Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Pour un lecture linguistique et critique des médias. Empathie, éthique, point(s) de vue
Rabatel Alain
LAMBERT-LUCAS
45,00 €
Épuisé
EAN :9782359351941
Cet ouvrage propose une lecture linguistique "engagée niais non enragée" (Hannah Arendt) des médias, à la lumière des idéaux démocratiques qu'ils devraient servir. Il s'appuie sur l'analyse des points de vue, afin de rendre compte de la subjectivité des discours, y compris lorsqu'ils semblent le plus objectifs. Il analyse leur confrontation dans un cadre polyphonique, dialogique et empathique, afin de dégager les stratégies par lesquelles les médias entrent (ou non) en dialogue avec les sources et les acteurs des événements, mesurent la relativité des opinions, des faits et des savoirs, aident à penser la complexité et le bien commun. sans verser dans le relativisme. Il revient sur la dimension éthique des discours des médias, au-delà du respect de la déontologie. Enfin, il propose une étude renouvelée des postures des journalistes ainsi que des phénomènes de prise en charge et de responsabilité énonciatives. De nombreuses études de cas — interviews, enquêtes, reportages, portraits, hyperstructures — analysent les mécanismes et effets du rewriting des dépêches d'agence, du fact-checkíng, de l'implicite, du persiflage, des caricatures, des phénomènes d'invisibilité et de naturalisation. Elles renouvellent les problématiques touchant aux relations entre médias et critique des méchas, à la place des émotions clans les représentations, aux nouvelles formes de citation, de montage et à leur fonction de preuve.
Homo narrans, c'est le sujet humain anthropologiquement saisi comme conteur d'histoires, l'Homme aux mille points de vue, aux mille voix. A l'analyse-immanentiste du récit qui prévaut généralement en narratologie, l'ouvrage propose de substituer une approche énonciative et interactionnelle. Le Tome I, Les Points de vue et la logique de la narration, est centré sur la problématique énonciative et interactionnelle des points de vue. Il distingue ces derniers selon leur source énonciative, leurs marques linguistiques et leurs effets textuels. Ce cadre, confronté à de grands textes (la Bible, les contes de Maupassant, Les Lauriers sont coupés, etc.), met en lumière des enjeux interprétatifs de premier ordre. Dans le Tome II, Dialogisme et polyphonie dans le récit, l'analyse énonciative des points de vue permet de définir le discours rapporté comme un discours représenté - comme la représentation des espaces mentaux par l'énonciateur citant. L'analyse des formes complexes de cette représentation (corpus d'A. Ernaux, R. Camus, J. Semprun, L. Calaferte, L. Salvayre. etc.) montre les relations dialogiques, d'ordre cognitif notamment, que l'énonciateur entretient avec lui-même et avec les autres.
Quelle sorte d'enfance Sherlock Holmes a-t-il eue? Que devient vraiment Blanche Neige après son mariage avec le Prince Charmant? Que se seraient dit Charles Bovary et M. de Rênal si leurs chemins s'étaient croisés? Ces questions, il arrive que des écrivains s'essaient à y répondre dans des oeuvres qui donnent un supplément d'existence à des personnages - les leurs ou ceux des autres. C'est à cette pratique, qu'on propose d'appeler transfictionnalité, que cet ouvrage est consacré. S'il s'interroge sur son étendue, s'il en répertorie les formes et les ramifications, c'est, chaque fois, pour examiner les enjeux d'un phénomène qui a quelque chose de proliférant. Une fiction est-elle bornée par le récit qui l'instaure? Qu'advient-il de l'autorité d'un auteur sur "ses" personnages lorsque des continuateurs s'aventurent dans les interstices de leurs histoires, jettent sur eux un nouvel éclairage ou réinventent leurs destins? Les récits transfictionnels ne répondent pas à ces questions mais, les faisant surgir, nous enjoignent de reconnaître à quel point l'exercice de la fiction nous confronte à des contradictions inextricables et fertiles.
Le statut de plus en plus complexe des didascalies dans le théâtre contemporain rend difficiles la définition et la délimitation de ces unités textuelles longtemps considérées comme secondaires par rapport aux dialogues. D'où l'intérêt de s'interroger en termes linguistiques sur leurs fonctions et sur leur fonctionnement selon qu'elles appartiennent à un état passé ou présent de la production dramatique. Après une mise au point sur la nature, les formes et les fonctions des didascalies, on s'interroge sur la voix qui s'exprime à travers elles. Est-ce celle de l'auteur de la pièce ou relève-t-elle d'un narrateur, le didascale, interne à la fiction ? On étudie ensuite différentes classes de didascalies : les didascalies spatio-temporelles dont la fonction majeure est de préciser le contexte et le cadre dans lesquels se déroulent les interactions entre les personnages ; les didascalies gestuelles qui permettent d'inférer les identités, les qualités, les états affectifs des personnages, éclairant ainsi le sens de leurs relations et de leurs interactions. La deuxième moitié de l'ouvrage s'attache à rendre compte du style didascalique de Bernard-Marie Koltès puis analyse les relations syntagmatiques entre les différentes classes de didascalies présentes dans En attendant Godot de Beckett. Traitant à la fois de poétique et de stylistique, l'ouvrage s'adresse tant aux linguistes qu'aux littéraires.