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Philosophie N° 120, hiver 2013
Pradelle Dominique
MINUIT
10,00 €
Épuisé
EAN :9782707323422
Ce numéro s'ouvre par la présentation et la traduction, dues à Christophe Bouriau et Oliver Schlaudt, d'un texte polémique écrit par Hans Vaihinger en 1900, "Une controverse française sur la vision kantienne de la guerre". L'objet du texte est l'interprétation d'un passage de Kant où ce dernier écrit qu'"au niveau de culture où se trouve encore le genre humain, la guerre reste un moyen indispensable pour faire progresser celle-ci". Dans le conflit des interprétations qui a opposé Louis Couturat à Ferdinand Brunetière quant au statut de la guerre chez Kant, Vaihinger y prend parti pour le premier ; ce travail entend ainsi éclairer la réception de Kant en France et en Allemagne dans une période de tension persistante entre les deux pays. Dans "L'influence de Bolzano sur l'analyse phénoménologique du langage ordinaire chez Husserl", Alain Gallerand part des significations, définies par Bolzano comme des unités idéales sur le modèle des représentations et propositions en soi, et montre comment Husserl les interprète comme des espèces s'individualisant dans les actes de la conscience. Il met ensuite en évidence que l'influence de la sémantique objective ne se limite pas aux énoncés théoriques (souvent privilégiés par les commentateurs), mais s'exerce également sur d'autres aspects des langues naturelles, en particulier dans l'analyse phénoménologique des indexicaux et des noms propres. Dans "Bolzano et le psychologisme. Sur la possibilité des représentations sans objet", Maria Gyemant part de la thèse célèbre de Bolzano selon laquelle "Il y a aussi des représentations sans objet" qui se présente comme la négation d'un principe fondamental de la psychologie de Brentano et ses élèves - pour lesquels le fait d'avoir un objet fait partie de l'essence même de la représentation. Elle tente de montrer que le débat autour des représentations sans objet est fondé sur un malentendu lié à l'équivocité du concept de représentation - ce dernier étant entendu tantôt comme l'acte subjectif de se représenter, tantôt comme une signification idéale. Dans "Ecrire le cas - Pinel aliéniste", Philippe Huneman analyse la manière dont la nouvelle conception de la maladie mentale et de la psychiatrie par Pinel va de pair avec un type spécifique de grammaire utilisée pour décrire le cas clinique. Une première partie présente la catégorie de cas clinique en relation avec l'étude de cas en médecine clinique à l'époque, puis avec l'institution qu'est l'hôpital ; une seconde élucide les aspects de la grammaire du discours pinellien (causalité, présence de l'hôpital, cas clinique comme dispositif rhétorique).
Ce numéro s'ouvre sur la traduction par Emmanuel Alloa de deux textes tardifs de Husserl : " Monde humain, monde animal, monde préhistorique " et " Normalité, anomalité et animalité ". Il y répond par avance à l'argument de l'ancestralité que le réalisme métaphysique contemporain oppose à l'idéalisme transcendantal – le fait que le monde (notamment préhistorique) a préexisté à toute conscience humaine. Husserl y oppose le refus de dissocier l'être de l'étant et la possibilité subjective d'y accéder : comment le monde préhistorique se révèle -t-il à nous ? Par les traces que découvrent le géologue et le paléontologue, qui témoignent de l'existence de formes de vie animale (voire primitives et précédant toute conscience) que l'on peut reconstituer ; le monde préhistorique ne tire son être que des actes reconstitutifs de la conscience historienne et des actes constituants présumés des subjectivités animales préhistoriques. Husserl élargit ainsi les frontières de l'intersubjectivité et assimile l'absolu transcenda ntal à une communauté générative universelle de toutes les consciences pures possibles ; restent à étudier, par une variation eidétique des formes de sujet, les paliers d'élargissement de l'intersubjectivité par constitution de la normalité et de l'anormalité. Autant d'aspects qu'Emmanuel Alloa éclaire dans " Monde humain, monde animal, monde préhistorique. Le perspectivisme selon Husserl ". Dans " Husserl, la signification et la morsure du temps ", Michel Rhéaume tente de mettre en lumière dans la pensée husserlienne les insuffisances découlant du type de temporalité qu'elle attribue au domaine de la signification idéale : bien que le dernier Husserl thématise une forme de " genèse " historique et fondationnelle du sens, il s'agit pour l'auteur d'indiquer une voie alternative pour penser l'historicité de la science – aperçue mais jamais véritablement empruntée par Husserl – qui s'articulerait autour de l'idée d'" habitus de signification ". " Evénement, champ, trace : le concept phénoménologique d'institution " de Roberto Terzi vise à explorer le concept phénoménologique de Stiftung, en tant que premier événement qui ouvre un champ d'expérience ou une tradition historique. Après avoir reconstruit la structure essentielle de ce concept chez Husserl et analysé les problèmes que laisse ouverts sa position, il se tourne vers la manière dont ce thème a été développé par Merleau-Ponty et Derrida. L'institution apparaît ainsi comme un concept fondamental de la phénoménologie et un thème qui la conduit à sa limite. Dans " Husserl précurseur de Marx. Le communisme comme philosophie première ", Jean Vioulac part des impasses auxquelles, selon Tr?n-??c-Th?o et Desanti, conduit l'idéalisme phénoménologique husserlien – que devait dépasser une philosophie de la praxis. Or, dans les inédits tardifs, Husserl a dépassé l'aporie idéaliste en dégageant le corps vivant comme " sous-sol " de l'ego transcendantal, mais aussi en reconnaissant que seule l'intersubjectivité transcendantale, communauté historique d'hommes vivant et agissant dans le monde, est à même de constituer l'objectivité, sur le terrain même de la praxis ; c'est donc le communisme qui surmonte à la fois l'idéalisme et le subjectivisme de la phénoménologie. D. P.
Dans Par-delà la révolution copernicienne, l'auteur avait pris pour fil conducteur la critique husserlienne de la révolution copernicienne de Kant: si, pour ce dernier, l'être des objets se règle sur les structures a priori du sujet transcendantal, c'est en phénoménologie, à l'inverse, chaque catégorie essentielle d'objets qui prescrit en miroir une structure régulatrice du sujet constituant. Le présent ouvrage prolonge cette démarche: car loin que le système des objets soit clos une fois pour toutes, la sphère des objets culturels et idéaux est au contraire en perpétuel devenir; cela n'implique-t-il pas, du côté du sujet, une plasticité et une relativité historiques de son essence et de ses facultés? En outre, si l'on considère les structures de la raison scientifique, on doit avec Husserl faire le constat qu'elles sont privées de permanence anhistorique et que l'histoire est scandée par des coupures épistémologiques où se redéfinissent le style de la rationalité et les catégories de la raison scientifique. Quelle est l'instance qui produit de telles mutations de la rationalité? Est-ce le sujet transcendantal, ou bien une dimension a-subjective plus originaire que le sujet lui-même?
Existe-t-il des objets mathématiques idéaux ("idéalités") qui réaliseraient les significations, ainsi qu'une forme d'intuition qui les donnerait, comme le fait la perception pour les objets sensibles ? La phénoménologie husserlienne avait tracé un parallèle entre les différents types d'intuition : perception sensible, intuition d'une essence sensible, idéalisation et intuition catégoriale (purement formelle) ; de cette dernière, Husserl a démontré l'existence sans jamais en exhiber les structures.
Le présent numéro est à la fois consacré à l'échange de vues entre Alexandre Kojève (1902-1968) et Carl Schmitt (1888-1985), et à la figure d'A. Kojève comme penseur politique. Jacob Taubes rappelle en effet sa rencontre avec Kojève à Berlin en 1967, et décrit sa propre stupeur en apprenant que ce dernier comptait se rendre ensuite à Plettenberg pour rencontrer Carl Schmitt, qui était selon lui la seule personne avec laquelle il valait la peine de parler dans toute l'Allemagne. Au cours des années 1950, Kojève et Schmitt ont entretenu une correspondance qui porte aussi bien sur l'état géopolitique et le devenir du monde que sur les fondements métaphysiques de la politique, et bien entendu sur Hegel. Cette correspondance entre un philosophe hâtivement qualifié de marxiste, alors engagé dans l'action publique de par ses fonctions au ministère français des Affaires étrangères, et un juriste brillant, mais dont l'image a été durablement altérée par son engagement national-socialiste, fut à l'origine d'une conférence donnée par Kojève en Allemagne en 1957, qui propose une interprétation originale de la décolonisation et des possibilités qu'elle ouvre, en particulier pour l'Europe. Si l'ouvrage de Schmitt sur le concept de nomos n'avait pas encore été publié lorsque Kojève travaillait à l'Esquisse d'une phénoménologie du droit, le philosophe russe a en revanche lu l'article de Schmitt "Nehmen, Teilen, Weiden" ("Prendre, partager, paître") lorsqu'il lui rend visite en 1957, et ce thème est présent à la fois dans le texte de la conférence que Kojève prononça à cette occasion et dans la correspondance avec Schmitt. Lors de cette conférence prononcée par Kojève au Rhein-Ruhr-Club de Düsseldorf, qui fut organisée par Carl Schmitt lui-même, il exprime sa vision de l'Europe comme espace et société unifiée : il s'agit d'un plaidoyer pour une sorte de Grossraum européen. Le texte de cette conférence est déroutant à plusieurs égards, et n'acquiert toute sa signification qu'une fois mis en relation avec l'Esquisse d'une phénoménologie du droit. Vu que la correspondance – ici traduite pour la première fois en français – et la conférence s'éclairent mutuellement, il a paru utile de les traduire et de les publier ensemble ; ces textes permettent de comprendre pourquoi Kojève considérait que Carl Schmitt était, avec Leo Strauss peut-être, son seul véritable interlocuteur. Trois articles – de Robert Howse sur la lecture kojévienne du Nomos de la Terre de Carl Schmitt, de Teresa Pullano sur la philosophie de l'Europe et la pensée du droit de Kojève et de Jean-François Kervégan sur la figure métaphysique du Sage kojèvien, acteur et produit de la fin de l'histoire" – entreprennent, à partir notamment de ce corpus, de cerner l'originalité de les conceptions de Kojève penseur du politique, qui est bien plus qu'un commentateur original et imprudent de Hegel : un philosophe audacieux et profond, qui a à bien des égards aperçu ce dont notre monde serait fait. J-F K et D P.
La vie sociale est un théâtre, mais un théâtre particulièrement dangereux. A ne pas marquer la déférence qu'exige son rôle, à se tenir mal, à trop se détacher des autres comédiens, l'acteur, ici, court de grands risques. Celui, d'abord, de perdre la face ; et peut-être même la liberté : les hôpitaux psychiatriques sont là pour accueillir ceux qui s'écartent du texte. Il arrive ainsi que la pièce prenne l'allure d'un drame plein de fatalité et d'action, où l'acteur-acrobate - sportif, flambeur ou criminel - se doit et nous doit de travailler sans filet. Et les spectateurs d'applaudir, puis de retourner à leurs comédies quotidiennes, satisfaits d'avoir vu incarnée un instant, resplendissant dans sa rareté, la morale toujours sauve qui les soutient.
Dès la première phrase, vous entrez dans le livre, ce livre que vous écrivez en le lisant et que vous finirez par ramasser sur la banquette du train qui vous a conduit de Paris à Rome, non sans de multiples arrêts et détours. Le troisième roman de Michel Butor, paru en 1957, la même année que La jalousie d'Alain Robbe-Grillet, Le vent de Claude Simon et Tropismes de Nathalie Sarraute, reçut d'emblée un excellent accueil de la critique. Couronné par le prix Renaudot, traduit dans vingt langues, c'est encore aujourd'hui le plus lu des ouvrages du Nouveau Roman.
Si l'école aime à proclamer sa fonction d'instrument démocratique de la mobilité sociale, elle a aussi pour fonction de légitimer - et donc, dans une certaine mesure, de perpétuer - les inégalités de chances devant la culture en transmuant par les critères de jugement qu'elle emploie, les privilèges socialement conditionnés en mérites ou en "dons" personnels. A partir des statistiques qui mesurent l'inégalité des chances d'accès à l'enseignement supérieur selon l'origine sociale et le sexe et en s'appuyant sur l'étude empirique des attitudes des étudiants et de professeurs ainsi que sur l'analyse des règles - souvent non écrites - du jeu universitaire, on peut mettre en évidence, par-delà l'influence des inégalités économiques, le rôle de l'héritage culturel, capital subtil fait de savoirs, de savoir-faire et de savoir-dire, que les enfants des classes favorisées doivent à leur milieu familial et qui constitue un patrimoine d'autant plus rentable que professeurs et étudiants répugnent à le percevoir comme un produit social.
L'espace lisse, ou Nomos : sa différence avec l'espace strié. - Ce qui remplit l'espace lisse : le corps, sa différence avec l'organisme. - Ce qui se distribue dans cet espace : rhizome, meutes et multiplicités, - Ce qui se passe : les devenirs et les intensités. - Les coordonnées tracées : territoires, terre et déterritorialisations, Cosmos. - Les signes correspondants, le langage et la musique (les ritournelles). - Agencement des espaces-temps : machine de guerre et appareil d'Etat. Chaque thème est censé constituer un "plateau", c'est-à-dire une région continue d'intensités. Le raccordement des régions se fait à la fois de proche en proche et à distance, suivant des lignes de rhizome, qui concernent les éléments de l'art, de la science et de la politique.
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O'Donoghue Brendan ; McGlain Paula ; Rojinsky Math
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