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Terres médiévales
Ribémont Bernard
KLINCKSIECK
72,50 €
Épuisé
EAN :9782252028834
Lorsque Thalès de Milet prétendait que la terre flottait sur les eaux, il tentait en ces temps premiers de la philosophie de répondre à une interrogation qui hante encore l'esprit humain : comprendre la structure de l'univers, connaître le monde qui l'environne, tout particulièrement cet étrange objet qui lui permet de vivre : le globe terrestre. L'existence même du globe terrestre est un appel incessant à l'interrogation sur l'origine, au questionnement sur la nature et sur la place occupée par l'homme dans cet univers qui l'écrase, lui fournit la vie et lui offre l'aventure de décrypter les inconnus qui s'offrent à lui. Les hommes du Moyen Age n'ont pas échappé au questionnement de la Terre. Ils l'ont parcourue, dans les possibilités de voyages offertes à l'époque. Ils l'ont écrite, décrite, rêvée. Ils ont bâti des théories tentant d'expliquer les phénomènes naturels qu'ils pouvaient observer directement ou que les ouvrages savants de l'Antiquité leur proposaient. Mais la terre, c'est aussi, depuis les premiers temps de la pensée grecque, un des quatre éléments qui régissent la structure profonde de l'univers, comme les complexions et humeurs qui agitent ce microcosme qu'est l'organisme humain. La terre c'est le lourd, c'est le grave par excellence, qui tend vers le centre du monde. C'est le froid et le sec, c'est la source de tous ces métaux que l'homme rêve de maîtriser, de transformer. Derrière celui qui regarde le sol et imagine, se profile l'alchimiste. Le Moyen Age, surtout à partir du XIVe siècle, a été aussi une époque où l'alchimiste a joué un rôle non négligeable dans la constitution du savoir. D'où la nécessité, si l'on veut englober tout le discours portant sur la Terre, de faire une place à l'alchimie. Pris dans la richesse, le foisonnement de cette pensée et de cette écriture multiformes par excellence qu'offre le Moyen Age, le thème de la Terre se révèle donc être un vecteur fondamental d'étude des savoirs et des mentalités de l'époque.
Raymond Lulle, philosophe, est aussi thoricien de la mdecine. Tout au long de sa carrire d'crivain, il s'est intress au statu de cette discipline, fonde sur les thories grecques et enseigne au Moyen ge dans les coles clbres de Salerne et de Montpellier. C'est Montpellier qu'il crit ses Principes de mdecine, une poque o la pharmacologie s'appuie sur la notion de degr, qui jauge l'efficacit des mdicaments. labore par Galien, cette notion s'est transmise au cours des sicles, sans modifications notables. Les Principes de mdecine comportent un rappel de la thorie des quatre lments, mise au point par Aristote, ainsi qu'un dveloppement de la gnration et de la corruption, dans la ligne du philosophe grec. L'ouvrage insiste aussi sur l'quilibre et le dsquilibre des humeurs, ressorts de la sant et de la maladie. Sont comments galement les fivres, les urines, le pouls et diverses notions regroupes au terme de propos apprcis et comments jusqu'au XVIIIe sicle.
Résumé : Dans l'épopée médiévale, des thèmes centraux structurent de façon récurrente le discours sur le droit et la justice : la vengeance, l'honneur, la trahison. Dans ses absolus, la chanson de geste projette un idéal de justice qui demeure toujours sous le regard de Dieu, même dans des situations d'injustice flagrante. Mais, dans ses multiples linéaments, la chanson de geste rend également compte des courants qui traversent la société médiévale en matière de règlement de conflits. Elle entend souvent donner l'illustration d'une norme, ce pourquoi le traître est un personnage clé, car celui qui transgresse révèle en même temps. Cette norme lui échappe aussi, à cause des tourbillons de la fiction, de la logique de la création d'une part, mais, d'autre part, parce que les pratiques judiciaires du Moyen Age offrent aussi une vraie palette de comportements et de conceptions, même avec la régulation progressive qui s'opère sous la double pression de la construction d'un Etat moderne et de l'influence du droit savant. La chanson de geste n'est-elle pas alors une véritable " machine judiciaire ", non exclusivement, certes, mais profondément, selon une mécanique aux robustes rouages, toutefois sujette à étonnantes variations, pouvant aller jusqu'au grippage ? A une telle question tentent de répondre les contributions réunies ici, à la suite d'un colloque s'étant tenu à la Faculté des Lettres d'Orléans, les 21 et 22 juin 2007 dans le cadre du programme de recherche La lettre er le droit.
Le théâtre en langue française naît à la fin du XIIe siècle avec le Jeu d'Adam et s'inscrit donc dans la tradition, existant déjà en latin, du théâtre religieux ; mais il se dit dans la langue que parle le peuple, opérant ainsi un pas décisif vers une désacralisation du théâtre, qui va progressivement quitter l'espace exclusivement religieux pour conduire au théâtre profane du XIIIe siècle. Cette nouvelle forme de théâtre en français ne chasse pas pour autant le drame religieux. Le théâtre religieux et le théâtre profane se développeront de concert, même ils s'interpénètreront : la farce, une invention du XVe siècle, servira d'intermède dans les grand drames religieux du temps, les mystères, et certaines de ces pièces, comme Pathelin, annonceront la comédie. Celle-ci, avec la tragédie, formera les bases du théâtre nouveau qui se développe à partir du tournant du XVIe siècle, qui signe au passage la mort du théâtre des mystères médiévaux. Cet ouvrage propose un parcours permettant de découvrir la richesse, la complexité et l'inventivité d'un théâtre trop peu connu du public contemporain, et qui mérite d'être redécouvert.
Lorsqu'il est question d'encyclopédisme au Moyen-Age, c'est en premier lieu au XIIIe siècle que l'on songe, à cette période où les grandes encyclopédies, comme celle de Vincent de Beauvais ou de Barthélemi l'Anglais virent le jour. Pour le XIIe siècle, on pense bien plus au monde des Ecoles, avec ses maîtres commentant Platon, Virgile, les auteurs de l'antiquité tardive, puis découvrant les traductions arabo-latines. Le XIIe siècle, du point de vue de l'histoire des savoirs, pourrait alors se caractériser par un élan vers la découverte de la nature, nature livresque, appuyée sur les textes des auteurs anciens, mais portée par les Modernes, les Arabes en particulier. On peut se demander si un tel élan peut aussi favoriser l'émergence d'une écriture encyclopédique. Si tel est le cas, se pose alors la question de l'identification, de la nature de textes pouvant être qualifiés d'encyclopédies ; quelle place occupent-ils dans une tradition qui remonte, pour le Moyen-Age, à Isidore de Séville ? Le présent essai se propose d'apporter des éléments de réponse à de telles questions. Au long d'un parcours dans les réflexions sur la nature qui surgirent alors, il tentera de déterminer quelle fut la part d'un éventuel encyclopédisme dans le vaste débat qui anima les écoles des XIe et XIIe siècles. La "renaissance" du XIIe siècle apparaît alors surtout comme une période transitoire, d'où sortiront les grandes encyclopédies du XIIIe siècle, période dont la fin est marquée, en matière de tradition encyclopédique, par l'ouvrage d'Alexandre Neckam, qui ouvre la voix au "post-isidorisme".
Des débuts de la littérature américaine jusqu'au XXe siècle, les écrivains et les intellectuels américains éprouvèrent le besoin de visiter l'Europe pour évaluer la civilisation dont ils étaient séparés et se situer par rapport à elle. Ils croyaient à l'infériorité intellectuelle de l'Amérique et pensaient que leur éducation ne serait complète que lorsqu'ils auraient pris contact avec une civilisation plus ancienne. La tendance à l'expatriation de l'intelligentsia américaine trouve donc son origine dans les liens traditionnels et culturels qui rattachaient le Nouveau Monde au Vieux Monde.
Résumé : Par modestie, vraie ou fausse, Faulkner a plusieurs fois déclaré que Thomas Wolfe était le meilleur romancier de sa génération. Il entendait par là que c'est lui qui avait visé le plus haut et que, même s'il n'était pas parvenu à réaliser ses ambitions, son échec était plus glorieux que la réussite (relative) de ses rivaux. L'oeuvre de Thomas Wolfe appartient donc à l'empyre de la littérature américaine et cependant, pour diverses raisons, malgré la réputation dont elle jouit aux Etats-Unis et le grand succés qu'elle a rencontré en Allemagne, elle est presque complétement ignorée du public français.