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La "dissert de philo". Sociologie d'une épreuve scolaire
Rayou Patrick
PU RENNES
22,00 €
Épuisé
EAN :9782868476821
La philosophie, c'est un outil pour la vie, ça devrait être partout, on devrait s'en servir tout le temps. David, nouvel élève de Terminale littéraire, exprime assez bien par ces mots l'enthousiasme de ses pairs à l'idée d'aborder cet enseignement qui permet (enfin) de dire " ce qu'on pense ". Mais les premières notes arrivent et tempèrent cette ardeur. Les informations sur les résultats, souvent faibles et aléatoires, obtenus à l'écrit par les aînés font le reste : beaucoup d'apprentis philosophes, craignant de se livrer et de récolter des appréciations peu flatteuses, n'habitent plus leurs copies et ne remettent plus que des textes convenu, qui limitent la prise de risque aux alentours de 8/20. C'est sur cet étrange paradoxe que s'est penchée cette recherche. Elle a tenté de comprendre comment la dissertation de philosophie, construite dans des conditions historiques et sociales bien particulières, se trouve aujourd'hui assimilée par les lycéens à une épreuve parmi d'autres au sein d'un parcours scolaire où l'essentiel est de se maintenir dans le jeu le plus longtemps possible. Car le lycée, désormais ouvert a presque tous, confie à chaque jeune la responsabilité de sa propre trajectoire : l'échec n'y est alors plus imputable qu'à soi et se fait d'autant plus cuisant qu'il met en jeu les capacités de problématisation des sujets. Par ailleurs, les réputations attachées au " bon " ou au " nul " en philo risquent de mettre à mal un groupe des pairs dont l'unité est précieuse pour traverser ces années d'incertitudes au long cours. Ce travail voudrait contribuer à une meilleure prise en compte de difficultés d'apprentissage des élèves qui sont certes intellectuelles, mais qui procèdent aussi de conditions actuelles de socialisation peu favorables à l'éclosion de " je " d'auteurs. Cette génération qui se dit souvent " sacrifiée ", ces lycéens de milieu populaire dont la frustration est à la mesure des espoirs placés dans l'école développent des capacités critiques, contraignent les enseignants à transiger, mais perdent sans doute aussi l'occasion de se donner, à l'école, les outils que requiert l'espace public du débat.
Faire ses devoirs est une pratique très ordinaire qui soulève cependant de nombreuses questions relatives à son efficacité et à son équité. La prolifération des dispositifs qui l'encadrent et l'accompagnent aujourd'hui interroge également sur son évidence. Les recherches dont cet ouvrage présente les résultats ont voulu éclairer cet objet aussi étrange que familier en adoptant un point de vue original. Elles s'intéressent en effet simultanément aux enjeux d'apprentissage du travail hors la classe des élèves et à ceux, sociaux, de sa prescription et de sa réalisation. Nous avons observé des élèves d'école primaire et de collège au travail dans différents contextes, interrogé leurs enseignants, confronté les points de vue de tous tes types d'acteurs qui interviennent dans des moments et des lieux où les logiques sociales et les logiques scolaires se confrontent. Nous mettons en évidence les malentendus qui peuvent en résulter, les pratiques différentes et différenciatrices de leurs divers protagonistes. En faisant des"devoirs" non un problème en soi, mais un analyseur des difficultés cognitives de beaucoup d'élèves au sein même de la classe, nous espérons ouvrir des pistes pour que l'apprentissage autonome qu'ils supposent et construisent ne soit pas relégué à la périphérie de l'école et sous-traité à des partenaires dont la bonne volonté ne pallie pas toujours l'incompétence. Cet ouvrage s'adresse aux chercheurs et étudiants en éducation intéressés par les apprentissages scolaires, mais aussi à tous les acteurs mobilisés pour la réussite des élèves.
Résumé : Quel rôle l'école joue-t-elle dans la cohésion et la reproduction sociales ? Telle est la question que se pose toute sociologie de l'éducation. Cet ouvrage entend présenter les thématiques et les problématiques classiques, ainsi que les apports récents de la recherche, en matière de socialisation, de politiques scolaires, de pratiques des acteurs, de transmission des savoirs. S'attachant à proposer des approches inédites, qui donnent une image souvent plus complexe de phénomènes déjà étudiés, il est l'occasion d'aborder de front des questions aussi vives que celles de l'éducation au genre, de l'accueil de la diversité ou encore de la perpétuation des inégalités. Le débat public sur l'école s'en trouve éclairé d'un jour nouveau.
Résumé : Ce livre collectif fait le point sur la place et le rôle de l'école dans la société française d'aujourd'hui. En raison de la massification et de l'allongement des études, les cultures de la jeunesse ont pénétré le monde scolaire et la diffusion des savoirs passe aujourd'hui par bien des canaux extérieurs à l'institution. L'école reste-t-elle aussi centrale qu'à l'époque où la Ille République l'installait au coeur des villages ou montrait sa puissance dans l'architecture monumentale des lycées ? les enquêtes rassemblées, issues de travaux de recherche universitaires pluridisciplinaires, montrent l'image d'une école moins monolithique et close sur elle-même, mais dont l'emprise sur la destinée de la jeunesse s'accroît. Ce d'autant plus que l'inégale maîtrise par les différentes populations d'élèves des codes qui l'organisent crée entre eux de profondes et durables lignes de démarcation.
Cet ouvrage propose de mettre au coeur de la réflexion et du débat les processus sociaux par lesquels les élèves apprennent ou n'apprennent pas selon les normes scolaires. Embrassant l'ensemble du système éducatif, de la maternelle à l'université, il met en évidence des récurrences dans les scolarités défaillantes: c'est par exemple pour des raisons très semblables qu'on n'acquiert pas les connaissances et compétences nécessaires à la lecture à l'école primaire ou à la dissertation au lycée. C'est aussi parce que, de leur côté, les enseignants sont peu formés aux processus d'apprentissage de leurs élèves qu'ils se centrent très fortement sur la logique des cours qu'ils ont à faire et peinent à comprendre que leurs destinataires ne les comprennent pas toujours...
Une histoire du peuple de Bretagne, de la Préhistoire à nos jours. Les histoires de Bretagne ne manquent pas... Mais celle-ci adopte un point de vue inédit : celui des paysans, des ouvriers, des marins, celui des hommes et des femmes sans histoire, sans papiers. Elle porte attention aux plus humbles, pas seulement aux puissants ; s'intéresse à la vie concrète et aux rêves qui s'y enracinent, pas seulement aux couronnements et aux batailles ; risque d'autres chronologies ; ruine quelques évidences... La crise économique de l'âge du fer, l'arrivée des Bretons en Armorique, la condition paysanne pendant la féodalité, la révolte des Bonnets rouges, la traite négrière, la Révolution et la Chouannerie, le développement du chemin de fer, l'émigration bretonne, la Grande Guerre, la Résistance, la crise du modèle agricole breton, Notre-Dame-des-Landes... Autant de moments de notre histoire examinés d'un oeil neuf. Emergent ainsi de nouvelles figures, émouvantes ou pittoresques, jusque-là noyées dans l'anonymat des siècles. Et de nouveaux sujets : manger à sa faim, lutter pour sa dignité, découvrir de nouveaux horizons, accéder au savoir, devenir citoyen... Pas de jargon, un rythme de lecture facile : cette histoire a été rédigée avec le souci de s'adresser au plus grand nombre tout en obéissant à la rigueur du métier d'historien. Ce livre a été rédigé par trois historiens et un journaliste : Alain Croix, Thierry Guidet, Gwenaël Guillaume et Didier Guyvarc'h. Ils sont les auteurs de nombreux autres ouvrages dont, chez le même éditeur, l'Histoire populaire de Nantes.
Le secteur culturel vit une période de profondes remises en cause. Les politiques culturelles doivent se réinventer, notamment dans leurs liens aux publics. Dès lors, il ne s'agit plus de considérer les publics comme tels, mais comme des personnes qui portent et produisent leur propre culture. Cette posture, défendue par le référentiel des droits culturels, interroge les contributions des différentes parties prenantes de l'écosystème concerné. Ainsi, de la création aux enjeux de diffusion, d'appropriation et de participation, toutes les fonctions de la chaîne de valeurs artistiques sont interrogées : qui est créateur (légitime), diffuseur, prescripteur ? Sans oublier le numérique, nouvel espace médiatique, qui contribue également à redistribuer les rôles. Cet ouvrage, par une approche pluridisciplinaire renouvelée, présente plusieurs analyses tant conceptuelles qu'empiriques de ce nouveau contexte. Il permet d'en éclairer les différents enjeux : comment passer de la notion de publics (voire de non-publics) à celle de personne ? Comment passer d'enjeux transactionnels (partages ponctuels) à des enjeux relationnels (logiques apprenantes longitudinales) ? Comment les différents acteurs se saisissent du numérique dans ces nouveaux processus ?
Le Bon Marché, les Galeries Lafayette, le Printemps, Le Bazar de l'Hôtel de Ville : ces enseignes aux noms évocateurs désignent des grands magasins. Temples de la consommation et symboles d'une société qu'ils ont contribué à produire, ils attirent depuis la fin du XIXe siècle des clients à la recherche d'affaires, parfois, et de distinction, souvent. Mais les grands magasins sont aussi des lieux de travail. Or, de ses travailleuses, on connaît peu le quotidien, sauf à se contenter des observations faites il y a plus de cent trente ans par Emile Zola dans Au Bonheur des Dames. A partir d'une longue enquête de terrain par entretiens et observation participante, cet ouvrage invite le lecteur dans les rayons d'un grand magasin prestigieux, que l'on appellera le Bazar de l'Opéra, afin d'y découvrir le travail de la vente (ses techniques, ses contraintes, mais aussi ses réjouissances) et les trajectoires de celles qui l'effectuent. Son objectif est de contribuer à la compréhension d'un travail, celui de la vente, et d'un ensemble de la société française, celui des employés de commerce.
A Rome, religion et pouvoir sont étroitement imbriqués, comme le montre le relief en couverture du volume : autour de l'autel, le dieu (Mars en l'occurrence) et le magistrat veillent de concert à la clôture des opérations du census qui, tous les cinq ans, définissaient la place de chacun dans la communauté civique. Cet ouvrage permet de mieux appréhender les rapports entre religion et pouvoir dans le cadre des collectivités romaines, de la deuxième guerre punique à la fin des Sévères. Avec les pratiques rituelles pour fil conducteur, il privilégie trois problématiques : les institutions, les acteurs dans leurs espaces et pratiques, et les changements face à l'évolution des situations historiques. L'enquête est nourrie des renouvellements historiographiques opérés depuis deux générations dans l'histoire des religions comme dans l'histoire politique et sociale du monde romain.