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L'homme selon Marx. Pour une anthropologie matérialiste
Quiniou Yvon
KIME
16,30 €
Épuisé
EAN :9782841745661
Comment penser l'homme aujourd'hui, dans une perspective matérialiste désormais imposée par les sciences ? Celui-ci est incontestablement soumis aux déterminismes de la biologie, de l'histoire et de la psychologie, lesquels ne font pas de place au libre arbitre traditionnel. Mais il ne suffit pas d'en reconnaître l'efficience ; encore faut-il les articuler de manière fine et éviter de verser dans l'idée qu'une de ces instances l'emporterait fondamentalement sur les deux autres ? comme le fait par exemple et sous une forme extrême le "biologisme" quand il prétend expliquer l'être humain pas ses seuls gènes. Ce livre s'y efforce avec rigueur et bien des nuances, en tenant compte de nombreux acquis scientifiques. Il privilégie cependant la conception radicalement nouvelle de Marx, centrée sur l'histoire et montrant comment l'homme se construit en elle et par elle ; mais il s'agit d'un Marx revisité, voire corrigé, dans lequel on découvrira une forme de "nature humaine" régulièrement occultée par ses partisans, et autorisant pleinement une liberté collective à l'humanité. Reste le cas de Freud, ce géant lui aussi : son anthropologie, inspirée de sa psychologie de l'inconscient et de sa théorie des pulsions (Eros et Thanatos) est, par son pessimisme relatif, en concurrence avec celle de Marx quand il s'agit de penser l'aventure historique de l'homme et la possibilité d'un progrès proprement moral de la société. Cet ouvrage tente aussi de résoudre cette concurrence au profit de l'auteur du Capital.
Résumé : Peut-on concilier matérialisme et morale ? La fin des entités métaphysiques qu'impose la culture contemporaine - le Sujet, la Liberté, la Conscience souveraine - implique-t-elle qu'on cesse de se référer à des valeurs objectives obligeant l'homme à vivre dans l'optique de l'Universel ? Bref la morale est-elle désormais, comme le prétendait Foucault, " impossible " ? Cet ouvrage tente de montrer que non à travers un parcours philosophique qui va de Nietzsche à Habermas en passant par Darwin et Marx. La distinction de la morale et de l'éthique y est centrale : elle permet d'éviter le relativisme généralisé des valeurs et la résorption de la morale dans l'idéologie, tout en restant fidèle à l'approche matérialiste. L'homme, donc, cet " animal moral ".
Dans ce nouveau livre consacré à la morale, Yvon Quiniou poursuit et approfondit la réflexion matérialiste qu'il lui consacre depuis longtemps. Il le fait ici en s'appuyant sur des auteurs dont la présence pourra surprendre, mais qu'il considère comme proches du matérialisme : Hume, Rousseau, mais aussi le pragmatiste Dewey, le rationaliste intransigeant Russell, ainsi que Marx et Gramsci, dont il marque fortement l'originalité sur la question des valeurs. Car ces auteurs ont bien en commun de prêter une forte attention, théorique et pratique, à la morale, quitte à la confondre avec l'éthique et à se retrouver confrontés à la difficulté de penser un Universel moral... que leur philosophie admet cependant, fût-ce en pointillé. Cette dimension morale paraît essentielle à l'auteur, surtout si l'on pense à son prolongement politique. Il s'agit pour lui de lutter contre une indifférence morale désespérante qui a envahi la politique au nom de la seule efficacité rentable et qui, face à un capitalisme fondamentalement immoral parce qu'inhumain, nous mène à une impasse mondiale catastrophique.
Dans ce nouveau livre, Yvon Quiniou s'attelle à une tâche inédite et audacieuse. D'abord faire le point sur ce qu'a été la philosophie dans son histoire et sur ce qu'elle peut devenir depuis que les sciences l'ont détrônée de son statut d'instance de connaissance suprême, apportant la vérité dans tous les domaines de la réalité concevables. Elle ne peut échapper au diagnostic de Marx annonçant sa mort et rebondir, malgré diverses tentatives liées à l'idée d'interprétation, qu'en élaborant réflexivement une conception du monde et de l'homme fondée sur la science, matérialiste donc, et débouchant sur un projet d'émancipation humaine indissolublement moral et politique. Sur la base de ce réquisit intransigeant, il peut ensuite se permettre de démythifier de grands noms de la philosophie contemporaine — Heidegger, Husserl, Foucault et Deleuze — dont il montre avec rigueur et vivacité que leur renommée théorique est usurpée, parce qu'ils ne nous apportent, du fait de leur irrationalisme foncier, ni le vrai ni le bien dont la poursuite, sous une forme nouvelle, certes, définit toujours l'exigence philosophique authentique. Cette réflexion devrait susciter de nombreux débats.
Le philosophe Charles Appuhn s'est adonné à l'ingrate lecture de la "Bible du peuple allemand" , selon l'auréole de la propagande officielle de 1933 car Mein Kampf offre une vue sans égal non pas seulement sur Hitler, mais sur l'idéologie et les projets politiques de l'hitlérisme. La "destruction des Juifs d'Europe" (selon le titre que Raul Hilberg donna à la somme qu'il consacra à cette destruction) n'est pas seule à y être programmée mais de façon fanatiquement répétée, celle de l' "ennemi de toujours" , la France. Quant à l'Est et aux peuples Slaves, le sort que Hitler annonce constituer également une nécessité vitale pour l'Allemagne, revient à les anéantir aussi afin que la population allemande puisse s'approprier leurs territoires (Drang nach Osten). Il s'agit bien, là ou jamais, de ce que Alexandre Koyré a appelé dans ses Réflexions sur le mensonge une "conspiration en plein jour" . La traduction et la présentation des extraits les plus "significatifs" , selon les termes de Charles Appuhn permettent de disposer en France dès 1933 de cent soixante-dix pages lumineuses en lieu et place des quelque huit cents pages de l'allemand verbeux de Hitler. Aussi bien, il faut y insister, cet Hitler par lui-même est en France la première divulgation autorisée. Elle ne sera interdite qu'en 1943. Sans entrer dans le labyrinthe des avatars éditoriaux, l'originalité courageuse de l'éditeur Jacques Haumont apparaît d'autant mieux qu'en 1933 on disposait certes de nombreux articles en français consacrés au parti national-socialiste, à la montée du nazisme et à la politique allemande, en général tout en ignorant ce manifeste nazi qu'est Mein Kampf. Rappelons que le premier volume, dans lequel Hitler se livre à son autobiographie, fut publié à Munich en 1925, suivi en 1926 du second qui, cette fois, expose les idées et le programme hitlériens. Or, Hitler, en accord avec Eher Verlag, son éditeur, en interdit toute traduction française.
Le libéralisme n'est pas seulement une orientation de la pensée économique qui domine actuellement le paysage politique et intellectuel des pays anglo-saxons et d'Europe occidentale. C'est aussi, à l'origine, une revendication de liberté pour la personne, d'émancipation par rapport à un cadre moral hérité de temps anciens. Ces deux dimensions se croisent notamment dans l'oeuvre de John Stuart Mill dont LI Hongtu, professeur d'histoire à l'université Fudan (Shanghai) étudie l'oeuvre majeure, le traité De la liberté (1859). Correspondant d'Auguste Comte et disciple de Jeremy Bentham, John Stuart Mill est entré en dialogue avec les grands courants philosophiques de son temps, de l'utilitarisme au positivisme. Fervent défenseur de la liberté de l'individu confronté à la multiplicité des contraintes sociales, il a défié les préjugés de son temps en partageant la vie d'Harriet Taylor, militante du droit des femmes. La même logique l'a poussé à s'engager pour la liberté des lois du marché. Mais il était aussi employé de la Compagnie des Indes orientales, et même si on ne relève pas chez lui de traces de racisme, il s'accommodait très bien du colonialisme et du fait que des continents entiers, de l'Inde à la Chine, soient exclus des bienfaits du libéralisme dont il se faisait l'apôtre. Il était urgent que l'émergence du libéralisme soit aussi abordée dans la perspective d'une historiographie extra-européenne.
Et si la commémoration du bicentenaire de la naissance de Flaubert exigeait un effort de prospective ? En effet, de quel texte majeur l'oeuvre de Flaubert, fondamentalement matricielle, sera-t-elle finalement l'oeuvre source ? La critique s'est beaucoup intéressée aux lectures du romancier et aux textes qui ont pu l'inspirer ; elle a longuement analysé les principes de sa poétique et la manière patiente dont elle s'est élaborée. Mais quid des influences multiples sur ses contemporains ? Elle a beaucoup moins observé comment les héritiers autoproclamés se sont emparés de l'esthétique flaubertienne pour construire leurs propres oeuvres et comment ces dernières font honneur ou pas à l'héritage reçu. C'est cet oubli que prétend réparer Flaubert ou l'oeuvre muse. L'étude offre en effet une exploration panoramique des oeuvres de littérature française qui, dans le mystérieux processus labyrinthique de la création artistique, en plus d'être prismatique, devenue multidimensionnelle, ont contribué jusqu'à ce jour à faire vivre une réelle flaubertolâtrie.