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L'un pour l'autre. Récit
Rheims Nathalie
GALILEE
14,00 €
Épuisé
EAN :9782718605272
Louis, son frère, mort il y a dix ans. De longues années durant lesquelles elle a éprouvé l'exil du deuil. Puis, un lent glissement ébauché, un pas vers le difficile retour à soi, ce voyage nécessaire... Nathalie laisse naître en elle l'image d'un compagnon : ce sera l'acteur disparu Charles Denner dont elle entreprend de retracer la silhouette avec l'intention, le besoin, de le ramener à la vie. Charles, Louis, deux figures que rien au fond ne distingue. Ce pourrait s'appeler un détour - à l'image de ce vouvoiement qu'elle adresse à Denner -, celui qu'imposent l'expérience de la perte de l'aimé, la fragilité et la pudeur du souvenir. S'il a forme d'autoportrait, ce détour est aussi un jeu de miroirs où les identités - celle du narrateur, celle des destinataires - alternent et s'altèrent, diffusant alentour la violence de la douleur et de l'espoir simultané.
Une fille et son père. Tous deux écrivent mais ne se parlent pas. Il va mourir. Un jour il lui envoie un bouquet d'anémones avec une lettre. Plutôt que de lire la missive, la jeune fille va écrire, tracer le portrait de son père.
Tout était si simple avant toi/je suis morte de cet amour... " Enfermée seule dans une chambre, une femme monologue. Repliée, comme emmurée, elle ne peut plus bouger. Une autre femme semble se glisser auprès d'elle. Sans yeux, sans visage. Elle l'étreint. Qui est-elle ? La femme parle encore. Elle attend toujours. Elle songe qu'elle va se réveiller. Elle sait qu'elle ne vivra jamais avec lui. Il est trop tard : le temps a basculé. Sous nos yeux, un puzzle se fait et se défait, une bataille sourde et vide d'espoir se déroule. C'est un long voyage qui commence dans cet espace clos. Des néons s'allument et s'éteignent. La nuit enferme le jour. Récit d'une passion, récitatif douloureux, Lettre d'une amoureuse morte tend un miroir où chacun, homme ou femme, peut se reconnaître. Le lire, c'est en partager le risque, en mesurer l'implacable sincérité.
Avec Le Cercle de Megiddo, Nathalie Rheims nous ramène aux sources de nos croyances, elle nous plonge dans les mystères de l?astrologie et les secrets de la kabbale. Maya est une jeune archéologue. Elle quitte Londres, un lundi matin, pour rejoindre le professeur Friedmann qui vient de faire une importante découverte sur le site de Megiddo, au nord d?Israël : la mise au jour d?un sanctuaire chaldéen qui remet en cause les origines de la Bible. Des messages apparaissent alors sur les téléphones portables, dont certains menaçants : « Il vous reste douze jours. » Une malédiction semble s?être mise en marche, chaque jour une nouvelle victime succombe, dans un compte à rebours inexorable?
L'étrange parfum des fleurs exotiques, la couleur des balisiers, la poétique de la toponymie, les formes tropicales transformées en forces, le cimetière qui est une plage, la trace sur le sable d'un enfant à venir, le pays natal où l'on n'est pas né, la vie sous l'eau, le regard d'un serpent, l'oeil d'un poisson flûte, la lenteur des animaux marins, les séquences d'une pêche miraculeuse, les lumières de la nuit dans un mouillage, l'ombre de Gauguin, la géométrie cosmique d'un squelette d'oursin, le surgissement d'un cercueil, la secousse d'un tremblement de terre, les temps de l'holothurie ou du colibri, le langage des bateaux, la déesse rousse du volcan, les lumières d'un vaisseau fantôme, la naissance de la nuit, la cérémonie d'une noce païenne, l'énergie du rayon vert, le partage des eaux avec une tortue, la furie d'un combat de coqs, la mélancolie du carnaval : la poésie est toujours autobiographique. Voici l'un de mes journaux.
Que puis-je faire d'autre aujourd'hui, pour camper ici, dans ce Collège d'études mondiales en création, la question si générale de l'altérité - peut-être la plus générale de la philosophie - que d'indiquer en commençant d'où - par où - je l'aborde? Donc, pour éviter des vues trop vagues et les banalités qui déjà nous menacent, de vous inviter à entrer dans la singularité - modeste - de mon chantier? Que puis-je faire d'autre, autrement dit, pour débuter ce périlleux exercice de la "Leçon", que de me justifier dans ma nature hybride: de philosophe et de sinologue? J'ai dit souvent, quitte à provoquer un haussement d'épaule chez mon interlocuteur, que, jeune helléniste à la rue d'Ulm, j'ai commencé d'apprendre le chinois pour mieux lire le grec... Nous disons si volontiers, en effet, que nous sommes "héritiers des Grecs". Mais, justement, la familiarité n'est pas la connaissance. Ce qui est "bien connu", disait Hegel, n'est, de ce fait, pas connu, weil es bekannt ist, nicht erkannt. Il faut, dirons-nous, de l'autre pour y accéder. Mais pourquoi le chinois? Pourquoi la Chine? Je n'avais, par famille et par formation, vraiment rien à voir avec la Chine. Mais justement...
Il ne s'agit pas d'ajouter quelque chose à Derrida. Pas non plus de suppléer à des manques chez lui. Rien du double sens de ce mot — supplément — dont il a fait une de ses signatures conceptuelles. De manière générale, on ne complète ni on ne remplace jamais rien dans l'oeuvre d'un auteur : elle vaut telle qu'elle existe. Je pense plutôt à un troisième sens du mot, à ce sens littéraire ou journalistique selon lequel on joint une publication à une autre pour offrir un autre registre ou un autre aspect (un supplément illustré, sonore, ou bien encore le Supplément au voyage de Bougainville...). Ces textes écrits au gré des circonstances — colloques, ouvrages collectifs — et au fil de vingt-cinq années ne sont ni des études, ni des commentaires, ni des interprétations de la pensée de Derrida. Ce sont, pour le dire ainsi, des réponses à sa présence — telle qu'elle est venue et qu'à nouveau elle nous vient, supplément d'elle-même.