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Le transfert en extension. Dérivation d'un concept psychanalytique
Raoult Patrick Ange
L'HARMATTAN
21,00 €
Épuisé
EAN :9782738490476
Sous le sigle du Centre d'Etudes et de recherches psychomotrices et psychothérapiques s'est déployée avec des psychanalystes chevronnés une réflexion sur les processus de symbolisation en œuvre dans la cure analytique et dans les praxis connexes. La psychanalyse inscrit un rapport problématique au sein de la psychologie clinique, en particulier dans l'exercice des praxis à médiation. Le concept fondamental de transfert risque, hors du dispositif psychanalytique, de se trouver escamoté. L'enjeu devient alors une mise au travail du concept, ses modes de transposition, dans des praxis qui s'autorisent des interdits constitutifs du cadre analytique. Ce premier ouvrage est, donc, consacré à une exploration des variations du concept de transfert d'une part au sein des théories psychanalytiques (freudiennes, lacaniennes, kleiniennes), d'autre part au creux des praxis d'inspiration psychanalytique (psychodrame, relaxation, groupe, médiations corporelles, vidéo), mais aussi en regard des caractéristiques psychopathologiques (psychoses, pathologies limites, phénomènes psychosomatiques). L'extension du concept de transfert convoque à une réflexion épistémologique sur les modes de dérivation. Elle rencontre d'autres problématiques (la position de l'analyste, la communication, etc.), d'autres concepts (images du corps, pulsion de mort, stade du miroir, identification, narcissisme, relation d'objet, pacte dénégatoire, signifiant, etc.), soulignant le travail d'interdéfinition en cause.
Au travers de l'étude de la psychomotricité, cet ouvrage se livre à une double analyse, à la fois épistémologique et socioprofessionnelle, concernant la psychologie clinique. L'émergence des praxis à médiation conduit à sérier les modalités épistémologiques de transposition et de dérivation des concepts psychanalytiques, en particulier celui de transfert préalablement étudié dans l'ouvrage : Le transfert en extension, chez le même éditeur. Cette émergence n'est pas détachable de la constitution de métier et de profession. A ce titre, nombre d'apories de la psychologie clinique et nombre d'impasses statutaires et fonctionnelles de la profession de psychologue clinicien seront abordées au travers de la crise épistémique de la psychomotricité, corps de métier créé artificiellement à partir du champ de la psychologie. La tension qu'éprouvent les psychomotriciens à l'égard de la fonction de psychothérapeute, leur dépendance statutaire au médical, la référence fascinée mais peu rigoureuse faite aux théories paradigmatiques, en particulier psychanalytiques, exemplifient une triple césure idéologique, celle entre clinicien et psychanalyste, celle entre praticien et universitaire, celle entre technicien et responsable institutionnel. Ces aspects ouvrent la question de la fonction limite de la psychologie clinique, toujours tentée par sa propre négation.
Le travail en équipe suppose à la fois cohésion et organisation. Il s'agit d'aborder les processus subjectifs en jeu tant sur les registres intersubjectifs, transsubjectifs et intrasubjectifs. Ces trois registres sont en homothétie avec les problématiques affectives et pathologiques des personnes reçues. La vie psychique d'équipe est vue au travers des liens privilégiés entre deux membres, soit les "collusions incestuelle" et des mouvements de haine indéfectibles, soit les "collusions meurtrielles" . Ces liens singuliers traduisent des points d'impasses, des problématiques tues ou non élaborées qui se mettent en scène dans les relations.
En regard de l'évolution de la place des psychologues, trois axes d'interrogation seront suivis. Le premier portera sur la formation à/de la clinique à l'Université et sur le statut attendu des enseignants. Il interrogera l'absence des professionnels dans le cursus de formation. Le second concernera la psychothérapie dans son rapport avec les fonctions de psychologues. Elle rencontrera le problème du devenir de la psychanalyse dont on constate le déclin en Université. Le troisième se demandera quelle serait l'organisation professionnelle nécessaire pour autant qu'on puisse définir ses missions et ses pouvoirs. Les dissociations, scissions et conflits qui trament la psychologie depuis ses origines, la fragilité statutaire et professionnelle des psychologues viennent peut-être en écho avec le mode de formation. Une formation inadéquate, la montée en force du courant cognitiviste, le recrutement de jeunes chercheurs hyperspécialisés cooptés en regard de leur inculture clinique et la promotion des protocoles comportementalistes visant une orthopédie réadaptatrice préfigurent une transformation radicale de la psychologie dans les prochaines années. L'absence des professionnels comme force politique dans les orientations, dans les cursus de formation, dans les lieux de décision ne peut que conforter celle modification. La réorientation due aux forces en présence, le changement de paradigme scientifique et la rationalisation politique des coûts de santé publique favorise ce mouvement. Dans ce sens on peut craindre une déqualification des psychologues venant aggraver non seulement l'insécurité sur le terrain mais aussi la non spécificité de leurs interventions. Ces divers points sont interrogés par les auteurs et des propositions sont avancées pour sortir d'une impasse probable.
La psychologie clinique survivra-t-elle ? Que deviendront les psychologues ? L'évolution actuelle montre la montée en puissance des courants cognitivistes en université, entraînant un fort décalage entre chercheurs isolés et praticiens exclus, un mépris pour la formation clinique, le recrutement d'enseignants sans expérience clinique. Les plus incompétents professionnellement ne sont-ils pas ceux qui prétendent former les professionnels ? Les psychologues reçoivent-ils désormais une formation clinique digne de ce nom ? L'exercice professionnel, de son côté, n'est-il pas pris dans des logiques d'asservissement, renforcées par la prétention des paramédicaux, de psychothérapeutes non qualifiés et médecins (généralistes, scolaires, psychiatres) à avoir des compétences en psychologie ? On parlera de la tentative d'élimination de la psychologie clinique et de celle d'éradication des psychologues, en particulier cliniciens, au profit de rééducateurs paramédicalisés. Repenser la formation universitaire avec validation par des praticiens, soutenir une véritable autonomie professionnelle, l'exercice des techniques psychologiques, affirmer les psychothérapies comme des techniques psychologiques, nécessitant une formation de psychologue sont les propositions.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
Cette recherche part d'un intérêt pour la schizophrénie et des processus évolutifs qui peuvent être repérés. C G Jung a consacré sa vie à la description de ces dynamiques psychiques transformatrices. Ces potentiels s'animent lors de processus de crise psychique, de métamorphoses, ou lors d'épisodes psychopathologiques. Cette vision est de plus en plus partagée parmi les chercheurs en psychologie, en psychanalyse, en neurobiologie et dans les sciences du chaos.
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.