'Occident. Cet empire engendre à son tour les royaumes et les principautés ancêtres des nations modernes. Les Carolingiens mettent en place les institutions politiques,sociales et religieuses qui caractérisent le Moyen Âge: conception religieuse de la royauté, État pontifical, vassalité, etc. Cette remise en ordre unificatrice s'accompagne d'un renouveau culturel et artistique. Il est au fondement de la civilisation occidentale.
A la fin du dix-huitième siècle, l'énigmatique Ba'al-Shem-Tov, mystique et thaumaturge, illumina de son charisme les communautés juives de Pologne et suscita le mouvement des Hassidim (les "pieux"). Malgré l'opposition de certains rabbins, le hassidisme gagna les coeurs des foules ashkénazes par sa piété chaleureuse et le rayonnement de ses maîtres spirituels, les rebbés, qui ont parfois formé de véritables dynasties. Décimés par le génocide hitlérien, les Hassidim perpétuent aujourd'hui à Jérusalem, New-York ou Anvers leur amour inconditionnel du judaïsme et bien des traditions des Juifs d'Europe centrale. Formé à Louvain-la-Neuve et Jérusalem, Edouard Robberechts s'est pris de passion pour cette branche souvent mal connue du judaïsme. Son livre aborde de manière nuancée toutes les facettes de l'univers hassidique, son histoire tragique, ses accents doctrinaux et la valeur mystique qu'il confère aux moindres instants et détails de l'existence de ses adeptes. Une anthologie de quelque cinquante textes permet d'entendre la voix de tous les grands rebbés hassidiques, qui furent de merveilleux exégètes, conteurs et poètes.