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Res Publica. Généalogie et défis contemporains
Bourdin Bernard ; Daguet-Gagey Anne ; Piettre Paul
PU ARTOIS
21,00 €
Épuisé
EAN :9782848326085
Comment faire monde commun ? Comment rechercher aussi le Bien commun ou la conservation collective de la vie sans rien renier de la pluralité humaine ? Cet ouvrage interdisciplinaire se donne pour ambition de renouveler le concept de République, depuis le moment romain, en explorant les notions de citoyenneté, de souveraineté, de représentation, de consentement et le rôle que le christianisme y a joué. Fruit de quatre années de recherches pluridisciplinaires, ce volume constitue les actes du colloque organisé par les membres du Groupe Religions, Eglise et Politique (GREPO) à l'Institut Catholique de Paris. Pour réaliser ce travail d'investigation sur les continuités et les ruptures qui traversent la signification et la mise en oeuvre de la Res publica, plusieurs concepts ont été mis à l'épreuve de la contextualité historique et des enjeux liés à leur définition normative. Quatre thématiques ont été retenues : Espace public ou ordre public ? Souveraineté : représentation ou délibération ? Consentement ou défiance ? Citoyen-croyant : quelle place dans la démocratie ? L'actualité de ces questions est mise en lumière par la conférence de Stéphane Rozès, qui restitue les grands traits de son ouvrage publié en dialogue avec Arnaud Benedetti, Chaos. Essai sur les imaginaires des peuples (Editions du Cerf, 2022).
Résumé : Le problème théologico-politique est depuis ces dernières années abondamment traité à la faveur des oeuvres de Carl Schmitt et, plus largement, des débats relatifs à la place des religions dans l'espace public et politique. De là une inflation de l'expression " Théologie politique " sans jamais rigoureusement préciser à quelle théologie et à quelle tradition religieuse renvoie cette expression. Ce manque de précision vaut à l'intérieur même du christianisme. S'il existe un phénomène théologico-politique chrétien, celui-ci n'en est pas moins polysémique en raison de ses périodisations historiques et de la pluralité de ses traditions ecclésiales. Cet ouvrage entend articuler l'originalité du théologico-politique chrétien dans sa globalité à ses différentes composantes, tout en dégageant des concepts spécifiquement chrétiens. Au nombre de ceux-ci, celui de médiation occupe une place centrale, à commencer par ceux de médiation du Christ et de l'Eglise. Mais l'ouvrage vise aussi à démontrer que la médiation chrétienne, dans ses conséquences théologico-politiques, a eu une signification décisive dans la genèse de la modernité séculière avec l'avènement de l'Etat et de l'Etat libéral. On ne saurait donc faire l'économie d'une interprétation théologico-politique de la constitution autonome/séculière des sociétés européennes et occidentales comme l'attestent les philosophies politiques de l'Age classique.
Bourdin Bernard ; Sapir Jacques ; Renouvin Bertran
Résumé : Qu'est-ce qui fonde la souveraineté ? De quand date-t-elle ? Quelle était sa place dans les régimes politiques antérieurs à la Révolution française ? Pour répondre à ces questions, un économiste laïque, Jacques Sapir, et un philosophe dominicain, Bernard Bourdin, se confrontent. Quand le premier évoque les fondements du pouvoir à Athènes, dans la Rome impériale et au Moyen Age, l'autre revient aux origines de la notion de peuple dans l'Ancien Testament, sur l'essence de l'autorité papale et la doctrine de La Trinité. C'est aussi l'occasion pour eux de dialoguer avec d'illustres penseurs : Platon, saint Augustin, Bodin, Hobbes, Spinoza, Locke ou encore Marx. Cette réflexion d'ordre historique et philosophique montre qu'il n'y a pas d'humanité sans racines, sans origines, sans legs, que ce soit pour celui qui croit au ciel comme pour celui qui n'y croit pas. Un ouvrage indispensable pour comprendre les enjeux de la souveraineté nationale dans son rapport au phénomène religieux en Occident.
Résumé : Y a-t-il incompatibilité entre la loi de Dieu et la loi de la République ? Non répond l'auteur ; les deux lois ne sont pas du même ordre et les Chrétiens sont à même d'être non seulement des citoyens de plein exercice, mais les moteurs d'une démocratie renouvelée. Le chrétien apporte une plus-value à la vie démocratique. Pour en faire la démonstration l'auteur commence par un diagnostic sur la situation actuelle de la démocratie et son rapport aux religions. Puis il en vient aux difficultés du christianisme à se faire entendre dans ce monde démocratique. Dans cet ouvrage Bernard Bourdin développe de nombreux thèmes, historiques et contemporains : l'autorité et le pouvoir, la légitimité, le bien commun, la nation, la représentation politique, le dialogue des civilisations et pour conclure l'urgence écologique. Or, par rapport à ces questions, il montre que la foi du-chrétien est une ressource civique. Car l'originalité chrétienne est de ne pas réduire la vie politique. D'où sa mise en avant de la notion clé, la dé-coïncidence. Tout le défi de la démocratie est qu'elle ne peut jamais faire coïncider la vie politique avec le droit, comme elle ne peut jamais faire coïncider les exigences de la politique et de la religion. L'originalité de la responsabilité civique ne réside dans aucune norme préétablie juridique ou religieuse, mais dans la délibération publique. La démocratie est par conséquent la preuve de l'inachèvement de la vie terrestre. Elle ne coïncidera jamais avec le Royaume de Dieu.
Il n'existe pas pour l'instant de volume spécifiquement consacré à Joris-Karl Huysmans critique d'art des primitifs allemands et flamands. Ce volume veut réparer cet oubli en accordant une place prépondérante aux Trois Primitifs, et en particulier à l'analyse du retable d'Issenheim de Grünewald. Cet essai qui ne veut pas se contenter d'être un bilan, une somme, se livrera à une analyse détaillée de l'imaginaire dermographique de la critique d'art huysmansienne (d'où le titre du livre évidemment). Dans son désir de sublimation Huysmans veut toujours exténuer les intériorités physiologiques pour les faire passer sur l'extériorité épidermique. C'est cette fort complexe opération que mettra à jour le livre, montrant qu'à cet égard il existe une véritable solidarité, pour le moins inattendue, entre les premiers textes consacrés aux impressionnistes et ceux consacrés aux primitifs après la conversion. Mais en vérité s'agit-il encore vraiment de peinture une fois que Huysmans a rejoint l'église ?
Cet ouvrage a pour but d'apporter une contribution à la carte mondiale des littératures car il décrit et analyse les empreintes culturelles, soit le genius loci, de la littérature brésilienne traduite en France dans le système culturel et littéraire français au cours du XXe siècle. Il montre comment les traducteurs traduisent (stratégies éditoriales/commerciales, modèles, concepts de traduction et tendances traductionnelles suivies), et se demande s'il y a assimilation de " l'étranger " ou plutôt ouverture vers les innovations dans la langue et la culture. Ces traductions ont non seulement répandu une certaine vision du Brésil, du Brésil français, mais encore construit et projeté, dans l'imaginaire français, une identité nationale brésilienne qui a toujours cours aujourd'hui. Pour appuyer cette idée, il est tenu compte de tout ce qui " environne " les traductions : choix et décisions de traduction, marché de l'édition, profil des traducteurs, contraintes, ainsi que du ciblage du public-lecteur auquel sont dirigées les traductions. Et si, la position du Brésil, de sa culture et de sa littérature en particulier, véhiculée par le choix des auteurs et des œuvres traduites, sur la carte mondiale des littératures, est celle d'un pays " dominé ", l'étude des traductions françaises d'œuvres brésiliennes révèle les rouages complexes du fonctionnement des systèmes culturels et interculturels.
Les petites filles ont-elles une histoire ? Et si oui, comment est né cet objet d'intérêt, ce nouveau sujet qui traverse les classes et les trames ? Vers 1850 apparaissent des textes qui deviendront des classiques de la littérature : Alice au pays des merveilles, en Angleterre, Les Malheurs de Sophie, en France, Les Quatre filles du docteur March, en Amérique. Un peu plus tard, Freud élabore une théorie de la séduction, prémisse du complexe d'?dipe. Même l'Eglise s'intéresse aux visions des petites filles pour en faire des bienheureuses. Un siècle plus tard, le mythe s'incarne en Lolita, une version amère et désespérée de la femme fatale et de l'amour en Occident. La petite fille a donc bien une histoire, et l'on peut en suivre les méandres dans la littérature, du modèle de la jeune fille accomplie de la période pré-révolutionnaire, en passant par l'âge romantique qui réévalue l'enfance et la femme, jusqu'au triomphe de la littérature enfantine, pour arriver au lendemain de la seconde guerre mondiale. On peut suivre l'itinéraire de l'enfance féminine, chez Mme de Staël et Jane Austen, Percy et Mary Shelley, Byron, Charlotte Brontë, Mme de Ségur, George Sand, Victor Hugo, Marie Bonaparte, Vladimir Nabokov, sans oublier les figures extra-littéraires qui ont eu prise sur l'imaginaire comme Eugénie de Montijo ou Bernadette Soubirous.
L'homme est un être à part parce qu'il pense, affirme-t-on communément, mais c'est oublier une autre de ses spécificités, tout aussi étonnante : l'homme est le seul animal à boire sans soif. De là vient l'ivresse, compagne de l'homme depuis toujours, présence que la littérature a largement reflétée, suivant des modalités qui diffèrent selon les époques et les cultures. Il est donc utile de mener une réflexion approfondie sur le phénomène de l'ivresse, que la recherche littéraire a jusqu'ici beaucoup moins exploré que d'autres thèmes en apparence davantage empreints de " dignité ". Pourtant, l'ivresse possède depuis longtemps ses lettres de noblesse. Mythes et croyances nous enseignent qu'au voisinage étroit du breuvage qui enivre se tiennent amour, poésie, connaissance suprême, divination, furor... Reprenant ces pistes, les études présentées ici en français s'appuient sur des textes littéraires issus de cultures variées (anglo-saxonne, chinoise, française, germanique, hispanique, portugaise), d'époques diverses, et font appel à un éventail de sources allant des grands textes fondateurs de la culture occidentale (Écritures...) aux productions de la paralittérature. Cette pluralité qui confronte approches et contenus permet d'enrichir d'analyses originales le débat sur le thème proposé.