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Une société de contrôle ? Enfermements, surveillance électronique, gestion des risques et gouverneme
Razac Olivier
KIME
26,00 €
Épuisé
EAN :9782380720921
Nous serions ainsi passés dans une société de contrôle. Un nouveau monde dominé par des technologies nouvelles permettant d'inventer des manières de gouverner et d'être gouverné inédites. Ces changements radicaux impliqueraient un renouvellement total de nos catégories de pensée qui resteraient construites sur des concepts dépassés. La question politique ne serait plus celle de la loi, ni celle de la norme, mais celle de la régulation en temps réel des comportements dans une grande boucle cybernétique de rétroaction. Dit comme cela, la notion de contrôle provenant des philosophies de Deleuze et de Foucault a l'apparence d'un "mythe" politique qu'il serait urgent de déconstruire. Nous proposons ici autre chose. Ne pas céder à la séduction du "plus jamais comme avant" , pas non plus à la facilité du "rien de nouveau sous le soleil" , mais proposer de mettre le concept de contrôle au travail, au service d'une "analytique critique de la politique" . A partir d'une distinction conceptuelle de trois technologies politiques - la souveraineté, la discipline et le contrôle - nous montrerons comment elles s'articulent toujours dans des dispositifs de pouvoir concrets : d'enfermement, de surveillance électronique, de gestion des risques criminels et de gouvernementalité algorithmique. Dans ces configurations, notre problème n'est donc pas d'être gouvernés "au contrôle" , mais d'être à la fois punis, normés et régulés. Eclectisme qui dessine un régime de domination proprement postmoderne caractérisé par la saturation et les injonctions contradictoires entre nouvelles et anciennes manières de gouverner.
Obrist Hans Ulrich ; Raza Asad ; Allain Jean-Franç
Résumé : " Ma première visite dans l'atelier de Fischli et Weiss a été pour moi un moment de révélation. je suis né dans leur atelier, c'est là que j'ai décidé que je serais concepteur d'expositions. j'avais déjà vu, au cours de mon adolescence, des oeuvres d'art, des collections et des expositions, mais ces deux maîtres du questionnement ont été les premiers à me demander ce que j'avais vu et ce que j'en pensais, m'obligeant à développer une conscience critique, à expliquer et justifier mes réactions à l'art, à entrer dans un dialogue. En outre, l'extraordinaire diversité de leur oeuvre m'a conduit à penser de façon beaucoup plus ouverte, à élargir ma définition de l'art. Peut-être même est-ce la meilleure définition que l'on puisse donner de l'art : ce qui étend la définition. L'amitié et l'intérêt que m'ont accordés Fischli et Weiss ont déclenché en moi une réaction en chaîne qui se poursuit encore aujourd'hui. " Dans cet essai en forme d'autobiographie, Hans Ulrich Obrist partage sa passion pour son métier de curator qu'il a contribué à inventer. Animé par la curiosité, la mobilité et le questionnement permanent, il s'est inspiré de figures tutélaires telles Félix Fénéon ou Diaghilev pour s'ouvrir à tous les territoires de la création et de la pensée. Les artistes, les architectes ou les scientifiques qu'il a rencontrés l'ont invité à élargir sa conscience du monde et à concevoir sa pratique comme un nouvel humanisme contemporain.
On l'appelle "corde du diable", "écharde du souvenir" ou "frontière brûlante": comment le fil de fer barbelé, outil agricole ingénieux, est-il devenu cet outil politique, symbole universel de l'oppression? En évoquant le rôle décisif du barbelé dans trois des plus grandes catastrophes de la modernité - la conquête de l'Ouest et le génocide des Indiens d'Amérique, la boucherie de 14-18 et les exteuninations nazies -, mais aussi en dressant une cartographie de ses usages actuels (propriétés privées, prisons, frontières "chaudes" du globe), Olivier Razac analyse, dans la lignée de Foucault, la violence croissante à l'oeuvre dans la gestion politique des espaces et des populations. Il révèle ainsi un principe paradoxal: le succès persistant du barbelé vient précisément de ce qu'il ne tient qu'à un fil - de son austérité et de sa simplicité. La plus grande violence n'est pas forcément impressionnante, bien au contraire: les meilleurs outils d'exercice du pouvoir sont ceux qui dépensent le moins d'énergie possible pour produire le plus d'effets de domination. Le barbelé, lui-même "mur virtualisé", a ainsi ouvert la voie à des dispositifs de contrôle de plus en plus immatériels, dont la vidéosurveillance et le bracelet électronique sont les derniers avatars...
Mbanzoulou Paul ; Bazex Hélène ; Razac Olivier ; A
La question de la dangerosité des délinquants est actuellement l'objet d'une intense réflexion chez les professionnels et les experts concernés par le phénomène criminel. Face à une demande croissante de sécurité stimulée, entre autres, par les exemples très médiatisés de délinquants récidivistes remis en liberté, de nombreux textes législatifs ont ainsi été adoptés depuis 2005 en réponse à la dangerosité des sortants de prison. La loi du 25 février 2008 relative à la rétention de sûreté et à la déclaration d'irresponsabilité pénale pour cause de trouble mental en est une autre illustration. Une série de questions traitées lors du colloque organisé à l'ENAP par le Centre Interdisciplinaire de Recherche Appliquée au Champ Pénitentiaire (CIRAP) sont développées dans cet ouvrage: comment expliquer le regain extraordinaire de cette vieille notion? Comment la définir? De quelle nature est la construction actuelle de la dangerosité? Comment la perçoit-on aujourd'hui? A quelles évolutions historiques, sociale et culturelle peut-elle être reliée? Quelles sont ses manifestations? Est-ce une notion opérationnelle permettant de gérer efficacement les situations dangereuses rencontrées par les professionnels et les citoyens?
Dans cet essai, Olivier Razac s'interroge sur le destin des sociétés de contrôle dans le monde contemporain. Sa recherche, inspirée par les travaux de Michel Foucault, mais aussi de Gilles Deleuze et Félix Guattari, s'attache à des objets triviaux (le bracelet électronique, le G.P.S, les zoos humains de naguère, telle émission de téléréalité...) pour en faire de véritables objets de pensée. Il montre que les sociétés de contrôle contrastent avec les topographies disciplinaires en ce sens qu'elles excluent tout "dehors" et manifestent, de ce fait même, une aptitude sans précédent à réaménager et apprivoiser tout ce qui tend à résister à leurs dispositifs ou à s'opposer à leurs finalités. Pour autant, l'auteur ne prône pas une soumission aux conditions des pouvoirs mobiles et plastiques d'aujourd'hui. Simplement, pour lui, toute action critique ou toute perspective de résistance suppose une appréhension lucide des nouvelles formes de "gouvernementalité" fondées sur le contrôle bien davantage que sur l'interdiction et la répression. Un livre écrit avec Foucault et les penseurs de l'archipel des pouvoirs - mais après eux aussi et, à ce titre, résolument novateur. Biographie: Olivier Razac est philosophe. Il est actuellement enseignant-chercheur au centre interdisciplinaire de Recherche appliquée au champ pénitentiaire à l'école nationale d'administration pénitentiaire.
L'idéologie américaine repose sur un principe : chacun peut réussir dans ce pays s'il s'en donne la peine. Cette assertion a inspiré un concept : le rêve américain. Cependant, comme dans tout autre pays, seule une minorité connaît le succès. Si l'essentiel du cinéma américain fait l'apologie des Etats-Unis, il existe un faible pourcentage de cinéastes qui ont choisi, dès la naissance du parlant au moins, d'offrir une image beaucoup plus sombre de leur pays. Ainsi est né un personnage paradoxalement très américain, le loser, celui qui, pour avoir cru au rêve, paye le plus souvent sa conviction au prix de sa déchéance et même de sa vie. En réalité, le loser est le produit de trois données : l'histoire, qui repose sur un quasi-génocide et sur l'esclavage ; le calvinisme, qui fait de l'élection divine le moteur de toute existence ; le capitalisme qui privilégie absolument la réussite économique au détriment de la loi sociale. Avec plus ou moins de constance, tous les genres cinématographiques ont montré des personnages de losers, mettant ainsi en évidence une véritable sociologie des laissés-pour-compte. Ce faisant, le cinéma américain, montrant les tares d'une société productrice d'individus trahis par l'illusion à laquelle elle incite à croire, démontre à la fois que l'Amérique n'est pas l'Eden dans lequel les Pèlerins ont pensé pénétrer, et qu'elle est condamnée, comme le loser, à l'échec, parce qu'elle contient dans ses fondements les tares qui auront raison d'elle.
Dans le sillage de Flaubert sont nées, dans tous les domaines artistiques, des adaptations et des créations multiples, reflétant la réception contrastée de son oeuvre de par le monde : le cinéma, le théâtre, la musique, l'opéra, la bande dessinée, nous offrent aujourd'hui une très large palette d'intertextes attestant la vitalité d'une oeuvre constamment lue, relue, réécrite, traduite, retraduite, bref, constamment (ré)interprétée, en vertu d'intentions parfois contrastées, méritant une étude attentive, en vertu peut-être aussi de l'inquiétude fondamentale qui traverse l'oeuvre de Flaubert et dont ces postérités sont, chacune à leur manière, les échos entêtants. L'étude de ces "dérivés" flaubertiens révèle aussi bien les procédés d'actualisation de la filiation ainsi revendiquée, que les singulières métamorphoses induites par les lectures de Flaubert en d'autres langues et au sein d'autres cultures. Ce volume rassemble les travaux de chercheurs internationaux, qui, à l'étranger et en France, nous offrent un vaste panorama de ces créations.
Faye Emmanuel ; Lassègue Jean ; Rastier François ;
Bien au-delà de la seule philosophie, le débat à Davos en 1929 entre Cassirer et Heidegger a marqué l'histoire des idées. Il a même donné naissance à des récits passablement légendaires qui négligeaient le contexte historique précis. Un nouveau regard s'impose, à la lumière des oeuvres publiées depuis lors. Les vingt-cinq tomes de l'édition allemande de référence de Cassirer ne sont disponibles que depuis 2007. S'y s'ajoutent les dix-sept tomes du Nachlass depuis 2017. Des 102 volumes de la Gesamtausgabe de Heidegger, édition de référence mais sans garantie scientifique, moins d'une dizaine reste programmée, mais d'ores et déjà la publication des cinq premiers volumes des Cahiers noirs a permis d'engager une relecture critique de l'ensemble. C'est donc à présent seulement que l'on peut véritablement évaluer les projets contrastés des deux auteurs. Leurs enjeux intéressent notamment le statut de la rationalité et des sciences, en particulier celles de la culture, aussi bien que le statut de la technique parmi les formes symboliques. Et tout autant, l'opposition entre la démocratie et la théologie politique ; entre la légitimité du cosmopolitisme et l'ontologie identitaire ; enfin, entre la possibilité même d'une éthique ou son rejet de principe. Tous ces thèmes contradictoires exigent aujourd'hui une révision critique, non seulement rétrospective, mais aussi ancrée dans le présent. Car au-delà même de la philosophie, des courants de pensée et des forces politiques en Europe et dans le monde poursuivent ces deux voies qui s'opposent aujourd'hui.